Du 11. Juillet 1666 (Mayolàs
130 Par leur piété trés-fameuzes , Et c'est . selon mon Alphabeth , Celuy de Sainte Elizabeth.
Pour son ame en ladite Eglize Chaque jour Messe on solennize ,
2|5 Et le démnt , pour cet éfet , De dix mil écus don leur fait.
Son Epouze , illustre & fidelle , Ressent une douleur mortelle Et, dans Texcez de Tamitié
240 Qu'elle a pour sa chère Moitié , Dézormais elle ne peut vivre Que du seul espoir de le suivre.
Monsieur La-Haye-Ventelé
Fut splendidement régalé 245 Par le Grand Vizir de Turquie, En belle & bonne Compagnie , Ce qui marque qu'il est aimé Et fort justement estimé Pour son adresse & sa prudence 250 Et pour le titre d'Excélence.
Altesse , j'ay mis quatre mots Au Prélude fort à propos , Mais ma Muze dans son Ouvrage N'en métra jamais davantage.
255 J'ay rimé tout ce que je dis En Juillet justement le dix.
A Paris, Cke^ C. ChtmmU , Iwtp. & Ub., Aux Armes d» Rot, me éU U Hwckette. Avu Privilège àe SaMsjesti.
(Bîblioth. de l'Areenal, B. L. 11800. — Biblioth. de M. le baron James de Rothschild . — Ce dernier exemplaire porte la date du 14 juillet et les adresses suivantes : A Pans, Che^ C. CketUÊult, Imp. & Lib., AuxArmes du Roy, rue de la HuehetU, Avec Privilège • de S, M. Etàl^M, ehe^ M. MaHuvei, à S, Thomas d'Aquiu.)
LETTRE EN VERS A MADAME
[Par Charles ROBINET.^
Du 10. Juillet 1666.
Je doi , sans partage en ce Jour , Tous mes soins à la belle Altesse Pour qui ma Muze a tant d'amour Et travaille toujours avec tant d'alaigresse. A part donc tout autre souci ; Je vais voir si , coussi coussi , Je çourray de nouveau faire Quelque Missive Qui vaille l'exposer à son brillant Esprit. Las I je n'espère pas cette gloire excessive , Mais je vais au bazard commancer mon Ecrit L'Hérotne prendra par sa bonté propice La bonne Volonté pour digne Sacrince.
Ayant , ainsi qu'en un dein d'oeil Et jAus viste que le Soleil, 15 Fait presque tout le tour du Monde
Et visité la Terre & l'Onde , Depuis le lumineux Berceau [beau Jusqu'au non moins brillant Tom-
144* "^ Du lo. Juillet 1666 (RoBnoiT).
De cet Astre de la LtociAre ,
aoJe n'ay dedans cette Carrière Rencontré nule nouveauté Digne de curiosité.
Tout s'y retrouve en même place Et , rien n'ayant changé de tace .
25 Les Affaires, je ne mens point, Y sont encor au même Pomt Que l'ont chanté mes petits Métrés Dans la dernière de mes Lettres , Hors qu'à Naples les Mécontans
30 Y font tre^mal passer le temps ^^ A leur nouveau Vice-Monarque; d'Ari«oiij Que l'homicide & laide Parque A , dans son An soixante & six , Pris I'Eminence MéDias ,
35 Doyenne du Sacré Colijége , Sans croire faire un Sacrilège ; Que Gennes a réduit à deux Les huit Ambassadeurs fameux Qui , d'une façon triomphante ,
40 Devoyent complimenter I'Infante , Epouse du Sire Allemand , Qui de son beau cœur est l'aimant :
Et que la même République , Qui tranche de la magnifique
45 Tout autant que le plus grand Roy, Envoyé, en un tres-bel arroy , A sa Hautesse Impériale (Et ne croyez pas que j'embale) Des Regales & des Présens ,
50 Valans six fois cent mille francs , Sur lesquels aura sa Prébande (Il ne faut pas qu'on le demande] Le Premier Ministre, ou Vizir t Qui même pourra bien choisir.
55 Les Célestins, tres-braves Pérès, Dans l'un de leurs sacrez Repaires , En Savoye , à Villerfalbt , Se sont signalez tout-à-fait , Et c'est à dire d'importance •
60 Sur la bien-heureuse Naissance Du beau Prince Piémontois, Que l'on feste depuis deux mois.
Comme ils ont l'ame toute noble , Ils envoyèrent à Grenoble ,
65 Non sans le coût de maints Doublons, Quérir l'Elite des Violons Et les meilleurs Entonneurs même, Pour, en cette alaigresse extrême Qui lorstriomphoit dans leurs cœurs.
70 En rendre Gracea à deux ChcBURt, Après , désirans d'en découdre, Avec deux gros Barils de poudre Et des Feux Artificiels , En pareil cas essentiels,
7^ Us nrent retentir leur joyc Dans ce Canton de la Savote ; Et je croirois bien mêmement Qu'ils purent fort honêtement , Quoi que le Mémoire s'en taise ,
80 Encore signaler leur aise Par quelque agréable Festin , Car un petit de Chère enfin N'est pas aussi moins de l'essence De semblable réjouissance ;
85 Puis , quand la Musique a chanté , Elle a grand' soif en vérité.
A propos de Feux d'Artifice, Je ne sçaurois, sans injustice.
En obmettre un des plus galans ,
90 Des plus bruyans, des plus brillans. Que, sans de Poudre êâre Econome, On fit à l'HÔTEL de Vandômb , Lundy, quand la Nurr se fit voir Et nous vint donner le bon soir.
95 Tout au moins, plus d'une crosse
[heure (Si je ne dis vrai que je meure ) , Il remplit la Terre & les Airs Et de Tonnerres & d'Eclairs , Et de Serpenteaux & d'Etoiles ,
100 Qui , de la Nurr rompans les Toiles Et faisans renaître le Jour , Contraignoyent dans tout le Con- La pauvre Nocturne Brunette [tour De )ouer à Cligne-Mussette.
105 Or ces Artifices bruyans ,
Par leur bruit, alloyent publians Jusques dans les Célestes Sphères , Qui de Joye en sembloyentpluscld- Que la charmante de Nemours [res ,
1 10 Venoit , au milieu des Amours , Par une illustre Destinée , De conclure son Hyménée Avec le Roy des Portugais , Qui, sans doute, en seront bien gais,
115 Car, enfin , cette Affaire est fedte , Et je m'en vais tout d'une traite Vous en mettre Ici le Récit , Vous racontant comment se fit Ces jours passez , à la Rogmbllb ,