Du 12. Septembre 1666 (Matouu
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175 Monsieur DAfita , très-capable , Dans une Charge remar<^uable:
C'est de Lieutenant criminel ; Et cet intelligent Mortel Remplit dignement cet Ofice ,
iSo Ayant fort bien-fait l'exercice De divers Emplois importans Confiez à ses beaux talans , Et le choix de ndtre Monarque Est une belle & bonne marque
1S5 De sa grande capacité
Ainsi que de sa probité , [res ,
Dont nous verrons , sans tarder gué- Des fruits tout-à-Cait salutaires.
[M. r«j1 Des Pôlonois l'Ambassadeur, 190 Qui sert son Prince avec ardeur,
Receut sa dernière Audiance
Du puissant Monarque de France , . Qui luy fit donner en éfet
Une riche Boëte à Portrait , 195 De Diamans d'un prix sublime ,
Pour luy témoigner son estime.
Son Secrétaire en eut encor ^ Une Chaîne & Médale d'or
Des mains de Monsieur de Berlize.
300 II faut , sur cela , que je dize
Que, si l'Etranger part content.
Recevant du Roy maint Prézent ,
Il l'est encore davantage
De sa mine & de son courage.
303 Le Rot, revenant • l'autre-jour , De Colombes , de faire un tour Chez la Majesté Britanique , Vint voir son Louvre magnifique Et ce superbe Bâtiment
310 Qui s'avance parfaitement Peu* les soins & la vigilance , Le zélé , l'adresse & la prudance Du généreux & grand Colbirt, Qu'en tout on trouve fort expert.
315 Après Tune & l'autre vizite , Avec pluzieurs Seigneurs d'élite , Ce Monarque prit le chemin Du logis de Monsieur Varin ,
Pour voir son Buste inimitable j 330 De marbre très-considérable , Que Sa Majesté bien loua , Et fort à son ai le trouva , Car, hors cet Ouvrage admirable , Je croy qu'il n'a point son semblaUe.
335 Tous les Seigneurs dirent aussy Ce que ma Muze dit icy.
Par-là l'on voîd que nôtre Ville Est tout autant, ou plus fertile, [Arts En grands Hommes pour les oeaux 330 Qu'il en soit dans les autres parts.
La Caravelle merveilleuse ^
Du Duc de SAnrr-AiGiiÂif , fameuze , A pris , par des explois nouveaux , Une Cache de cent tonneatix 335 Plains de diverse marchandize.
Et ce n'est pas sa moindre prize.
Hier, Cloton rompit le fil Des jours du Lieutenant Civil , Magistrat remply de démence ,
340 De justice & d intelligence »
De qui la haute intenté , Exerçant cette Dignité , Eclatoit toutes les journées, Pendant le cours de vingt années.
345 Le Châtelet & tout Paris , En étant tristes & maris , Connobsans son rare mérite , Pleurent sa perte , non petite , Sur tout ses illustres En fans ,
350 En qui l'on voit ses omemans , Et dont les vertus & la gloire , Nous réprèzentans sa mémoire , Feront aézormais , pour le vray, Revivre en eux ce g^nd Daubkay.
355 PaiNCBssB, aue beaucoup j'estime.
J'en suis à la dernière rime.
J'at fâtt gis Vsas deux jodr^ ou Avant la fbste Saoctb-Croix. [non
A Paris, Chtz Ch. ChtndiUt, Imp. A Ub., smx Armes du R.ûj, nu de Im HwckeUit, de S. M.
(Biblioth. de rAreenal, B . L. i iSoo. — Biblioth. de M. le baron James de Rothschild. — Ce dernier exemplaire porte, par snite d'une erreur, la date du 24 septembre; Tadrewe dn libraire n'a paa été changée.)
LETTRE EN VERS A MADAME
[Par Charles ROBINET.]
Du la. Septembre 1666.
Clion , étes-vous en cadance ?
Troussons d*abord un Complimetit A THéroïne d'importance Dont à ce Frontispice on Toid le nom charmant.
Je lui dois toujours quelques Rimes A la teste de mes Discours , Et , par d'équitables maximes , Ainsi je leur redonne un légitime Cours.
Princesse par tout tant vantée Par vos Vertus & vos Appas , Et qu'on void si bien escortée Des Jeux & des Amours (|ui suivent tous vos pas , Je vais , sous vos divins Auspices , Comme sous mes Astres propices , Nouvelliser sur nouveaux frais , Et je souhaite que la Muse , Qui mêmes en naissant ne vous parut pas Buse, Pour vous de plus en plus augmente ses Attrais.
P^ le Tratt^ £edt en Pologne , 10 Duquel peut-être quelqu'un grogne, La CiuiALE de^ Conjurez , Qui se nommoyent Confédérez , Dcvoyent, pour premier Feu de Joye, A la Flâme donner en Proye , 35 SsQs délay» la TaANSAcncMf De leur CoNFéDÉRAiroK , Et rentrer sous l'Obéissance De qui tient la Toute-puissance.
