I . Haverria fatto soneiere no Rodomonte
302 Les Contes de ma Mère l'Oye.
enfants et retourna au bois. Il leur donna un autre petit panier plein de choses à manger et leur dit :
— Vous voyez, mes bijoux, en quelle haine vous a la chienne de femme qui est entrée dans ma maison pour votre perte et mon crève-cœur. Restez donc dans ce bois où les arbres, moins cruels, vous feront un abri contre le soleil, où la rivière plus charitable vous donnera à boire sans vous empoisonner et où la terre plus douce vous fournira un tapis d'herbe sans péril. Pour le moment où vous n'aurez plus rien à manger, je vous fais ce sentier de son par lequel vous pourrez venir tout droit chercher du secours.
A ces mots, il détourna la tête afin de cacher ses larmes et de ne pas ôter le courage à seà pauvres mignons.
Ceux-ci n'eurent pas plutôt consommé les provisions du panier qu'ils voulurent retourner à la maison ; mais un âne de malheur avait mangé lé son répandu par terre et ils ne purent retrouver la route.
Ils passèrent une partie du jour égarés dans la forêt et se nourrirent de glands et de châtaignes qu'ils trouvèrent à leurs pieds. Comme le ciel protège toujours les innocents, un roi vint d'aventure chasser dans ce bois.
Nennillo fut tellement effrayé par les aboiements des chiens qu'il se cacha dans le creux d'un arbre ;
Le Petit Poucet. 363
de son côté, Nennella se mit à courir si fort qu'elle sortit de la foret et se trouva sur les bords de la mer où certains corsaires avaient débarqué pour faire provision de bois.
Ils l'attrapèrent et le capitaine la porta à sa maison, où elle fut adoptée par sa femme qui venait de perdre sa fille.
Revenons à Nennillo. Caché dans le tronc de l'arbre, il était entouré par les chiens qui aboyaient à vous étourdir.
Le prince ordonna de chercher la cause de ce vacarme. On trouva un beau petit garçon qui ne pouvait dire qui étaient ses père et mère, tant il était petit.
Le roi le fît mettre aussitôt dans la carnassière d'un chasseur et porter au palais royal. On l'y éleva avec grand soin, on lui donna des talents et, entre autres, on lui apprit le métier d'écuyer tranchant. Au bout de trois ou quatre ans il devint si habile dans son art qu'il coupait un cheveu en deux morceaux.
Vers ce temps on découvrit que le corsaire qui retenait Nennella était un écumeur de mer. On voulut s'emparer de lui, mais le drôle, qui avait des intelligences dans la place, s'embarqua avec toute sa maison.
Peut-être était-ce une justice du ciel que celui qui avait tant ravagé les mers souffrît en mer la peine de ses crimes.
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11 monta sur une frêle barque et à peine fut-il au large qu'une rafale bouleversa les flots et retourna le bateau. Ils burent tous à la grande tasse, excepté Nennella.
Comme elle n'avait pas sur la conscience les brigandages auxquels avaient pris part la femme et les enfants du pirate, elle échappa au naufrage.
Au moment où la barque se retournait, il y avait tout proche un grand poisson enchanté qui, ouvrant un gosier large comme un gouffre, avala soudain Nennella. La jeune fllle se crut perdue, mais quelle ne fut pas sa surprise!
Le ventre de ce poisson renfermait de splendides campagnes, des jardins immenses et un château seigneurial avec toutes les commodités imaginables, dont elle devint la maîtresse.
Ce poisson la porta près d'un rocher où au plus fort de la chaleur, quand le soleil lançait sa plus grande volée de flèches, le prince vint prendre le frais, pendant qu'on lui préparait un superbe festin.
Nennillo s'était placé à une lucarne du palais audessus du rocher pour aiguiser des couteaux, car il aimait son métier et se piquait d'honneur. Nennella l'aperçut par le gosier du poisson et elle s'écria d'une voix caverneuse :
— Mon frère, mon frère, les couteaux sont repassés, la table est mise et sans toi dans ce poisson la vie m'est odieuse.
