‹ Les continuateurs de LoretChapitre 65 sur 217 · Du 19. Septembre 1666 (Matolas · texte numérisé non relu

Du 19. Septembre 1666 (Matolas

3os

Messieurs de Pokponk & Thélon , Dont le fameux & beau renom L'estime à tout le monde inspire ,

170 Ambassadeurs de nôtre Suts Devers le Suédois Etat , Furent traitez avec éclat - Par un Mar£chal d'importance Dudit Pays , & non de France ,

■ 75 Qu'on nomme le Maréchal Tôt , Et , pour vous dire tout bîen-t6t , Dedans sa maizon de plaizance.

Telle fut la maçnificencc De ce dîner délicieux

180 Qu'on ne pût les régaler mieux.

Après, la merveilleuse chère , Quatre tours ils allèrent faire Au jardin vaste & gracieux , Qui plût tout-à-fait A leurs yeux ,

t83 Et. dans ces belles promenades.

Ils y trouvèrent des cascades , Des fontaines & maint jet d'eau , Si grand , si fertile & si beau , Que la plus belle d'Italie

,90 N'en peut être mieux embelie , Et dans le Nord certainemant On ne voit rien de plus charmant.

11 faut bien que je trouve place Pour la Coupe du Val de Grâce ,

I9J Qu'on voit dans sa perfection , Et non sans admiration , Faite de la main admirable D'un Peintre fort recommandable , De fkit & de Nom trés-mignard ,

300 Puis-que c'est le fameux Mignard :

Nôtre aymable & charmante Reink, Voulant pour la Fête prochaine Que ce Dôme . ou Coupe . fut fait , Il nous l'a donné si par&it

105 Que dons les plus riches Eglises , Les plus belles & les mieux mizes , On ne verra point de tableau Qui aoit aaaurément si beau Que cette peioture mignarde ,

lia Que depuis Jeudy l'on regarde.

Deux bons Frères Religieux , Non moins courageux que pieux , AUaos pour a&ires k Brie , Entrent dans une Hôtellerie

lis Pour y prendre fort sobrement Quelque nécessaire aliment; Puis, de la poche ou de la manche.

Tirent la pièce , jaune ou blanche.

Afin de payer leur écot ,

110 Se retirans sans dire mot ;

Mais ce métal . qui bien rézonne Et qui mîeux-qu'une cloche sonne .

Et comme le Soleil reluit , En le tirant ayant fait bruit,

1*5 Fît juger par son harmonie Qu'il avoit bonne compagnie.

Deux Drôles, ou bien deux Voleurs, Vêtus de diverses couleurs , Qui dans le dit lieu se trouvèrent ,

130 Après leur départ complotèrent.

Par un dessein perniaeux , D'aller tôt conter avec eux. Ils les suivirent & la piste D'un pas beaucoup plus gay que

3J5 Et les atrapent dans un Bois, [triste. Qui disoient d'une basse voix Leur Chapelet ou leur Bréviére.

D'une fort méchante manière.

Mes Gens leur sautent au colet ;

340 Les meuacans, du pistolet.

De les ocare sans résource A moins qu'ils ne rendent la bource; Mais ces deux Frères vigoureux , Aussi dévots que valeureux ,

34; Recommandans à Dieu leur ame , Sans craindre le fer ny la Samme , De leur main font tourner en l'air Le coup , les baies & l'éclair.

Et , se saisissans de leurs armes

3J0 Comme auroîent fait de bons Gen- [darmes , Chacun prit le sien prizonnier.

Par pitié leur feisans quartier ; Et , les lians de leur ceinture , Par une agréable avanture,

3^5 Ils les amenèrent captifs, Abatus , mornes & craintifs , Dans ladite ville propice , Entre les mains de la Justice ; Dont le Curé , très- bien apris ,

360 M'a dit ce que je vous écns.

Chaque Habitant eut de la joye De leur voir mener cette prove , Pour leur aprendre , à ce qu on dit, Qu'il faut respecter leur habit.

.yGoQi^lc

3cd 173. — Du 19, SepMmbre 1666 (Matous;. 3o4

165 ALTSsnt des plus acompliea , | Fut en Sbftkvbre, le iHX-HOrr ,

Voila mes trois pages remplies.

