Du i3. Mars 1667 (Robinet
Son orgueilleuse Pbutbsse Reproche au SntE-Gizuiim , Lequel ne peut en paix dormir, Qu il n'a pas envoyé chez Elle , «»ftu- une Ambassade fort belle , Lui. faire un mot de Compliment Dessus son Etabussement.
Sa Mainte est tres-juste , sans doute, Et mérite bien qu'on l'écoute.
1 *5 Mais , à propos du Grand Seigneur , J^jLe PoLONois Ambassadeur S'est tantôt mis en Equipage Pour aller lui rendre l'hommage , Avec un leste & nombreux Train ,
ijoCar on asseure pour certain Qu'il sera du moins de mille
Sommes, ntils- [hommes.
Ce n'est pas un Train de bibus ; Mais , pour vous dire encore plus , 135 U a mis vingt mille PistoUes En plusieurs riches Babioles , Pour régaler les Otomans Après ses humbles Compliments , Car, en un mot . c'est de la sorte 140 Qu'on peut aborder à la Porte , Où l'on tient pour Homme d'hon-
[neur Un Ambassadeur grand Donneur.
Après cela , si sa Hautesse Pour la Pologne n'a tendresse 145 Et ne lui témoigne amitié , Je dis , sans en faire à moitié.
Que cette Hautesse est plus Turque. . .
Ah ! par ma foy, la Rime en urque M'arrête court à cette fois.
150 Je voulois dire toutefois
Plus Turque , sans aucunes bornes , Que n'est toute sa Race à Cornes.
LuBOMiRSQUi, sans doute, est mort:
Je suis édairci de son Sort.
>55 Le pauvre Homme finit sa vie Après cinq jours d'Apoplexie , Et lors , comme un saint Pénitent , De ses fautes bien repentant .
Ainsi gue Chacun l'est à l'Heure
160 Qu'il Êiut que sans resource il meu> Et qu'il ne peut plus &ire mal , [re
Il fit un Prône fort moral A toute sa chère Lignée , Devant sa foce prosternée ,
165 Dont le but étoit qu'à leur Roy Chacun conservât bien sa foy Et n'entrât en nule Aliance Contre sa suprême Puissance.
C'étoit sur le tard être Bon ;
170 Mais quoi ? si ce fut tout de bon , Dieu , par sa Grâce , luy pardonne Et Place en Paradis lui donne !
Messieurs les Estats Généraux , De la HoLANDE les Héros ,
«75 Ont , pour raisons de Poutiqub , Fait Réponse au Rot BarrANiQUE Qu'ils voudroyent bien que le Tratté Se fist ailleurs qu'en leur CrrÉ , ^ **•»• A sçavoir dessus la Frontière,
180 Laissant , de civile manière ,
A son Chois l'un de ces trois Lieux Que , pour les Esprits curieux , J'ay bien voulu coter en marge, Et tout du long & tout du large.
Dao et Brada
«85 On n'a pas encor sceu , dit-on , La Réponse du Roy Breton , Mais je sçai qu'il fait, pour la Guerre, Des Apprests par Mer & par Terre , Et çiu'autant en font les Estats
190 Qui non plus ne s'endorment pas.
Néantmoms , ces Apprests énormes Ne sont , je croi , que pour les
[Formes , Et , quoi (Qu'ils montrent de cour- Qu'à la fin ils fileront doux [roux ,
«95 Et seront , sur Terre & sur l'Onde , Tous les^ meilleurs Amis du Monde.
Mais , en parlant de Guerre Ici , Je me ressouviens de Traci , Lequel chez la Gent Iroquoise
200 Signale la Valeur Françoise.
Pendant la plus froide Saison , 11 en a mis à la raison Cinq Nations , mais des plus fiéres , Que , traversant Monts & Rivières,,
205 ft-écipices , Cavernes, Bois , Avecque maints braves François , Il a chassez de leurs Repaires , Où ces cruels & méchans Hères S'étoyent toujours crûs jusqu'à lors
ttg. — Du i3. Mars 1667 (Robinet^
> 10 Comme en d'inexpugnaMes Forts ,
Quoi qu'à l'approche de nos Armes .
Telles ayent été leurs allarmes
Que tous laissèrent leurs Forts là
Et s'enfuirent deçà , delà , 315 En quitans même, ainsi , la gloire
D'avoir contesté la Victoire.
C'est l'effet du Nom de Louis ,
Plein de Prodiges inouis ,
Et , si l'on vouloit l'entreprendre , a«>On iroit plus loin qu'ALEXANDRE
Au bruit de ce Nom glorieux
Et par tout si victorieux.
