Du 19. Juin 1667 (Robinkt
Fit bien-tOt à ce Rodomont Changer d'humeur & de langage , Si bien donc que , pliant Bagage
55 Et comme un Mouton filant doux , 11 dist que Bbrgub étoit à nous , Qu'il étoit tout prest de le rendre , Ne pouvant certe le défendre Contre des François si vaillans
^ Et si vigoureux AssaiUans.
En effet , chacun y fit rage , A l'envi montrant son courage :
Oui, jusqu'aux moindres Champions Sembloyent là de petits Lions ,
^5 Et Ton eût dit cjue , chez Mandoce ,
Ils alloyent vraiment à la Noce,
Comme ils couroyent , de l'air qu'il
Et teste baissée , à l'Assaut. [faut
Mais , sur tous , le sieur du Fas-
[SAGB ,
70 Homme de cœur autant ^ue sage , A l'Attaque qu'il conduisit , Fît merveille , ce m'a-t'on dît , Comme il est aisé de le croire D'un Brave chérissant la Gloire.
75 Monsieur le Doc de Roannez .
Que pour ttl aussi je conez , N'en fit pas moins dedans la sienne:
C'est vôtre croyance & la mienne , Car ce Duc à si grands Explois
80 Est la Feuillade d'autres fois , Et lequel épousa n'aguére Cette belle & sage Héiutiére , Mad'moiselle de Roanhj» , Possédant maints & maints Jaunets.
85 S'il exploite d'aussi belle erre En Mariage qu'à la Guerre , Il fout sur son Front aUier Le Mirthe avecque le Laurier; Mais cela c'est une autre Affaire ,
90 Dont, Lecteur, vous n'avez que faire. Retournons donc à nos Moutons , Ou , disons mieux , à nos Lions , Afin de r'achever la Liste De ceux qui , marchans sur la Piste
95 De Chefs si braves & si preux , Y firent en Gens valeureux. [Marge Mais , comme elle est fort ample , en Je m'en vais la décrire au large :
Le Gheraller de Lorraine, le Chevatler du fleapyo. les rteurs de S. Lleo et de Lorge, le Cofmte ae Mailly, le Marquis de llooesy et lee akurs é» S. Léger et <to ManiOac.
Aussi-t6t que nôtre Louis S3 Mamkowblui.
100 Eut tous leurs vaillans Faits ouys , Il tint, dit-on , Conseil de Guerre , Et puis , en divers Lieux sur Terre.
On commanda plusieurs Partis De bons Soldats , tous assortis ,
105 Qui sçauront , à coups de Rapières , Comme on dit , tailler des Croupie-
[res A tous ceux qu'ils rencontreront, Qui le Pas leur disputeront.
Mais il ne s'en rencontre guéres ,
1 10 Car les Espagnols Aversaires Se tiennent de tous les Côtez A couvert dedans les Citez , Ordonnans aux Gens des Villages
S(ais qui ne sont pas si mal sages] e venir de nôtre Courroux .
Pour leur Nez , essuyer les Coups , Vu même que nôtre Grand Sire Leur Bon-heur seulement désire.
Or , après maints ordres donnez , 120 Les deux illustres Couronnez Partirent & se séparèrent Et , pour tout dire en bref, tirèrent Chacun d'un & d'autre côté , La Principale Majesté 125 Retournant devers son Armée Qui de sa Présence est charmée , Et la Retne , des Cœurs l'Aimant , Vers CoMPiéGNE pareillement • Ayant eu toujours avec Elle 130 L Héroïne Mademoiselle.
Mais , justes Cieux , à son retour
Audit CoMPiÉGNR , son Séjour ,
Que trouva la belle PRmcBssB ,
Et lors quelle fut sa tristesse ?
«35 Elle y trouva le Teint dé Ljrs
De nôtre Dauphin , son cher Fils ,
Caché sous un malin nuage
Qui couvroit tout son beau Visage ,
Et qu'avoyent formé ces deux Sœurs ^•jj'^",^ «40 Dont par tout l'on craint les laideurs,**^ute *
Notamment chez le charmant Sexe , •"*•
Qui, par là moins beau, moins nous
" [vexe.
