Du 9- Décembre i6|66 (SuniONT
Od le Rot k trouva luy-mesme :
Qui vous empescha d'y venir
Et qui vous a pu retenir ?
Il ne manijuoit que vous k la Cérémonie
Qui se fit alors ea ces lieux , -
Pour y rendre la Compagnie
Tout à Fait complene à mes yeux. Tout le pAuus Royal estoit remplv de Monde Qui demandoit au Ciel, d'une artuur sans seconde ,
Que ce mystère tout puissant
Guerîst le Piunce languissant.
Mais , Dieu , que ma surprise eut lors de violence
Quand ce jeune Sang de nos Dieux
Pria l'EvESQUK de Valknoc l
Qu'il le baptisast viste afin qu'il en fiist mieux.
L'EousK ne sçauroit anendre
Qu'un incomparable soutien
De qui , dans un âge si tendre .
Se pressa tant d'estre chrestien.
D'Amgoish , l'illustre fils du foudre de la Guerre , Le nomma sur les Fonds pour le Rot d'Aholbtirrk ,
Et la Reyne des Montpensibrs
(Je parle de Madkiioiselle , Que je ne sçavois pas qui fut en ces quartiers } Représenta Tkerese & le nomma pour elle.
Charles PmLippES de Bojjkbon
Sera désormais son grand Nom.
Dq>esches-vous de croistre , Pumos ,
Afin que , marchant sur vos pas , Ce grand Nom vous seconde en beaucoup de combas Et vous vaille par fois le gain d'une Province.
Vous direz que je parle icy Comme si par sa muadie Ce Prince n'estoit pas en danger de sa vie : Vous direz vray, Seigneur ; il ne l'est pas aussi. Quelques sourdes que soient les fieres destinées , Elles entendent trop les voeux que les François Font pour la guerîson de leur Doc dk Valois , Pour ne luy donner pas un grand nombre d'maéc$- A tous le moins , bier, il estoit déjà mieux : Ses dents heureusement percées Rappelloient déjà dans ses yeux Les oeautez qui s'cstoient passées.
Et , franc des cruels acddens Qui pouvoient luy Ëdre la guerre , Ce beau Prince, malgré ses dents.
Doit vivre un siècle sur la Terre.
DigilizedbvGoOglC
537 *98- — Du 9. Décembre t666 (SoBUGinr).
neot-il dans vostre Saimt-Gkuuin ?
Dites le mojr, je vons suppUe.
6j II tait à Pjuui une plttre
A noyer tout le genre numain.
Outre cela , certain vent donne , Qui , je pense , de tout les Vens A l'haleine la plus friponne
y» Et les effets les phis plaisons.
Var une bourasque imprercue , Il abbattit insolemment Vingt femmes hier dans la rue , Maïs si preste , mon Piuncb , & si mignonement .
75 Et d'une s;^etrie & si juste & si ronde
Qu'il sembloit que ces femmes-lt Eussent estudié cela Pour faire Mirer tout le Monde.
Il pleut beaucoup i Rohk aussi.
80 Je sçais pour Nouvelles certaines
Que , le mois de Novembre , il j plut trois sonaines
Aussi fort qu'il fit hier icy ; Que le Doc D'AuDQUxaoDK . en se rendant à Gbnbs , En fiit jusqu'à tel point tnaxt incommodé 1} Que , les eaux ravageant les chemins & les plaines ,
Son carrosse en fut inondé.
Qu'il y perdit trousse & toiUette Et, malgré son soin diligent.
Qu'il vit par la ravine emporter sa cassette ^ Avec six mille onces d'argent.
Va autre auroit pesté contre la Destinée Et juré mille ibis conune une ame damnée
Contre la pluye A le Torrent ; Mais ce mal-îieur au Duc parut irvdifferent 9} Et cela pour le sort ne fut proprement Faire ,
Contre un Duc comme luy , que de l'eau toute claire
Si ce Doc n'est déjà sur Mer, Il partira bîen-tost de Gbmb Et vers Madud fera ramer too Pour aller rejoindre sa Rztne.
On dit aussi que le Sénat De la Génoise Republique , Sçachant que I'Ehfsrzdr se pique De ce au'il n'a point fait estât 10} D'envoyer a Mujin deux de ses Gentils-hommes
Pour fiùre A sa Momi d'honnestes complimens ,
Et sur tout , dit-on , dans un temps Si cérémonieux que le temps où nous sommes ,
64 A l*^9m m fiit I ■ 06 <f Po«r Un à H Moml pour Ion d(*«o(DpUnMi
539 '9^- — Du 9- Décembre i666 (SoBUon).