N'aguére , honorant le mérite De quantité de Gens d'élite
a»5 Qu'U aime plus que des Trésors .
Il en fit , aux Gardes du Corps , Des Officiers de Conséquence , .
Et j'ay sceu que la Lieutenance En écheut au sieur Devizé ,
>3o De ce grand Sire tres-prisé , Et oue , le suivant à la trace , De BuscA , l'Exempt , prit la Place Où , depuis peu , sa Majesté L'avoit nonestement posté ,
*35 A sçavoir la Place d'ENSEicNE.
Afin que pas un ne se plaigne, Si des autres les Noms j'apprend , Je les coteray dans leur Rang , Par un honeste Si beau Chapitre ,
^40 En ma fine première Epître .
Car je fais un très-grand estât De Ceux sur qui le Potentat Répand ses faveurs de la sorte , Puis que c'est une Preuve forte
^45 De leur singulière vertu
Et de l'honneur qui leur est dû.
Le neuf du Courant, ce Monarque, Par une favorable marque , Fit aussi , ce dit-on , l'honneur a5û Au sieur Marquis de Creve-Cœur De nommer son Fils au Baptême ^JjJJJ^ Et de lui donner son Nom même , p»Ke de la Avec Une rare Beauté , £^rie Princesse de sa Qualité ,
255 D'Armagnac la digne Comtesse ; Dont TEnfant eut grande alaigresse E( fut ravi dans tous ses Sens , Car, ayant déjà quatorze ans ,
Il pouvoit bien être sensible *^A ce Bon-heur presque indicible.
Cinq jours avant, sans nule erreur, Un Envoyé de TEmpereur Eut à Saint Germain Audiance Et fut avec magnificence ,
»65 Après sa Fonction, traité , Par l'ordre de sa Majesté.
Pour la Cause de sa Venue, Elle m'est encore inconnue ; Aussi-tôt que je k sçauray,
*7o Autre part je vous la diray.
Au reste , durant ce CarÂmb , ( Certe avec un plaisir extrême '; La Cour entend maint beau Sermon Du grand Orateur Mascaron ,
275 Lequel s'acquiert beaucoup de.gloire Dans un si célèbre AuDrroiRE.
Le Ciel à ses justes souhais Mesure ses pieux Progrés Et' fasse qu'occupant sa Chaire
«80 En Evangeliste sincère , Il presche si bien cette Cour Qu'elle soit toute Sainte un jour.
Enfin , par des Avis fidelles Je viens d apprendre des Nouvelles
2^5 De Messieurs les Gardes du Corps , Et j'en sens de charmans Transports.
Ces Gardes, sans au'on se mécompte, Etans huit cent, de royal compte.
Et tous de tres-valeureux Gards ,
«9^ Sont divisez en quatre Parts , Ou bien en quatre Compagnies , De braves Chefs toutes munies , Et chacune a plus maintenant D'un Enseigne & d'un Lieutenant.
«95 Selon qu'on le peut , à costiére , Voir par la Liste toute entière.
A quoi j'ajoute , en vérité , Que ce sont Gens de Qualité , Sans rien dire de leur mérite ,
^00 Car toute Eloge est trop petite Et le Chois du Rot dit bien plus Que tous mes Discours superflus.
Mus !• Gorapaitole deNotOles, pour Bnsaicne: Braao. Dans U CompMDia da Tréme. Dour UeuisMot: I^ pour BDsali
ne, pour ] ^ .
, Saint Germain Beaopré»
lia. Dans la (Soropagnie de Daumoot, pour Lia*^ : Devisé et Brissao , et pour BnaaIeMs: » ;Bii9oa. Dans la Gompégâe deGharOttpoo'
BnselffDefi islaGkMDp
son, et pour
Neuobella '^
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Serre et Basoa. Dans la Gompégàe
Lteatenaos : la Ff tU et Chaseroa , et pMr
d'Ambly et Dopas
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Sans donc que plus rien m'en empesche , Je m'en vais dater ma Dépesche.
105 Elle est du douzième de Mars ,
Où les Rais de Phœbus sont un peu plus épars.
A Pârin, Chex F. Mugaet, ms de U Harpe , aux trois Rois. Avu Privilège du Roy.
(Biblioth. nat., Le', aa. Rés. - Bibliotfa. Mazarine , 396. A^. — Biblioth. de TArsenal , B. L. iiSoa.
— Biblioth. de M. le baron James de Rothschild.)
LÀ MUSE DAUPHINE
[Par PERDOU ob SUBLIQNY. ]