‹ Les contemporains de Molière:Chapitre 74 sur 325 · SCÈNE DERNIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE DERNIÈRE

ISABELLE, ANGÉLIQUE, GRIFFACT, CRISPIN, COCLET, PRUNEAU.

ISABELLE, à Martine à Ventrée,

Quoy, mon prince est icy! Laisse-nous.

Amour, £ais succéder > cet heureux rendez- vous. CBispiN. J'entens du bruit, on vient : Toccasion est belle. Angélique. St?

PBUNEAU. St?

ISABELLE. St?

COCLET. St?

CBISPIN. St?

6BIFFAUT. St?

ANGÉLIQUE. Cest luy.

ISABELLE. Cest luy.

CBISPIN. « Cest elle.

ISABELLE prenflf Coc^^ Est-ce vous?

COCLET, 6af. Feignons. Ouy.

ISABELLE, luy prenant la main, G*est donc vous. Monseigneur? Vostre Altesse me fait aujourd'buy trop d'honneur : Je ne mérite pas cet excez de tendresse.

ANGÉLIQUE, s'odressont à Pruneau.

Est-ce vous ?

PBUNEAU, bas. Ouy, c'est moy.

ANGÉLIQUE. Vous voycz ma foiblesse,

Chevalier, je reviens, mais soyez sage.

CBISPIN, s'adressant à Grif/aut. Holà,

Où diable estes-vous donc, la belle ? Ah, vous voilà! Digoe objet de mes vœux, pour vous prouver ma flamme. Je vous donne en présent et mon corps et mon ame Dans ma principauté, prest à vous épouser, Je veux vous enlever; permettez qu'un baiser...

PBUNEAU, ouvrant sa lanterne sourde et découvrant la lumière. Ha! ha!

ISABELLE, apercevant Coclet.

Ho! ho!

* DonD« QO heareaz mcciê.

Honl honl la belle.

se LES GRISETTES, OU CRISPIN CHEVALIER. ANGÉLIQUE , apercevant Pruneau.

Hé! hé!

COCLET, à Isabelle. Hi! hi !

PBUNEAU, à Angélique.

Vous voilà bien camuse.

ISABELLE. Ah ! fortune cruelle !

GBiFFAUT, à Crispin. Je vous tiens, je vous tiens, monsieur le subor-

[neuf PBUNEAU, après avoir regardé Crispin.

Comment? C'est le valet d'un Tort homme d'honneur.

Qui m'a depuis six mois donné sa chalandise ;

Il porte le flambeau quand je le clistérise. GBIFFAUT. C'est mon homme au procez, c'est ce jeune garçon

Qui n'étoit pas en âge ?

CBispiN. 11 est vray. Mais pardon,

Vos iilles^ plus que moy, sont cause du mystère.

Près de l'une j'étois le prince de Chimère ;

Près de l'autre j'étois le chevalier Crispin.

Je ne suis qu'un valet , je le confesse enûn ,

IVJaisplus homme de bien que l'on ne peut comprendre.

Ayant appris, Monsieur, qu'il vous falloit un gendre,

Je viens m'offrir à vous, pour avoir cet honneur. GBIFFAUT. Qui? moy ? j'acceptcrois pour gendre un suborneur.

Un valet, un coquin, un...

CBISPIN. Vous n'avez qu'à dire :

Cela ne vous plaist pas ? Hé bien, je me retire ,

Le mal n'est pas grand.

(// s^en va.) PBUNEAU. Quoy ! vous le laissez aller ?

GBIFFAUT. Ce sont de ces affronts qu'il faut dissimuler ;

Croyez-moy, leur éclat est nuisible aux familles:

Il tomberoit sur vous ainsi que sur mes filles. PRUNEAU. Sur nous? quoy, vous croyez achever?... GBIFFAUT. Pourquoynon?

cocLET. I>(ous... nous pourrions, marchant sur les pas d*Actéon,

A... avoir ce... ce mal.

GBIFFAUT. Je n'ay qu'un mot à dire :

Le contrat est signé, cela me doit suffire.

■ Il y a Ici, dans cette série de quiproquos et de surprises, comme un premier germe des scènes lioales du Mariage de Figaro. Il n'est pas Jusqu'au bégayement de Coclet qui ne rappelle celui de Brid'oison. L'analogie est plus frappaule encore dans la pièce originale en trois actes (III, se. 16).

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