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(ic Ti;iiis\ Ixaiiic nous a mis en |)i('"si'iici' dim L'})is(icl(' qui uest pas à iit'-gligei'. Le che\al nu'ivoilli'ux nosi pas sculeiiicnl le coiisoilU'r (lu lit'ios : il paie aussi, nous l'avons dit, de sa persoiuie : quand la i'iiniesse aux liesses d'or, amenée par le héros chez le roi, veut, a\anl do consenlir au mariage avec celui-ci, avoir « ses juments avec leui- poulain », le « clieval du Soleil » combat ce poulain Il iiihlc, après s'être l'ail mettre préalablement sur le dos « un manteau d(> sept peaux de bul'fles » (i).
(^e manteau loul particulier, qui protège le cheval du héros, nous allons le retrou\ei-, non pas seulement dans la péninsule des Balkans, voisine de la Transylvanie, mais loin de là, et notamment aux deux bouts d'une ligne qui, à l'est et à l'ouest de la Transyl- \anie, \a d(^ la Sibérie méridionale et de l'Asie centrale, c'est-à-dire des portes de l'Inde, jusqu'à lune des extrémités occidentales de l'Europe, la Bretagne.'
Le conte sibérien, recueilli chez les Tatares musulmans des cercles de Tûmen et de Jalutrow, a déjà été, en grande partie, résumé ici (Revue, 1916, p. 11 : — tiré à part, p. 255) et dans les remarques de notre conte de Lorraine n° 78, La Belle aux cheveux d'or (II, p. 3ooK Notre analyse a laissé de côté l'épisode qui nous intéresse aujourd'hui. Le voici :
La fillo du Souverain des Péris, enlevée par le héros pour le prince son maître, dit qu'elle épousera le prince. « Mais, ajoute-t-elle, il faut qu'il me fasse apporter mon anneau de chez « le jeune homme qui fait marcher le soleil ». L'anneau ayant été apporté, la jeune fîUe dit qu'elle veut, avant le mariage, qu'on lui' amène son cheval .tacheté, qui est à la tête du troupeau. Le héros tue trente chevaux, qu'il écorche, et il met leurs peaux sm- le dos de son cheval. Les dents du cheval tacheté pénètrent au travers de vingt-neuf des peaux ; une seule reste intacte, et le héros peut alors mettre le lirou à l'indomptable cheval.
Dans l'Asie centrale, au nord du Dardistan et du pays de Cachemire, — c'est-à-dire, nous le répétons, aux portes de l'Inde, — un explorateur anglais, M. R-B. Shaw, a recueilli, il y a une quarantaine d'années, des spécimens des langues ghalchah (ivakî et sari-
il) Un second conte transylvain (Haltrich. X* 10 . l'-galcment du type de la Belle aux chpceux d'or. a. lui aussi cet éi)isii(le : le héros doit prendre douze peaux de buffles et douze livres de résine pour coller ensemble ces peaux, dont il revêtira son chenal avant le combat conti-e le « poulain >■.
kolî), que des populations, pour la plupart musulmanes, parlent dans les vallées descendant à l'est et à l'ouest du plateau du Pamir (i). M. Shaw a publié notamment le frapment suivant d'un manuscrit en langue sarikolî :
Le fils aîné d'un « homme riche » ii épousé la fille du roi. Les gens viennent faire au roi leurs congratulations. << l^uisse ta fille être heureuse. Tu as été un bon roi ; mais lu ne possèdes pas l'arbre de corail. — Qui est-c€' qui peut le trouver .» — Ton gendre peut le trouver, n Le jeune marié, troublé, va raconter la chose à sa femme. Celle-ci lui dit : « Ne te trouble pas. Enveloppe-toi de neuf peaux et enveloppe de neuf peaux ton cheval. Monte ton cheval ; il ira vers le bord de la rivièrç ; donne .^ ton cheval quarante coups de cravache ; il plongera dans la rivière. »...
Le reste du manuscrit est devenu indéchiffrable. Sous les altérations d'une forme très fruste, on reconnaîtra facilement, dans le fragment conservé, notre épisode, faisant partie d'un conte analogue à divers contes étudiés plus haut (envoi du héros en expédition périlleuse à l'instigation d'envieux ; conseils à lui donnés par sa femme).
Maintenant, allons à l'autre bout de la ligne indiquée. Dans la Haute-Bretagne, un conte, publié en i858. a l'épisode suivant, que nous transcrivons (•>). (Le héros doit (( aller, dans la foret de Chausey [Côtes-du-Nord], à la rencontre d'un cheval fougueux et indomptable ».) :
Son petit cheval lui dit : (( Achetez neuf peaux de bœufs ; cousez-lps l'une sur l'autre, et, quand nous serons dans la forêt, vous m'en couvrirez et me les nouerez sous le ventre, afin que les morsures du cheval ne puissent me faire de mal. Je l'appellerai ; nous nous battrons. Au fort du combat vous sortirez de votre cachette, lui passerez tm nceud cotdant aux pieds de devant ; je me jetterai siu- hu", vous lui mettrez un bâillon et une bride, et nous le condrvirons au roi. »
Dans un autre conte breton, — celui-ci de la Basse-Bretagne (3), — c'est une cavale qui conseille et aide Gwilherm :
(Il R B. Stiaw. On Ihc Ghairhuh f.anguaqcs './uur/irrl n/ ilw Àsuitxc Sortrti/ of Bengal. Vol. 45, 187(5, Part. 1. n* 2. p. 180 et suiv.).