A résolu de tUputer, ( lo Pour toQtei chiMes lanuter.
Prés de cette grande Couronne.
Or, riMFANTR apnant peu de se -nàt horaïuuer, (^ioy que pour son excuse il luy Tcuille lUeguer,
Sa raison , jt aoy. sera boone.
Mais i jHopos , mea beao DAOPnN .
On dit de cette Ihrbmtucb .
Que la bonne Puncusk enfin
Je vous le dis sans songer i mabce.
Maïs I'Empubur quitte secrettement Sa bonne ville de Vismi Pour l'aller quelâoefois saluer dans la sienne ; Je ne la plains plus tant vrayment.
On m'escrit que , pour son entrée ,
Que ja remis an jour de l'An
Dés qa'EUe arriva à Miutc, Tant de Pompe à Vienmk est enfin préparée
Qu'on croit indubîtabAcment
Que l'efiiet en sera diannant.
C'est ce que vaut la paix de Bbâmb , Qà donne du loisii i- ce ieune Empsiuiuk. Sfavez-vous à la fin que vfmàxiasi. , de luy-mémc , A de toute la guerre arresté la fiireurî
La Paix n'est pAas irrésolue :
Du vingt-six de Novembre eUe est enfin coodae ,
nt , tant du eosté des Bourgeois
Que de la port des Sdkbok ,
Tous cenx qui dasircneitt la guerre
Ne la font pW cfu'à eot^n de vent.
On ne sçait pas encor qnclies conditions Dans ce nouveau traitté doivent estre observées ; Toutefois Bain est libre & ses possessions
Luy sont toutes restituées.
Et la ville doit rendre bommue dans trois mus
Au Monarque des Suédois
Pour les terres qn'eHe possède ,
Qui relèvent de ta Snéas.
Voila les HoLumots guéris De ce qu'ils craignoteat pour i.X)osTPKtss , Car, si WiUMOEL eut pu suivre son entreprise , Tout son quartier d'nyver y devoit estre pris , Cela s'entend , aussi , s'il eust esté possible ;
.. )c*oiule(lti«tc I 119^1 enfln quitte.
541 içt^- — Du 9. Décembre 1666 (Subligmt,
Mais on dit qu'un Chef HoLLAifpou , Qui valoit bien lea Sninots , Luy rendott le pab par tout innaccessible.
Lorsque je tous dis , l'autre mois .
Que la rurm preste en Holunbi ^ur retourner contre I'Anguxs Seroit eflrojablemenl grande , Je ne mentis que d'un vaisseau , Et ce Chef-d'œuvre de ses FLom»
En aura sans ses Gaujottxs Cent cinquante-neuf dessus l'eau.
Les peuples Holianixhs , qu'un pareil avantage Rend aussi tiers que des Lyous , Ont accordé , de bon couraçe,
A Messieurs les Estats quatorze millions Pour les frais de cet équîpAge.
Jusqu'au moindre dea Habitans
Qui sont maintenant en Houanbk 11 n'en est pas aussi , m'a-fon dit , qui n'anende
Impatiemment le Printempa.
Tous déjà triomphent dans l'ame
Et s'imaginent défa voir
Une Flotte ennemie en flame
Et qui tombe dans leur pouvmr.
Les Jntra seuls y meurent de honte ,
De ce que , trop légèrement ,
Leur dévotion un peu prompte Crût en un Mbssus qui s'est mit Ottoman. En vérité i SEtoNBin , on a dit des folies
De cet homme jusqa'aujourd'huy,
Qui n'avoient qu'un l»en foible appuy ;
Et la venté , pour les pluyes ,
A le naturel délicat
De n'oser, sans estre vestue ,
Aborder un autre climat
Ny passer la Mer toute nue.
Ce Rot des Juifo si renommé '^Ê^^
Et si diversement nommé , Et qu'on disoit le Chef de douze cent mille hommes , Dont on ne povtvoit pas comprendre quatre mots, N'estoit qu'un de ces fins qni , rencontrant des sots (Qui ne sont qu'a» LivAivroai» le tempsoù nous sommes), Se font passer partout poar ce qu'ils ne sont pas ,
Pour attraper quelques repas.
Il trouva cfans Aiaxambrik
.yGOQl^lC
$43 198- — I^u 9. Décembre 1666 (SoBuoinr).