AnpiÉt o'oM OUND Bamih m Frdit.

A PArit, Ouf C. ChiMauU, Imp.à IM>.. aux Armait Rty.fM Je l* HadutU. AtttPno.dtS.M.

(BibUotb. de l'Ananil, B. L. 11800.— Biblioth. de M. le bn«n Jamn de RoAiefaild. ^ Ce dernier excni|^ire porte la dite du ai septembre, mMÎM l'tànmt <ht libraiM n** pu été cluntéc.)

LETTRE EN VERS A MADAME

[Pài Chakli» robinet.]

Du 19. Septembre 1666.

Héroïne admirable & que chacun admire ,

A l'ordinaire , de ma Lyre

Agréez les premiers fredons ; Ah I c'est avec plaisir autant qu'avec^ue gloire

Qu'en continuant mon Histoire Je prélude toujours par de si justes tons.

Pleusl au Seigneur Phoebus q^u'en ces Préliminaires

De mes Discours épîstolaires

Je réussisse à vôtre gré !

Je serois pleinement satisfait de ma Tasche ,

Et contre Clion je me fasche Quand j'y crois quelquefois avoir mal rencontré.

En vaiD sur ce Sujet ua Louangeur me flate £t me dit que je m'y dilate Souveat assez heureusement ;

Je demeure inquiet dans le fonds de mon Ame , Et je lui dis que pour Madame

Il &ut s'en démesler bien plus adroitement.

LimOMiuu , non plus bellique , so Mais apparamment pacifique , Ayant prêté nouveau Sbkmknt Dêtre ndelle constamment.

De renoncer à toute Ligue Et de jamais ne faire intrigue , 15 Vinst se jetter, en triste arroy, Avec ses Fos , aux pieds du Rov.

Alors, prosterné contre terre.

Les Genoux à ce Princ* il terre :

Il pilit, il rougit, frémit,

joli soupire , il pleure , il çémit; Voulant parler, il balbutie , Et dans sa Posture accourcie , Dequoi tout Témoin est ravi .

Il dit, k la fin : « Pbcuti, m

J5 Condamnant une bonne vobc Son Eqtûpée & m lUvoltt.

On dit que , dans 1« mta» Kidp» , Ses Entons , confus & dolenft , Se transportèrent chez la Rnin ,

40 Pour de l'illiutre Souveraine Obtenir qu'il vinst ft ses Pieds Confesser encor ses Péchez. Voila donc , selon l'apparance , Une parfidte Repentonce,

45 Un LmoKizsEï réformé;

Ah I j'en suis aussi tout charmé , Et , comme son Roy lui pardonne , Mon amitié je lui redonne.

Je le tiens pour Homme d'honneur

$0 Et pour un tres-bravc Seigneur, Pduftû qu'en Converti sincère , Ce soit le Ventre de sa Mère, Id x>t , qu'il a'j retourne plot ; Autrement, Eoo, Carolus

S5 Je sçai bien ce que je veux dire , Et 1 on verra , ma foy, bien rire.

Les Amglois & les Holandois , Aimans les belliqueux Explois , Dans la belle ardeur qui les brûle ,

fio Ont &it ainsi qu'un tréambule.

Ou Prélude , d un nouveau Choc , Où maints horions seront hoc , Car quelques-uns de leurs Navires De ]"AvAMT-G*RDE , & non des pires ,

e5Se sont, & OTands coups de Boulets, Agacez au Pas de Calais ; Puis, pour tout de bon en découdre, Hus visle que ne va la Foudre , Vers DonvRE ils se sont talonnez

70 Comme des Démons déchaînez.

RtrYTKB plus que douze fait rage , Tant encor a crû son courage .

Depuis qu'il a I'Ordke éclatant

TTMn De l'ANOéuQITB CoKBATANT.

lu^ D'ailleurs, MaKs, secondant son zélé, Peimit qu'une noble Etincelle

fc bliaiiItLmim CiiKiii,im«4ttDadls lui actn Ha» ta BoocA» (t pa«l^W1a'« l'BrtoiHOh , da KrU qall

■I «Bt A tnndTDDiLjHmQDt,

De son Feu qui fait ta Valeur Passast n'aguéres dans son cœur , Et lors, tout brûlant jusqu'en l'Ame, BoU en vomit et feux et ââme.

