‹ Les continuateurs de LoretChapitre 150 sur 217 · Du 3i. Mars 1667 (Sdbugny · texte numérisé non relu

Du 3i. Mars 1667 (Sdbugny

Que , sans se soucier si , durant son absence, Paris regreteroit sa Cour & sa présence , Elle l'a sans façon quitté pour S. Faxgbati.

A ce nom , Madame , on devine

Que l'auguste De Mont-Peksib*

Est cette Princesse Divine :

C'est elle dont je parle & qui partit hier. J'ay leu dans un Autheur d'impression nouvelle Une comparaison du Soleil avec elle :

Il n'en disoit point les raisons ; Mais pour moy je les sçay, sans m'estre trop peinée ; Cet Astre tous les ans fiiit ses douze maisons ; Elle en change d'autant pour le moins chaque année.

Voila les malheurs difïerens

Dont Paris sent la violence ;

Mais aussi , pour sa recompense ,

Ses bonheurs ne sont pas moins grands.

Le Lieutenant Civil , digne héritier d'un Père Qui, sans cesse intrépide & fidelle à son Ro^, Dans les temps orageux d'un trouble populaire , Remplît jusqu'à sa mort ce glorieux employ. Commença de tenir, la semaine passée,

Le sacré Tribunal des Lois ,

Où , par son Père , tant de fois

La Justice fut dispensée.

Jamais , dans les Réceptions

D'aucuns Magistrats de sa sorte , Le Chastelet ne fit tant d'acclamations Et n'avoit témoigné d'allégresse si forte : Au seul nom d'OPFEMONT, elle estoit dans les yeux

Et dans le cœur de tout le iQonde.

Aussi , Madame , un Chef si grand , si glorieux ,

Est pour un corps si vertueux

Une fortune sans seconde.

On receut , l'autre jour encor.

Pour Lieutenant de la Poucb , Un vray pillier de la Justice , Qui vaut, dit-^n , son pesant d'or :

C'estrillustre de la Reynib.

Si pour un employ de ce poids , Il talloit une ame nardie , Un Ferme soustien de nos Lois , Un jugement profond , une science égale , Un esprit plein d'honneur & fort laborieux , Incomparable Mareschalle , On ne pouvoit point choisir mieux.

Mais j'apprens tnen une autre Hbtotre ;

Ck^Qi^lc

77' *a4> "-" Du 3i' Mars 1667 (Subugny).

Changeons promptemcnt de discours.

La Pestb est , dît-on , & la Foike , Et bien du monde y meurt depuis quinze ou vingt jours. Pour un soir seulement on compte deux cens Ames , ij$ Qui , presqu'en un moment , s'y sentirent iraper

De ces impitoyables flammes , Sans qu'aucune en pût échaper.

Le pauvre Duc de Roqueuurb , En quelque lieu qu'il traisne ou qu'il porte' ses pas , ■40 Sent luy-mesme ce feu qui si fort le dévore

Qu'on ne sçaît s'il n'en mourra pas.

Je vous vois toute épouventée De cette estrange nouveauté ; Vous serez moins inquiétée HJ XJuand vous sçaurez que c'est une jeune Beauté

Qui , sous un beau nom , de la Mothe , Qu'elle porte aussi bien que vous , Ne voit point ^e coeurs qu'elle n'oite. On dit que ce sont des yeux doux , ■}o Que Monsieur son illustre Père,

, Lieutenant General de Caen , Depuis quinze ans en ça , luy fit chez sa Maman ,

Qui luy font faire cène affaire ; Mais , ces yeux eussent-ils mille charmes vainqueurs ■ S5 Pour en empester tout de langueur & de flame ,

Sans vostre nom , je croy. Madame , Qu'ils ne gsgneroient point peut-estre tant de cœurs.

Comme la jalousie est une chose étrange I Quand ce Tendron parut , on fit tout son pouvoir "*o A bien dire en raillant que qui se laissoit voir

N'estoit point tout à fait un Ange ; Demandez pourtant , s'il vous pîaist , Au galand Duc de Roquelore Qu'il vous dise ce qu'il en est ; '65 II s'en peut souvenir encore.

Apres avoir causé dans la Foire , un moment , Avec un Objet si charmant , Quand il fut pour voir cenè Belle , Le lendemain , dans sa maison , ■70 U trouva , par bonne raison ,

Que rien n'estoit plus Ange qu'elle.

