Du 5. Juin 1667 (Robinet
Il l'accompagna chaque jour Jusqu'en ta Cité d'EuEKBooRO ,
■ 'S Lui témoignant ainsi l'Estime (Qui . sans doute , est bien légitime] Que fait d'Eltc nôtre grand Roy Et dont, en un si digne arroy , Ce PHŒNn de tous les . Monarques
•"Lui donna lui même des marques Lorsqu'elle vint en nôtre Cour Mettre ses Vertus dans leur Jour.
Mais, hélas I en parlant 4e Rbyne, On m'apprend que la Souveraine
>)5 Du Sarkathe a nni son sort , Et que l'universelle Mort , Qui , sans cesse , par tout le Monde, Pour butiner, fait une Ronde', A , sans pitié , percé le Cœur
130 De cet Objet rare & vainqueur , De cette admirable Marie , Qui fut si belle & si fleurie , Et qui d'amoureuses langueurs Fit jadis mourir tant de Cœurs 1
1)5 Quoy? de l'illustre Couronnée Toute la Grandeur est bornée Par l'enceinte d'un Monument?
O quel funeste Changement!
De confusion j'en soupire.
i-toHé bien? n'est-ce pas là mon dire?
Mais qu'appren»-je , d'autre côté ,
Confirmant ma Moralité?
Cette Parque , qui chacun frape ,
Enfin par terre a mis le Pape >4S Et de ce Triple-Cou BON nA
Le Pontificat terminé.
C'en est fait, & maintenant Rome
Attend viste un autre Saint Hôke ;
Mais je luy dtray , sur tel cas , ■ ïo Qu'en moule on ne le jette pas.
Mais , des Nouvelles Etrangères , Passons enfin à nos Affaires Et discourons un peu du Roy :
it le mérite bien , ma foy.
>ÏS Cet illustre Ahant de la Gloire , Ce Favobi de la Victoire , Suivant leurs ravïssans Appas , Nuit & jour s'avance ft grands pas Dans'les Routes que ces deux Fiéres
160 Ouvrent b ses Ardeurs Guerrières .
Et conduites par l'Equité.
Sa magnanime Majesté , Sans se rapporter â Personne , Incessamment les ordres donne ,
i6j Pose tes Gardes , fait les Camps Et régie les Détachemens , Si bien que , Seule ft Soy semblable , On ne void qu'EUe infetigable.
Les dernières Nouvelles sont
170 Qu'ayant fait prendre, â Ville-Pont, Du Pain pour cinq ou six journées A ses Troupes bien ordonnées , Et distribuer aux Cavaliers Des Outils jusqu'à dix milliers ,
175 Elje estoit de ce Lieu partie Pour une importante Partie , En son Chemin côtoyant Monts , Dans un Pays tout plein de Monts; D'où je conçoi de grandes Choses .
180 Mais ce sont encor Lettres doses.
Cependant force jeunes Gens , Et mémement des premiers Rangs , Bongré-malgré nôtre Monarque , Désirans donner quelque marque
■85 Qu'ils sont pourvus d'un noble Cœur Et qu'enfin ils aiment l'Honneur , Vont chercher comme Volontaires Des Occasions militaires , Et Monsieur le Duc en est un
■90 Qui n'est point du tout du commun; Item , est en Ligne de compte De Saint PitiL , cet aimable Comte , Et d'AxMAGNAC pareillement.
Autre Comte encor si charmant ,
'95 D'Auvergne , lequel tout de même Est un Comte qu'p.usai l'on aime ; Item , nôtre Duc de Bouillon .
Princk friand du beau Rekom , S'il en est un dans la Nature ,
MO Sans k nul autre faire injure , Et , bref, le Comte de Nogent , Qui sera toujours diligent A manifiester son Courage Contre qui voudra , je le gage.
toy Ce que je dis là ne plaît pas Au Gouverneur des Pays-Bas , Et . comme il prévoid des Disgrâces Pour ses plus importantes Haces , Il en (lit démolir pluneurs ,
a}4.< — Du S. Juin 1667 (Robinet).
110 Pour unir ses forces ailleurs.
Entr' autres ainsi , la Bassék Es: une Ville délaissée , Comme aussi Condâ, Saint Gbkiiain, Démantelez rez le Terrain.
"5 Mais on s'est saisi d'AuiEtmÉiiB , Se trouvant encor toute entière , Et l'on dit que les Habitans En ont tous paru bien contans.
Ayant parlé de ndtre AncusrR , iM II est , ce me semble , bien juste De mettre quelque chose Ici De sa divine EIpousb aussi.
S cachez donc que cette Princessb Remplit Compiégne d'alaigresse , "J Et qu'on est en cette Ctrfi Ravi de voir sa Majesté , Qu'accompagne Madehoiselle , Pour qui j'eus toujours un grand zèle.
Comme, en maints Chapitres divers, >jo Je l'ay témoigné par mes Vers.
Achevons par une Nouvelle Tout A fait & Chrétienne & belle .
