Ou 37, Mars 1667 (Robinet
35 Force délicates Pâtures , Y compris maintes Confitures.
Chez I'Empereur, à Viknns, aussi, Où Ton s'é^aye , Dieu merci .
D'une mamére si complette
60 Que sa Cour en est satisfaite , Dessus la fin de Février, Ainsi qu'on l'a sceu d'un Courier, Quatre-idngts , tant Seigneurs que
[Dames, Tous briUansd'Eclairs& de Fiâmes,
^Qoe produisoyent les Diamans Semez dessus leurs Vestemens , Formèrent une Mascarade , Laquelle n'avoit rien de fade.
Quoi que le Dessein n'en fût pas ,
70 De soy-méme fort plein d'appas , Car cette belle Momerie Désignoit une Hôteixbrie.
Mais l'EifPWsuR & s% MomÉ , Si digne de son amitié ,
75 En étoyent les Hôtes illustres , Et non vraiment de cbétifis Rustres ; Et les PanHnPAnx de leur Coue , Chacun sous différant Atour, Etoyent les Valets d'importance
50 De ces Hôtes de Conséquence , Si qu'on pouvoit , je vous promets , Dire : Tels Maîhies , tbls Valets.
Je conduds donc , sans raillerie , Que la susdite HôteUerjie
^5 Etoit des bonnes d'alentour,; Et des plus fameuses du Bourg , Qui , sans qu'en suspend je vous Eitoa la Crré de Vienne ; [tienne , Aussi , le Concours y fut grand
90 Et de Voyageurs du haut Rang.
Or, après une Sarabande Et quelque Danse à l'Allemande , Chacun , à l'Allemande aussi , Y soupa , non cossi cossi ,
95 Puis y paya l'Hôte ep Gambades, Jusques à ce ^ue des Aubades Vinrent avertir, le Matin , Que la Nuit étoit au DecUn.
Le lendemain , la Comédie , »«>Lc Balbt Sl la Mélodie, Furent les Divextissemens De tous ces Hôtdier^ cbarmans ,
Avec Chère délicieuse A toute la Bande joyeuse.
105 Mais les Hôtes ont beau traiter. Et, quoi q^u'il en puisse coûter, Pour le fftire ils sont assez riches , Car, depuis peu, des deux Autricres, Ainsi que de maints autres Lieux ,
1 10 Les EsTATS , fort pecunieux ,
Les ont , en pur Don , que je pense , Régalez de belle Finance , Et la Basse Autiucmb , dit-on , A donné , seule , un Milion.
1 15 Mais , à propos de Mascarade , Nous mériterions algarade.
Si nous ne faisions mention , Dedans nôtre Narration , De celle que le Duc de Chaune
lao A faite où le Pape a son Trône , Pour terminer le Carnaval Par un Spectacle sans égaL
C'étoyent Mesdames les Sybilbs, Lesquelles , à prédire habiles ,
i»5Anonçoyent, d'un ton menaçant.
Le final Débris du Croossant Et même , apostr<^>haDS la France , Qui lors avoit la ressemblance D'une belliqueuse Pallas ,
i3<^L^ promettoyent à son seul Bras.
Ces Belles, comme I'HéroSne , Etoyent dessus une Machine En guise de Char Triomphal , D'oti , faisans un public Régal ^
i35 En libérales Créatures , Elles jettoyent des Confitures Et Pois sucrez de toutes parts , Que recueiUoyeot des Egrillanls Plus volontiers qat leurs Oracles ,
140 Qui promettoyent unt de Mirades.
Quarante puissans Estafiers , Aussi noirs que des Charbonniers^ Car ils représentoyent des Maures , A^ecque maints Pages encores ,
«45 Que des Ecuyers conduisoyent .
Environnoyent ou précedoyent Ladite Machine roulante , Et fort superbe & fort^ brillante.
