‹ Les continuateurs de Loret. Lettres en vers de La Gravette de Mayolas, Robinet, Boursault, Perdou de Subligny, Laurent et autresChapitre 33 sur 247 · Du 4. Juillet 1666 (RoBDotT · texte numérisé non relu

Du 4. Juillet 1666 (RoBDotT

Où son Coeur, pour lui toujours ten- Avmt fait renfamer sa Cendre, fdre.

Et l'a, jusques au dernier Jour,

150 Aimé d'une constante amour.

Il n'est Personne en la Province , Du plus Grand jusques au plus

iMince , Qui ne montre sur son Cercueil Beaucoup de tendresse & de deuil ;

155 Mais ils perdent soupirs & larmes , Qui sont ailleurs de puissans char-

[mes.

Et vains sont leurs plaintifs Discours:

La Parque & les Deitins sont Sourds.

Du Havre nous avons nouvelle

160 Que la Duchesse , ou Caraveixe , Qu'à la Cour on estime fort , Ayant rencontré prés d'un Fort Certaine Frégate l^ére , Avec sa vigueur ormnaire

165 L'ataqua , la bâtit , la prit , Et même onze Prisonniers fit.

On ajoute qu'avecque joye D'avoir enlevé cette proye , Elle a pris avec un bon Vent

170 Sa route encore plus avant Et du côté de 1' Angleterre , Où l'on void plus d'eau que de terre.

Pour y rencontrer les Débris Des Vaisseaux que l'on n'a pas pris

175 Et, sans nul doute, pour les prendre. Car c'est ainsi qu'on doit l'entendre.

Mais on est surpris , tout de bon , Qu'un Vaisseau qui n'a qu'un Canon Fasse tous ces Explois notables ,

180 Ou, pour le mieux dire, incroyables. Et l'on trouve à de tels Discours Des Incrédules & des Sourds.

Mais ça, poursuivons nôtre Epttre Par un autre charmant Chapître.

185 Le jour de la grand' Feste-Dieit , Qu'on doit célébrer en tout Lieu , La Procession fat fort belle , Fort auguste & fort solennelle Au Séjour de Fontainebleau ;

190 Mais quoi? cela n'est pas nouveau : Louis, le plus grand des Monarques.

Donne toujours d'illustres marques Qu'il est Monarque TmBthCmttûrrts»^

i4t* — Du 4. Juillet 1666 (Robinbt).

Et, ce £sant , je ne dis rien 195 Qui ne soit en tous Lieux notoire , Xutint du moins que Test sa Gloire, De qui le Bruit & le Discours Se fait ouyr même aux plus Sourds.

Brisejon, qu'on met dans les Listes Au rang des Dons Evangélistes , ^SHy. Fit le sermon , le même jour, Jj Devant tous ceux de nôtre Coor , CifA, Et , soutenant son Caractère , ^sL Dessus nôtre auguste Mystère, ]B3 Très-bien oui fut son Discours , Hors-mis des Dormans & des Sourds.

A Chaijot. la Reyne Angucàne , Dont Tame est sainte & non profane, Ddiam CHE dernier & Jeudy , sioOuit encor après Midy ^;22 Son Prédicateur ordinaire ,

2ui sceut des mieux la satisfaire *I^ un très-docte & beau Discours, Digne d'Oyans & non de Sourds.

ttg."

315 Mercredt , Monsieur & Madame , Qu'unit une si belle Trame , Partirent tous deux de Saint Clou , Petit Paradis Terrestre, où Nôtre jeune Mademoiselle ,

2» Si belle & si spirituelle ,

Et Monsieur le Duc de Valois , Beau Sang tout pur de nos Grands

[Roys , Halntent, ainsi que deux Anges , Dont le mérite & les louanges

2j)Déja se font un bruyant cours Dans les Oreilles des plus Sourds.