(2) Ce conte, cpii a été recueilli à Sainl-.îaciil (Cùtes-ilii-Nonl , a été domié. i-n ISilS. aw, Journal d'Avranches par M"" Elvir(^ deCernv, diM^édéo pins qu'oclogéiiaire en 1801). I^a Revue dos Tradiliona populaires Va n-|)r.(liiil aimée 18<)'), p. :)4'.t et s i V. I .
f3) F. M. r^uzel. (latis Anhives des .^fissions sncntt/iiiues e! liller/nrrs (1871-1872). p. 1911.
Aiiu'iuV par le jctiiii' honuiic au joi. la l'i iiucssc de Tit-niôncz^iom (lit (m'il lui faul sou cheval, donl lo jiaroil n'oxislo pas au mondt', pour la porter à l'é^Mise le jour des noces. Gwilherm ayant reçu du roi l'ordre d'aller chercher le cheval, sa cavale lui fait acheter viiij,'l bœufs, dont il doit coudre les i>eavix autour d'elle, en garnissant sintout ses flancs. De })his, (i\vilherni la ferre à neuf avec des fors de cinq cents livres chacun, attachés chacim par huit clous de cent livres. .Xpri^'S une lutte terrible contre la cavale, le cheval de la ])rincesse tombe à genoux, ot (!\vilherni le bride.
Les peaux de buffles reparaissent dans plusieurs contes, tous du type, plus ou nioius pur, de la Belle aux cheveur d'or, et tous (naturellement) de pays à buffles : dans un conte croate de Aarasdin, dans un conte hongrois, dans un conte roumain du Banal, dans un conte petit-russien (autrement dit, ruthène) de la légion qui, nous l'avons déjà dit, a pour centres intellectuels Lemberg et Kiev (i). — Dans un conte grec de l'île d'Eubée (Halm, n° r)(S), c'est pour combattre, non un autre cheval, mais un monstre, que le cheval du héros se fait envelopper de sept (( couvertures » de peaux de buffles et ferrer de fers munis de pointes aiguës
Le conte croate a ceci de particulier, que l'envoi du héros à la rechercha du cheval terrible est étroitement rattaché à l'introduction du conte : le héros a ramassé , malgré les avis de son fidèle cheval, trois cheveux d'or et un fer à cheval d'or. Les cheveux d'or sont cause que ses ennemis lui font ordonner par le roi d'amener la jeune fille de qui viennent ces cheveux- Quant au fer à cheval d'or, la jeune fille, une fois enlevée, demande au roi qu'avant le mariage, on lui amène le cheval qui est ainsi ferré. Il y a ici une modification, d'ailleurs ingénieuse, du thème : dans tous les autres contes de ce type- c'est son cheval, à elle, que demande la Belle (3).
Dans la forme complète, ce que veut avoir la Belle, c'est, à la fois, son cheval et son troupeau de juments, dont le cheval est le
(1) F. S. Ivrauss. Sar/en und Micrchen (1er Si'idslnven I^eipzig, 188.S), n° 80. — Elisabpt Rnna-Sklarek. Unnnrische VolksniTrcheu fl^eipzitr. 19(W. 11° 10 — Schotl. Walachische Marchen (Stuttfrard. 18i.^i, n° 17. — R. Nisbet t?ain, Cnfutnck Fnin/ laies (Londres. 1804). p. 92 et suiv.
(2) Exception à taire pour le conte hongrois, lequel a également, après le clieveu d'or ramassé par le héros, le fer à cheval d'or. qui. dn reste, ne sert absohimeni à rien. Ce n'est pa^, en effet, le cheval ainsi ferré que demande la jeune fille aux clieveux d'or: c'est, cr^mme dans d'autres contes, son troupeau de cavales, à elle. El, pour combattre le cheval, chef de ce troupeau, le cheval du héros se fait couvrir de quatre-vingt dix-neuf (\) peaux de buffles.
clicf. Il en est ainsi dans les contes qui viennent d être mentionnés, moins les deux contes bretons et le conte sibérien (le conte de l'Asie centrale est fragmentaire).
(]e trait est excellent, en ce qu'il prépare un dénouement caractéristique (hiand la Belle est en possession de son troupeau de juments, elle veut qu'on remplisse de leur lait bouillant une chaudière : il landra que le roi s'y baigne avant le mariage. Le héros étant forcé de faire d'abord l'expérience^ son cheval souffle du froid dans le lait, et le jeune homme sort de la chaudière sain et sauf, et plus beau qu'auparavant. Le roi croit pouvoir tenter, lui aussi, l'aventure, et il périt échaudé-
Cette forme particulière de dénouement correspond à celle dans la([uelle la princesse enlevée exige, avant d'épouser le roi, que son ravisseur entre dans un four ardent. Le ch.eval du jeune homme dit à son maître de s'oindre de son écume (ou de sa sueur), et non seulement le jeune homme .est préservé de tout mal, mais il de\ient admirablement beau. Alors la princesse dit au roi d'entrer lui-même dans le four ; il le fait, et il est réduit en cendres (i).
