Du 12. Novembre 1667 (Robinet
Joua cette petite Pièce
160 Qui remplit le Cœur de liesse , Faisant lors , pour Sa Majesté , Presqu'un Miracle , en vérité , Car, sans l'avoir étudiée , Ou du moins , je croy, repassée ,
165 Ni sans même avoir les Habits Qui pour tel cas étoient requis , Sçacnant que le Roy nôtre Sire La vouloit voir, car c'est tout dire , Elle fit, par un heureux Sort,
170 De Mémoire un si noble éfort Et s'aquita si bien du reste , Qu'au Lecteur derechef j'ateste Qu'elle en remporta grand honneur.
Pour elle & pour Monsieur l'Au-
175 Or c'est le Père de DéuE, [theuf. Pastorale encor si polie Et qui parut lors à la Cour , Aussi comme dans son vrai Jour, Avecque sa Veuve a la Mode ,
180 Où , presque à chaque Période ,
On rit à Mais voyez comment ,
Et vous ferez plus seurément.
Mais , ma forte Fiévre-Quartaine, ^{f^^ J'obmets que le Prince Turenne oéoSy Etoit du Divertissement ,
Car aussi , du Pays Flamant , Il est de retour de n'aguéres , Ajrant , par ses soins militaires , Mis nos Troupes bien à couvert 190 En de très-bons Quartiers d'Hyver , Jusqu'à ce qu'au retour de Flore On chamaille , de Turc à More , Avec l'Espagnol derechef, Si , pour éviter tout méchef , 195 Vers nôtre Reine il ne s'aquite Et ne fait la Paix au plus Vite.
Genève , avec le Savoyard , . Sans vouloir attendre plus tard , A déjà la sienne conclue , 200 Ainsi que j'ay la chose sceue, Et nos Frères , les Protestans , N*en seront pas les moins contans.
Mais . par un curieux Chapitre , Poursuivons vite nôtre Epitre.
205 Le Sang de Bourbon, ce beau Sang, Si digne du Souverain Rang
Et si propre aux Vertus Guernéres, Aussi bien qu'aux grandes Lumières, De sa Source éloignant son Cours ,
a 10 Pour se multipUer toujours , Fait couler ses Ondes si belles Par les Veines , toutes nouvelles , D'un Prince , nay^de Samedy, A deux heures après Midy.
315 Monsieur le Duc en est le Père , Lequel se faisoit voir» n'aguére , Du Grand Condé le digne Fils , Combatant pour l'Honneur des Lys.
La Mère de ce vrai Chef-d'œuvre ,
23dOù l'on void ses beautez en œuvre ,
Y mêle , par un cher destin , Aussi le beau Sang Palatin , Qui , de son estoc très-illustre ,
Y prend encor un nouveau lustre.
225 Nôtre Héroïne de Nevers ,
Qui , cjr-devant , eût de mes Vers Et la rieur & le Pucelage , Cette Anne , & si belle & si sage , A grande joye assurément
230 De ce charmant événement , Par lequel sa Fille & son Gendre , Couple qui du bel air engendre , Ont à présent & Fille & Fils , Plus beaux que l'Enfant de Cypris.
235 Louis & l'illustre Thérèse , L'un & l'autre en étans bien aise , En ont envoyé , ce dit-on , Faire à l'une & l'autre Maison Compliment de Conjouissance ,
240 Ou plutôt de réjouissance; Pareillement, toute la Cour En a fait de même , à son tour; Et moy, qui beaucoup m'intéresse Et pour l'une & pour l'autre Altesse,
245 Je veux bien que Ton sçache ici Que j'en ay grande joye aussi.
Mais de la France je m'élogne Et je prens l'essor en Pologne , Pour vous dire que Cazimir
250 Désire pleurer & gémir
Pendant tout un an de Veuvage , Et qu'il l'a dit de bon courage ^ A l'excélent Ambassadeur Venu vers lui , de I'Empéreur ,
255 Pour lui proposer l'Hjrmenèe D'une Princesse très-bien née Et digne que son amitié En fist sa seconde MomÉ •
ICadame
la Princesse Palatine
2S7. — Du 1%. Novembre 1667 (Robinbt).
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Sçavoir, mu en ftire un Mystère ,
a6o L'Ihp^ratrice douahuérb; Mais on m'a dit , de bonne-foy, Que le susdit Caeimir Rot N'a fiedt une Réponse telle Qu'en faveur de certaine Belle
265 Qu'on mitonne pour son amour Chez Monsieur le Duc de Nbubour , Et que c'est Madame sa FnxB , Qui de maints & maints charmes Et sera dans ce bout de l'An [brille,
270 Une plus nubile Fanfan.
C'est comme dessus cette chose , Ou bien ou mal, du moins on glose, Et Qu'on croit avoir, net & clair, Le Pot aux Roses découvert.
175 Pour finir, il faut que je die Quelque petit mot de Candie.
Ce mot est que les Otomans , Ayans parlé des grosses Dents Au Sieur Visir qui les commande ,
aSo Lui reprochans, comme on le mande, Que ce Siège avoit pris un cours Bien plus lon^ que cinquante Jours, Qu'ils y dévoient seulement être , Us l'avoient forcé de promettre
aS5 Que , Septembre étant expiré , Chacun pourroit selon son gré , L'Affiedre faite & non pas faite , Aller chez soy batre en retraite.