Et de qui l'on doit faire état Et pour l'Eglise & pour l'Eut.
j^ L'EvESQUE de Tarbb , n'aguéres, Receut , m'a-t'on dit , à Gaxdâkbs , Avec grande exultation , La sincère Abjuration Du fameux Marquis de Loobis ,
Ï40 Lequel , je pense , a nom Tuobie , Et celle , dans le mâme temps , De sa Fekxe & de sept Enfans , De Seize dont est composée Cette Famille fort prisée. [Filet
345 C'est , sans doute , un Coup de ImporUnt & grand tout-a-fait , Du moins selon ma fantaisie , Car elle fut de I'Hérésie Le grand Pilier & Boulevar .
iJoTant en fhaoRtiK qu'en Béar, Et présidoit dans les Mystères Parmi les Reugionnaibbs De la Rochelle & de Royan ,
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Alors que .non pas sans haban ,
»5SCes Places se voyoyent bloquées Et si vertement ataquées Par les Armes du défunt Rov , Qui les mit en beau désarroy.
C'est Monsieur le Duc de Na vaille.
a^ Homme de Siège & de Bataille , Et tout-à-fait brave Seigneur , Qui , par un glorieux bon-heur , A fait cet Exploit pour I'Egusb , L'un des beaux qu'en l'Histoire on
afiS Avecque le Père Débats , [lise ,
Jêsiutb , dont on fait grand cas.
Ainsi de ce Duc on peut dire , ^
Sans qu'on se voye contredire, de:
Qu'il sert , sous nôtre Potentat,
»7o Dignement I'Eglise & I'Estat.
Une Fille du Marquis mfime En suite receut le Batêhb , Etant tenue , avec éclat , Aussi par le susdit Prélat
a7s Et le Chevalier de Loubib ,* Fn
Qui [car il faut que je le die] Avoit abjuré ses Erreurs , Avec deux Frères & six Sœurs , Depuis environ six Années ,
a*" Pour eux tout-ù fait fortunées.
' Mais ils en doivent grâce ausù Au louable & pieux Souci Que la DocHESSE de Navaillb , Qui pour l'Eglise aussi travaille , »85 Prît de les tirer du Chemin
Où se perd force Genre Humain , Sçavoir celuy du Calvinishb , Pire que le Luthéranisme.
Ah! plût aux CiBux , ah ! plut aux
[ClEUX
*9» (De tres-bon coeur je fai ces Vœux) Qu'une de nos belles Marquises , Qui fait litière des Franchises Par un fort bon nombre d'Appas , Eust fait ce salutaire Pas ,
*9i Et que je pusse en mon EfÎtre .
Dont Elle lit chaque Chapitre , Le publier au premier Jour I Je le dî tout franc & tout court:
A Charxnton dû-je en déplaire.
ï«> Je ne pourroîs jamais m'en taire.
.yGoQi^lc
871 334- — Du 5. Juin 1667 [Robinet).
Sage Altesse , après ces Vœuz-Ift .
Ma Musette me dit hoU Et veut que je cesse d'âcrire ; N'osant donc pas la contredire , M>9 Je finis en disant que de Juin le quart jour
Je fis ces Vermisseaux pour vous faire la Gour.
}OS Le qn*trî4ne Joar.
jt Parix , Cktj F. Mapul , m dt U Harfé , «w Ti-ob gais. Avk PmiUf iu Ru.
(mdiotb. ut. Le*, ». Réi BibJiolh. de l'Anenal , B. L. i Jimci de Rattuchild.)
■- Bibliotfa. Maiirine , iff. A3. — «1. — Bibtioth. de M. le beroa
LETTRE EN VERS A MADAME
[pAi Chai!.!) robinet.] Du la. Juin 1667.
Muse ft Madame tributaire Et dont je suis le Secrétaire , Estes-vous preste à me dicter ? Poiu moy , je suis tout prest d'écrire , Et vous n'avez qu'à caqueter Selon que Phoebus vous inspire.
Dessous vous j'écris assez vite , Et ma Plume onquc ne hézite Si vous-même ne hézitez.
Mais , à part ici k Jactance , Toujours promptement vous dictez , Toujours l'écris en diligence.
Mais , sans que plus long-iemps je cause ,
De cet Enêt on sçait la Cause :
Elle vient d'un Divin Objet .
Et , quoy qu'on fesse pour Madame , On Agit aisément en un si beau Sujet Et l'on se sent alors plus actif que là Flime.
D'abord, deux Objets glorieux 0 Attirent nos Soins devers Eux Et veulent nos premières Rimes , Avec nos Respects légitimes :
C'est nôtre charmant Couronné , Nôtre grand Héros , Dieu-Donn^ , Et MoNSiECR , son Unique Fréhe ,
Qui le suit dans cette Carrière Où la Victoire avecque Mars Marchent dessous nos Etendars.
C'est l'Article aussi que je pense jo Qu'avec le plus d'împatiance A présent le Lecteur attend; Mettons-le donc au premier Rang.