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Qui l'accueillit aussi Dieu sçait, MO Et je souhaite de bon hait
Qu'il l'ait accueilli tout de même , Quitant le Triplb DtAoëiiE , Car la Parque l'a dégradé Et , sans doute , il est décédé.
*>5 La NouvELi£ est aussi trop vraye , Et mainte Ame n'en est pas gaye , Que la Reyne des Polonois A Cloton a payé les Droits.
Son CoKPS , qui fut plus blanc qu'Al-
130 Et dont l'AjiotJii fut idolâtre , [bâtre S'est vu trois jours , très-bien paré , Sur un Lit pompeux et doré , Avec les éclatantes Masques Qui font conêtre les Monarques 1
>}} Puis ce Royal Fantôke enfin , Par un sombre & piteux Destin , Fut enfermé dans une BiiBS , Pour devenir Cendre & Poussière, Et voilà l'éfroyable état
HO Où doit tomber tout Potentat.
Cazwr, perdant tant de Charmes, Ne put lors retenir ses Larmes , Et , comme il eut grande amitié Pour une si belle Moitié ,
145 Son Ame est en mauvaise Assléte.
D'une autre part aussi la Diète Le fatigue en un dernier point , Car on ne la termina point Du mois d'Avril dernier le Trente :
15a O quelle Diète fatigante I
Monseigneur le Psemiei^ Visir Sent au Cœur profond déplaisir De la âcheuse Destinée Qu'a souffert , devant la Canée , ^jjyj La Caravane que l'on sçait, mudrt* Laquelle étoit tout son souhait.
Aussi , les Héros de Venise , Qui l'ont en tel desordre mise .
A dire le vray , sont des Gens 160 Qui ne sont guéres obligeans , D'aller rompre ainsi ses Mesures Par de semblables Avantures , En faisant dans les Flots goulus
Couler force beau Carolus , »*5 Qui devoyent être si propices
Aux grands besoins de ses Miuces, Et le privant d'un Sangiac ^,
Qui sçait , ce dit-on, le Trie -Trac De la Guerre , mieux que lui-même.
170 Cela fait un dépit extrême , Et l'on auroit de bons Témoins Que Maints se sont pendus pour
[moins.
Encor un mot de nôtre Ville, Et puis nôtre Muze fait gile.
17Î C'est pour ajouter que , pendant Que Louis , à la Gloire ardant , S'ouvre , par-de-là la Frontière , Une beUiqueuse Carrière , Messieurs les Bourgeois de Paris ,
iSo De sa Majesté si chéris ,
Jouissent de ses plaisirs mêmes , Avec des liesses extrêmes.
Oui , foy de sincère Mortel ; Et , si vous allez & VHôtel ,
»85 Vous y verrez plusieurs Entrées , 1 Toutes dignes d'être admirées , De son dernier Balet Royal , Si galant & si jovial , Avec diverses Mélodies
39° Et mêmes les deux Comédies Qu'y joignit le tendre Quinaut , Où la Troupe fait ce qu'il faut Et ravit , par maintes Merveilles , Les Yeux ensemble & les Oreilles.
*95 Depuis hier , pareillement , On a pour Divertissement Le Sicilien , que Molière , Avec sa charmante manière , Mesla dans ce Balet du Roy
306 Et qu'on admira , sur ma foy.
11 y joint aussi des Entrées
Qui furent tres-considérées
Dans ledit ravissant Balet :
Et Lui . tout rajeuni du Lait
J05 De quelqu 'autre Ineante d'iHACUE , Qui se couvre de peau de Vache, S'y remontre enfin à nos Yeux Plus que jamais facétieux.
L'onzième de Juin , j'envoyèsous la Presse Ces Historiques Vers pour la sublime Altesse.
n.i,z.dbvGoOi^lc
— Du 13. Juin 1667 (RoBmn).
(Bibltoth. lut., Lc>, ». iU«. -
LETTRE EN VERS A MADAME
[Pak Chaili* ROBIHET.]
Du 19. Juîo 1667.
Ça , viste , de l'Esprit ainsi que de la Main , Préparons le Tribut qu'U hut çorter demain A cène Déité si belle & si fleune.
Hé I que dessus son Teint , sur son Teint Printannier . L& Rose avec le Lys noblement se marie , Et qu'ils parent tous.deux son air, & doux & fier!
La brillante C^pris , les Grâces & TAmour Sèment bien moins d'Appas dans leur riant Séjour Que n'en sçme à Saint CIoû cène jeune Immortelle. Sus , ma Muzette , sus , par des Eiforts nouveaux Essayons d'enfanter quelques Vers dignes d'Elle : Nous savons pour cela des Sujets assez beaux.
Est-il de plus belle Matière Pour nous donner ample Carrière ,
■5 Par Exemple , que ce que fait Nôtre MoNAKQUE si panait. Et par un plus charmant Chapitre Puis-je initier mon Epître ?