On n'a p«s accudUi fort mal L'Imfmbatwck, dons Finai.; Le Canoo fit grand Tiattmurs ,

1666 (RouMn).

iùt

On crioit par tout « garre , garre 1 » ts On ne voyoit qu'Arcs Triomphaux , Que de superbes Echafaux , Que Pyramides & Peintures.

De plus , avec des Confitures Et maint autre excellent Bonbon ,

fo Don LODIS POMCE de LeOK OBonf

La régala sur sa Galère : à^man

Juges si l'on pouvoit mieux hire.

Le Duc Satotard fîit , après , La saluer en son Pal^ ,

9j Où chacun, affilant sa Langue, Tour à tour lui bit sa harangue.

Le brave Pumci Mathia* SV rendit de même, à grands pas , Mais il ne fiit pas sans surprisa

100 De ce que la Erincesae , assise , L'écouta sans le Etire asseoir, Et, lui souhaitant le bon Soir, Reprit la Route de FtoitANCs , Un peu chagrin , en conscience ,

105 Et se repentant bien des fois D'avoir attendu des trois Mois Cette belle Infante Espagnole , Qui sçait des mieux foire son RAle.

Le pRtfswBNT de Pétaeim,

1 10 Dont le Génie est peu fini (Sans flaterie on le peut dire), Vient d'être nommé du Grand Sna, Dont il est le sçavant LKcrsua , Pour être enfin le PaicEfTstm

1 1 ; De son Dauphin incomparable , Et ce Chois est bien équitable.

Les Soins si beaux & si constant Qu'il prenoit, depuis si long-temps, A cultiver cette Ame tendre ,

110 L'Adresse dont il sçait s'y prendre Et les grands Progrès que la Coca En admirait k chaque Jour, Etoyent les Degrés légitimes Do cet Employ des plus sublimes,

115 Et qui , sans aucune faveur.

L'y portoyent de belle hauMir.

Aussi la r oDLK du Balujst»

Applaudit à ce Chois illustre , Et la DiBSss du RratOH ,

ijoQui n'a pas d'aujourd'huy le Nom De ce célèbre Pédagogue Sur son glorieux Catalogue , Va publier par l'Univers Ce que j'ajoute en d'autrM Vers.

3o7 174. — Du 19. Septembre ifi66 (RonNsr].

i)$ On B mil le Dauphin de France

Dessous les soins d un Précepteur

Dont le Sçavoir & la Prudence

L'ont empfehé de craindre aucun Compétîteui

Nul Chois plus juste ne peut être.

140 Qui void le Disciple & le Mattre ,

11 pense voir un Sage enseignant un Amour : L'un éface ce Dieu par sa beauté suprême , Et l'autre aussi passe , en ce Jour , Pour la propre Sagesse mCme.

145 A ce Chapitre mettant fin , Concluons que ce cher Dauphin .

Ayant déjà pour GoirvBRNAtrrE Cette MAiticH4LE éclatante Qui fait , pour la gloire des Lts .

ijoF^endreàsesMœursdesi bons plis.

Et potir son Pr^eptkub. tres-digne Aussi , ce Pkésidant insigne Qui peut de toutes les Nbof S<bdrs Lui faire obtenir les faveurs ,

15) On ne peut pour son avantage Plus rien souhaiter davantage.

Sinon qu'un Jour, avec même heur, Il soit pourvu d'un Gouverneur Qui des belles Choses se pique

£0 Et soit un sage Poutique , Possédant toutes les Vertus Dont les Hiaos sont revêtus.

Alors vous verrez, je vous jure , Un Prince de bonne Structure

165 Et dwne StfcCEssEnit , vraiment , De notre Louis si charmant , [vre , Dont l'Exemple, couronnant l'Œu- Fera voir un Royal Chef-d'œuvre.

Ces jours passez , le Sieur Boyer , 170 Digne d'un immortel loyer, Et dont souvent on idolâtre, Sur l'un & sur l'autre Théfltre, Le Grand Cothurne & I'Escarpim , Fut , par un glorieux Destin , i;5 Receu dans notre Acadâkib , Des Gens Lettrez la bonne Amie , Et dont le fameux Chancbuer Est le Protecteur singulier.

