‹ Les contemporains de Molière:Chapitre 92 sur 325 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

CBispiN. Comme je rôdois autour d'icy, pour voir si je pourrois te donner cette lettre, j'ay veu sortir Monsieur Mirobolan , et en mesme temps je suis entré , comme tu vois. ( Ils ferment chacun une porte.)

DOBiNB. Ferme cette porte, afin que nous parlions en seureté; je vais

fermer celle-cy. Hé bien, qui envoyé cette lettre? ' CBISPIN. Mon maistre, qui se désespère de ce qu'Alcine luy a dit tantost touchant le mariage de son père et d'elle.

DOBiNE. Il faut empescher que cela ne se fasse.

CBISPIN. Diantre, tu y perdrois plus que personne : tu n'aurois pas ravantage de m'avoir pour mary, moy qui t'aime plus que cinquante.

DOBINE. Tu crois donc que ce soit un grand avantage?

CRISPIN. Asseurément; mais ne parlons point là-dessus davantage: Monsieur vaut bien Madame, et Madame vaut bien Monsieur. Dis- moy, d'où vient que tu étois icy avec Monsieur Mirobolan?

DOBINE. C'est qu'il doit faire demain la dissection d'un pendu; et comme il a choisi ce lieu pour ce sujet, il m'ordonnoit de le faire ajuster au plus tost. Maintenant, il faut que ton maistre prenne d'au très mesures pour parler à nostre fille, car, cet endroit étant occupé , ils n'auront plus la liberté de s'entretenir si facilement qu'ils l'avoient. Donne-moy cette lettre, je vais faire en sorte de la donner, et d'en avoir réponse.

CBISPIN. Tiens, va viste.

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