LE NIAIS DÉNIAISÉ
195 Un petit ScHOLàRBs de Trotb , Cent mille fois plus sot qu'une Oye, Apportant Ici cent Ecus , En sa Ceinture bien cousus , Que sa Mérb pour une Rente
aoa Envoyoit , dit-on , à sa Taktb , Lors qu'il fiit proche du Fau-bourg, Justement au aéddn du Jour, S'égara , comme un mal-habile , Du Messager d'icelle Ville
ao$ Qu*il suivoit de loin, lentement , Sur sa poulinière Jument.
Or, de sa Tante , à la mal-heure.
Ignorant encor la Demeure , Où ce Messager l'eût mené ,
210 Bien camus & bien étonné , Il s*en alla de rue en rue , Demandant , d'une ame ingénue , Dont à merveille il fut gabbé , Sa Tante , qu'il nommoit Bobé ,
ai5 Et contuit , en son franc langage , Tout le sujet de son Voyage.
Mais, tandis que maint& malntrit De ce que cet Innocent dit , Deux vrais DémcHBURS de Fauvettes,
320 Arrivez sur les Entre-faites , Offrent , pour finir son ennuy.
De mener son Cheval & luy ( Deux Bestes , l'une portant l'autre) Chez sa Tante ; mais c'est la vôtre.
225 Us le conduisent en un Lieu Où présidoit le Peut Dibu.
L un va devant l'Hôtesse instruire De ce qu'au Troten il fout dire , Et chez la gaillarde VéNus
330 Dessus tout sont les bien-venus Ses CENT Ecus & sa Monture , Jugez d'assez bonne Capture.
La Dame , jouant bien son jeu , Le reçoit comme son Neveu ,
235 Et luy, la chose est très constante . N'ayant jamais conu sa Tante , Prend le tout pour argent comptant