Nous n'en avons pas encore fini avec Le cheval au manteau de peaux.
Dans un conte bas-breton et dans un conte norvégien, — lesquels sont d'un type qui n'est pas celui de la Belle aux cheveux d'or, mais qui en est voisin, — l'introduction est à noter. Voici celle du conte bas-breton (Luzel, I, p. i58 et suiv.) :
Le héros, fils d'un liomnic riche, qui possède quatorze juments, consent, à la demande d'un des. poulains du troupeau, un poulain cliétif, à tuer les treize autres, nés en même temps que lui, afin qu'il ])uisse téter seul les quatorze juments et acquérir ainsi la force de quatorze chevaxix. L'année suivante, et encore l'année d'ensuite, le jeune homme y consent encore, et le poulain devient d'une taille comme on n'en a jamais vu.
C'est ce cheval extraordinaire qui combat, dans le conte basbreton, le « Cheval du Monde », que le roi, à l'instigation de sa
(1) Voi:, pour cette forme, les remarques de notre conte de Lorraine n° 7.'{ II, p. 248) Aux contes cités (siciliens, iireton, espagnol, italien), nous pouvons aujourd'hui ajouter un conte ara])e de Damas (}. Oestruo, Conics de Damais I^cyde. 1897. p. 79-81). — Comparer un conte arabe du Caire (Contes populaires de Aorraine, t. u. p. 36o).
siriir, soiiit''i(', fiiiirmic du In'ios, indoniK' à («'liii-ci d'aller chcrilici'. Ici, t'i'sl de i|ii.ili("-\iiiiil-di\-neul' jx-aux dv btrul's quo le jeiiiie hoMime garnit le corps de sou clieval.
Le ctinte norvégien (i) a une introduction semblable. Dans la suite du récit, le héros n'a pas à con(|uérir pour un roi la main d'une p?incesse, mais à d(''li\rer la lille du roi, capli\(^ d'un IrolJ (mau- Aais génie, ogre'' :
Le rcti. au lien de (lonnc!- iiiiuiédialcini'iit la princesse à son lil)éraleur, ainsi (piil l'avait piomis, impose préalablement an jeune lioinnio dixerses lâches, entre antres celle-ci : le piéteiidant devra procurer à la princesse un « cheval de fiancée » aussi Ijoau que son « cheval de fiancé i. à lui. K\isle-l-il un pareil cheval? 11 en existe un, el le niagnifi(pic clie\al du héros, (jni sait ofi le trouvei'. va le combattre. po\ir que le jeune linnune puisse l'amener an roi fici, douze i)eaux de band's).
Le combat des deux chevaux, dont l'un a un manteau de peaux, reparaît encore dans un conte albanais, un conte très composite, qui mérite d'être examiné dans toutes ses parties (2) :
Lu prince est né, le même jour que son cheval, après que la relue et la jument du roi ont mangé, la première une certaine pomme, donnée par un mystérieux vieillard ; l'autre, les pelures. Il voit, un jour, la fdle d\i roi des Elfes (3), et les deux jeunes gens s'éprennent i'un de l'autre. Les deux rois conviennent de marier leurs enfants : mais la reine des Elfes, mécontente de cette mésalliance, emporte sa fille « au bout du monde » pour la donner à un autre roi des Elfes. Le jeune prince part avec son cheval pour aller conquérir sa fiancée. Sur son chemin, il gagne une bataille pour le compte de sept frères, qui lui donnent leur sœur en mariage ; puis, laissant sa jeune femme ?i la garde de ses beaùx-frères, il continue son expédition à la recherche de la fdle du roi des Elfes [nous sommes en plein polygamie musulmane], et le plus jeune des sept frères se joint à lui.
On verra que ce préambule, qui pourrait sembler tout à fait en dehors de nos investigations actuelles, n'est nullement inutile... Mais voici, dès maintenant, notre épisode des deux chevaux :
Le prince et son compagnon arrivent en vue d'une auberge, devant laquelle est une table d'or, splendidement servie ; mais personne
(li Asbjoernsen, traduction allemande déjà citée, t. n, n' 7.
(2) Holger Pedersen, Zur albanesischen Volkskunde (Copenhague. 1898),. n° 4.