Entrant dedans ce Corps illustre iSoQui, pour se couvrir d'un beau lus- Nous promet un rare Alphabet, [trc.

Il harangua bien tout-ft-faît , Si que la docte Compagnie

Admira son ardant Génie 185 Ettinst, certes, & grand honneur, Comme aussi mêmes A bon-heur, De l'avoir, dans ses hauts Mystères.

Pour l'un de ses braves Coairéres.

J'ay sceu qu'il n'étoit que trop vrai,

190 Las I que Messire Dreux Daubkat Avoit terminé ses Journées A six fois dix et six Années.

Cloton . qui n'a rien de civil , Força ce Lieutenant crvu.,

19J Lui montrant son hideux visage , A trousser en dix jours Bagage , Pour aller, de son Tribunal , Comparêtre au Siège fatal D'un Juge avec lequel les Juges

100 Ont par fois d'étranges Grabuges.

Mais on dit que , tres-prudemment , I) travailla diligemment A mettre à tel point ses AfTaires Qu'elles fussent & nenes & claires.

305 D'ailleurs , j'ay sceu souventes-fois Qu'en tous ses glorieux Emplois D'Intendance & Magistrature Il avoit gardé la Droiture , Et toujours de très-bonne foy

iioServi le Public & le Roy :

Ce que supposé , l'on doit croire Qu'il a sa place dans la Gloire.

N'aguére, ft Bourbon I'Archah- [baut, Ot plusieurs d'un Breuva^ chaud, 5 Moins agréable qu'Ambroisie , Que Nectar, ni que Malvoisie , Boivent ft leur propre Santé, On fut surpris d'une Clarté

• Du 19. Septembre 1666 (Robinkt).

Qui , Ion que U Nuit fut venne ,

ijo^rut tout à coup hors la Nue , Brillant d'un éclat □ompareil , Comme en plein Midr le Soleil.

Ce Ludde & beau MsitosB , Ainsi plus vermeil que l'Aurore,

uj Montroit trois Piques de longueur Et demie en tout de laideur.

Il cbeminoît dans sa Carrière , Avec cette vaste Lumière, Qui fbrmoit un si beau Fanal ,

ijo Du Couchant Equinocdal Devers l'Orient opposite .

Et. comme on a ia chose écrite , Traçoit sa course entre deux Airs Qu'il remplissoit de mille Eclairs ,

»j$ Coupant le Méridien Cercle

[Qui n'a pour Rime que Couvercle] par Angles drois & non de biais.

On me remarque encor exprés Qu'en sa Traite il alloit si viste

MO Que ceus qui se trouvoyent au Giste A vingt milles dudît Bourbon Le virent aussi tout de bon , Environ presque à la même heure Et mime hauteur, ou je meure.

145 Dés qu'aux jeux il se fut perdu , Certain bruit sourd fut entendu, Ainsi qu'à pareille distance , Où peut-être , comme l'on pense , L'Exhalaison & la Vapeur

150 Qui nourrissoit cette lueur.

Se trouvant à la fin usée, 11 finit aussi sa Fusée.

Or c'est ta tout ce qu'en écrit

Un Homme , sans doute d'esprit , 35; De la manière qu'il s'explique Sur ce sujet Météorique , Par moy rapporté rie â rie , Aân que sur son Pronostic Chacun dise sa râtelée , itioAutant de bond que de volée.

Au reste , l'on boid comme il faut

Au susdit BonBBON l'ARCHAHBÀm- ,

Et même quantité de Belles Arrousent là leurs Gargamelles

365 A longs traits de ces tiédes Eaux Qui , dit-on , guérissent cent maux. Puissent-elles donc sans obstacle Faire quelque petit Miracle En &veur au Duc Màzarm ,

170 Car on ne peut voir sans chagrin Qu'un Duc , & si bon A si sage , Languisse toujours à son âge , Et prés d'une jeune Momi Si oigne de son amitié.

