‹ Les contes rémoisChapitre 14 sur 98 · DE PAR LE ROI · texte numérisé non relu

DE PAR LE ROI

Au temps sanglant des guerres intestines Souvent le cloître abrita le malheur.

Les échevins, informés qu'un ligueur Se cache à Reims chez les Visitandines

(La jeune abbesse était, dit-on, sa sœur), Ont donné l'ordre aux archers qu'on l'arrête.

Henri Dozon, jeune et beau commandant, Au point du jour va frapper au couvent. Tout sommeillait. Lors il lui vient en tête Un projet fou : les plus extravagants Plaisent toujours à qui n'a que vingt ans. Sur le préau, pour veiller à la porte. Ayant eu soin de laisser son escorte, Dans le dortoir, où la nuit règne encor, Il entre et dit d'une voix de Stentor : » De par le roi, jeune abbesse et nonnette^, « Dans l'intérêt de la sainte maison, « Vous recevrez, en personnes discrètes, « Dans votre lit. son serviteur Dozon. »

Tout en parlant il agitait ses armes.

Leur cliquetis cause aux sœurs tant d'elïroi.

Page 1