‹ Les continuateurs de Loret. Lettres en vers de La Gravette de Mayolas, Robinet, Boursault, Perdou de Subligny, Laurent et autresChapitre 58 sur 247 · Du 5. Aoust 1666 (SuBucirr · texte numérisé non relu

Du 5. Aoust 1666 (SuBucirr

' Je ne vous mentiray de gueres.

Depuis que le Soleil a commencé son cours

Jusqu'à la nuit presque passée , On entend que haut*bois , que flûtes , que tambours , Que violon touché , que mandore pincée

Que hits , que voix A que concerts ,

Qui par tout remplissent les airs.

Dans chaque Barque est une table ,

Que Ton ne dégarnit famcis ,

Et que Ton sert de friands mets

Et du vin le phis délectable.

Je me suis trouvée une fois ,

Ce jour-lÀ , dans cette Province ,

Et )e vous jure lôen , xoir Proice , Qu'Âbust est dans Amisns un agréable mois. Avec tous les concerts que je vous viens de dire ,

On a des canons, oue Ton tire ,

Chaaue fois qu'on boit la santé

De Vous ou de Sa Majesté.

Vous verriez cent batteaux, se suivant à la file,

A rangs doubles & prés à prés ,

S'entrecouper souvent exprés , Pour faire voir d'entr'eux quel est le plus habile ; Et le moindre pkisir que 1 on ait sur les eaux N'est pas celuy d*aller loin de plus de deux mille

Des murailles de cette ville , Sur un canal couvert de superbes rameaux. Cette Chasse qu'on fait tous les ans pour les Cignes

Fut encor ÉBÛtc , devant hier,

Avecque l'ordre singulier

Qu'on observe aux ilMtes insignes :

Mille feux d'artifice éclairèrent la nuit ,

Et meslerent leur charme au bruit Qu'y faisoit une aimable & douce mélodie ; De sorte qu'on peut dire , après cet entretien ,

Que le peuj)le de Picardie

N'est pas si sot qu'on croiroit bien.

De là , nous vinsmes à la guerre.

Nous discourûmes des Combats , Que les Victorieux. Estats Vouloient livrer à l'Angleterre.

L'un dit qu'on luy donnoit avis Que dis-huit Vaisseaux dans Harvis

Seroient pour les Anglois un secours inutile , Et que I'Amiral de Rutter , Les faisant sans cesse guetter,

Leur ostoit les moyens de quitter cette Ville ;

151 A guîeres.

ijiA amidole.

À vf Je me reocontriy plamenre fois.

i^A Ce jonr U dedans It Province.

164 A Q}ie l'Aoïut est 174 A ces Eaux

190-191 i^ Q)ie cherehcnt MMtismtrLM Estats a rendre eontit rAMLmm.

i39 154. — Du 5. Aoust 1666 (SoBUGinrl. 140

Que , dés le vingt-tix du Pàjué , Les ennemis devans sortir de la Tamisb , *^ Il esdmoit que , sans remise ,

Le Combat seroit commencé • * Et que , si la chose estoit telle.

Nous en aurions Uen-tost Nouvelle.

L'autre assura qu'il estoit vray

^^ Que devant Hàewis & Nobtbat

RuTTER avoit si bien occupé les passages Que les Anglois feroient un inutile effort , Et mesme ne seroient pas sages S'ils tentoient de sortir du Port ;

»o Mais qu'il n'estimoit pas de mise

Ce que l'on disoit des Anglois , Qu'Us estoient hors de la Tamise Dès le vingt-six de l'autre Mois.

Ce n'est pas aussi ma pensée

*«5 Que cette Flotte soit passée ;

Je sçay bien qu'elle est en estât De sortir pour rendre Combat , Et que la Vedette Hollandoise Peut , de son poste , à tout moment

**^ Conter assez mcilement

Les voiles de la flotte Ajy oloise ; Mais elle n'ose s'avancer, De peur que , devant qu'estre au large , L'Amiral KuTTER ne la charge

**5 Au point qu'elle voudroit passer.

Elle a raison , Prince » sans doute, De craindre une telle déroute Et de ne se jamais frotter A ce dangereux de Ruvter :

>io II est encor suivi du Diable

Qui les emporta tous, dans le dernier Combat , De Tromp , dont l'audace effroyable Les mit en si fâcheux estât ; Et Ion m'a dit encor , pour Nouvelle certaine ,

*35 Que le Chevalier de Lorraine

Et le Chevalier de Coasun Avoient à sa Victoire engi^ le Destin.

On les vit monter sur sa Flotte , Le vingtième du dermer mois ; MO Nous ajprendrons leurs beaux exploits

Si la Flotte Anoloisb s'y frotte.

Le premier est un enragé , Qui , se tenant fort outragé

2|a  Auticincut dit de Tromp. j 240 A de beaui exploits.

358 A lit nontéreiit dettiw sa Flotte. |

141 i54* — Du 5. Aoust 1666 (Subugnt).

Que la Mort ait surpris son invincible Père , 145 Ekilantpour jamais du party des François

Cette cruelle sanguinaire , La chassera chez les Anglois ; Et le second , qui suit la trace De cent Cavaliers glorieux , J30 Qu*a produit sa fameuse Race ,

Ne pourra pas manquer d'estre victorieux.

Page 1