375 Puissent-elles, mieux que l'eau d'or- Faire merveille dans U gorge [ge .

Des Brissacs , Ck^quis & Fertez, Et , par leurs effets tant vantez , Renvoyer aux Royaux Ballustres ,

iSo Sains « gaillards , tous ces Illustres. Pour leur aider à felre effet , Je m'en vais . outre ce souhait, Non pas d'un Breuvage aquatique , Mais de bonne Liqueur Bachique ,

185 Faire Brindes de mon costé , De tout mon cœur, à leur santé.

Ainsi je gasoulUois , le dix-huit de Septembre , Sur les Bords de la Seine , assez loin de la Sambre.

^ Ftrû , Cktj p. MufMt, rtit u

tti *i, aux trtii Roii . jlvtt PrioiUp du floy .

LA MUSE DE LA COUR

[ Pu PERDOU M SUBLIGNY. ]

XVin. SEMAINE.

Du Jeudy ^ngMroîsiiéme Septembre 1666.

A MONSEIGNEUR LE DAUPHIN

L'Akbass&deiih d'Espaonb , allant Faire sa Cour, Vit son attente bien trompée Quand tous luy dites l'autre jour :

< Je ne donne pomr mon bspêb ; »

) Il n*attendoît pas, sur ma foy.

Lors qu'il vous en fit la demande , Que vous dcussiez répondre avec fierté si grande

Que vous LA GASDtBZ POUR Lï ROY.

Que je vous ayme , quels délices , to Ne conçois-je pas dans mon coeur,

Quand je vous voy donner ces fidelles indices

De Tostre future grandeur I Continuez , Dauphin , ces choses surprenantes

Et , par de telles actions , [$ Obligez le Marquis &e Foentbs

A vous faire admirer de mille Nations.

On m'a dit que bîen-tost il retourne en Espagne. Où sa Reine luy donne une place au Conseil ,

Et. si ce penser l'accompagne 10 Que vous soyez un jour un Prince sans pareil ,

Vous luy ferez (tirt une affaire

Avantageuse k ces Estats ,

En ce qu'il ne manquera pas De vous y faire craindre ainsi que vostre Père.

ij On vous vit faire encore une belle action ,

A ce qu'on dit , l'autre semaine :

Vous obtîntes Remission Pour un Chevad-leger de nostre aymable Reyhe. Lors qu'un pareil soldat s'est un peu fourvoyé )o Et que l'ardeur du sang l'a fait esrre coupable.

Si vous sçavîez , Dauphin aimable , A quel poinct un pardon est là bien employé , Vous TOUS applaudiriez vous-mesme avec la France

BC potitwl liMpitmmt XVll. Staaini.

Cs,i,z.dbvG00l^lc

iji. — Du s). Septembre 1666 (SoBuatry;.

De l'easar de foitm cl«nenea.

Ce n'est pas qu attenter contre ton Officier Ne mérite U mort en bonne difcipline :

Il là meritoit sans quartier.

Je n'en veux pas rare la fine;

Mais , si j'ose à la bonne toy

Excuser tant Bok peu sa laute , Comme pansy tw Gêna de la Maison du R07 Il n'en est pas un seul qui n'ait l'ame très-haute ,

Qu'il n'en est point qui n'ait esté Ou qui ne pût bien estre un fort grand Ca^ntaine,

Lors <|Ue l'un d'eux est emporté

De quelque passion soudaine , Ce qu'il fait par surprise , en ce fascheux moment , Vient de croire qu'il est ce qu'il est digne d'être ,

Ou de penser innocemment , N'estant plus que soldat , qu'il est encore Maître.

Je vis , le mesme jour, les MonsQUETAUus blancs Qui traversoient Paus pour ftll&r & Vincshnbs ,

Et je ne plaignis pat mes peines.

Car je ne vis jamais de Éraves pluâ galant. Tous avoient au chapeau des pluioes différentes

Et , tous , des plus assomssautes

A leur pompeux ajustement :

Des buffi«s piquez d'or faisoieot leur vestenent ,

Et les mouches en estoient telles

Et si couvertes de deateUes Que , comme le fond méms en estoît d'or wcor.

On eut pû dire aux Mousquetaikbs

Que , ce jour-là , de deux manières

Leurs bras valoient leur pesant d'or.