Non , non , il en sera 1' Alpha .
*<• Et je vais débuter par Ift , Ainsi que dans ma précédante , Qui fut trouvée assez coulante.
Louis donc , ce merveilleux Rot , Laissant au Camp de Charl£-Roy ,
*5 Pour commander en son absence , L'illustre Phiuppes de France , En partit le huit du Courant , Afip d'aller , toujours courant , A son doux Rendez-vous d'AvEiNE ,
loPour y voir nôtre auguste Retne.
Oui , di-je , toujours courant , car.
Comme à présent ce vrai CizAR Est tout entier à la VicrronB ,
Où l'emporte la belle Gunu , a II s'y déroboit , en ce jour . .
Pour satisfaire à son Aiiotm Et puis pour retourner vers Elle Lui montrer son belliqueux zélé.
Mais Elle ne l'attendit pas 40 Et , volant presque sur ses pas , Elle fut , en ce Lieu d'AvBiNS .
Aux cotez de la belle Reynx , Lui ceindre le Frokt du Lauhikk Que , par les Mains d'un grand
[Gderkies .
45 Et qui sçait bien les Villes prendre . Elle avolt cueilli dans la Flakdkb .
Réduisant Bkrcue promtement.
Et par Préldde seulement.
Le Gouverneur d'icelle Ville
soTranchoit du Fier & de l'habille ,
Mais nôtre Maréchal d'AoHoinr
ï36. — Du 19. Juin 1667 (Robwkt).
Fit bien-tôt à ce Rodomont Changer d'humeur & de langage , Si bien donc que , pliant Bagage
fi Et comme un Mouton filant doux Il dist que Bekoue étoit à noua , Qu'il étoit tout piest de le rendre , Ne pouvant certe le défendre Contre des François si vaillans
Co Et si vigoureux Asaaillans.
En cttet , chacun y fit rage , A l'envi montrant son courage :
Oui, jusqu'aux moindres Champions Sembloyent U de petits Lions ,
£5 Et l'on eût dit que , chez Mandoce ,
Ils alloyent vraiment à la Noce,
Comme ils couroyent , de l'air qu'il
Et teste baissée , à l'Assaut. [£^"^
Mais , sur mus , le sieur du Pas-
[sage.
70 Homme de cceur autant que sage , A l'Attaque qu'il conduisit , Fit merveille , ce m'a-t'on dit , Comme il est aisé de le croire D'un Brave chérissant la Gloire.
75 Monsieur le Duc de Roannez, Que pour tel aussi je conez , N'en fit pas moins dedans la sienne:
C'est vôtre croyance & la mienne , Car ce Dec à si grands Explois
Bo Est la FEunxADE d'autres fois .
Et lequel épousa n'aguére Cette belle & sage HÉiunÉKE , Mad'moiselle de Roannez , Possédant maints & maints Jaunets.
>ï S'il exploite d'aussi belle erre En Mariage qu'à la Guerre , Il faut sur son Front allier Le Mirthe avecque le Laurier; Mais cela c'est une autre AHûtt ,
9° Dont, Lecteur, vous n'avez que &ire. Retournons donc à nos Moutons Ou , disons mieux , & nos Lions , Afin de r'achever la Liste De ceux qui , marcbans sur la Hste
95 De Chefs si braves & si preux , Y firent en Gens valeureux. [Marge Mais , comme elle est fort ample , en Je m'en vais la décrire au large :
La OwnSn d* Lomii», I* Clunlln du Ittmj'i 1» tlKoa dg B. Ll«n M ds Lorf*, 1* Comt* a» UalllTi l« UaraoU f Hodht M im ^aanfS.Lét«ttMfAmaim).
Aussi-tôt que nôtre Louis
iM Eut tous leurs vaillans Faits ouys , Il ant. dit-on , Consec de Goerre , Et puis , en divers Lieux sur Terre, On commanda plusieurs Partis De bons Soldats , tous assortis ,
■°5 Qui sçauront , à coups de Rapières , Comme on dit , tailler des Croupié- |res A tous ceux qu'ils rencontreront, Qui le Pas leur disputeront.
Mais il ne s'en rencontre guéres,
■ loCarles Espagnols Aversaires Se tiennent de tous les Cotez A couvert dedans les Citez , Ordonnans aux Gens des Villages
g fats qui ne sont pas si mal sagesj e venir de nôtre Courroux , Pour leur Nez , essuyer les Coups , Vu même que nôtre Grand Snts Leur Bon-heur seulement désire.
Or , après maints ordres donnez , laoLes deux illustres Couronnez Partirent & se séparèrent Et , pour tout dire en bref, tirèrent Chacun d'un &. d'autre côté , La Principalk Majesté "5 Retournant devers son Armée Qui de sa Présence est charmée , Et là Rbtne . des Cœurs l'Aimant , Vers CoMPiÉGNE pareillement , Ayant eu toujours avec Elle <J° L Héroïne Madehoisellk.
