Du 4* Juillet 1666 (Mayolas
Dont la Tertu beaucoup reluit.
Le florissant Duc de Vendôme ,
i^dUq des Grands Princes du Royaume, Dépuis des jours quatre fois trois , Cbeaûne vers les Rochelois , Et celuy qui fait l'Ambassade, P^t-être se trouvant malade,
145 Dans un' litière ayant été En icelle ville porté , Ce Prince , dont je suis bien aize , Pour sa Majesté Portugaize Pompeusement l'épouzera ,
150 Puis un autre l'escortera.
Prézentement dans la Pologne , L'on parlemante & Ton se cogne.
Bon-jour, bon-œuvre! l'on m'a I Que , Jeudy dernier, l'on ouyt [dit
!55De grand matin marcher du monde Qui faizoient doucement la ronde , Non à Tentour de mon hôtel , Mais autour du Pont Saint Michel.
Le Bourgeois, qui chaque an s'aprête i^A célébrer cette grand' Fête , Âvoit fait , d'un soin diligent , Amas de vaisselle d'argent Pûur des écus prés de cent mille , Et de mainte pièce gentille , léçDe maint tableau • de maint miroir, Paur mieux orner le Repozoir. Vingt personnes portans des mas-
[ques , Des longues brétes & des casques , Le pistolet & dague en main , iTpAmmez d'un mauvais dessein , S'en allèrent dans la boutique Du Fourbisseur plus autentique , Qui chez-lui conservoit encor Cette parure & ce trézor.
i7)Us marchandèrent une lame (Cachans le dèzir de leur ame) , Mais , l'ayans découvert bien-tôt , Celuv qtu çardoit le dépôt , Scacnant bien manier les armes , ife Repoussa fort loin ces Gens-d'ar- Awec l'aide de ses voizins , [mes , j Ses confrères & ses couzins , I Et prit un de ces Personnages , I Qui Jors ne sembloient pas trop sa- /Sf Et cela leur fut bien amer (ges ;
De ne rencontrer que du fer.
Que piques & que halebardes , Et des Fourbisseurs sur leurs gardes.
Ce bruit cauzant de la terreur, 190 Ayant détourné leur labeur, L'apareil de cette journée Est remis jusqu'à l'autre année.
^ Madame de MoNTMoasHcr Est exempte de tout soucy.
195 Cette Duchesse vertueuze , Aussi constante que pieuze , De l'illustre Sang des Ursins , Vient de décéder à Moulins Au Couvent de Sainte-Marie ,
aoo Où pour Elle encore l'on prie , Y possédant la qiialité De la Supériorité.
Son Corps , avec pompe funèbre Non moms lugubre que célèbre ,
305 Pozé dans un plombe cercueil , Le premier apareil de dueil .
Fut transporté dans son Eglize ( Où son Nom l'on immortalize ) , Qu'elle a fait bâtir richement
3 10 Pour luy servir de monument.
De diférentes Armoiries , Toutes faites en broderies , Dessus un Drap de velours noir.
Sur son cercueil se faizoient voir ;
315 Une grande Chapelle ardante , Aussi triste que rayonante , Eclairoit ce sombre apareil Au lieu des rayons du Soleil.
Cela fait , on nt le Service :
330 Le Chapitre y fit maint Ofice ; Le Révérend Père Dudoy , Jéroite Beaucoup plus éloquent que moy , D'une façon scientinçiue Prononça son panégirique ;
335 Puis on mit ses os précieux Prés du sepulchre glorieux Qu'à son Epoux elle fit faire Avec un soin extr'ordinaire.
Comme elle m'estimoit un peu ,
330 Dès-à*prèzent je fais le vœu , En fidelle historiographe , De mètre icy son Epitaphe :
Passant, tu vois dans ces confins Dakx Henriette des Ursins.
335 Sans BRurr & sans pleurs pais ta poze : Elle a tant pleuré , tant veillé ,