Vous en sentez , il est certain ,
Des craintes pour ce grand Dauphin, '43 Et je crcM que toute la France ,
Le sçachant • en seroit en trance .
a36. — Du 19. Juia 1667 (Rohmsi).
MtU ailes » calmes vos soucis :
Vous reveires ce jeune Lys , Ce mignard Amour , ce bel Ange , >5oSi digne de nôtre Louan^ , Plus brillant qu*il ne fut jamais ; Pour le aeur je vous le promets , Et de CoMPiÉGKB Ton nous mande Que son Mal tout-à-fait s'amande.
>55 Du même Lieu Ton mande aussi Que rien n'est pareil au souci ^•BM Qu'en prend l'illustre MAaicHALS Muéd^ Dans cette Occasion ftule , mÔum Et qu'il ne £iut sinon la voir , 160 Toutes les fois qu'on veut sçavoîr L'estat du susdit jeune Suie Dont la santé chacun désire , Se peignant si bien dans ses \eux Que c'est là qu'on le eonêt mieux, «65 Soit par les trais de la Tristesse , Soit par les trais de l'Alaigresse.
Terminant ce Chapîlre-ci , D'iUec encor j'apprends ceci Que Madame . sa belle Tante ,
170 I^Mir qui présentement je chante , Ayant envoyé tendrement Et par un soud bien charmant Ai^rendre là de ses nouvelles , En paroles à peu prés telles ,
175 II répondit à I'Ehvoté , Par^sant lors tout enjoué :
Qu'il rendoit de toute son Ame Grâces de ces soins à Madame , Ajoutant à ce Compliment
iSo Celui-ci, des plus |oUment :
Qu'il éloît <ie Mademokbllb .
Sa jeune Cousinb . si belle , Entièrement le SsEviTsum Et qu'il l'aimoit de tout son cœur.
185 Dieu sçait , comme elle est bien ap-
Si sans vert il peut l'avoir prise.
Mais retournons à Chamle-Rot.
Pour le remettre en bon arroy , Dix mille hommes . non <k main 190 Y travaillent de belle aorte , [morte. Et trois fois mille Cavaliers Apportent à œs Ouvriers
Des Palissades & Faadnes , Car, pour le surplus , les Ruines
195 Ont fourni les Matérieaux Nécessaires à nos Travaux • De manière que le FoRi-CHAKLE .
Aussi vrai comme je vous parle .
Se relevé encor aux Dépens
300 De TEsPAGNOL, bien en suspens De voir qu'un Poste qui lui coûte Sept millions , sans aucun doute.
Ne sert (ô , pour lui oue d'hélas I) Qu'à nous ouvrir les Pays-Bas.
ao5 Présentement , Furme est batue , Ou déjà peut-être abatue , Et nous verrons au premier jour Qu'une autre Place aura son tour; Mais faisons sur d'autres Matières
210 Rouler nos Rimes Gazetiéres.
A Rome , nôtre Ambassidepe , Avec une éloquente ardeur Et , je pense , dans nôtre Laof ne .
A eût une belle Harangue ,
215 Pleine du chois des plus fins mots. Au CoLutoE des Cardinaux , Pour raasûrer que nôtre Sœs Souhaite «que l'on puisse élire Dans le Conclave, en liberté,
2^ Un Chep à la CBftÉTKNTâ : Qu'ainsi sa Majesté ne donne Son Exclusion à Personne Et que -ce- rare DiEO-DoNNé, Cofôme le digne Fils AIné
225 De nôtre Mers Saints Egusb , Offre même avecque franchise Ses Forces , toute & quante fois .
Pour appuyer ce libre Chois.
Comme aufourd'huy Ton sotem- >3o Et justement l'on préconise [nise Saint François de Sai£ en tous
[Lieux, J'aporend qu'aussi, dans Périgueox, De Dévotes & bonnes Fuxss , ^
Qu'on ne void qu'au travers des '*i
[Grilics.î^a >35 Ont bât en cela leur Devoir , Et qu'il éttrit tres-bcau de voir htor Eglise , en cette Journée .
Avec un riche édat ornée.
Au reste . on porta dudit Sawt.
HiBal-