Mais , justes Çieux , & son retour Audit CoMPtëGNE , son Séjour , Que trouva la belle Princesse , Et lors quelle fut sa tristesse ?
135 ' Elle y trouva le Teint de Lys De nôtre Dauphin , son cher Fils , Caché sous un malin nuage '
Qui couvrait tout son beau Visage , Et qu'avoyent formé ces deux Sœurs Jjj^j^
■4<>Doatpar toutl'oncraintleslaideurs, psws Notamment chez le charmant Sexe , "^ Qui, par U moins beau, moins nous [véxc*.
Vous en sentez , il est certain , Des craintes pour ce grand Dadpkin,
' 45 El je croi que toute la France , Le sçachact , en seroit en tnnce .
aM. — Du 19. Juin 1667 (Robwkt].
Mai* allez , calmez vos soucis :
Vous revcrrez ce jeune Lys , Ce mignord Amour , ce bel Ance , ■joSi digne de ndtre Louso^e , Plus brillant qu'il ne fiit jamais ; Pour le seur je vous le promets , Et de CoHnnsNE l'on noua mande Que son Mal Giut-ft-fait s'amande.
'Si Du même Lieu l'on mande aussi Que rien n'est pareil au souci ^^ Qu'en prend l'illustre MarAcrub ■*ebia Dans cette Occasion iatale , u^s Et qu'il ne faut sinon la voir , 160 Toutes les fois qu'on veut sçavoir L'estat du susdit jeune Sias Dont la santé chacun désire , Se peignant si bien dans ses \eux Que c'est U qu'on le con£t mieux, ><ï Soit par les trais de la Tristesse , Soit par les trais de l'Alaigresse.
Terminant ce Cbapitre-cî , D'illec encor j'apprends ceci Que Masake , sa belle Tantb ,.
■ToRiur qui présentement je chante , Ayant envoyé tendrement Et par un souci bien charmant Apprendre U de ses nouvelles , En paroles à peu prés telles ,
■75 II répondit à TENvoyâ .
Paressant lors tout enjoué :
Qu'il rendoit de toute son Ame Grâces de ces soins & Madame , Ajoutant à ce Compliment
iBo Celui-ci , des plus )oliment ; Qu'il étoit de Mauemoisblle , Sa jeune Cousine , si belle , Entièrement le Skrvttbur Et qu'il l'aimoit de tout son coeur.
>Bs Dieu sçait , comme elle est bien ap~ [prise , Si sans vert il peut l'avoir prise.
Mais retournons à Charle-Rot.
Pour le remettre en bon arroy , Dix mille hommes , non de main ■90 Y travaillent de belle sorte, [morte. Et trois fois mille Cavaliers Apportent à ce* Ouvriers
Des Palissades & Fascines , Car, pour le surplus , les Ruines
■9S Ont fourni les Matérieaux Nécessaires k nos Travaux , De manière que le Fort-Charle .
Aussi vrai comme je vous parle , Se relevé encor aux Dépens
^De r Espagnol, bien en suspens De voir qu'un PosK qui lui coûte Sept mimons , sans aucun doute.
Ne sert (ô , pour lui que d'hélas 1] Qu'à nous ouvrir les Pays-Bas.
">) Présentement , Forne est batue .
Ou déjà peut-être abatue , Et nous verrons au premier jour Qu'une autre Place aura son a>ur ; Mais bisons sur d'autres Matières
lia Rouler nos Rimes Gazetiéres.
A Rome , nôtre Akbassajieus , Avec une éloquente ardeur Et , je pense , dans nôtre Langue , A fait une belle Harangue , '■5 Pleine du chois des plus ans mots.
Au COLLÉOE des CARSRfAÙZ ,
Pour l'assurer que nôtre Sirk Souhaite que l'on puisse élire Dans le Conclave . en liberté ,
>io Un Chep à la Cur^tiehtâ ; Qu'ainsi sa Majesté ne donne Son Exclusion à Personne Et que ce rare Dieu-Donné , Comme le digne 'FiiA AIné
"i De nôtre Mère Sainte Eglise , Offre même avecque franchise Ses Forces . toute & quaote fois , Pour appuyer ce libre Chois.
Comme auiourd'huy l'on solemïjo Et justement l'on préconise [nise Saint Fbakçois de Sale en tous
[Lieux, J'apprend qu'aussi, dans Périgdedx, De Dévotes Se. bonnes Filles , *JÎ
Qu'on ne void qu'au travers des *'
[Grilles,^ Su»
'Ji Ont fuit en cela leur Devoir . "^
Et qu'il étoit tres-bcau de voir Leur Eglise , en cette Journée , Avec un riche éclat ornée.
Au reste , on porta dudit SAOtr .