La .Renomiiée alloit devant ,
«50 Aussi légère que le Vent,
Pour Estafiers ayant jd^ Basques, ^ D'autres Chaiv t pleins de galans
[Masques,
aaS. — Ou 37. Mars 1667 (RoBnnrr).
Cortégeoyent agréablement , Et le Tout marchoit gayement
155 Au charmant Concert des Trom-
[pettes, Des Hauts-Bois , Fifres & Muzettes ; De <|uoi tous ravis , les RonAms Battirent mille fois des mains , Applaudisêans au Duc de Chattnb ,
160 Sans lequel , selon qu'on le prône , En bonne foy , leur Carnaval Auroit été tout-è-6ût mal.
Je clos ce CHAPms de Romb Sans vous rien dire du SAorr Hommb»
165 Car je vous jure , en bonne foy, Que CuoN • ni même le Rot, N'en a receu unies Nouvelles* Ainsi , curieuses Cervelles, Comme je ne puis deviner,
i7« Quand vous devriez en rechigner Et mille fois prendre la Chèvre , U fiiut quHd |e vous en sevré.
On n'entend par tout désormais Parler que de Gubrrb & de Paix ,
175 Et , tant de bond que de volée , Chacun en dit sa râtelée.
Comme Fhabile Homme, le Fat, Qui dans les Mystères d'En'AT N'eut jamais la moindre lumière ,
iSo Là dessus se donne Carrière.
Tel, pour n'être sur ce Camus , Furette tout Nostradamus »
Et cherche dans ses Centuries, Touchant cela, des Prophéties ;
1S5 Celui-ci , selon ses souhais , Condud hautement pour la Paix ; Cet autre nul mot ne deserre.
Qui n'asseure ^u'on aura Guerre ; L'un la veut Ici , Tautre là ,
190 Et c'est un plaisir que cela.
Pour moy , qui de tout ne me pique De raisonner en Politique Et qui ne veux avancer rien Qu'en pur & simple Historien ,
195 Je dis que , par Mer & par Terre , Chacun se prépare à la Guerre , Et ^ue nous voici prés du Temps Qui réveille les Combatans ; Mais enfin oue rH<mMB proposb
200 Et DiBU seul , par après , dispose.
De FuENTES le cher Maroo» , Et , certe , d'un mérite exquis , Ayant Ici , la chose est claire .
Bien soutenu son CARAcréaB
105 Et fort satisftit nôtre Cour , En a pris Congé , l'autre Jour.
Pour faire Place à Santillake .
De la Nation Castillane , Autre Marnuis de Quriité
3IO Et de grande capacité ,
Qu'Ici nous avons vu n'aguére Et qui ses Fonctions vient fidre.
La Cour , pour se des-ennuyer.
Changeant fort souvent de Quartier, 215 L'a pris quatre jours à Versailles , Y faisant grand fracas d'Ecdlles , Et puis Eue a r^ris soudain La route de son oAnrr Germain.
Samedt, nôtre auguste Rbtnb , 220 Aimant Saint Joseph , prit la peine Par un tres-kniable Souci , De venir l'honorer Ici , En un Couvent de Carmélites Fécondes en pieux Mérites.
225 Mais , las I tout ainsi qu'un Ecfadr, Dispiuiit son Aspect si cher.
Et, dés l'instant, nôtre Alaigresse Refit place à nôtre Tristesse.
Ces autres Astres de la Cour , 2joEt si dignes de nôtre amour, PmuppES & son Henriette , Les grands Objets de ma Mvzbth, Ont, tout de même , Ici paru Et , dans un clein d'œil , disparu.
235 O Paris trop infortunée , Quelle est ta triste Destinée I
Dans le beau Temple des Fboil-
fLANS,
Comme des Hermines , tous Uancs, Le dernier Lundy, ftit bénie 340 L'Abbesse de Jarsi de Brie , "Ssâ
Abbesse de bonne Maison ^Ij^
Et qu'on estime avec raison.