Lecteur, raisonnez là-dessus ,
Et moy je vais dater , sans rien dire de
[plus.
De ces Vers la triple Centaine Issit de ma fertile Veine Le douzième de November .
Dix jours après la Saint Hubert^
A Pari%, cke^ Ch. Ounault, !mp. à Lib. ,ruê dtU HucketU, Avec Privilège de Sa Majeiié,
(Biblioth. Dit., Lc^, 29. Rés. — Bibliotfa. Maztrinc, 296 AS.)
LETTRE EN VERS A MADAME
[Par Charlbs ROBINET.]
Du 19. Novembre 1667.
Nul Guerrier ne se plaît davantage au Biouac ,
Non plus qu'à gibover aucun Chasseur d' Affrique ,
Ou Baptiste LuUi dans la belle Musique ,
Que je me plais pour Vous à rimer sans Mic-Mac.
Au de-là des Climats qui portent le Tabac ,
On reçoit règlement la Lettre Politique
Que , de huit en huit jours , ma Clion vous fa Brique ,
Tantôt bonne , ou tantôt & Ab hoc & Ab hac
Au temps même où par fois j'ay besoin d'un Remède
(Et j'en atteste icy Jupin & GANUféDs) ,
Je pense , pour vous pkdre , à de nouveaux Rians.
loftS 25S. — Du 19. Novembre 1667 (Robinst). 1086
Surtontence Jour d» de Carpe & non d' Eclamchb,
Je ne songe qu'aux Vers qu'il vous £aut le Dounois ,
Laissant tout autre Employ, non vraiment de Baus.
15 Le Taktake encor taille & rogne, Comme il luy plaît, dans la Pologne Le Gramd-Turc , qui , ooussi coussi, Avoit fait le beau radouci En faveur du susdit Royaume , 30 Dont la Playe est presque sans Baû- Faisant agir tout de plus beau [me.
Cette Engeance à viUin museau , Afin (mais sa Fièvre Quartaine I) Qu'on lui cède toute l'Ukraine.
^5 Ainsi , les Tartares félons , Autant ou plus que Ganelons , Et <|ue Monsieur Belsèbuth grate , Projettoient de mettre la Pâte Sur Caminieck-Podolski ; ]j^2J^ Mais le brave Sobibsu ,
Pour son Rot vaillant & fidelle , Est allè-là , de course isnelle , Pour la sauver de leur effort , H Au cas qu'il y soit le plus fort.
Cependant , Ma]>amx sa Fbmmb , Tres-sage & tres-charmante Dame , Fille du Marquis d'Arquiem (Que DiBU garde de Rsquiem 40 Encore & mainte & mainte année I], Ici s'êtant acheminée , Pour, pendant quelqu'An de séjour, Prendre un peu l'air de cette Cour , A sa santé plus débonnaire 45 Que n'est l'Air Septentrionnaire , N'aguére , accoucha sans nul cri D'un beau petit Sobibski, Et n'en est pas moins saine & drue.
A propos , dans la même rue , 5«Qui s'appelle de Richelieu , Une Comtesse de bon Lieu , Et qui ne manque pas de charmes , A mis au jour, aussi sans larmes , Comme je pense & sans façons 55 Une petite de Soissons.
C'est ainsi que , sans fin, le Monde, Par la noble vertu féconde , Et se répare & se maintient* [vient.
Car, QuAMD l'un s'en va, l'autbb
Je rapporte ici ce Proverbe 60 Qu'on ne trouve point dans Malher- Sur ce que la maigre Cloton [bb, A , tout franc , serré le bouton Au septagénaire I'Anol^ , Pour jamais donc exempt d'onglée , 65 Le Masque de teint un peu bis »
A ce Maréchal des Logis d^Roy
Ayant marqué le sien en Bière , Dés qu'il eut fermé la paupière.
J'allègue le Proverbe encor
70 (Apres quoi , voyez si j'ai tort) Pour ce que cette même Parque De sa Griffe a posé la marque Sur le preux Conte de Beun , Voire par un tour très-malin ,
75 Lors qu'il croyoit la pleine Cure De cette fatale blessure Qu'il avoit receue à Douât, Et qu'en ayant le Cœur tout gay.
Il cherchoit tout ce qui dilate
So Ou bit épanouir la Rate , Et qu'on aime sur tout au temps De trente ou de trente-trois ans.
Mais j'entens aue cette Camuse , Ce me semble , dit à la Muse
S5 Que nos Galiens ont aussi , Même plus qu'elle , tort ici , Et qu'ayant mal guéri sa playe (Laquelle chose est assez vraye), U s'y forma certain abcez ,
90 Lequel a causé son décez.
Ainsi, maints de nos Galènistes, Plus à craindre que Janssénistes , Traitans les maux à fleur de Peau , Renferment trés<-bien & très-beau »
95 Par effet d'un peu d'Asnerie , Le Loup dedans la Bergerie.
Le propre jour de Saint-MARmc , Où maint se levé du matin , Afin d'avoir l'honneur de boire , 100 Tamquam sponsus , à sa mémoire , Du via de Grave , ou vin d'Aï,