ACTE IV, SCENE I 17i
Bernardtn.
Ils ne portent pas de chemise et vont pieds nus,
Barabas.
Alors, ça ne fait pas mon affaire. (A Bernardin). Je suis résolu à me confesser, à vous donner tous mes biens.
Jacomo.
Bon Barabas, viens avec moi.
Barabas, à Bernardin.
Vous avez entendu ma réponse et il demeure encore? Eloignez-le et emmenez-moi chez vous.
Jacomo.
Je vous rejoindrai ce soir.
Barabas.
Soit. Venez à ma maison, à une heure, cette nuit.
Jacomo.
Vous entendez sa réponse? Vous pouvez donc vous éloigner.
Bernardin.
Eloignez-vous vous-même.
Jacomo.
Je ne partirai pas pour te faire plaisir.
Bernardin.
Je saurai bien t'y forcer!
Jacomo.
Quoil II m'appelle fripon!
{Ils se battent).
Ithamore.
Séparez-les, maître, séparez-les !
Barabas.
Vous vous mettez en faute, frères ! Enfin, puisque vous le voulez! {Bas). Frère Bernardin, suivez Ithamore. Vous connaissez mes intentions, laissez-moi seul avec frère Jacomo.
Jacomo.
Pourquoi prend-il le chemin de ta maison? Dis-lui de s'en aller.
Barabas.
Je lui donnerai quelque chose pour lui clore le bec.
{SorteJit Ithamore et Bernardin).
Tous les gens que je connais en veulent à l'ordre des Jacobins. Croyez-vous que je me fiè à ses paroles? Tandis qu'envers vous qui avez converti Abigaïl, ma reconnaissance se montrera charitable. Jacomo, n'hésitez pas à venir.
il2 LE JUIF DE MALTE
Jacomo.
Qui vous servira de parrain ? Et puis il faudra vous confesser.
Barabas.
Ithamore, pour commencer. 3jais pas un mot à ceux de votre couvent?
Jacomo -.
Sovez tranquille.
(// sort).
Barabas.
Je n'ai plus de raison de trembler, je suis sauf, puisque celui qui a confessé ma fille est dans ma maison. Si je le tuais avant le retour de Jacomo? J'ai sur leurs douces existences un projet comme jamais Juif ou Chrétien n'en a conçu. L'un a détourné ma fille, donc il mourra. L'autre en sait assez pour disposer de ma vie, donc il est impossible qu'il continue de vivre. Ces hommes sages supposent-ils que je vais quitter ma maison, renoncer à mes biens, à tout, pour le plaisir d'être fouetté? Maintenant, frère Bernardin, je suis à vous, je vais vous fêter, vous loger, vous griser de belles paroles, moi et mon fidèle Turc. Plus un mot. Ce que je dois faire sera fait.
{Il sort).