Des femmes de U Juifverîe
Qui , comme il n'estoit pas de mine 1 faîre peur.
Qu'il avoit de l'esprit & de belles parties, soo Luy voulurent foire l'honneur
De croire qu'il estoit l'homme des Prophéties. Il ne fut étourdy ny fou :
U n'avoit ny maille ny sou Et , profitant de leur sottise , M5 II courut ainsi le pals ,
Trouvant par tout la table mise
Aux dépens des Juifs ses amis.
Quand le GRAKo-âaiGMBDa l'eut fait prendre
Et qu'il l'eut menacé de l'empaler tout vif, aïo Au Diable s'il voulut estre encor un Roy Juifl
U sceut , pour lors , bien s'en denendre
Et c'est icy le plus plaisant
Mais pardonaez-moy, cher Amakt,
Si je n'achevé pas présentement l'Histoire. 11 j Un coup de foudre inopiné ,
Qui vient de me fraper quand je ne l'osaîs croire , Rend mon pauvre esprit estonné Et suspend toute ma mémoire.
Fiez-vous a l'injuste sort ,
190 Après ce que je viens de mettre
Au commencemeot de ma I^ettre I Le Bead Ddc œ Valois est mort , Malgré les belles apparences Qui remplissoient , hier au soir,
lis Tous ceux qui furent pour le voir
De, cent fiateuses espérances; Et, malgré le bruit qui courut, Hier au soir mesmes il mourut.
Helas 1 quelles rudes allarmes
aja Pour le oeau Couple infortuné
Dont ce petit Pkinck estoit né I Combien versera-t'il de larmes î Ce que le monde avoit de dous Et oe plus charmant après vous
«jj Et ce qu'avoit fait la Nature
De plus illustre & de plus beau A pery dans cette avanture Et s'enferme dans le tombeau I Le Rot vient d'arriver pour consoler son Frkiib :
140 Je ne sça^ s'il le pourra faire ,
Car on dit que Mabamb & Ltnr
Sont accablez de leur ennuy.
Cependant , pardonnez ft mes inquiétudes ,
Si , duant tout ce que j'ay dit ,
«4$ Je vous «y pu &ire un redt
Qui vous porte des coups trop rudes.
Moy-mesme, en un si grand mat-heur.
n.i,z.dbvCo(>glc
54^ 198. — Du 9. Décembre 1666 (SokuoNvj. 546
Je luccombe bous U douleur.
Adieu , Prikce ; si j'en suis creue , »fo On ne nommera plus les Neveui de nos Rots
Du funeste Nom de Valois , Puisqu'il semble aujourd'hui qu'un pareil nom les tue. Nous n'avons encor eu que deux Ducs de ce Nom ,
Depuis que le sang de Bodkbom «5) Sur le Trône des Ljs est plus craint qu'un tonnerre ,
Et tous les deux n'ont fait que passer sur la terre. Que mes avis , Sbignbur , ne soient point superflus ,
Et que l'on ne s'en serve plus I
u SUBLIGNY. .
ji Paru, CUt AltMamin Usutm .uialmitUnu Ot^Uwt , itVMU U PoMl-mtMf. j
*J« àC Onat mK mnamtn plui. | *f 7 A pu.
U itt^Otrê é* rnlmir tl rtirtut dn lOrëlrt lit u tramtKt ft dtÉS A. — B C pUetml id U JM [A La Mme de Cour 1666 (voy. ton» I , col. 909), pp. 119-116. S U MmcDuiphinc 16(17 — 161-171.
C U Hmc DMipbinc 166S — i6»aTi.)
[P*a CHtKLii KOBINET.]
Du 13. Décembre 1666.
CUon , pour aujourd'huy laisse en paix son Altesse : Que tuy pourrois-tu dire en sa sombre tristesse ? La Nature & le Ciel tous seuls , en ce moment , Peuvent l'entretenir avec quelque agrément ; L'une par des Soupirs dans son cceur la soulage , , En dissipant ainsi la douleur qui l'outrage , Et l'autre , en luy montrant que cet aimable Enfant Qu'il luy vient (Tenlever est chez luy triomfant , Et luy jurant aussi par ses Astres propices Que , SI de son Hymen il a pris ces Prémices , Il les réparera par plus d'un autre Fils Que l'on verra vieillir sur U Tyf;e des Lys. Laissons donc avec eux l'Illustre Désolée , Qui ne peut que par eux estre bien consolée , Et, cependant , Salut au bien-veîllant Lecteur ; Je l'apostrophe seul en ce cuisant mal-heur, ^ Et pour luy seul je Uàs d'abord , en cette Epistre , De ce Lyi trépassé le lugubre Ch&fùtre.