(3) Ces ;< Elfes » (Elfen. de la traduction allemande dn texte albanais) correspondent aux Péris des coules turcs.
n'ose s'y asseoir, piii ciiiiiilc d'un nèj;re <nii habile là. Le clieval, (jui a tout expliijué an piinee, lui dit de le couvrir de cinq peaux de buffles et de s'asseoir hardiment à la table du nèofre. Celui-ci, monts sur une jtmient avec laquelle aucun cheval ne peut se mesurer, combat contre le prince et son cheval. Les deux chevaux tombent à terre, épuisés. Alors le prince et le nègre luttent l'un contre l'autre, sans que la victoire se j)ronoiKe, et le nègre pro}X)se au prince de se jurer l'un à l'autre fraternité. « Or, ce nègre n'était pas un nègre, mais la Belle de la Terre », qui, passant dans iine autre cliambre, et y enlevant sa peau de nègre, revient, dans toute sa splendeur, auprès dti prince et de son compagnon pour leur offrir le café. Puis, reprenant sa pean noire, le prétendu nègre Uzengi (i), demande au prince s'il a vu sa sœur, et la lui offre pour femme. Le prince accepte, mais dit qu'il doit d'abord trouver la princesse des Elfes. Le Nègre Uzengi <lil qu'il l'accompagnera (2).
L'épisode qui suit, .est, — ce que nous n'avons pas constaté sans surprise, — un des plus curieux épisodes étudiés dans la Monographie B (Revue, 191;"), p. 0 et suiv. ; — p. 169 et suiv. du tiré à part) :
Le prince et le prétendu nègre, arrivés dans le pays de la princesse des Elfes, se logent chez une vieille femme et apprennent que la ])rincesse va se marier, dans trois jour&,avec un roi de sa race. Le l^bgrc l'zengi donne à la vieille une poignée de pièces de monnaie et la jirie d'aller dire tout bas à la princesse : « Le fds de tel roi est arrivé et désirerait te parler ». La vieille, fait la commission, et aussitôt la princesse dit à ses servantes d'aller chercher « une branche du grand pommier qui est tout au bout du petit jardin », et elle frappe de cette branche la vieille, qui retourne très fâchée à la maison. Le Nègre Lzengi lui fait rapporter les paroles qu'a prononcées la princesse, et il les explique au prince : « Ce soir, il faut aller te mettre sous le l)ommier ; la princesse viendra ». Elle vient, en effet, luais elle trouve le prince endormi. Elle lui met dans la poche une poignée de fruits cpnfits, et le Nègre reconnaît ainsi qu'elle est venue.
La vieille est envoyée de nouveau chez la princesse, ({ui. cette fois.
(1) Dans un cDiile turc de Constantinople ^Kunos. ii°;{!. p. 1>;5T), le héros est forcé d'aller chercher .( l,"ri)ée du.YfY/re Uzrngi ». — On. sitit que les Albanais, comme les Grecs modernes, ont reçu lenrs contes par voie in(io-persano-aralio-hirque.
(2) L'épisode du co)nt)at contre le prétendu nègre se trouve, dans nu conte grec d'Epire (Halin. u' 22), sous la forme suivante : I.e héros veut obtenir la main de la Belle du l'ays. Celle-ci l'entend jouer de la (;ithare d'une façon si ravissante, qu'elle se le fait amener jjar la boiuie vieille chez laquelle il loge. t;ile lui fournit le moyen d'exécuter deux tàclies à lui imposées par le roi, père de l;i IJelle. comme condiliofis du mai'iage. Une troisième condition, c'est qu'il doit comtialire contrcî 1 un nègre (}u'a le l'oi ». La INdIe dit au jeune homme que le nègre, ce sera elle-même. « On me fait boire une certaine boisson, et je suis transformée en nn nègre d'une force invincible ». Elle lui dit ensuite d'aclieter au marché dauze peaux de buffles et d'en envelopper le cheval qu'il montera, &i elle lui indique le moyen de tuer le cheval qu'elle montera elle même sous sa forme de nègre.
la l)al <( a\(>c uni' hiaiiclic du ix'lil iiommicr qui csl au milicn du i:iaH(l janlin ». Do nouvoan, lo prinro .s'ciulort an lieu iiHlKiiir iioiir le nMidiv.-vous, et la princossc s(> roliro apn-s a\oii ('cliaiif,'!' ^oti le/, contre celui du jeune hoiiinie.
l ne Iroisièiiie Ibis, la vieille \a clie/. la princes.-', el elle esl hallue avec « \u\ paqnel (!'orti(>s, pris d(>rrièro le <:vmul jardi;i )>. Le Nè,i:rc conduit là le i)rince el lo couche a\i beau milieu des orlics. de sorte que les piciùres renn)ècheul de s'endonnir. Il i>eul ainsi senlendro avec la princesse sur les moyens de la soustraire à un maria<re dont elle no M'ul pas.
Ainsi Noilà en Kuropc, — rlicz des musuhuans, il est \rai, — la forme ronuinesque du thème du Sommeil du héros et de la triple (ipparition de hi prim-esse^ l'orme que nous avions \uc voyager du pavs de Cacliemire vers la Perse et vers la région du Caucase, mais non j)as soilir du continent asiatique (i).