L'Equipage dea Nents estoït aussi fort leste , Et les justaucorps bleus dont ils estmeot parez ,

D'or & cTargent tout chamarez ,

Les rcndo«nt bien é^aux au reste.

Pendant qu'ils defîloient ainsi , Je causois dans la rue avec un Gentil-hoinme

Qiti depuis deux mois est icy,

Et qui se dit enfant de Rome :

« A Ton , » dit-il , < habchbr les solbats bs u Couk ,

M Le SIECLE DK CbSâR EST , JS CKOY , DE RETOUK.

> Jadis qoand on niaorr a ck pieii rxkhjtablk

> Qll'SK POMPE & qu'en parfums SES GENS If'éPAftQNOISNT RIEN:

» Omr, dit41 , mais iu fiiappeitt bdbn ;

> Et l'e^vet FAisorr Tont son ontE VERrrABLS.

» Un jour , au MiLiEn ws hazard , » Les vostres se verront snt la trrks & smi l'onde ,

» Comme les soldats db César , » Rendre vostre oran» Rot maistre de tout lb Hokdk. » Il pu wul. \ 4J A D'«a Mt pM.

n.i,z.dbvG00i^lc

3iS 17$. — Du li. Septembre 1666 (SoBuotnr).

Qucw qu'il eut dit la vérité , Il De mt pas de nouveauté :

8} On 'avoit entendu déjà dire & bien d'autres.

Mais , pour bigarer l'entretien , Tandis qu'il parlera des nostres , Laissons nostre Pays & discourons du sien. De tout aujourd'hui, que je pense , 90 Mes discours ne seront que de MagniÊccnce.

On m'a dit qu'à la Saikt Lodys , Qui paF DE Chaunbs fut festée , Jusques à tel excez dans Rokb on l'a portée Que plusieurs des Romains sont encore éblouis. 9} Les plus riches Tapisseries ,

Les plus superbes broderies Régnèrent lors extrêmement Et plurent admirablement.

Tous les Cardinaux du Saint Sibob , 100 Hormis un seul pauvre goûteux

Qui n'en eut point le privilège , Y forent en ordre pompeux.

La curiosité Romaine Le remarqua fort bien aussi loj Et trouva fort nouveau qu'on tint chapelle ainsi ,

Sans qu'il s'en exemptât du moins une douzaine. On n'en avoit jamais tenu Que , soit pour un grand mal d'oreille Qui pour ce jour exprés sembloit estre venu , iio Ou pour quelque chose pareille ,

Plusieurs n'eussent une raison De ne bouger de leur maison.

Mais pour moy, qui sçais bien que c'est la Paix de Rome Qui produit ce bon changement, itf Et que De Chauxe est un grand homme ,

Je n'en suis sumns nullement.

Je croy que le Chceur de l'Eouss Estoit superbe en cramoisy, Car il estoit tendu de ce velours choisy lu. Que sur tous les autres on prise.

Et que relevoit fort encor Une riche crespine d'or.

La Nef estoit aussi tendue D'un Damas de mesme couleur, iif Et, jusqu'à la façade au dehors de la rue.

Mille briUans parloient pour nostre Ambassadeur. • Le service finy, l'on y nt place nette Et l'on porta ses pas ailleurs.

On n'en délogea pas toutefois sans Trompette : ,jo Monsieur le Duc de Cuaune en avoit des meilleurs.

Dont les agréables fanfares Estoient & Rome des plus rares.

En suitte de cette action , Sj AC dire bien d'autrct 1 117 ^ Canr

j.vCoo^^lc

3i7 175. — Du s3. Septembre 1666 {Sobuonv}.

Il traîna tout du long dQ l'aune IJ5 Munsmu les Camhmadx de nostre Nation ,

Et cela veut dire A la Chaiinx ,

C'est à dire ssns rien borner Et sans pitié du goust de pas- une EutNEHCB-,

Qui , dans un si faïueux disner , 140 Ne sçavoit que choisir panny tant d'abondance.

Après, ils furent promener Dans le carosse du Doc mesme , Et vinrent encore donner Sur un souper friand & superbe à l'extrême. 14J Mais ce que fit dans ce souper

Nostre Grand AuuÔnier de France Ne doit point passer sous silence Et me plaist trop pour m'échapper.