Le Petit Poucet. . 365
Tout d^abord Nennillo ne fit pas attention à cette voix ; mais le prince, qui se tenait sur une autre terrasse, se retourna à cette lamentation, vit le poisson et entendit une seconde foi§ les paroles. Il fut profondément étonné et envoya quelques-uns de ses gens essayer de prendre le monstre.
Pendant qu'on le tirait à terre, il entendit toujours les mêmes plaintes : «Mon frère, mon frère! » Il demanda à chacun de ses gens s'ils avaient perdu une sœur.
Nennillo répondit qu'il se souvenait comme d'un rêve qu'alors qu'on le trouva dans la forêt, il avait une sœur dont depuis ce temps il n'avait plus eu de nouvelles.
Le prince lui ordonna de s'approcher de l'animal et de voir ce qu'il en était : peut-être que cette aventure le regardait.
Nennillo s'approcha du poisson qui dressa la tête au-dessus des roches et ouvrit six palmes de gosier.
Nennella en sortit si belle qu'on eût dit une nymphe qui sortait de cet animal par l'incantation de quelque magicien.
Le roi voulut savoir ce qui était arrivé. Ils lui contèrent une partie des malheurs que leur avait valus la haine de leur marâtre; mais ils ne purent se rappeler ni le nom de leur père ni où était la maison paternelle.
Le roi fit publier que quiconque avait perdu dans
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un bois deux enfants appelés Nennillo et Nennella, pouvait venir au palais, où l'on en donnerait de bonnes nouvelles.
Croyant que les pauvfets avaient été mangés par les loups, Jannuccio avait toujours eu le cœur triste et inconsolable.
Il courut dans la plus grande joie trouver le prince et lui dit qu'il avait perdu ses enfants. Il conta toute l'histoire, comme quoi il avait été forcé de les porter au bois.
Le prince le reçut avec une mine sévère et lui dit qu'il fallait n'être pas un homme pour se laisser mettre ainsi le pied sur la gorge par une femmelette et mener perdre ses bijoux d'enfants.
Après ravoir écrasé de ce reproche, il posa sur sa blessure le baume de la consolation et lui fit voir ses enfants que Jannuccio couvrit de baisers durant une demi-heure sans pouvoir s'en rassasier.
Le prince ordonna à Nennillo d'ôter son bonnet rouge et de revêtir des habits de gentilhomme. Il envoya ensuite chercher la femnîé de Jannuccio et, lui montrant ces deux puces d'or*, il lui demanda quel supplice mériterait quiconque leur ferait du mal ou les mettrait en danger de mort.
— Pour moi, répondit-elle, je l'enfermerais dans un tonneau et je le roulerais par la montagne.
î. Chelle doi puche d'oro.
Le Petit Poucet. 367
— Qu'il soit fait comme tu l'as dit ! s'écria le prince. La chèvre s'est blessée de sa propre corne. Bien que l'arrêt soit trop doux, tu l'as porté, tu vas le subir pour avoir traité avec tant de haine les beaux enfants de ton mari.
Et il ordonna d'exécuter la sentence qu'elle-même avait rendue. Il choisit ensuite parmi ses vassaux un gentilhomme fort riche et lui donna Nennella pour femme; il maria Nennello de même et les pourvut de biens considérables, ainsi que leur père^ pour qu'ils n'eussent besoin de personne au monde.
Quant à la marâtre, emprisonnée dans le tonneau, elle fut bientôt délivrée de l'existence et cria par la bonde tant qu'il lui resta un souffle de vie.
Le châtiment tarde, mais malheur à qui l'attend. Il arrive un moment où tout se paye.
3C8 Les Contes de ma Mère l'Oye.
JloAOUE OU COT^TE LOTlIlQ^IU^
I n'y évô ine foué in paure home, ca ine paure fôme, qu'aviont yonze affants. I n'y en évô inque qu'atô si ptiat, qu'i n'atô me pu gran qu' lo ptiat doye ; on lo hoyôza lo Ptiat Pousset; ma' lato si hayant, si hayant qu'on n' peuvo jemâ l'ettrepè.
