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XXX. SEMAINE

Du Vendredy dix-sepâesme Décembre 1666.

A MONSEIGNEUR LE DAUPHIN

Reprenons nostre &ux Msssib , [bod.

Que nous quitt&mes l'autre fois

Pour parler du Duc de Valois '

Qui venoit de perdre la vie.

Quand les gens du grand Torc l'eurent donc entrepris Et qu'on luy demanda s'il estoit un Prophète : « Hétas ! Messieurs , » dit-il , hochant bien fort la teste , > Je le puis bien jurer, puisque vous m'avez pris :

» Du moment t^ue je me vis suivre

» Par cette canaille de Juifs , » Je prévis les assauts que leur fureur me livre » Et je me tins dés lors pour un de vos Captifs.

Là-dessus . d'assez bonne grâce ,

Il leur conta toute sa race ,

Ses avantures & son nom

Et comment , dans Alezandris ,

Sans son heureuse Messimk ,

Il n'auroit pas eu le teslon.

Cela parut assez bouffon

Aux Turcs , qui sur la Jui^rerîe

N'aiment pas peu la raillerie ,

Et pour ce» mesme , dit-on ,

Ils l'amenèrent sans rudesse

En rendre compte ft sa Hactbsss.

Sa Hadtesse oyant ses raisons ,

Comme les siens , s'en mît à rire :

Mais , pour le bien de son Empire , Ne l'envoya pas moins coucher dans les prisons.

Le but de cette politique

Estoit que le sot peuple Juif,

Voyant son Prophète captif. Sans qu'il s'en pût sauver par pouvoir Prophétique ,

N'osât plus sottement espérer de l'appuy De qui n'en avoit point pour luy.

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