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ACTE IV, SCÈNE IV

Bellamira.

Quoique la modestie d'une femme devrait me retenir, je ne dissimulerai pas plus longtemps. Sois le bienTenu, mon cher amour I

Ithamork, à part.

Maintenant, me voilà hors du bon chemin.

Bellamira.

Où allez-vous, de si bonne heure?

Ithamore, à part.

Dérober quelque argent à mon maître pour me faire beau. {Haut). Excusez-moi. Je dois assister au déchargement d'un navire.

Bellamira.

Tu serais assez cruel pour m'abandonner ainsi ?

PiLIA.

Vous ne sauriez vous imaginer à quel point elle vous aime.

Ithamorb.

Il m'importe peu de le savoir. Bellamira, je voudrais posséder la fortune de mon maître pour la mettre à vos pieds.

PiLIA.

Cela ne tient qu'à vous.

Ithamore.

Si elle se trouvait à portée de la main, mais il la cache et l'enfouit, comme les perdrix leurs œufs.

PiLIA.

Impossible de la dénicher ?

Absolument impossible.

Bellamira, bas à Pilia.

En ce cas, que faire de ce drôle?

Pilia, bas à Bellamira.

Ecartez-vous. (A Ithamore). Vous connaissez quelquesuns des secrets du Juif, secrets qui, si on les révélait, pourraient l'inquiéter?

Ithamore.

Oui, et de telle nature...! Attendez! Je vais lui écrire de m'envoyer la moitié de ce qu'il possède, et il sera heureux de s'en tirer à si bon compte.

Pilia.

Ne réclamez pas moins d'une centaine de couronnes.

Ithamore.

Mille couronnes. {Ecrivant). « Maître Barabas...

Pilia.

Ne vous montrez pas si humble, menacez-le plutôt.

Ithamore, écrivant.

t Coquin de Barabas, envoyez-moi cent couronnes. »

Pi'LIA.

Deux cents.

Ithamore, écrivant.

« Je te somme de m'envoyer trois cents couronnes par le porteur. Cette lettre te servira de reçu. Sinon, je saurai ce qui me reste à faire.

PiLIA.

Dites-lui que vous le confesserez.

Ithamore, écrivant.

« Autrement, je dis tout. » Va et reviens, le temps de cligner de l'œil.

PiLIA.

Laissez-moi faire. J'en userai à sa manière.

{Sort Pilia-Borsa).

ImAUORB.

La corde pour le Juifl

Bellamira.

Maintenant, gentil Ithamore, viens contre ma poitrine. Où sont mes servantes? Que l'on improvise un banquet. Qu'on envoie chez le marchand et qu'on m'apporte des étoffes de soie ; mon Ithamore ne peut conserver ces haillons.

Ithamore.

Que le joaillier vienne aussi.

Bellamira.

Je n'ai pas d'époux, mon amour, et je t'épouserai.

Ithamore.

Soit, mais nous quitterons ce misérable pays, nous ferons voile pour la Grèce, pour la jolie Grèce. Je serai ton Jason, tu seras ma Toison d'Or. En Grèce, les prairies sont des tapis de couleur et les vignes de Bacchus couvrent la terre; les bois et les forêts demeurent toujours verts. Je serai Adonis, tu seras la déesse de l'amour. Les champs, les vergers, les sentiers bordés de primeroses, au lieu de joncs ou de roseaux, sont plantés de cannes à sucre. Sous des bosquets et l'oeil des dieux, tu vivras avec moi et mon amour!

Bellamira.

Où ne vivrais-je pas avec mon bien-aimé Ithamore ! {Rentre PILIA-BORSA).

Ithamore.

Eh bien? As-tu l'argent?

Pilia. Oui.

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