‹ Les contemporainsChapitre 11 sur 11 · T.-A. ST-JULIEN · texte numérisé non relu

T.-A. ST-JULIEN

esprit de tolérance et de justice parfaites. Il ne refusera pas de juger au mérite les hommes, quelle que soit leur cocarde, ou les questions libres ; mais sur les principes fondamentaux de son parti il n'accepte aucun accommodement.

Lors de la dernière élection provinciale de Beauharnois, il eiit été de beaucoup le meilleur candidat. Voyant ce qui se passait en dessus et en dessous, il refusa même de se laisser proposer à la convention. C'est simplement partie remise, ses chefs et ses amis l'assurent.

C'est surtout ce qui se rapporte à l'éducation que M. St-Julien prend en plus grand souci dans le domaine public. Pour l'enseignement primaire, il voudrait qu'on allât aux extrêmes limites des facilités d'instruction, quelle que soit l'hécatombe de vieux systèmes. Dans le secondaire, son programme est : moins d'antiquailles, plus de moderne. Donnons à l'anglais le pas sur le grec. Soyons de notre temps.

Comme nous, il constate que les rétrogradaires d'hier en viennent peu à peu à ce programme que nous n'hésitons pas à regarder comme national. Le discours de l'hon. M. Nantel, au collège de Sainte- Thérèse, a été la première avance des vieux-jeux qui se métamorphosent. Ce discours a jeté les bonnes âmes dans la stupeur, mais les hommes qui pensent comme M. St-Julien l'ont accepté avec bonheur, y voyant un réconfortant augure.

A son dernier voyage en Europe, M. St- Julien s'est surtout occupé des règlements des ordres d'avocats là-bas, surtout à Paris. Il en est revenu plus que jamais épris d'idées progressives au sujet de sa profession. Il voudrait que pour en préserver la dignité, on eîjt ici comme à Paris, des peines disciplinaires qui ne soient pas de simples toiles d'araignées. Cela ferait disparaître les frelons de la ruche.

M. St. Julien voudrait aussi qu'on élargisse le domaine des avocats. Pourquoi le règlement des faillites ne leur serait-il pas permis? N'est-ce pas là une opération qui est plus du ressort d'un homme de loi que de tout autre ? C'est là ce que prétend notre ami et, aussi, bien des hommes compétents que nous avons pu interroger.

Comme avocat, M. St-Julien a pour qualités principales un grand sens pratique de la loi et des affaires-uni à une remarquable faculté d'exposer lumineusement la cause la plus complexe.

Sur le husting, il conserve cette même lucidité de conception et d'énonciation. Son sang-froid est inaltérable et nous en sommes encore à entendre un seul adversaire politique lui reprocher un manque de courtoisie ou de fair play.

Comme on le sait, notre ami est un passionné de littérature. L'œuvre nouvelle n'est pas lente à trouver place sur les rayons où il a entassé tant de si jolies choses et sur lesquels trônent au plus haut

[.-A. ST-IULIEN

ses trois auteurs favoris : Lamartine, Ohnet et Maupassant.

Il doit entreprendre bientôt un voyage autour du monde ; puis il nous reviendra satisfait d'avoir contenté sa soif de voir et de connaître, et n'aura plus qu'à s'occuper de répondre aux vœux des siens qui lui tiennent en réserve des postes déjà mérités.

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