Il l'audrail un long chapitre spécial pour étudier, dans ses tenants et aboutissants, l'épisode qui vient ensuite dans le conte albanais. Nous ne pouvons pourtant laisser complètement de côté cet épisode:
Le moyen que la princesse a trouvé pour se soustraire au mariage qui lui est imposé, exige l'intervention d'un homme qui risquera tout. Le plus jevme des « sept frères », celui qui s'est fait le compagnon du prince et du Nègre Uzengi, se dévoue. Le cortège qui emmène la princesse vers le pays du roi des Elfes auquel on la fiancée, doit passer devant une mosquée. Quand on arrive en cet endroit, la princesse dit aux gens de la noce que, pour obéir aux dernières volontés de sa mère,
(1) \ii roman cachemirien nous aurions dû joindre un conte oral, également indien, du district de Mirzàpour (Nortli Indran Notes and Qtienea. février tb9i.. n" 413) • Le fils d'un radjà, qui veut épouser la fille du radjà de Ivarnalpour, arrive dans cette ville avec un intelligent compagnon et conseiller. Les deux jeunes gens se logent chez une vieille femme de jardinier, laquelle va tous les lours porter une £;uirlande de fleurs à la princesse. Un jour, le prince, qui a con- ■fié ses intcntions'à son hôtesse, ohtient d'elle la permission de faire une jolie guirlande, et il y glisse une lettre. Quand la guirlande avec son contenu est remise à ta princesse, celle-ci demande qui l'a faite ; la jardinière repond que c est sa fille venue pour lui faire visite. La princesse donne un présent a la vieille femme puis elle la frappe d'une branche d'oranger ; ce que le compagnon du prince interprète comme signifiant un rendez-vous dans le jardin des orangers. Le prince s'v endort, et laprincesse ne peut le réveiller. — Après quoi, envoi d une nouvelle gnirlande : la jardinière frappée d'une branche de citronnier : nouveau soinmeil du prince, cette fois dans le jardin des citronniers. - Enfin, en recevant une troisième guirlande, la princesse dit à la jardinière de lui amener sa « tiJle ».
Dans notre précédent travail, nous avons également oublie de mentionner, comme présentant la forme romanesque du Sommeil vitempeslif. deux contes recueillis sur le continent européen, encore chez des Musulmans : un second conte albanais et un conte turc d'Ada Kaleh (voir, un peu plus loin, les indications précises).
■vUc doit enlior daiiis cette mosquée et y prier. Elle y enti-c, en effet, et l'ami du prince, qui s'y est rendu d'avance, se revêt des vêtements de la fiancée et lui donne les siens ; puis la prétendue fiancée rejoint 'e cortège, et la princesse, en habits d'homme, va trouver le prince et le .Nègre Uzengi, qui partent aussitôt avec elle pour le pays du prince. — De son côté, la prétendue fiancée trouve moyen, dans le royaume où elle a été conduite, de gagner l'amour de la sœur du roi et de s'enfuir avec elle pour l'épouser. Et le prince fait sa rentrée dans son pays avec ses trois femmes, accompagné des deux nouveaux mariés.
Ce. même incident se retrouve, plus ou moins complet, dans un <\utre conte albanais, déjà cité à propos du thème du Sang sur la neige (A. Dozon, op. cit., n° 24) et dans deux contes turcs, recueillis, l'un à Constantinople (Kûnos, n° 3/i), l'autre dans la petite colonie turque de 1 îlot d'Ada Kaleh, sur le Danube (Kùnos, Adakale, n° 6). Si, jusqu'à présent, on ne l'a pas encore rencontré identiquement dans l'Inde, le roman cachemirien et le conte du district de Mirzâpour en donnent une forme qu'on peut appeler latérale. Voici le passage du roman cachemirien :
Après que la princesse a, deux fois, trouvé le prince endormi au lieu -où ils devaient se rencontrer, l'ami du prince, le fils du vizir procure au prince une entrevue avec la princesse dans une villa d.u jardin royal. Mais, en faisant sa ronde de nuit, le chef de la police voit la porte du jardin non fermée et il surprend les deux jeunes gens, qu'il airête et met en prison. La princesse réussit à envoyer au fils du vizir un message par l'intermédiaire d'un passant à qui elle a pu parler par une petite fenêtre du cachot. Alors le fils du vizir se déguise en femme de marchand et, portant sur sa tête un plateau chargé de pâtisseries, se présente à la prison : la prétendue femme dit aux gardiens qu'elle voudrait s'acquitter d'un vœu qui vient d'être exaucé par le retour de son mari, parti depuis deux ans pour faire le commerce ; elle les prie de lui permettre de distribuer des gâteaux et quelque argent aux ])risonniers. Les gardiens, bien régalés et largement gratifiés, disent à la solliciteuse d'entrer. Une fois dans le cachot, le fils dxi vizir, quittant son déguisement, donne son accoutrement de a femme de rnarchajid » à la princesse, et celle-ci, le plateau sur la tête, peut sortir sans obstacle. Aussitôt, le prince et Je fils du vizir se mettent à fumer du hachich et, ce faisant, ils brûlent tout ce qu'il y a dans le cachot, vêtements de la princesse compris. Le rapport du chef de la police au roi sur les arrestations ordonnées par lui, se trouve donc démenti par les apparences. Condamné à mort, le chef de la' police obtient du roi que la princesse soit soumise à un « jugement de Dieu ik
Comment elle y échappe par un serment, vrai dans sa teneur littérale, faux en réalité, l'étude de ce thème, tout à fait en dehors de notre sujet, nous entraînerait beaucoup trop loin. Peut-être nous sera-t-il donné de l'aborder un jour.
l II mol ciicoii' sui' les lieux ôpistulcs (nic nous v(MU)11S do iiicttri' iMi reirard l'un d,e l'aulro. Très curiousc, \"ii\lcrj)(ircnlc de ces deux épisodes, pourlanl bi<Mi distincts.
