‹ Les continuateurs de LoretChapitre 166 sur 217 · IT · texte numérisé non relu

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Qui l'accueillit aussi Dieu sçait, MO Et je souhaite de bon hait

Qu'il l'ait accueilli tout de même , Quitant le Triplb DtAoëiiE , Car la Parque l'a dégradé Et , sans doute , il est décédé.

*>5 La NouvELi£ est aussi trop vraye , Et mainte Ame n'en est pas gaye , Que la Reyne des Polonois A Cloton a payé les Droits.

Son CoKPS , qui fut plus blanc qu'Al-

130 Et dont l'AjiotJii fut idolâtre , [bâtre S'est vu trois jours , très-bien paré , Sur un Lit pompeux et doré , Avec les éclatantes Masques Qui font conêtre les Monarques 1

>}} Puis ce Royal Fantôke enfin , Par un sombre & piteux Destin , Fut enfermé dans une BiiBS , Pour devenir Cendre & Poussière, Et voilà l'éfroyable état

HO Où doit tomber tout Potentat.

Cazwr, perdant tant de Charmes, Ne put lors retenir ses Larmes , Et , comme il eut grande amitié Pour une si belle Moitié ,

145 Son Ame est en mauvaise Assléte.

D'une autre part aussi la Diète Le fatigue en un dernier point , Car on ne la termina point Du mois d'Avril dernier le Trente :

15a O quelle Diète fatigante I

Monseigneur le Psemiei^ Visir Sent au Cœur profond déplaisir De la âcheuse Destinée Qu'a souffert , devant la Canée , ^jjyj La Caravane que l'on sçait, mudrt* Laquelle étoit tout son souhait.

Aussi , les Héros de Venise , Qui l'ont en tel desordre mise .

A dire le vray , sont des Gens 160 Qui ne sont guéres obligeans , D'aller rompre ainsi ses Mesures Par de semblables Avantures , En faisant dans les Flots goulus

Couler force beau Carolus , »*5 Qui devoyent être si propices

Aux grands besoins de ses Miuces, Et le privant d'un Sangiac ^,

Qui sçait , ce dit-on, le Trie -Trac De la Guerre , mieux que lui-même.

170 Cela fait un dépit extrême , Et l'on auroit de bons Témoins Que Maints se sont pendus pour

[moins.

Encor un mot de nôtre Ville, Et puis nôtre Muze fait gile.

17Î C'est pour ajouter que , pendant Que Louis , à la Gloire ardant , S'ouvre , par-de-là la Frontière , Une beUiqueuse Carrière , Messieurs les Bourgeois de Paris ,

iSo De sa Majesté si chéris ,

Jouissent de ses plaisirs mêmes , Avec des liesses extrêmes.

Oui , foy de sincère Mortel ; Et , si vous allez & VHôtel ,

»85 Vous y verrez plusieurs Entrées , 1 Toutes dignes d'être admirées , De son dernier Balet Royal , Si galant & si jovial , Avec diverses Mélodies

39° Et mêmes les deux Comédies Qu'y joignit le tendre Quinaut , Où la Troupe fait ce qu'il faut Et ravit , par maintes Merveilles , Les Yeux ensemble & les Oreilles.

*95 Depuis hier , pareillement , On a pour Divertissement Le Sicilien , que Molière , Avec sa charmante manière , Mesla dans ce Balet du Roy

306 Et qu'on admira , sur ma foy.

11 y joint aussi des Entrées

Qui furent tres-considérées

Dans ledit ravissant Balet :

Et Lui . tout rajeuni du Lait

J05 De quelqu 'autre Ineante d'iHACUE , Qui se couvre de peau de Vache, S'y remontre enfin à nos Yeux Plus que jamais facétieux.

L'onzième de Juin , j'envoyèsous la Presse Ces Historiques Vers pour la sublime Altesse.

n.i,z.dbvGoOi^lc

— Du 13. Juin 1667 (RoBmn).

(Bibltoth. lut., Lc>, ». iU«. -

LETTRE EN VERS A MADAME

[Pak Chaili* ROBIHET.]

Du 19. Juîo 1667.

Ça , viste , de l'Esprit ainsi que de la Main , Préparons le Tribut qu'U hut çorter demain A cène Déité si belle & si fleune.

Hé I que dessus son Teint , sur son Teint Printannier . L& Rose avec le Lys noblement se marie , Et qu'ils parent tous.deux son air, & doux & fier!

La brillante C^pris , les Grâces & TAmour Sèment bien moins d'Appas dans leur riant Séjour Que n'en sçme à Saint CIoû cène jeune Immortelle. Sus , ma Muzette , sus , par des Eiforts nouveaux Essayons d'enfanter quelques Vers dignes d'Elle : Nous savons pour cela des Sujets assez beaux.