Vous connoissez ce galant homme , i}« C'est ce grand Cardinal Anthoinb Barberin ,

Qui nous fait mourir de Chagrin Quand il est trop longtemps à Rome.

Comme on estoit sur le dessert Et qu'on y beuvoit A la ronde , ijj On vit arriver un Cokcsrt

Sur deux Chars Triomphadx l^s plus galans du monde. A vray dire , cela sentoit le Barbbrin :

Aussi . dés q,v'on les vit paroistre ,

< A VOOS KESIIE , » luy dit-on , < MAtSTHB ,

■60 » En voila de vosteb pi,us fin. »

Rien n'cstoit de plus magnifique Ny plus beau que cette Musique Et , pour vous en parler sans fart , Je croy que bien des gens, charmez de ces merveilles ,

16} Furent , pour en avoir leur part , ~

Amen^ lA par les oreilles.

A Milan , l'on se mesle aussi

De faire des Magnificences

Et de grandes réjouissances , 170 Mais elles vont Cosi Cosi ,

Et de dire que rien réponde

A ce que je viens de conter ,

J'aurois tort de le débiter

Et je me mocquerois du Monde.

I7J On y dépence plus , peut-estre, quatre fois. "

Mais , [râur le foire bien paroistre ,

Il faudroît estre vray François.

Et c'est ce qu'A Milan il est mal-aisé d'estre.

L'Impsutkice y doit rester ■80 Avec son coffire dans sa chambre,

lj6 jf El ulweMiputiai, c'Mt-4-direàUCluuill, ( l$8 KT le vUt panûitrc.

;.Cooi^lc

Si9 175. — Do «S. SepteaAfe 1666 (Sotuokt).

Où , deut-elle cent fbts pwter, Des harangueurs seront tout !e meifl de Septemtee Apres , elle en pourra partir Pour prendre te chemin de fiiœscs ,

1S5 Où Vbkiss e fait avertir

Que passera cette Princesse.

Ce sont autres apprests , que nous ne içavions pas , Que la grandeur VsttrnENNE Veut qu'on fasse dans ses Estàts

190 Lors qu'elle 7 passera pour se rendre à Vmnns.

On y [»-epare des Palais Et des régales de grands fnis , Dont on doit tfc luy feîre l'offre.

Mais nous avons parlé d'un coffre ,

195 N'en éloignons pas nos dncoors.

C'est un coffre qu'elle « tousjours , Et dont cinquante de ses Draties , Qui toutes ont beaucoup d'esprit Et bien ds poumir sur les «mes ,

300 Voudroient égaler le crédit.

L'aventure eet assez nouvdie Que , tout exprès peur l'amonr d'elle , II se soit trouvé des BKMmz , Dont les yeux valussent les offres

105 De mille & mille Kbertez ,

Qui voulussent se voir Eûtes comme des coffres ; Mais , I^mcE, elles avoieM raison , Etmesme une raison tree-fbite.

Car , leur ressemblant de la sorte .

«10 Elles eussent esté riches à million.

On dit qu'arrivant A Fmu.

Le Cauhmil Colonke est mort de fetcherie :

N'en prenez ïaiimîe , je vous prie , Puis que cela fait tant de n

Faschez-vous toutefois un peu de l'aventure Qui feit garder le lict à Monsieur de Roiteb. Si son mal de long-temps n'aJUoit pas le quitter, Cela mettroit I'Anglois en trop belle posture. Vous n'ignorez pas le mal-beux Qui cause ses langueurs cruelles , Et qu'en rendant combat avec trop de chaleur Il avala des esttncelles :

C'estoic escre bien prés des cous.

Au reste, un Médecin habile, Qui dans peu le veut rendre aussi dispos que nous , Dit qu'elles ne feront que luy purger la bile.

■ 84-1 1 j Cn ^1 Twn Mnf taffrimit éami B C.

3ii 175. — Du s3. Septembre 1666 (Sobuckt). 333

Dieu bénisse le Médecin , Ses remèdes & sa science Et les conduise à bonne fin I ■30 Mais, quant k may, mon Ordonnance

Seroit qu'U fit encore un combat furieux Contre son ennemjr farouche, Afin qu'il jettastpar les yeux Le feu qu'il a pris par la bouche.