Dans l'un ol dans l'autre, c'est le conijtaLiiion du prince (]ui joue le grand rôle, un rôle du inènie genre. Dans l'un cl dans l'aulre, il faut iircr la princesse d'une tirave sHuation, el c'est en se déguisant en jen}7ne (jue le jeune honmie y réussit.
V côté de ces Iraits conuiiuns, de notables particularités. Dans le lonte albanais, il s'agit, pour la princesse, fiancée malgré elle, de faire sortir de la mosquée, à sa place, une personne qui passera pour elle. Le compagnon du prince, ayant échangé ses a éléments contre ceux de la fiancée, se substitue à elle el rejoint, ainsi travesti, le cortège nuptial. Kt la princesse, vêtue en bomme, pourra sortir de la mosquée sans que personne la reconnaisse. — Dans les deux contes indiens, il s'agit pour la princesse, emprisonnée avec celui qu'elle veut épouser, de s'échapper. Le compagnon du prince, portant le costume très particulier de « femme de marchand », se fait autoriser par les geôliers à distribuer des aumônes aux prisonniers, et il .pénétre ainsi auprès de la princesse qui, sous ce costume de (( femme de marchand », sortira de la prison sans difficulté. — Il est à remarquer ({ue, dans les deux contes indiens, le compagnon s'est déguisé en femme pour entrer dans la prison ; dans le conte albanais, c'était pour sortir de la mosquée... Interparenté, malgré tout, nous le répétons (i).
(1) Le roman ciicheinirien s'est i.;vrfaitemrnt nijerçu que les yrtciiients de la princesse, laissés jiiir elle dans le cactiot. étaient vme pièff de cojiricliun contre le prince. Aussi a-t-il imaginé de faire lirùler par les deux occupants du cachot ces vêtements et aussi ceux dn prince (le costume de « femme de marchand », avec lequel l'ami du prince est entré dans le cachot, a été donné à la princesse). Et les deux jeunes gens, nus et le corps enduit de cendres, peuvent ètie ju'is pour des ascètes à la m )de hindoue. Les gardiens n'ont rien remarqué, ni fumée, ni odeur de roussi. Tout cela est peu vraisemblable. — Un autre conte de llnde iXorl/t fndiaii A'o/c.s anrl Querics, avril 189 i, n" 22i écarte d'emblée toute invraisemblance. C'est une femme qui se substitue, par un échange de vètemenls, à la princesse emprisonnée avec un complici^ et cette femme est la femme légitime de ce complice, dévouement conjugal t');it oriental et poussé jusqu'à ses extrêmes limites ; car c'est cette même femme qui a expliqué à son mari les signes par lesquels la princesse donnait à celui-ci rendez-vous (nous avons déjà dit quelque chose de ce trait plus qu'étrange, Revue, 1913, p. 9 et suiv. ; p. 169 et suiv. du tiré à part . Et quand on amène tes deux prisonniers devant le vizir, la femme dit : ^< Quel mal y a-t-il à ce qu'un homme soit avec sa propre femme ? >>
— Cette histoire», réduite à l'emprisonnement et à rinterventiiui de la femme légitime, a été versifiée au xi° siècle parle Cachemirien Somadeva, dans son grand recueil sanscrit, L'Océcm des Fleuves de Contes, probablement d'après un livre plus ancien.
La dernière partie de ce singulier conte albanais nous ramène à une des branches du thème de V Epouse-fée, traité plus haut. Le prince étant revenu dans son pays avec ses trois femmes, son père, pour les lui prendre, veut le faire périr. Très différent des contes du thème indiqué, le conte albanais introduit ici, d'une manière bizarre, un thènxe dont on trouvera toute sorte de spécimens, indiens notamment, dans les remarques de notre conte de Lorraine n° 7, le thème des Yeux crevés et de leur guérison à la suite d'une conversation entre des animaux ou des démons, entendue par l'aveugle. — Dans le conte albanais, les yeux sont l'enjeu d'une partie de cartes que le roi propose à son fils (!).
Finalement (nous abrégeons) le Nègre Uzengi jette, par surprise, le roi dans un four ardent, ce qui rappelle quelque peu le dénouement de certains contes du type de la Belle aux cheveux d'or:
Thème sur thème, on le voit, sont v.enus se juxtaposer dans ce long récit, et ce ne sont point des thèmes créés par la fantaisie du conteur : tous ont été tirés de ce magasin central indien qui a, directement ou indirectement, approvisionné les conteurs de tous pays. Les pièces de cette singulière mosaïque sortent d'une même fabrique, mais l'ajustage n'a pas toujours été heureux.
