‹ Les contemporains de Molière:Chapitre 84 sur 325 · ACTE I, SCÈNE VII. lo · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE VII. lo

LisiDOA. Pourquoy t*a-t-il envoyé ?

CBispiN. Monsieur, voicy une lettre qui vous dira tout.

LISIDOB lit :

Monsieur mon Père, on me voit le cû de tous les costez, je prie Dieu qu'ainsi soit de vous. Autre chose je ne vous puis mander, sinon que je vous prie...

Ce n'est pas là le style ni l'écriture de mon fils. Est-ce que tu te railles de moy ?

CRispiN. Non, Monsieur, mais je vous demande excuse. Vous sçaurez que j'ay perdu en chemin la lettre de mon maistre , et que j*ay fait écrire celle-là dans un villas^e par un païsan ; niais enfin je sçais bien qu'il vous demande de Targent, et qu'il vous dit que ses habits ne valent plus rien. Lisez le reste de cette lettre.

LisiDOR. Hé, je suis satisfait de ce que j'en ay lu.

MABiN. Est-ce toy qui Tas dictée au païsan ?

CBispiN. Ouyda, c'est moy; qu'en veux-tu dire?

MARIN. Rien, sinon qu'elle est bien imaginée.

CRispJN. Tu fais toujours le beau diseur et le grand esprit; mais, morbleu, apprens que j'en sçais plus que toy.

MARIN. l]o,je n'en doute pas.

CRISPIN. Morbleu, veux-tu te battre à coups de poing ?,Tu verras si...

LISIDOR. Qu'on se taise l'un et l'autre.

CRispiiN. M;iis aussi, Monsieur, il fait toujours l'entendu, et croit qu'on n est pas aussi habile homme que luy.

MARIN. Ah ! je te le cède.

LisiDOR. Encore une fois, qu'on se taise. Mais, Crispin, depuis quatre mois a-t-ii dissipé son argent et ses habits, comme tu dis?

CRISPIN. Ouy, Monsieur. Si cela n'étoit pas, je ne voudrois pas vous le dire.

LISIDOB. Il va un peu bien vite. Mais va te reposer au logis, je te parleray tantost ; j'ay à présent une affaire qui me presse. Allons , suis-moy, Marin.

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