D'une autre part aussi , le Roy yê Leur a promis , de bonne foy.
Trois Quartiers comptans de leur
[Paye , Que fourniront , pour chose vraye , Les PiuiTiifATs soulevez ; Mais ils sont vraiment bien grevez,
55 De n'encourir point d'autres peines, Après leurs plaisantes fredaines.
Quant à Lubomirski , leur Cvef , ftu* l'Accord il devoit , en bref, Efacer le nom de Rebelle
40 Par le Serment d'être âdelle , Et demander aussi , dit-on , A la Retnb humblement Pardon \ • Après quoi , sans nule remise , Selon la Clause au Traité mise ,
45 II rentrer<Mt , en bel arroy.
Aux bonnes grâces de son Roy, Voire dans ses Facultez mesme , Mais (ce qui tant soit peu le chesme) Qu'il vivroit les deux bras en croix,
50 Sans exercer aucuns Employs.
Au surplus , outre une Amnishe
171 — Du 13. Septiembfe 1666 (RoBOfBT)*
A tous les Mutins départie ,
LaPoLONOiSB Majesté ,
Qui chérit la Tran(}uilité , 55 A, par sa propre Signature
Au bas d'une belle Ecriture ,
Confirmé que , de son vivant,
On ne pourroit mettre en avant
La Proposition fâcheuse 60 Et, comme on void, séditieuse
De lui nommer un SuccsstEUR ;
Ce qu'EUe a crû le moyen seur
D'étoufer jusques aux Racines
Toutes les Noises intestines , 65 Et de contraindre désormais
Tous Pretendans à vivre en paix.
Mais , comme on dit , THommb pro-
[pose
Et , par après , Dieu seul dispose ;
Donc , de ces Projets l'on verra 70 De quel biais il disposera.
Le Pape est un tres-galant Père , Et d'autant plus je l'en révère Et lui souhaite sa Santé.
Car j'ay sceu que sa Sahoeté
75 Avoit, & tout du long de l'aune.
Régalé Mabamb de Chaume D'Essences , Sachets par&imez , Par qui les Sens sont tous charmez.
Et d excellentes Confitures ,
80 Certes d'agréables Pfltures , Et dont surtout dans les Festins Je refais bien mes intestins.
Mais ces Régales & le reste Marquent assez , je vous proteste ,
85 Que nos AfiGaires , en ce Jour , Vont bien en la Romaimb Cour; Que nôtre Ambassadeur sçait prendre Comme il faut k Père Alexandre , . Et que ce au'il négociera ,9oAuiùrés de Lui réussira.
^ rit^ De Parme la belle Duchesse , savote] Après une heureuse Grossesse ,
Avoit mis , à Terme Préfix, ii^^ En liimiére un ravissant Fils ; 95 Mais la jo]re en fut très-petite,
Car, hélas 1 peu de jours en suite
De cet aimable & doux Début ,
Elle satbfit au Tribut
Que tout Mortel doit à la Parque .
100 Ce qui fait qu'ici je remarque Ce que le Proverbe contient :
Que l'un s'en va quand l'autre
autre vient.
Les Anglois , après IIIkcbmdib Qu'ils firent dans le Port de Vue , 105 Retournèrent devers leurs Ports Sans passer à d'autres efforts.
Certain bruit court mie le Tow- Fit n'aguére dessus leur Terre [nerre Une terrible Irruption :
1 10 En doi-je faire mention ?
Si la chose étoit véritable.
Elle seroit bien remarquable.
A tout hazard , sauf le dédit , Voici ce que l'on m'en a dit.
I >5 Les Protesxans , étans au PRâcBE Où selon Calvin on les prêche , Et tous grandement attentifs Aux Discours œdifiç^tife De leur vénérable MmisTRE ,
190 Un Nuage , pour eux sinistre , Voile le Ciel tout à l'entour Et produit la Nuit en plein Jour.
En suite , on apperçoit la Nue Par de grands éclairs décousue ,
>>5 De qui la funeste lueur
Rend un autre jour, qui fait peur.
Puis , ces Avant-Coureurs funestes Par fois des Colères célestes Sont suivis du' Foudre tonnant,
>3oQui, tout LoNDREvcnrier étonnant, Tombe au milieu de I'Assamblée, Déjà de frayeur accablée , Et, ce dit-on, en un moment En met trois mille au Monument.
U5 Sur cet étrange effet du Foudre, Qui de la sorte en sçait découdre.
Qui voudra raisonne à son ^ré; Quant à moy, ce que j'en diray Est que , si le Diable se mesle
140 Parmi les Foudres & la Gresle , Comme souvent cela se dit.
Il étoit bien, sans contredit.
Alors au Patcm & non aux Vaches»
N'en déplaise aux Moros & GacaÈs.
145 Broouo , qui sçmt k Méher Où Ton cueille k beau Laurier*