Est-il de plus belle Matière Pour nous donner ample Carrière ,

■5 Par Exemple , que ce que fait Nôtre MoNAKQUE si panait. Et par un plus charmant Chapitre Puis-je initier mon Epître ?

Non , non , il en sera 1' Alpha .

*<• Et je vais débuter par Ift , Ainsi que dans ma précédante , Qui fut trouvée assez coulante.

Louis donc , ce merveilleux Rot , Laissant au Camp de Charl£-Roy ,

*5 Pour commander en son absence , L'illustre Phiuppes de France , En partit le huit du Courant , Afip d'aller , toujours courant , A son doux Rendez-vous d'AvEiNE ,

loPour y voir nôtre auguste Retne.

Oui , di-je , toujours courant , car.

Comme à présent ce vrai CizAR Est tout entier à la VicrronB ,

Où l'emporte la belle Gunu , a II s'y déroboit , en ce jour . .

Pour satisfaire à son Aiiotm Et puis pour retourner vers Elle Lui montrer son belliqueux zélé.

Mais Elle ne l'attendit pas 40 Et , volant presque sur ses pas , Elle fut , en ce Lieu d'AvBiNS .

Aux cotez de la belle Reynx , Lui ceindre le Frokt du Lauhikk Que , par les Mains d'un grand

[Gderkies .

45 Et qui sçait bien les Villes prendre . Elle avolt cueilli dans la Flakdkb .

Réduisant Bkrcue promtement.

Et par Préldde seulement.

Le Gouverneur d'icelle Ville

soTranchoit du Fier & de l'habille ,

Mais nôtre Maréchal d'AoHoinr

ï36. — Du 19. Juin 1667 (Robwkt).

Fit bien-tôt à ce Rodomont Changer d'humeur & de langage , Si bien donc que , pliant Bagage

fi Et comme un Mouton filant doux Il dist que Bekoue étoit à noua , Qu'il étoit tout piest de le rendre , Ne pouvant certe le défendre Contre des François si vaillans

Co Et si vigoureux Asaaillans.

En cttet , chacun y fit rage , A l'envi montrant son courage :

Oui, jusqu'aux moindres Champions Sembloyent U de petits Lions ,

£5 Et l'on eût dit que , chez Mandoce ,

Ils alloyent vraiment à la Noce,

Comme ils couroyent , de l'air qu'il

Et teste baissée , à l'Assaut. [£^"^

Mais , sur mus , le sieur du Pas-

[sage.

70 Homme de cceur autant que sage , A l'Attaque qu'il conduisit , Fit merveille , ce m'a-t'on dit , Comme il est aisé de le croire D'un Brave chérissant la Gloire.

75 Monsieur le Duc de Roannez, Que pour tel aussi je conez , N'en fit pas moins dedans la sienne:

C'est vôtre croyance & la mienne , Car ce Dec à si grands Explois

Bo Est la FEunxADE d'autres fois .

Et lequel épousa n'aguére Cette belle & sage HÉiunÉKE , Mad'moiselle de Roannez , Possédant maints & maints Jaunets.

>ï S'il exploite d'aussi belle erre En Mariage qu'à la Guerre , Il faut sur son Front allier Le Mirthe avecque le Laurier; Mais cela c'est une autre AHûtt ,

9° Dont, Lecteur, vous n'avez que &ire. Retournons donc à nos Moutons Ou , disons mieux , & nos Lions , Afin de r'achever la Liste De ceux qui , marcbans sur la Hste

95 De Chefs si braves & si preux , Y firent en Gens valeureux. [Marge Mais , comme elle est fort ample , en Je m'en vais la décrire au large :

La OwnSn d* Lomii», I* Clunlln du Ittmj'i 1» tlKoa dg B. Ll«n M ds Lorf*, 1* Comt* a» UalllTi l« UaraoU f Hodht M im ^aanfS.Lét«ttMfAmaim).

Aussi-tôt que nôtre Louis

iM Eut tous leurs vaillans Faits ouys , Il ant. dit-on , Consec de Goerre , Et puis , en divers Lieux sur Terre, On commanda plusieurs Partis De bons Soldats , tous assortis ,

■°5 Qui sçauront , à coups de Rapières , Comme on dit , tailler des Croupié- |res A tous ceux qu'ils rencontreront, Qui le Pas leur disputeront.

Mais il ne s'en rencontre guéres,

■ loCarles Espagnols Aversaires Se tiennent de tous les Cotez A couvert dedans les Citez , Ordonnans aux Gens des Villages

g fats qui ne sont pas si mal sagesj e venir de nôtre Courroux , Pour leur Nez , essuyer les Coups , Vu même que nôtre Grand Snts Leur Bon-heur seulement désire.

Or , après maints ordres donnez , laoLes deux illustres Couronnez Partirent & se séparèrent Et , pour tout dire en bref, tirèrent Chacun d'un &. d'autre côté , La Principalk Majesté "5 Retournant devers son Armée Qui de sa Présence est charmée , Et là Rbtne . des Cœurs l'Aimant , Vers CoMPiÉGNE pareillement , Ayant eu toujours avec Elle <J° L Héroïne Madehoisellk.

