‹ Les Contemporains de ShakespeareChapitre 98 sur 250 · ACTE m · texte numérisé non relu

ACTE m

Entre BELLAMIRA, une courtisane ^

Bellamira.

Depuis le siège de la ville, les affaires vont mal. Il fui un temps où, pour une nuit, on me donnait facilemem cent ducats. A cette heure, malgré moi, il me faut demeurer chaste et, pourtant, je n'ai rien perdu de ma beauté. Jadis de Venise accouraient des marchands, cU Padoue d'intelligents gentilshommes, des écoliers instruits et libéraux. Aujourd'hui; excepté Pilia-Borsa qui ne quitte que rarement ma maison, je ne vois plus personne. Le voici.

{Entre PILIA BORSA).

PiLiA, montrant un sac d'argent.

Regarde, coquine, voici quelque chose pour toi.

Bellamira.

De l'argent ! Je le dédaigne.

PiLIA.

Oui, mais le Juif a de l'or et cet or m'appartiendra ou les choses iront mal.

Bellamira.

Dis-moi, comment t'y prendras-tu?

PiLIA.

En me promenant dans la rue, en arpentant les jardins, j'avais quelque chance d'apercevoir la maison du Juif. J'y ai vu des sacs de monnaie. Profitant de la nuit j'ai grinapé à l'aide de crochets et, comme je m'apprêtais à faire mon choix, j'ai entendu du bruit. C'est pourquoi je n'ai pu prendre que ce sac avant de m'échapper. Ah! vÔici l'esclave du Juif.

Bellamira.

Cache le sac.

{Entre ITHAMORE).

Page 1