In jo qu' les affants dremiont, lo Ptiat Pousset ne dreumô me, ma il en fayôza sambiant. I hoyeii sô père qu' d'hô :
— J'ons yonze affants et j' nons pu d' pain po les neurri. Gomma t'a-ce que j' frons? je n' les veu me voër meuri d' faim d'vaint meu : j'amerô meu qu'i soyinssent pagûs dains lo bos.
Le fôme d'heu qu'aile ne v'iô me qu'i soyinssent pagtis , a qu'aile meurerô pitô qu' de les mauënè po celet dains lo bos. Ma lo père li d'heùch qu'i les mouënerô dains lo bos das qu'i ferô jô.
Lo Ptiat Pousset, qu'évô hoyï so père, s' leuveii dvaint lo jô, a s'en alleù dsi lo bord d' le r'vire, a rèmesseù tôt pien de biancs cayïoux,
Le Petit Poucet. 369
jQ.i'BLE OU COVHiTE LO'RTxQ/JIO^
11 y avait une fois un pauvre homme et une pauvre femme qui avaient onze enfants. Il y en avait un qui était si petit qu'il n'était mie plus grand que le petit doigt; on l'appela le Petit Poucet; mais il était si malin, si malin qu'on ne pouvait jamais l'attraper.
Un jour que les enfants dormaient, le Petit Poucet ne dormait pas, mais il en faisait semblant. Il ouït son père qui disait :
— Nous avons onze enfants et nous n'avons plus de pain pour les nourrir. Comment feronsnous? Je ne les veux pas voir mourir de faim sous mes yeux : j'aimerais mieux qu'ils fussent perdus dans le bois.
La femme répondit qu'elle ne Voulait mie qu'ils fussent perdus, et qu'elle mourrait plutôt que de les mener pour cela au bois. Mais le père lui dit qu'il les mènerait au bois dès qu^il ferait jour.
Le Petit Poucet, qui avait ouï son père, se leva avant le jour et s'en alla sur le bord de la rivière; il
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qu'i botteù dains ses paches, pi i 'rvenô chinzô, et se botteù dains so léye, a i fahin sambiant de dreami.
So père se ravayin, a hoyïo tortus ses affants, et leu d'heèch qu' i vlô elle dains lo bos; ma lo Ptiat Pousset, qui mairchô lo dâré, Jayeù cheure ses biancs cayïoux lo longe de le santé.
Quan qu'i feuch dains lo bos, lo père leu d'hetich do d' mouërè to-là po fâre zutes faigots, a qu'il ellô dro hâ-let po fâre lo sin. Ma quan qu'i y feuch, i s' saveù dains se mâhon, a layô ses affants dains lo bos.
Quan que l'évin fa zutes faigots, is epelin zute père, qui ne répondeùme. Quan qu'i voyin qu'i n'y atô pu, les paurais brayïint tôt côme des èveules, a se desesperint tôt côme des malhouroux.
Ma lo Ptiat Pousset ne brayô me, a leu d'heùch de s' couhi, qu'i les ermouënero chinzôs, a leu d'heùch d'elle évô lue. T suiveù les biancs cayïoux; ma, côme qu'i n'y évô long, i n'èrivin qu'è le neuyïe.
Lo père, quand qu'il èvô tu errivè chinzô, évô erci doux gro acus qu'in home li dvô. Il echetint di pain, de le châ, a feuch ripayïe. Se fôme li d'heùch qu'i serô daini d'evoi pagù ses affants, a pi aile brayin. Les affants ationt dari l'euch, qu'acoutiont c' qu'i d' hint zô dou.
Le Petit Poucet. 37 1
ramassa tout plein de blancs cailloux qu'il mit dans ses poches, puis il revint au logis, se mit dans son lit et fit semblant de dormir.
Son père se réveilla, appela tretous ses enfants, et leur dit qu^il voulait aller dans le bois ; mais le Petit Poucet, qui marchait le dernier, laissait choir ses blancs cailloux le long du sentier.
Quand ils furent dans le bois^ le père leur dit de demeurer là pour faire leurs fagots, et qu'il allait là-haut pour faire le sien. Mais quand il y fut, il se sauva dans sa maison et laissa ses enfants dans le bois.