Groupe de ïVïonographies H
LE MANGEUR DE CENT BOEUFS ET LE THÈME DES (( PERSONNAGES AUX DONS SURHUMAINS »
Dans un tra\ail qui eut sa célébrité (i), Benfcy a traité un sujet que, à propos d'un conte examiné dans une de no? précéJentes Monographies, nous nous sommes réservé d'aborder à notre tour, Disons-l.e dès maintenant, nous ferons très peu d'emprunts à ce travail : à l'époque où il l'crivait, le savant sanscritiste de Gœttingue l'iniatoiir en folklore ne connaissait et ne pouvait connaître qu'un
(1) Theodor Benfey, Das Mxrrhen von den « Afenschen mit den uunderharen Eigenschaflen ». sexnfi Quellu und sevie Verbreilun^ (Le conte de? " Hommes aux dons merveilleux ». sa source el sa propagation). — Publié en 18"JS dans la revue VAmland, ce travail a clé reproduit dans les Kleinere Schriflen zur Mxrchtnforschunq de Benfey (Berlin, 1894), pp. 9i-156.
trî'S petit nombre des ((.mtes eiiro|)éeiis el orieiilaiix relalil'.s à la question; aujourd'luii la masse en esl (le\emie vraiment énorme, et le danizer pour nous, ce serait de nous en laisser écraser.
Notre point de départ
Nous remonterons, pour partir de là, aux contes de la Belle aux cheveux d'or et aux contes apparentés. Là, des taches, des épreuves, humainement inexécutables, sont imposées par la Belle au héros, après cpie celui-ci l'a enlevée et amenée au roi qui veut l'épouser : la Belle l'ait, de 1 '.exécution de ces tâches, une condition du mariage.
(le que nous avons à faire remarquer ici tout particulièrement, c'est que les taches en cpiestion ne sont pas toutes de telle nature qu'elles doivent forcément être exécutées par celui-là même à qui elles ont été imposées ; ainsi, quand la Belle demande que le jeune homme lui rapporte son anneau, qu'elle a jeté dans la mer, peu importe de quelle manière et par qui l'anneau aura été retrouvé et retiré des eaux ; de fait, c'est un poisson reconnaissant qui rend ce service à son bienfaiteur.
Une seule épreuve, la dernière, celle qui force le héros à se plonger dans une chaudière bouillante ou à entrer dans un four violemment chauffé, est absolument personnelle : sans doute, le cheval merveilleux, conseiller et protecteur du héros, peut agir pour sauver celui-ci, par exemple en le faisant s'oindre de sa sueur, qui le préservera de tout mal dans la chaudière ou dans le four ; mais il ne peut se substituer à son maître (comme le poisson reconnaissant s'est substitué à celui dont il est l'obligé, pour aller chercher l'anneau au fond de la mer), et il -ne peut pas davantage lui substituer persoime.
Ces quelques observations nous paraissent à leur place en tête de l'étude annoncée dans la Monographie D (Revue^ 1916, pp. 9, 10 ; — p. 254 du tiré à part), à l'occasion d'un conte grec moderne de l'île de Tîno (Hahn, n° 63), dont nous allons donner d'une manière complète un épisode très brièvement résumé ci-dessus.
Dans ce conte grec, — à la différence des autres contes du type de la Belle aux cheveux d'or, — les tâches impossibles sont imposées au « fils du chasseur » par la Belle du Monde, non point après l'arrivée de celle-ci chez le roi, mais auparavant, dans le pays même de la Belle, laquelle les impose à quiconque veut conquérir sa main.
Ces tâchas sont les sui\ ailles :
Il faut (l'ahord que le jcimc chasscMu nianpe, en wnc luiil, flans unemaison où la }3ellc du Monde le fait enfermer, cent bœuis rôlis cl cinq cents pains ; puis, qu'il entre dans un four ardent et y reste .ii.squ'à ce que le four soit refroidi ; —il doit ensuite démêler toute sorte de graines amoncelées pèle môle dans un ma^rasin ; — enfin, apporter, au bout d'im quart d'heure, une pomme d'un certain pommier, situé à quarante journées de marche.
Dans ce conte grec, le héros se trouve donc en présence de tâches d'épreuves impossibles, dont les d.eux premières, pour le moins, paraissent tout à fait personnelles. Il est seul ; il n'a pas de cheval merveilleux pour l.e conseiller et l'aider. Comment le conte le tirera-t-il d'affaire ? Ce sera en faisant intervenir dans le récit le thème des Hommes aux dons siirlnimains, et en faisant exécuter par ces personnag.es extraordinaires les tâches imposées au « fils du chasseur ». Voyons le jeune homme entrer en relations avec eux :
Pendant que, du vaisseau qui vient de l'amener au pays de la BcUe du Monde, le jeune chasseur se rend au château de la Belk, il rencontre im nègre d'une taille prodigieuse, et il le salue : « Bon.i'^iH-, homme vaillant 1 — Je ne suis pas vaillant, répond le nègre ; celui qui est vaillant, c'est le fils du chasseur, celui qui a tué l'oiseau à la pierre précieuse. — Et que ferais-tu si tu le rencontrais ? — Je lui baiserais la main, et je me mettrais à son service.' — Eh bien ! c'est moi. » Le nègre alors, lui baise la m^in et lui donne un de ses cheveux, que le jeune homme n'aura qu'à brûler pour faire venir le nègre à son aide.