13$ Nostre illustre Doc db Beaufort

Estoit l'autre jour à Bxlle-Isls , Ob sa Flottk joignit dix vaisseaux de renfort. Qui ne luy seront pas un secours inutile. Ce sont les mesmes dix Vaisseaux 340 Qui venoient de conduire une Reyhe à Lisbonne ,

Et l'on dit qu'il n'est point de Navires si beaux,

Ny d^scadre qui soit si bonne.

Peut-estre est-on à Brest à l'heure que j'escris , Car on joindra Rhiteh, si la chose est possible, S45 Et le Doc DE Beaofort qui se sent invincible ,

Avecque les Angi-Ois voudroit bien s'estre pris.

Une part de nos Volontaires Monta , ces jours passez , la Flotte de Ruiter , Et le reste dans Dieppe est allé se poster s)o Pour atKndre ce Dec , malgré les vents contraires ;

Tant que la Mer sera favorable aux explois , Ils veulent tuer des Anglois.

Et puis , disent-ils , s'il en reste , Et que par la saison leurs désirs soient trahis , 15s us les renvoyèrent ft la Peste

Qui les estouffe en leur Pals.

DE SUBLIGNY

>4 FarA. Ci*^ AUxmUr* UiMlin, aw cein iâlartî DampUnt, inatUlt Pimt-utnf. Avu /'rMUrt

jjo /1 Cmr, quant ■ inoji.

LtiigKMÙlrt J* Fmlnr it l'aJrtat ia Utrairé maa^nà itnu BC , ^pUtnt ici la dmli.

{,A L> Mue dï Cour 1666 (vcjr. tome 1 , col. 909) , pp. IJ7-144.

0 U MuM Diupbine 1667 — 'il-i^i-

' C U Mmc DmipUne iti68 — >57-i&5.)

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LETTRE EN VERS A MADAME

Pai Cha*li> robinet.] Du s6. Septembre 1666.

I^iet-aous, charmKntt Princesse, Dites-nous si Clion & Moy Ne tenons pas nôtre Promesse Avec zélé & de bonne foj ; Dites-nous si, chaque Semaine, Nous manquons d'ouvrir ndtre Veine Pour vous payer vôtre Tribut , Et, bref, si dans vos Mains si blanches Vous n'avez pas , tous les Dimanches , Un petit Préambule , ou Prélude , ou Début.

Dame , nous sommes de parole , Et voici , pour vous le prouver, D'aujour^huy nôtre nouveau Rôle , Qu'il vous plaira donc approuver.

Sus , vous , la Déesse emplumée , Que l'on nomme la Renommée I

Yutt» révélez-nous ce qu'on fait , ce qu'on dit .

Et , pour mieux divertir nôtre illustre Henriette , Ajoutez quelque Historiette

Aux autres Nouveautez de ce présent Ecrit.

Le grand Doc à Perruque blonde.

Devenu l'un des Dieux de l'Onde Et que l'on y craint des plus fort (C'est le preux Hiaos de Bbaofort),

tf Après avoir, à la Rochelle , De façon magiii&que & belle , Eté plusieurs jours régalé Par un Seigneur tres-signalé , A sçavoir le One de Navauj.bs ,

^ Un vrai Lion dans les Batailles , Est droit à Di^pe arrivé , Ayant , à Belle-Isle , trouvé La belle Escadre fortunée Sur qui l'Aiiomi & ViiYnÉitiE

); Ont conduit chez les Portooais Leur Retmb fifconde en attrais.

On peut donc fl présent voos dire.

Sans qu'on puisse en bux s'en ia9- [crire.

Ce qu'on vous avoit trop tôt dît

40 Et sur rapports en l'air écrit , Que cette Reyki belle & bonne A fait son Entrée A Lisbonk , Où le PoT«ifrAT tient sa Couk , Et vous cotter mSme le Jour ,

45 Qui du Mois dernier fut le douze.

Je croi que i'Epons & l'EransK L'auront comme il faut, célébré , Et c'est très-bien &it, & mon gré :

Mais attendons plus de lumière

$0 Sur cette amoureuse matière.

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