‹ Les contemporains [microforme]Chapitre 10 sur 26 · AN · texte numérisé non relu

AN

3 ne rt 6

156 LES CONTEMPURAINS

éparpillés sur un territoire de dex cents lieues, se déplacent difficilement.et au coût de $2,000 à $3,000. Avec des délégués, comme pour le Barreau, le service serait simple, expéditif, économique, Les délégations sont toujours au complet ou faciles à compléter. Voilà, certes, une réforme de première urgence et que les notaires évolutionnistes ne manqueront pas d'accomplir au plus tôt, surtout si leurs deux interprêtes principaux, M. Jos. Roy, dans la région de Québec, et M. Bouchard, à Montréal, continuent leur campagne. Nous venons d'écrire le nom de M. Roy. Ce distingué compatriote, qui, au titre de parfait notaire a ajouté celui de littérateur et d’érudit, publie depuis plusieurs mois la Revue du Notariat, armant ainsi la profession sur le terrain de la publicité où elle n'avait que des champions d’occasion et assez indifférents,

Le ‘“ jeune notariat ” est donc non seulèment dans le mouvement, mais il paraît bien décidé à rattraper le temps et le bien perdus Il nous a paru plein d’àpropos de consacrer ces quelques lignes au vaillant secrétaire du ‘‘ Cercle,” d'où tant de projets prennent le vol vers le domaine de la réalisation. En ce faisant, nous sommes certain d’avoir été l'écho non seulement de ses confrères, mais de tous ceux qui se sentent de l'admiration pour les hommes de

cœur et d'action.

Sun Photo-Eng. Co.

Photo Quéry Frères.

R MCMAHON.

CORONH

ne” or * ns ee Re va Pr DS ste « ee rm ormeees sa el. PPS “ - # Éd PSS :

- mr af re me ca on

EDMOND McMAHON

Quand nous aurons dit que ces quelques lignes

sont destinées à un compatriote qui a toujours été, avant tout, le type du loyal compagnon, de l'ami dévoué, du causeur à la fois érudit et modeste, du parfait gentilhomme, on comprendra qu'il s’agit bien, en effet, de M. Edmond McMahon. Ce simple préambule suffirait à le peindre en toute ressemblance,

Mais notre coroner est connu depuis si beau temps sous ces enviables couleurs, que nous avons trouvé, en même temps, juste et agréable d'ajouter quelques traits qui se rapportent au fonctionnaire, à l'homme public.

M. McMahon na uit en 1853, à Ste-Rose, comté de Laval, du mariage du Docteur F.S. McMahon et dé dame Angèle Plessis-Belair. Encore jeune, il alla

étudier à Ste-Thérèse, puis chez les Sulpiciens.

Plus tard on le trouve étudiant le droit au bureau de l’hon. M. Gédéon Ouimet, ancien premier ministre.

Appelé à faire partie du personnel du greffe de la Paix, à Montréal, M. McMahon interrompt sa cléri-

cature, mais y revient en 1878, Il suit les cours à l'Université McGill et entre au bureau de M. Robidoux.

En 1881, il était admis à faire partie de notre barreau, Nous ne croyons pas qu'il ait jamais eu l'entention de pratiquer, mais, comme bien d’autres, il comprenait toute l'importance qu'il y a de connaître le droit, surtout quand l’on peut être appelé par le gouvernement de son pays à remplir certaines fonctions, nnus ajouterons même la plupart des fonctions.

Il s'en trouva assurément fort bien quand, en 1883, il fut nommé sous-greffer de la Cour des Magistrats et de la Paix, ce qui le plaçait virtuellement à la tête du personnel d’une des plus importantes branches de l'administration judiciaire.

Neuf ans plus tard, le gouvernement l’attachait à M. Jones, coroner, en qualité d'adjoint, mais, comme tous le savent très bien, M. McMahon fut effectivement coroner en chef dès ce temps, c'est-à-dire 1892.

A la mort de M. Jones, en 1894, tous nous nous attenidions à voir M. McMahon devenir officiellement ce qu’il était depuis vingt-quatre mois pratiquement, et cela sans conteste, tout comme l'héritier entre dans l'héritage. Il n’en fut pas ainsi,

Des personnes, les unes intéressées, les autres de bonne fni peut-être, prétendirent qu'il fallait être médecin pour remplir selon la lettre et l'esprit de la loi les fonctions de coroner.

don pertes aan jen à à vente]

EDMOND MCMAHON 159

L'auteur de cette biographie fut l’un des premiers à mettre le doigt sur le manque de logique de cette prétention, en faisant remarquer que M, McMahon exerçait depuis deux ans ces fonctions avec une dextérité et un savoir-faire qui n'avaient jamais été surpris en défaut.