Mais , justes Çieux , & son retour Audit CoMPtëGNE , son Séjour , Que trouva la belle Princesse , Et lors quelle fut sa tristesse ?

135 ' Elle y trouva le Teint de Lys De nôtre Dauphin , son cher Fils , Caché sous un malin nuage '

Qui couvrait tout son beau Visage , Et qu'avoyent formé ces deux Sœurs Jjj^j^

■4<>Doatpar toutl'oncraintleslaideurs, psws Notamment chez le charmant Sexe , "^ Qui, par U moins beau, moins nous [véxc*.

Vous en sentez , il est certain , Des craintes pour ce grand Dadpkin,

' 45 El je croi que toute la France , Le sçachact , en seroit en tnnce .

aM. — Du 19. Juin 1667 (Robwkt].

Mai* allez , calmez vos soucis :

Vous revcrrez ce jeune Lys , Ce mignord Amour , ce bel Ance , ■joSi digne de ndtre Louso^e , Plus brillant qu'il ne fiit jamais ; Pour le seur je vous le promets , Et de CoHnnsNE l'on noua mande Que son Mal Giut-ft-fait s'amande.

'Si Du même Lieu l'on mande aussi Que rien n'est pareil au souci ^^ Qu'en prend l'illustre MarAcrub ■*ebia Dans cette Occasion iatale , u^s Et qu'il ne faut sinon la voir , 160 Toutes les fois qu'on veut sçavoir L'estat du susdit jeune Sias Dont la santé chacun désire , Se peignant si bien dans ses \eux Que c'est U qu'on le con£t mieux, ><ï Soit par les trais de la Tristesse , Soit par les trais de l'Alaigresse.

Terminant ce Cbapitre-cî , D'illec encor j'apprends ceci Que Masake , sa belle Tantb ,.

■ToRiur qui présentement je chante , Ayant envoyé tendrement Et par un souci bien charmant Apprendre U de ses nouvelles , En paroles à peu prés telles ,

■75 II répondit à TENvoyâ .

Paressant lors tout enjoué :

Qu'il rendoit de toute son Ame Grâces de ces soins & Madame , Ajoutant à ce Compliment

iBo Celui-ci , des plus )oliment ; Qu'il étoit de Mauemoisblle , Sa jeune Cousine , si belle , Entièrement le Skrvttbur Et qu'il l'aimoit de tout son coeur.

>Bs Dieu sçait , comme elle est bien ap~ [prise , Si sans vert il peut l'avoir prise.

Mais retournons à Charle-Rot.

Pour le remettre en bon arroy , Dix mille hommes , non de main ■90 Y travaillent de belle sorte, [morte. Et trois fois mille Cavaliers Apportent à ce* Ouvriers

Des Palissades & Fascines , Car, pour le surplus , les Ruines

■9S Ont fourni les Matérieaux Nécessaires k nos Travaux , De manière que le Fort-Charle .

Aussi vrai comme je vous parle , Se relevé encor aux Dépens

^De r Espagnol, bien en suspens De voir qu'un PosK qui lui coûte Sept mimons , sans aucun doute.

Ne sert (ô , pour lui que d'hélas 1] Qu'à nous ouvrir les Pays-Bas.

">) Présentement , Forne est batue .

Ou déjà peut-être abatue , Et nous verrons au premier jour Qu'une autre Place aura son a>ur ; Mais bisons sur d'autres Matières

lia Rouler nos Rimes Gazetiéres.

A Rome , nôtre Akbassajieus , Avec une éloquente ardeur Et , je pense , dans nôtre Langue , A fait une belle Harangue , '■5 Pleine du chois des plus ans mots.

Au COLLÉOE des CARSRfAÙZ ,

Pour l'assurer que nôtre Sirk Souhaite que l'on puisse élire Dans le Conclave . en liberté ,

>io Un Chep à la Cur^tiehtâ ; Qu'ainsi sa Majesté ne donne Son Exclusion à Personne Et que ce rare Dieu-Donné , Comme le digne 'FiiA AIné

"i De nôtre Mère Sainte Eglise , Offre même avecque franchise Ses Forces . toute & quaote fois , Pour appuyer ce libre Chois.

Comme auiourd'huy l'on solemïjo Et justement l'on préconise [nise Saint Fbakçois de Sale en tous

[Lieux, J'apprend qu'aussi, dans Périgdedx, De Dévotes Se. bonnes Filles , *JÎ

Qu'on ne void qu'au travers des *'

[Grilles,^ Su»

'Ji Ont fuit en cela leur Devoir . "^

Et qu'il étoit tres-bcau de voir Leur Eglise , en cette Journée , Avec un riche éclat ornée.

Au reste , on porta dudit SAOtr .

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