Cet Abbé de naissance illustre Et qui brille de ce beau lustre Que donne un mérite tout plein , 3|oSçavoir I'Abbé de Coaslin , Personnage tout-à-firit rare , Receut n'aguéres la Thure Du bel EvêcHÉ d'ORLÉANs .^*<i*Par ce Prélat des plus brillans , fJL^ De Paris le Sacré Satrape ,

Dont l'on peut faire un fort gr^d Il avoit pour ses Assistans , [Pape.

Deux autres Préiats éclatons ,

EvBSQUSs de Meaux & de Chartres,

[OominiqQe de Ltfiiy et F«rdlnatul de Necrvflle de vnierol)

340 Et (ce qu'aux plus antiques Chartres On ne trouve point jusqu'ici) En ce Sacre Ton veid ainsi La Province entière & complette.

Mais poursuivons : sur ma TaUette

345 J'^y remarqué , me semble , encor , Qu'on fit ce Sacre à Saint Victor , Et qu'en suite à trois grandes Ta- On fit des chères délectables , [Mes Dont Prélats, Ducs & Cordons bleus

350 Se trouvèrent , dît-on , des mieux ; Mais qu*est-il besoin de le dire , Mais au'est-il besoin de l'écrire , Quana le Renom par ses Discours S'en est fait entendre aux plus

[Sourds ?

355 Voici ce qu'on m'écrit de Nîmes , Où je n'ajoute que les Rimes , Mon cher Lecteur, ne voulant point Estre Garent dessus ce Point.

Un Huguenot, d'assez belle erre ,

260 Cultivant une sienne Terre , [trois , Veid un Spectre, affreux plus que Et , comme d'un Signe de Croix Qu'il fit lors, par hazard sans doute, Il mit ce Fantôme en déroute ,

265 II s'en alla subitement Raconter cet Evénement Au Ministre d'icelle Ville , Un Maître Mouche & tre^habile , L'asseurant qu'il vouloit enfin

370 Tourner casaque au grand Calvin, Id est se faire Cathouque.

Ledit Ministre lui réplique Qu'il a raison & qu'à l'instant Il est tout prest d'en faire autant

275 Si le spectre revient en lice

Et qu'au même Signe il s'éclipse.

Le Paysan retourne aux Champs Et n'y demeure pas long-temps Qu'il voit (dont u n'est Cas en feste)

280 Cet Esprit cornu par la Teste Et mauricaur au aemier point , Qui de plus ne s'épouffe point Quelque Signe de Croix qu'il fasse.

Mais , se r'asseurant , il ramasse

285 Un fort raisonnable Caillou Et l'en fronde d'un si bon coup Qu'il luy fait mordre la poussière.

141* — Du 4. Juillet 1666 (Robinbt)«

zS

Or, jugeant sa Victoire entière ,

Il va la publier par tout

Et , la contant de bout en bout ,

290 Dit avec joye inénarrable

Qu'il a tué Monsieur le Diable.

Chacun pour le railler y court, Mais lasl pour vous le trancher court.

Par un cas bizarre & sinistre ,

395 On trouve que c'est le Ministre , Lequel , un peu mal avisé , S'étoit en Diable déguisé , Et que l'autre , en cette méprise , L'avoit sanglé du vent de Bise ,

300 C'est à dire occis pleinement Jusques au jour du Jugement,

Où la redoutable Trompette , D'un souverain Ordre Inteiprette , Pour entendre de grands Discours »

305 Réveillera jusqu'aux plus Sourds.

Datons viste , après ce Chapitre , Car plus que pleine est nôtre Èpître.

Elle est donc du trois de Juillet , Où Flore fait briller l'œillet , 310 Et deux jours après un Baptême Où , non sans un plaisir extrême .

Je fis , dans le Cœur de Paris , Une jeune Chrétienne avec l'aimable .

[Iris, i

A Paris , Che^ F, Muguet , rue de la Harpe , aux trois Rois. Avu Privilège du Roy,

' (Bibliotti. nat. Lc^ 22. Rés. — Biblioth. Mazarine, 296. A^. — Bibliotb. de l'Arsenal, B. L. 11 802.)

LA MUSE DE LA COUR

[Pak PERDOU di SUBLIGNY.]

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