On fit également observer combien il était pour le moins naïf de parler de lettre et d'esprit de la loi à ce sujet, puisqu'il n'en existait pas. Depuis la cession du pays, les nominations de coroners s'étaient faites par les Exécutifs qui ne se laissaient guider, dans leurs choix, que par les aptitudes des candidats et non par leurs professions. En Angleterre et aux États-Unis on va plus loin : les coroners sont choisis par le suffrage populaire.

Cette controverse eut, d'ailleurs, ceci d’excellent : c'est qu'elle prouva que si les fonctions de coroner devaient être l'apanage d'une profession plutôt que d’une autre, c'était la profession légale.

En effet, il fut démontré que dans une enquête ce n'est pas la cause pathologique qu'on recherche, mais la cause légale du crime. Comme on l'exprima avec un laconisme si tranchant et si expressif: un coroner ne travaille pas à découvrir le par quoi mais le par qui. On appelle des médecins à l'enquête. tout comme on citerait tous autres experts. Ils sont des auxilliaires, très précieux si on le veut, mais non des facteurs premiers.

Pour être conséquent:, les apôtres de la nouvelle doctrine auraient été amenés à exiger qu'on les installe sur le Banc, quand il s’agit de causes médicolégales. Et si ce droit leur avait été accordé, les architectes, les artistes en tous genres, les hommes de tous les métiers auraient été bien venus à demander, à leur tour, de remplacer les juges chaque fois qu'il se serait plaidé des litiges concernant leurs “ spécialités.”

Les prétentions des médecins ne tinrent pas et M. McMahon devint coroner.

Il l'est depuis sept ais, (il n’est que juste de lui compter 1892 et 1893.) Ce serrit une statistique bien rondelette et bien éloquente, que celle qui nous ferait connaître tous les travaux accomplis pendant cette période, Le district est grand, les affaires ténébreuses forment légion, et le coroner a une iuridiction immense, tant par la multiplicité des faits de sun ressort que per leur étonnante variété. Depuis trois ans, surtout, les homicides de toutes catégories ont abondé. À certains moments, plusieurs enquêtes de première importance on été simultanément à l’ordre du jour. Or, le service dont M. McMahon est le chef a toujours été expéditif. Tous, hommes de loi et peuple, se sont plu à reconnaître la fermeté, le tact, l'habileté de ce magistrat, car c'est

une magistrature dans toute l'amplitude du terme,

On a admiré, non raoins, son mode de procédure

EDMOND MCMAHON. 161

et le soin vraiment méticuleux qu’il apporte à éclairer les jurys.

M. McMahon a plus que tout autre de ses prédécesseurs contribué à établir ce que nous appellerons la jurisprudence des expertises légales. D'’aucuns déclareront même qu'il l'a créée, et ils ne seront pas contredits.

M. McMahon est de plus le ferme champion des immunités, des prérogatives de sa charge. Il en connaît à fond les droits et les devoir. les respon:abilités et les obligations. Il les protège avec un soin jaloux et digne d’éloge. Aussi n’a-t-il pas craint, il y a quelques mois, d’aller soutenir ce qu'il croit être un de ses droits devant un juge de la cour d'assises. Ce dernier a décidé contre le coroner, mais ii a négligé de communiquer au public, ou tout au moins à qui de droit, son motivé détaillé et écrit. Quoi qu'il en soit, nous donnons droit au coroner, et en cela nous sommes avec la majorité.

D'ailleurs, dans la malheureuse affaire de Dickson, de Québec, non seulement le coroner de l'endroit a agi cor:me le nôtre, en s’assurant de la mise en bonne gard = des témoins du meurtre, mais il a agi d’après l'avis du magistrat. Montréal et Québec nesont pas aux antipodes.

Ces absorbantes fonctions ne détournent pas complètement M.McMahon de ses deux grands délasse-

ments favoris : la musique et la littérature. Il a été

M - ME / + | [PS | 1h

re 5

ges

le président de l'Union Catholique, société où l’on s'occupe si assidâment d'études d’un genre élevé et d’une orthodoxie proverbiale.

La musique a un attrait tout particulier pour notre ami. Il passe pour une autorité sur l’histoire de cet art, à ia fois si charmant et si complexe, En 1880, ilétait le rédacteur en chef de l'A/bum Mnsical, Puis il fut successivement maître de chapelle de l’évêché, de l'église St. Joseph, de Notre-Dame dont il dirige encore le chœur.

Comme on le voit, M. McMahon, même dans la partie agréable de ses occupations, se rend fort utils aux siens.

De fait, cela paraît être le vrai fori le son caractère que d’allier sans cesse ces deux qu:lités mères

qui inspiraient à Horace le ver: connu de tous,

= : ne ss ren ans romain v mnprat mtt mn re

on et re rt, ait

Page 1