Quand ils eurent fait leurs fagots, ils appelèrent leur père, qui ne répondit pas. Quand ils virent qu'il n'y était plus, les pauvrets se mirent à braire tous comme des aveugles, et ils se désespérèrent comme des malheureux.
Mais le Petit Poucet ne pleurait pas; il leur dit de se tenir cois, qu'il les ramènerait au logis, et il leur dit d'aller avec lui. Il suivait les blancs cailloux; mais, comme il y avait loin, ils n'arrivèrent qu'à la nuit.
Le père, en arrivant au logis, avait reçu deux gros écus quMn homme lui devait. Il acheta du pain, de la viande, et fit ripaille. Sa femme lui dit qu'il serait damné pour avoir perdu ses enfants, et puis elle pleurait. Les enfants étaient derrière l'huis qui écoutaient ce qu'ils disaient aux deux.
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Quan qu'i hoyin zute mère que brayô, i d'heùch tortus :
— No vace, mèmére; j' sons dari Teuch.
Le pauratte corrin è ses affaiits, qu'aile croyô qu* lo lou évô maingi à les baheti en brayant. Aile les fayeû maingi, a leu bayeù di pain, d' le châ, di froumaige, ca tôt pien d'àtes yecs, qu'i maingin tôt côme des anfamés. I d'mouerinzâ en let chinzô doux jos.
Ma quan qu' les doux gro acus feuch maingi, lo père les mouënôzo tortus dains lo bos, sans rin dir, a les y layô 'qu'i fayôsa jà neuyïe. Les paurats ne qu'nachim pu lé santé, po sâtè fiù di bos. I hoyin les lous que gueuliont tôt conte zôs, i greuUiontza de tôt zutes cors.
I merchin dains lo bos, a y voyin bin long dvaint zôs enne chandôle qu'atô ellmayïe. I y feuche tôt drô, a y crayont qu' ç atô zûte mâhon. Quan qu'i feuch è Peuch, i toquin : tac, tac.
— Qui ace? — C'a nos.
On leu si euvrè l'euch, a i voyin enne vie fôme, qui leu d'heû :
— Heun! mespauresafFants, qu'a-ceque v' veulé? c'a toceu le mâhon d'in ogre, que va erveni lot è l'houre, a que vos maingerô. •
I repondeuch qu' is aimiint mue y été maingi
Le Petit Poucet, ByB
Quand ils ouïrent leur mère qui brayait, ils dirent tous :
— Nous voici, ma mère, nous sommes derrière l'huis.
La pauvrette courut à ses enfants qu'elle croyait mangés par le loup et les baisa en pleurant. Elle les fit manger et leur bailla du pain, de la viande, du fromage et tout plein d'autres choses qu'ils mangèrent tout comme des affamés. Ils restèrent au lit chez eux deux jours.
Mais quand les deux gros écus furent mangés, le père les mena tretous dans le bois, sans rien dire, et les y laissa qu'il faisait déjà nuit. Les pauvrets ne surent pas reconnaître le sentier pour sortir du bois. Ils entendaient les loups qui hurlaient tout contre eux et ils tremblaient de tous leurs membres.
Ils marchèrent dans le bois et ils virent bien loin devant eux une chandelle qui était allumée. Ils y furent tout droit, croyant que c'était leur maison. Quand ils furent à l'huis, ils toquèrent : tac, tac.
— Qui est-ce ? — C'est nous.
On leur ouvrit la porte et ils virent une vieille femme qui leur dit :
— Heun! mes pauvres enfants, qu'est-ce que vous voulez? C'est ici la maison d'un ogre qui va revenir tout à l'heure et qui vous mangera.
Ils répondirent qu'ils aimaient mieux être mart^
Les Contes de ma Mère VOye.
pa lue, que pa les lous. Le fôme les perneù, a les botteù d' so lo léye.
Quan qu' l'ogre ervenô, i d'heùch en entrant è se fôme :
— Mè fôme, i iiâre le châ frâche, ns, ns, ns, i fiâre le châ frâche.
