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moins deëlitiges. Or, qui ne sait qu'en ‘ce moment M. St-Julien est à la tête d'une clientèle de premier ordre. Disons mieux : cette clientèle existe depuis huit à dix ans.
Trop d'avocats tant qu'on voudra le dire, il n'en restera pas moins vrai que la qualité ne sera jamais enrayée par la quantité,
M. St-Julien, qui a 45 ans d'âge, est né À Saint- Thimothée, comté de Beauharnois. Il fit ses premières études chez les Clercs de St-Viateur et ses classiques au collège de Montréal.
Il prit ses dégrés de B, C. i.. à l'Université McGill, sa licence à L-val. Quand ses loisirs le lui permettront il soutiendra la thèse traditionneiie et il n'attendra pas longtemps une chaire qu'il remplira dignement,
Ses premiers associés furent l’hon. M. Prevost et le maire Préfontaine, Vinrent ensuite les sociétés Prévost et St- Julien, Champagne et St- Julien, enfin celle d'aujourd'hui, St- Julien et DeBoucherville.
Comme avocat, il a su gagner et conserver la confance de clients importants.
L'impo:tant commerce de liqueurs a très souvent eu recours à lui, et Ste-Cunégonde, alors que l'élément Conservateur ÿ dominait, le choisissait pour avocat.
On le sait, notre ami est un libérai, un solide. Il n'y a pas de tergiversations avec lui, bien que d’un
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esprit de tolérance et de justice parfaites. Il ne refusera pas de juger au mérite les hommes, quelle que soit leur cocarde, ou les questions libres ; mais sur les principes fondamentaux de son parti il n'accepte aucun accommodement.
Lors de la dernière election provinciale de Beauharnois, il eût été de beaucoup le meilleur candidat. Voyant ce qui se passait en dessus et en dessous, il refusa même de se laisser proposer à la convention. C'est simplement partie remise, ses chefs et ses amis l'assurent.
C'est surtout ce qui se rapporte à l'éducation que M. St-Julien prend en plus grand souci dans le domaine public. Pour l'enseignement primaire, il voudrait qu'on allât aux extrêmes limites des facilités d’instruction, quelle que soit l'hécatombe de vieux systèmes. Dans Île secondaire, son programme est : moins d’antiquailles, plus de moderne. Donnons à l'anglais le pas sur le grec. Soyons de notre temps.
Comme nous, il constate que les rétrogradaires d'hier en viennent peu à peu à ce programme que rous n’hésitons pas à regarder comme national. Le éiscours de l’hon. M. Nantel, au collèze de Sainte- Thérèse, a été la première avance des vieux-jeux qui se métamorphosent, Ce discours a jeté les bonnes âmes dans la stupeur, mais les hommes qui pensent comme M. St-Julien l'ont accepté avec bon-
heur, y voyant un réconfortant augure,
A son dernier voyage en Europe, M. St-Julien s’est surtout occupé des règlements des ordres d’avocats là-bas, surtout à Paris. Il en est revenu plus que jamais épris d'idées progressives au sujet de sa profession. Il voudrait que pour en préserver la dignité, on eût ici comme à Paris, des peines Gisciplinaires qui ne soient pas de simples toiles d’araignées. Cela ferait disparaître les frelons de la ruche,
M. St. Julien voudrait aussi qu'on élargisse le domaine des avocats. Pourquoi le règlement des faillites ne leur serait-il pas permis? N'est-ce pas là une opération qui est plus du ressort d’un homme de loi que de tout autre? (C'est là ce que prétend notre ami et, aussi, bien des hommes compétents que nous avons pu interroger.
Comme avocat, M. St-Julien a pour qualités nrincipales un grand sens pratique de la loi et des affaires uni à une remarquable faculté d'exposer lumi-
neusement la cause la plus complexe.
Sur le husting, il conserve cette même lucidité de conception et d’énonciation, Son sang-froid est inaltérable et nous en sommes encore à entendre uü seul adversaire politique lui reprocher un manque de courtoisie ou de fair play.
Comme on le sait, notre ami est un passionné de littérature. L'œuvre nouvelle n'est pas lente à trouver place sur les rayons où il a entassé tant de
si jolies choses et sur lesquels trônent au plus haut
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ses trois auteurs favoris: Lamartine, Ohnet et Maupassant.
Il doit entreprendre bientôt un voyage autour du monde ; puis il nous reviendra satisfait d'avoir con-
tenté sa soif de voir et de connaître, et n’aura plus
qu’à s'occuper de répondre aux vœux des siens qui
lui tiennent en réserve des postes déjà mérités.