Du 3. Juillet 1667 (Robinst
Y moissonnèrent des Lauriers
«6o Dignes des plus fameux Guerriers.
Monsieur le Doc 7 fit parétre De quel Père il a receu l'estre , Et , dans sa Guerrière chaleur , Chacun reconnut la Valeur
165 Du Grand Cond^, que la Victoire A tant de fois couvert de gloire.
Comment? au mépris 4^ hazards , Vouloir surpasser les CézARS Et, dans l'humeur d'aller tout batre,
170 Se foire là tenir à quatre ;
Que di-je, à quatre ? à dix , à vingt I C'est être Héros plus que cinq Et montrer qu'aux Ames bien nées
La Valeur n'attend pas le nombre des
[Années.
■75 Cela se veid encor à plein
En Saint Paul , son jeune Cousin , Ce Comte où l'on void tant de grâce. Qui, sortant presque encor de Classe, Fut, bouillant d'un noble courroux, ^^■JJJ*^ Partager avec Saint Sandoux G«rde8 L'houneur d'arracher une Pique (Tant déjà de gloire il se pique) A l'un des Ennemis plus fiers Et de leurs meilleurs Officiers ,
18$ Qui , de rage , cuida se pendre D'fétre obligé d'ainsi la rendre.
L'AÎNÉ du feu Comte d'HARCouRT, Qui jamais né demeura court , D'Armagnac , qui nous le retrace ,
190 Y montra c^u'il chassoit de Race , Courant , ainsi qu'un Dain léger , Où paressoit plus de Danger, [me.
Nôtre Grand Chambellan, de mê- Fit voir , par son courage extrême ,
195 Qu'à bon droit il porte ce Nom , Si plein de gloire , de Bouillon.
Le Comte d' Auvergne , son Frère »
Y montra d'une Ame guerrière La belle ardeur pareillement ,
200 De ses semblables l'Elément ;
Et , qui plus est , dans la Tranchée.
Où la Parque étoit retranchée , Ils s'étoyent signalez tous deux , Portans aux Lieux plus périlleux
20^ Mainte & mainte grosse Fascine.
Justes Dieux , que l'Honneur facine Et leurre bien ces jeunes Cœurs D'en faire des Richards sans peurs , Comme s'ils n'étoyent pas des Hom-
[mes
ito De Chair & d'Os, comme nous soin-
[mes!
Mais achevons ; le Duc de Focc Augmenta là ses beaux Explois , Avecque le Comte de Roye , Courans l'un & l'autre avec joye,
»5 Ainsi que le Duc de Créquy , .
Et je ne sçai pas encor qui :
Le Marquis cle Beuvron , je pense , Où l'on se cognoit d'importance , De même qu'à quelque Tournoy ;
aao Et c'est de quoi l'on nous fait foy.
Or donc , leur verte Repartie , Faite à Madame la Sortie , L'ayant contrainte prestement A rentrer fort honteusement ,
335 La BouROEOisiE , à cette issue • De se rendre bien résolue , Ce fut aussi-tôt fait que dit , Et la Ville ainsi se rendit.
Trésignt , n'en étant pas aise, ^
>io En parut plus ardant que braise , Et , se retirant au Château , Se mit à jurer bien & beau Qu'il abandonneroit en proye Cette Ville au Destin de Troye.
^55 Mais , à peine nôtre Canon , Des RoYs LA dernière raison , Eut tonné contre ses Murailles , Qu'il en sentit , dans ses entrailles, Une certaine émotion
Mû De tendresse ou componction, Sur tout, je croi, pour sa Personne; Si bien qu'au grand Porte-Cooron- II laissa, dès le lendemain , [hs Par un sentiment bien plus sain ,
M5Tant ledit Château que la Ville.
D'une façon toute ci^e.
Le même jour, ce Roy vainqueur
Y fut rendre , de tout son cœur.
Grâce au vrai Dieu de la Victoirb
^50 Qui le comble de tant de gloire , Et son auguste Majesté Fut receue en cette Cité Avec des marques d'alaigresse Et de cordiale tendresse ,
255 Qui lui montroyent bien que les Lts, Qui furent iUec si rhéris Sous François premier, nôtre Sirb»
Y reprenoyent tout leur Empire
goi
Et qu'à ses Aspects édatans a6o Ils y rentroyent en leur Printemps.
Jeudy, Ton fit id la Fbstb De cette célèbre Conqubstb , - Et le Te Dbum iauhamus , * Avec même quelque Orbmus ,
365 En fut chante dans Notrb-Damb, Je TOUS jure, en moult bonne Game.
Là , se trouva le Parlement, Lors , en son rouge Acoutrement^ Avec les Atdes Sl les Comptes ,
270 Où Ton void des Marquis & Comtes, Et le Corps de la Ville , enfin , Que le brave Monsieur du Pin , En qualité d'un des Génies De nos grandes Cérémonies ,
275 Avoit été, de par le Roy, Convier en un digne arroy.
D'ailleurs, I'Arsenal, la Bastille Et même aussi I'Hôtel de Ville Firent , en ce Jour de renom .
