‹ Les contemporains de Molière:Chapitre 281 sur 325 · SUR · texte numérisé non relu

SUR

LA RÉCEPTIOiS FAITE PAR UN GENTILHOMME DE CAMPAGNE.

Getle mascarade, qui porte toutes les traces de rimprovisatioii, fut donnée au Palais-Hoyal , dans la première moitié du mois de février 1 665. Elle paraît avoir été composée et i-epn'seulée si)écialement dans le but d'égayer la convalescence de Madame, qui sortait de maladie, et dont le goût pour ces Cètes était bien connu. Le roi, toujoure empressé de plaire à sa bellesœur, y dansa; à côté de lui on ne trouve que trois seigneurs de la cour, choisis parmi les plus intimes du jeune monarque : le marquis de Villeroy, le duc de Saint-Aiguan et le comte de Sery. Tous les autres personnages étaient remplis par des bourgeois, acteui's de profession, et il y avait aiusi deux cométUens italiens. Aucune femme n'y figura , même parmi les chanteurs.

Une petite comédie en un acte,de Raymond Poisson {V Après soupe de l* auberge) , î\\t intercalée dans la huitième entrée , suivant un usage qui n'était {MIS très-rare : c'est ainsi que V Amant ridicule de Boisrobei't avait déjà fait partie du Ballet des Plaisirs (1655), et qu'on allait voir jusqu'à trois pièces à la fois dans le Itallet des Muses (1666). On sait aussi que Molière a encadré plusieui^s de ses comédies dans des ballets.

La mascarade que nous reproduisons est une raillerie dirigée contre les hol>ereaux de province, que les gentilshommes de cour avaient en grand mépris, et regardaient comme des êtres rustiques, ridicules, placés en dehors du seid centre du bou goAt et des belles manières. Nous n'avons pas à répéter ici ce que nous avons déjà dit à ce propos , dans notre notice sur le Baron de la Crasse, de Raymond Poisson, qui fait partie du premier volume. Le souveuir de la petite pièce de Poisson n'a certainement pas été étranger à cette carirat4ire.

La Gazette du 14 février raconte, sans entrer dans plus de détails, que cette mascarade, concertée en un seul jour, fut donnée au Palais-Royal, devant Madame, qui se portait mieux, et qu'elle plut beaucoup. Il ne nous en apprend pas la date exacte. Loret en parle également, dans sa lettre du

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