Suit la rencontre d'un personnage, moitié homme et moitié fourmi. Même dialogue. L'homme-fourmi donne au jeune chasseur une de ses a plumes » (.sic). — Un troisième personnage rencontré est un homme qui, tour à tour, avale et rejette de telles masses d'eau, que tout im pays en eut pu être inondé. Après le même échange de paroles, cet homme donne au fils du chasseur a un morcoaii de son habit ». — Enfin, rencontre d'un second nègre, qui fait cinq lieues d'im pas, et, là encore, don d'un cheveu.
Avant de montrer ces personnages extraordinaires à l'œuvre, — ce que nous ferons plus loin, — notons que, pour toute cette partie du récit, le conte grec ne présente pas la forme ordinaire du thème. Ainsi .en esf-il au sujet de 1' « homme-fourmi », le « roi des fourmis » en réalité, lequel, appelé par le héros, alors que celui-ci a reçu de la Belle du Monde l'ordre de trier en ime nuit un tas énorme de graines diverses, mélangées ensemble, fait exécuter cette
tiiclic par son petit peuple. Qu'on jette les yeux sur le même incident, tel que le donne un conte albanais (i).
Le héros de ce conte, à qui un pacha ordonne d'aller lui chercher la iille du Shah de Perse, rencontre, dans son voyage, non seulement des personnages .extraordinaires, un Avaleur de rivière et un (aand Coureur, mais aussi des animaux, qui deviendront ses obligés.
Sur son chemin. 11 n 1 '(Kcasioti (te rendre service ?i \m n\<^]o, dont il fuuve les i>elils. incuacrs par un serpent, et à des fourmis, dont il a soin do se détourner, i)om- ne pas les écraser: par iccoiuiaissance, l'aigle lui donne une de ses plumes, et « la prcmiùrc des fourmis » (la reine, sans doute), ime de ses ailes ; plume et aile i\\iv le jcime homme devra brûler, s'il veut appeler ses obligés à son aide. C'est ♦ rllc (( première des l'oumils » qui tirera le héros d'embarras pom- le triage des j^rnines {^■).
L' « homme- fourmi » est évidemment un souvenir d"nn semblable incident, lequel, si l'on peut parler ainsi, a dcteini sur toute la partie de ce même conte grec, oii chacun des personnages extraordinaires donne au « fds du chasseur » quelque chose d'analogue à la plume ou à l'aile, par exemple un cheveu.
Dans la bonne forme de l'épisode, les personnages extraordinaires, rencontrés par le héros, ne se bornent pas à le mettre en état de les faire venir à son secours en cas de besoin; ils deviennent ses compagnons, ses a frères », ses serviteurs (3).
(l) G. M.3ver, Albnnific.'ie Mœrchen, u" 3 (dans Archiv fur Liiteralurgesc/iichte ,XU 1884, p. 138}.
(2; Un conte r mrnain, bien qu'allongé démesur'ment et arrangé dans le genre hura.orls tique par un littérateuf du pavs, doit être ajonté au conte albanais : il réunit, dans le mcrae cadre que ce conte, les personnage? extraordinaires et les animaux reconnaissants, ici fourmis et abeilles .Mules Brun, La Veillée, Douze e intex traduits du rnuniaui. Paris, s. d., p. 36 et suiv.).
fS) Un autre conte grec, également de l'Archipel, un cnnte de l'île de Syra» vdriant de celui de Tino, donne celte bonne forme (.1. Pio, Contes populaires, f/recs [publiés dans les dialectes originaux] Copenbague, 1879 p. 212 et suiv.). Le fils du défunt chasseur, le jeune Gianaki, qu'on appelle ici le <> fils de la veuve » est, à l'instigalion du vizir, envoyé par le roi lui chercher la draknpoula, la « fille du dra\- s [ogre]». Sur son chemin, il rcncmilrc un nègre, qui hume une rivière et la met à sec. ■< tîravo, le vaillant {palli'kari) 1 dit Gianaki, — Je ne suis pas un vaillant, n'-pond le nègre; un vaillant, c'est Gianaki, le fils de la veuve. —Je sui^ iMunaki. — Bien, Seigneur. Si tu as besoin de moi, j'i-ai avec toi, — En route ! ■' d i Gi:maki. Plus loin, les deux compagnons rencontrent un autre nègre qui, pour se dégourdir les doigts, jongle avec deux montagnes; ensuite un homme qui arrache des arbres et en fait un fagot, pour porter « un peu de bois » à sa mère ; puis un homme qui court si vite qu'il est en un instant où il veut être, et enfin un homme qui, l'oreille contre terre, écoute ce qui se passe dans le monde entier. Chacun de ces personnages échange avec Gianaki les mêmes paroles que le premier, et se joint au jeune homme pour aller chercher la fille du drakos.