D,s,i,z.dbvGoOi^lc
'99-*~* I^u *>• Décembre 1666 (Robimbt).
Son Mal ayant changé de cours ,
10 On avoit crû que ses beaux Jours N'en recevroyent aucune atteinte , Et , de cène façon , la Crainte Fît quelque temps place à l'Espoir. Mais, las I on se veid décevoir»
35 Car, en suite , une maie Fiévrs, Faisant plus que jamais la mièvre Dedans ce jeune Sang Royal , Le menaça du Coup Fatal Dont Bercer & Monarque tombe
y> Egalement dessous la Tombe.
Alors on luy lit promptement Donner le premier Sacsement, Où tout Enfant se régénère Et par un céleste Mystère
3$ Devient , d'infidéte & Payen , Un Enfant du Ciel , un Chhétikn.
'cSSot L-Ulustre Evesqdk de Vaunce .
L'un des Sages Prélats de France , Fit cette Sainte Fonction
4oAvec beaucoup d'attention.
Le Rot Breton & nôtre Reyne Eloient les Pasaw & Marains ; L'un pour son grand éloignement , Représenté très- digne ment
45 ParMoNsisDR le Duc (c'est tout dire]. Qui, prenant du susdit cher Sibb Et de Monsieur le double Nom , En fît une noble Union Dans le beau Poupon dont je parle ,
jo Ainsi nommé Philippe-Charle.
L'auguste Souveraine d'En , Qui n'est qu'Esprit, qui n'est que L'Amazone Mad£hoiseu.e , [Feu , Qui fait voir tant d'Appas en elle
55 Avec son air majestueux , Représentoit aussi des mieux Nôtre adorable Souverains , Cette belle & charmante Revne 'Jjj^ N'ayant pu quiter son Château , sunt On- De peur d'e^oser le Joyau LÎjl«f«ta Qui • sur la fin de sa Grossesse , mbiÎ"» ^°^* "^^'^ '°"* combler d'alaigresse, tputi Son digne Epous.ce grand Héros, Qui mérite un éternel Los,
65 La ReYNE-MeHK d'ANCLETERKS ,
Qu'on prise par toute la Terre , Mademoiselle d'ALENçoN , Qui n'a rien que de bel & bon , Et tous les Princes & Princesses 70 Dont j'honore tort les Altesses , Etoyent k la Solennité ,
Cène avec une înBtûté
D'autre charmant &tre5-beau Monde.
En quoy la Coor de France abonde
75 Plus qu'autre Cour de l'Univers ; Et., parmi ces Objets divers , Brilloyent maints vrais Anges visiUes Lesquels, par leurs Appas sensibles.
Font Ici-bas des Bien-heureux ,
So Ainsi qu'on en fait dans les Creux. Un d'Euz en acceptant ma Lettre:
c C'est 1& que je m'en vais la mettre, • Me dit sa Bouche tout de Feu , Et ce La vraiment est un Lieu
S5 Où I'Amour des mieux fait son Orge, Car é'est une divine Qorge Que composent les plus francs Lts Que jamais de mes yeux je veis.
Mais fermons cette Parentése ,
90 Et retournons à nôtre Thèse , Je veux dire au triste Sujet Qui des présens Vers est l'Objet.
Trois jours donc après ce Battme.
Qui fut son Onction extrême , 9; Ledit Duc de Valois , selon Le Sort des Psmcss de ce Nom , A peine ayant receu la Vie , Se la veid en bouton ravie.
Mercredy, ce fatal Malheur
100 Remplit sa Maison de douleur Et tous ceux mêmes de ta Ville Qui furent dans son Domicile Le voir exposé sur son Lit , Où , pour sa Beauté , l'on eust dit
105 Que c'estoit le Fils de Cithére Qui fcrmoit ainsi la Paupière , Pour goûter un peu le repos Apres ses amoureux Travaux.
Avec une Pompe célèbre , 10 Mais toutesfois Pompe funèbre , U fut, le jour d'hier, au soir.
Conduit dans le sombre Manoik a
Où la plus cruelle des Parques *■ '*™'*
Reçoit les Corps de nos Monarques j Et termine, en tres-peu de temps.
Leurs Règnes les plus éclatans.
Ahl ce Penser glace ma Muse Comme l'Aspect d'une M^DOSt I