Du II. Novembre 1666 (Sobliony
Le monde est revenu pour voir ce grand spectacle .
Mais , je ne sçay par quel hazard ,
Ou bien plutost par quel miracle.
On n'a plus veu que vous dans ce superbe Char,
Et , pour nnîr ces avantures ,
Vous y mangiez des confitures.
On me va demander îcy
A quoy la confiture est bonne ,
Mais elle est de mon songe aussi ,
Et tel qu'il est je vous le donne.
Vous m'en avez mesme fait part ,
Dont , PwHCK , je vous remercie.
Je sçay fort bien qu'en quelque part Ce songe sera pris pour une facecie ;
Mais je vous jure , beau Daopiiik, Qu'en dormaht je l'ay fait ainsi jusqu'à la fin Et qu'encor que bien peu je m'arrestc & des songes , Celay-cy me plaîst tant , aui confitures prés , Que , plutôt que le mettre au nombre des mensonges , Je croirois que le Ciel me l'a fait faire exprés Et qu'il me montre en luy vos grandes destinées , Car que ne doit-on pas attendre de vos coups
Dans quatorze ou dans quinze anné^ ?
Peut-estre l'expliqueres-vous.
Pour cela , ce n'est pas & dire
Que l'Empereur ait dans ses bras
La Beauté qui fait son martire ; Elle n'a pas encor si fort hasté le pas.
On craint qu'elle n'attende à Bilsscb
Peut-estre encore quelque-temps , Et , pour vous dire vray, ses gentils habitans Y receurent si bien cette Augcste Princesse Que, si c'estoit à moy qu'on eust fait tout cela ,
Je ne pourrois partir de là.
Je parle tout de bon , mon Prmck.
L'Empereur devoit supplier
Le galant Procorëiir Vallibr De modérer l'honneur que luy fit la Province , Car, après avoir eu cette réception
De la grandeur Vénitienne ,
Sans doute qu'à proportion
Elle en aura moins dans Vienne.
Qui jamais entendit parler
Que , pour seulement régaler
Une E4incesse en son passage .
L'Ambassadeur d'aucun Estât ,
Fust-ce du plus grand Potentat ,
Eust un plus superbe équipage?'
17 A reprendre ion ipectule.
jj-jA A qa'rfle nereâte 1 Buici
Meimc encore peur quelque H
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75 Le pROCTTKEDs Vâllier BUfa peu de Rivaux.
Il fut au devant d'ËLLE avec soixante Pages ,
Cent carosses à six chevaux , Dont il avoit luy seul sept riches attelages. Cent grands & lestes Estafiers , So Mille Gentils-hommes de mine
Et deux mille autres Cavaliers , Tant Gardes que bons Cuirassiers , Dont la parure eatoît divine ; Tout cela sans compter quatre ou cinq cens Lanciers , Sj Dont les habits aussi n'estoient pas d'estamine.
On m'a dit qu'il avoit encor Trots mille hommes d'infanterie , Dont les Chefs brilloient de fin or Sous une riche broderie ; 90 Que , quant à sa livrée , il n'estoit rien après ,
Et que , I'Ihfkratrice à Bkbbcb estant entrée , Il en fit prendre une autre , apprestée & grand frais , De velours cramoîsjr, d'or toute chamarée. , Je ne vous parle point des splendides repas 95 Et des autres Magnincences :
La Princesse pourtant ne les oublira pas.
Mais que me direz-vousde ces grandies dépences?
Cela me paroist merveilleux Qu'après trente ans de guerre & sur terre & sur l'onde 100 Contre I'Ottokan orgueilleux
Venise soit toujours la plus noble du Monde.
On m'a dit encor, beau Dauphin .
Une assez plaisante avanture.
Les Espagnols jaloux montrèrent du chagrin it'j Que les VENrriENs eussent plus de parure
Et jusques-là , dit-on , qu'ils en firent mépris : On s'échauffe à moins qu'à ce prix.
La populace en fut émeue ; Quoy qu'on luy dist , point de qi.iartier. uo Un Espagnol n'osoît paroîstre dans la rue
Qu'or n'y criast ; « Au Charbonnier I » Or, du peuple , Ssigneur , ce n'estoit que la lïe Qui pouvoit avoir fait ces mépris insolens , Car, pour les Seigneurs Castillans, '■f Ils ont tous l'ame assez polie.
Cependant-, il fallut que l'obligeant Valusr Fîst viste publier, à peine' de la vie , Que personne n'eusc plus à crier < Chabbonmibr, » Car, à voir ce Peuple en furie , lao Je n'eusse point juré que par deux mille enfana
Lr jeune Ikpbratiiice , & cause de ses gens , Jusques chez l'EiiPERfitm n'eust pas esté suivie.
Si Et M. i£nu ^. 1 118 ^ à dire.
S4 <f Et c'est unt Tom contET. j 119 i/f Cir, de l'iir qu'en cbiatiit cette piliBodir.
113^ Or een'eitoitnuedelitie. \i30jtpn.