Il est temps de finir par quelques nouveautez Qui ne soient point de nos Provinces .

Et dont les singularitez Regardent quelques autres Princes.

On dit que deux puissans Bassas , -Qui sont révoltez dans L'Asie , Ont encore un nouveau Messie Dont ils suivent oar tout les pas :

n.i,z.dbvGoOi^lc

775 134- — Du Ji.^ars 1667 (Soiuoinf). 776

'■a Qu'ils ont en diverses contréei

Tant de troupes confédérées Qu« , la Porte s'en allarmant , On va rappeller de Cànoir Le Gkand Vizix asseuremcnt , '■5 Afin que l'on y remédie.

Les Juifs sont cent fois plus badauts Que les badauts de Paxie mesme , De vouloir croire encor une sottise extrSme . Apres avoir suivy tant de Prophètes iaux. >9o Depuis qu'une imposture noire

Trompe leur espnt ingénu , Les grands marauts qu'ils sont , ne devioient-4ls pu croire Que le vray Messib est venu ?

Le Makquis de Ddraz, Ambassadeur de Gbku , )W Se prosterna , dit-on , aux piez du Gbamd Seionevk .

L'une des dernières semaines , Et luy demanda la (sveur De conclure avec luy le dessein du commerce Dont depuis si long-temps l'espérance le b«cc ; MO Maïs sa Hautcsse , à ce qu'on dit ,

A toute sa belle harangue Autre chose ne répondit Que : ff Va TE prohenek , » en sa turquesque langue. Je plains ion ce pauvre Envoyé :

t>i Après avoir donné tant de Damas de Gènes ,

Il me semble fort mal payé Et mal reconnu de ses peines.

C'est comme en use le Sdltah Avec les Souverains de la petite estofe , 110 Qui , ne se doutans point oe telle catastrofè ,

Pensent de leur Satin éblouir le Divah. Maispassons à d'autres affaires :

Les Turcs , sur terre & sur les Eaux , Font tous les Jours encor des .^rmemens nouveaux ; >M Racr-Bey, l'un des fameux CoKSAfflxs ,

Est dans le Nighepont avec tous ses Vaisseaux Et plus de soixante Galères ; Un corps de dix mille Soldats L'y suit encor pas à pas ; »o Un autre corps de six mille Hommes

Est dans la Rouanib au près de Napolt ; Un autre de dix mille , avec de grandes sommes , Tient un aun-e Paîs remply, , Et cette force est destinée S15 Pour se rendre dans la Canée.

Adieu, Masamb; permettez

n.i,z.dbvG00i^lc

777 *'4- — Du 3i. Mars 1667 (Sobuskt). 778

Que , pour lever un fâcheux doute Que d'AaiJM , l£ Banquisr , eût fait la banqueroute , ' Que chacun publioît de luy de tous cdtez , >3o Je dise que j'ay connoissance

Que rien n'est plus faux aujourd'huy, Et que , malgré la médisance , Je voudrois avoir nus cent mille francs chez luy.

os SUBLIGNY.

jI P*rii , C*«{ Pùm U Momûtr, rmt 4» ifoChuiM , mt Fm Onm , lééj. Av$t Prmitgi.

LETTRE EN VERS A MADAME

[pAt Cdaili* ROBIMBT.J

Du 3. Avril 1667.

Princesse , qui pourriez charmer tout l'Univers , Si de tout l'Univers vous pouviez être vue , Tant les Dieux a l'enià d'Appas vous ont pourvue. Vous plalt-il d'écouter mes Historiques Vers ?

Ils vous en vont conter sur cent sujets divers , Mais àvecque sagesse & sans nule bévue. Car je les fai , ma for. tous passer en Revue Et les sçaî redresser lors qu'ds vont de travers.

Je stjai qu'on est lorgné d'Epiloffueurs sévères , Qui , très-souvent , de rien font d importans Mystères , Ou bien comme Ignorans , ou bien comme Envieux.

En l'un & l'autre sens , ce sont de ces Lunettes Qui d'une Puce font un Corps prodigieux , Et je craias comme Feu ces mauvais Interprètes.

M Mais pourquoi di-je tout ced ?