Le fôme li d'ho qu' ç'atô lo bue qu'atô è le brouche. Ma i n' le croyi me, a roûateti d' sô lo léye, a i les tireù tortus pa lo pîd, a d'heùch, qu' ça c'erô po son djuni.
Il évôza yonze bâcelles, et i botteù les ptiats gachenats couchi dains le même champe. Ma i botteù des bounnats d'or è bâcelles^ a des bounnats de tôle è gachenats.
Ma, quan qu'i dremin, lo Ptiat Pousset perneù les bounnats d'or è bâcelles et leu botteù les bounnats de tôle.
Quan qu' l'ogre, qui évô faim, vneù Iç neuyïe toué les affants, po qu'i n' se sâveussent me, i touôza les bâcelles, a layo les ptiats gachenats, pace qu'il evint les bounnats d'or.
Quan qu'i feuch ertorné dains sô léye, lo Ptiat Pousset ravayeù ses frères, à leu d'heùch qui falô sâtè fiù d' le mâhon. Ai s'ellin vilement dains lo bos, d'où qu'i s' couèchin dzo ine rouche.
L'ogre, quan qui s^ ravayeù, volin maingi les ptiats gachenats, ma i treuvin qu'il évô toué ses bâcelles. I pernin ses bouttes de sat liùs, a feuch
Le Petit Poucet. SyS
gés par lui que par les loups. La femme les prit et les mit sous son lit.
Quand l'ogre revint, il dit en entrant à safemme:
— Ma femme, il sent la chair fraîche, ns, ns, ns, il sent la chair fraîche!
La femme lui dit que c'était le bœuf qui était à la broche. Mais il ne la crut pas, il regarda sous le lit, les tira tretous par le pied et dit que ce serait pour son déjeuner.
Il avait onze filles, et il mit les petits garçonnets coucher dans la même chambre. Mais il mit des bonnets d'or à ses filles et des bonnets de toile aux garçonnets.
Mais quand elles dormirent, le Petit Poucet prit les bonnets d'or aux filles et leur mit les bonnets de toile.
Quand l'ogre, qui avait faim, vint la nuit tuer les enfants, pour qu'ils ne se sauvassent mie, il tua les filles et laissa les petits gars, parce qu'ils avaient les bonnets d'or.
Quand il fut retourné dans son lit, le Petit Poucet réveilla ses frères et leur dit qu'il fallait s'enfuir de la maison. Ils s'en allèrent bien vite dans le bois, où ils se couchèrent sous un rocher.
L'ogre, quand il se réveilla, voulut manger les petits garçonnets, mais il trouva qu'il avait tué ses filles. Il prit ses bottes de sept lieues, s'en fut dans le bois et arriva contre le rocher ; mais il ne trouva
SyC.
Les Contes de ma Mère l'Oye.
daiiis lo bos, i errivô conte le rouche, a i n^ trovô me les affants, qu'ationt couèchi d'zou. Il éviii b'san de dremi a i s'en dreumôza dsi' le rouche.
Quan qu' lo Ptiat Pousset l'oyïoza ronffyï, i li preneù ses bouttes de zat liiis, i feuch chin le fôme de l'ogre a li d'heûch qu' son home atô ettrepè pa les volou, a qu'i li évô bayï ses bouttes de sat litis po quouèr d' le mnoye po leti bayi.
Le fôme li bayeù tôt pien d'airgent po recheti sô méri. Ma lo Ptiat Pousset feuch chin sopére évô cet airgent, etc., etc.
Le Petit Poucet.
point les enfants qui étaient couchés dessous. Il eut besoin de dormir, et il s'endormit sur le rocher.
Q.uand le Petit Poucet l'ouït ronfler, il lui prit ses bottes de sept lieues, s'en alla chez la femme de l'ogre, et lui dit que son homme avait été attrapé par les voleurs et qu'il lui avait baillé ses bottes de sept lieues pour aller quérir de la monnaie afin de leur bailler.
La femme lui bailla tout plein d'argent pour racheter son mari. Mais le Petit Poucet s'en alla chez son père avec cet argent, etc . , etc.