280 Cent Bou-dou-dous de leur Canon, Et par tout , dans nôtre Lutèce , Ce ne fut que Feux d'alaigresse Tusques dans l'Air épanouis.
Avec mille VnrE-Louis
a38. — Du 3. Juillet 1667 (Robinet).
285 Et des Souhais que ce beau Sire , Etendant toujours son Empire , Nous donnât de semblables Feux Souvent les Sujets glorieux.
Je ne sçai si l'on goguenarde ,
390 Mais l'on dit partout qu'OuDENARDE A donné ses Clefts , pour le vrai , Et que l'on tient aussi Courtrat.
Toujours sçai-je bien la nouvelle Que Messieurs les Gens de Nivelle
«95 Vinrent, sur la Marche du Roy, L'asseurer de leur ferme Foy, Comme pareillement ceux cTAthe, A qui Dieu sauve Foye & Rate, Car ces chers & nouveaux Amis
|oo Ont à sa Majesté promis ,
L'ayant même écrit sur un Livre, De fournir, pour un sol la livre , Des Miches de Munition Du plus excellent Bled, dit-on ,
305 Et blanches comme de la neige.
Après cela aue vous dirai-je , Et que me direz- vous aussi ?
Rien , si ce n'est que jusqu'ici On n'a jamais, dans nôtre Barque,
310 Pû voir un semblable Monarque.
Le deuxième Juillet ceci fut fait par moy. Sans cesser d'admirer l'Astre d'un si grand Roy.
A Paris, Ckê^ F, Mugnétf mê iêlm Harpe^ amx trois Rois,
(Biblioth. nit, Lc^, 23. Rés. « Biblioth. Masarine, 396. A3.)
LETTRE EN VERS A MADAME
[Par Charles ROBINET.] Du 10. Juillet 1667.
Clion , r'asseure^vous & dissipez vos craintes : Les Dieux pour son Altesse ont exaucé nos Voeux , Et les Amours , les Ris , les Grâces & les Jeux En un Chant d'Alaigresse ont converti leurs Plaintes.
Ces Maux & ces Douleurs qui fiaisoyent nôtre peur.
Cette Fièvre & cette Langueur , Ont aussi-tôt quité qu'insulté la Princesse , Et ce Recueil charmant de Sagesse & d'Appas ,
Qui dans ta Gloire s'intéresse Et , par tant de bonté , de ta Rime bat cas ,
Attend le Tribut ordinaire
De nôtre Tâche Hebdomadaire.
On s'équivoqua, pour le vray, Parlant, l'autre jour, de Courtray ;
15 Mais cette erreur-là fut semée Sur ce c^ue la Royale Armée Avoit fait semblant , en effet , D'aller là , planter le Piquet Et puis, par une contre-marche,
ao Devers Douay repris sa marche.
Douay donc conut, en ce jour.
Qu'il devoit dancer à son tour Et. par un charmant Privilège , Avant Courtray soufrir le Siège.
25 Or ce fut l'autre Vendredy Qu'au matin, ou Taprés-midy, Des François il eut cette Aubade Ou, ne m'importe, Sérénade.
Louis, qu'on peut nommer le Grand,
30 Voulut voir faire encor le Camp ; Et, selon son belliqueux stile.
Faire aussi le tour de la Ville A la distance du Mous(}uet :
Vous voyez par là s'il risquet.
35 En suite, ce Dieu de la France Monta dessus une Eminence Pour observer les Ennemis , Lesquels, en tête s'etans mis
De se défendre avec furie ,
40 Firent, par leur Cavalerie, Une Irruption dessus nous , Toute pleine d'ardant courrous.
Les François , civils à merveille.
D'une alaigresse nompareille ,
45 Allèrent vite au devant d'eux , Et , d'un air des plus belliqueux , De part & d'autre, la Bourée Se dança, c'est chose asseurée.
Les Nôtres , à se batre ardans,
50 Pour lors à la Grape mordans D'avoir rencontré des semblables, Vouloyent {& ce ne sont point Fables) Accompagner jusque chez-eux Des Ennemis si valûreux ;
55 Mais le Monarque , comme sage , Reconessant que leur courage Alloit à lors un peu troc loin , De le modérer prit le soin Et les fit, malgré leur Amorce ,
^ Retourner dans le Camp par force.
Ah ! que , depuis qu'ils sont aux
[mains,