En deux ou trois mots le voici :

Sur la fin de l'autre Semaine, ParCouriers, à perte d'haleine. Et m6me au nom de Gsxs s'Estât,

w Dont je fois un très-grand estât ,

On m'envoya faire Demande De ma Pénultième Légende Et de la Précédente aussi , Ce qui me tinst fort en souci , «ï Et me mit la Puce à l'Oreille , Craignant, Altesse nompareille ,

aaS. — Du 3, Avril 1667 (Roantir).

Que ce ne fût sur les Rapports

De ces Esprits malins & torts.

Je leus & releus ces Epîtres ,

jo J'en critiquay tous les Qiapitres, J'en eiaminay chaque Vers , Et , belle Altesse , que je sers , Jusqu'au Point , jusqu'à la Virgule , Tout passa dessous ma Femle ;

35 Mais , dans cet Examen pressant , Tout me parut fort innocent.

Aussi , dessus ce Point , Madame , Dont j'ay bien de la joye en l'Ame , Je n'ay rien appris du depuis 40 Et, de la sone , je poursuis Gayement ma pedie Tasche, Où de vous divertir je tasche , Et, je le dis sans yanîté , Avecque toute honnesteté.

4j La Mdze , ayant par tout Commerce, A sceu qu'au beau Sophi de Perse Un Envoyé du Gsakd Mosoa, Qui possède maints Lingots d'Or, Estoit venu faire , en sa Langue ,

jo La souscrite bourrue Harangue :

« SopH! , je suis venu vers Toy, » De par le Grand Mogor, mon Roy, » Arbitre de la Terre & l'Onde , > Et le Seigneur de tout lé Monde ,

$5 » Te demander brièvement

» Que tu lui rendes promptement , » Sans Car, ni Si, bref, sans Remise, » Ces grandes Villes sur lui prises , « Sçavoir celle de Candahab

6o> Et celle de Calbezaar ,

» Ou qu'autrement dessus ta Terre » Il vient fondre comme un Ton- » EtquetesSu]ets,àtonnez,[nerre, » En payeront les Pots cassez.- »

6$ La Harangue est assez jolie Et mérite bien qu'on en rie ; Aussi , dit-on que le Sophi , Sans émotion , en a ri Et que telle fut sa Réponse

7° A l'Envoyé , sur sa Semonce :

« Noble Envoyé , venu vers moy » De par le Grand Mogor, ton Roy, » Arbitre de la Terre & l'Onde , » Et le Seigneur de tout le Monde ,

73 » Sans doute , imaginaire ment , » C'est a dire plus clairement ,

> Le Seigneur des Espaces vuides , » Propres pour ses Désirs avides , » Va lui reporter, de ma part,

80» Que je lui proteste, sans fard, » Que )e sçai biefi comme il faut

Iprendre,

> Mais nulement ccMnme il faut

[rendre, » Et que je vais , dés aujourd'huy.

» En Personne, au de^nnt de Lui. > *5 L'Envoyé , les mains dans ses

[Podies, Plus penaut qu'un Fondeur de Clo- [ches De ce brusque & piquant Repart , Laissa là le Sophi gaillard Et tira viste ses Naquettes , 90 Etant régalé de Moquettes Et de Quolibets peu plaisans , Par grands & petits Courtisans.

Le Prbhirr Visn , en Candie , A du chagrin , quoi qu'il en die ,

95 De ne pouvoir rien avancer, . Et, sic'étoit àcommancer.

Il lairroit , la chose est certaine , En paix la Mâtropoutaiks.

En ayant lorgné les Dehors ,

100 II les a reconnus si forts , [faire

Qu'il craint) comme on dit* de n'y Sinon que de l'eau toute claire.

Car, quoi qu'il ait conduite & cœur Et qu il agisse avec vigueur,

loj II n a pas la force bastante

Pour cette Entreprise importante , Et le peu d'Hommes qu'il a là (C'est pour enrager que cela), La maie Peste & la Famine

1 10 Les étoufe & les extermine.

Derechef, le Peuple , a Moscotr , S'échigne & joue à casse cou .

Touchant les Points de la Créakcb.

Chacun voulant que ce qu'il pense

' 15 Sur ce sujet , ou juste ou non . Par les autres soit trouvé bon Et que , suivant son beau Tarifïe , Tout le reste soit apocrife ; [Lieu, Et c'est comme , en maint & maint

110 On se mange , au nom du bon Dieu.

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