Du 16. Septembre 1666 (Subuont
Aprei qu'il a servy son Roy Par dei faits qui font voir qu'il estoit des plus dignes
De son noble & fameux employ,
Il va quelquefois voir les vignes ,
Et vous sçaurez , Dauphin charmant , Que pour un Estranger & que pour un grand Homme On ne sçauroit trouver aux environs de Romb
Un plus beau divertissement.
Or , celle du Prince Paxphile
Est la vigne , à ce qu'on m'a dit ,
La plus rare sans contredit
Qui soit allentour de la Ville ;
Ce fut Ift qu'après avoir veu
Toute la rareté prophane ,
Il eut un regale impreveu
Par la I^uncesse de Rossane.
Il y trouva d'abord vingt & quatre bassins
De cent sortes de confitures
Et de ces gros & beaux raisins Dont les Peintres nous font de si belles peintures ; Vingt-quatre autres encor de rafraischîssemens ,
Dont la vaisselle estoit tres-ricbe , Et vingt & quatre encor de très-fins compUmens ,
Dont à Rome l'on n'est pas chiche.
J'adjoùte que , pour éclairer Le beau lieu souterrain où se fit ce régale , Vingt lustres , des plus beaux qu'on eut sceu désirer ,
Estoient suspendus dans la salle.
Eq vérité , j aime cela
Et très-souvent je luy souhaite ,
Pourtant de cette (açon-Ià ,
Cent pieds de terre sur la teste.
. Le Duc avoit mené le Cardinil de Rets , Qui prit sa part de ces apprests.
Il court un bruit qu'il pen la veue Et que , pour la mesme raison ,
L'air de Rome à ses yeux n'estant nullement bon , L'on espère icy sa venue.
Son mal-heur seroit effrayant :
Qu'il haste son retour s'il y peut mettre obstacle.
Ce n'est pas qu'il ne (ut aveugle clair-voyant ;
Mats nous nous passerons fort bien de ce miracle.
Enfin le Rov de Portugal Pourra payer la bien-venue , D'un air tout & fait Conjugal , A sa Reyne tant attendue.
On m'a dit, une bonne fois.