À Ne nous brouillons donc pas là dessus Is
[Cervelle Et brisons des discours qui vont à Tinfiny. Jt voy venir icy Monsieur os Pbriony Q}ic me dit qu*il est temps de dire une Nouvelle.
Commençons psr hiy, voules-vous ?
C'est un de nos Illustres Hommes Et qui nous donne du dessous A toutes autant que nous sommes.
Mais où tournesvous tant les yeux , Mon Primcb? vous craignex, ce semble,
Q.ue ce Docte laborieux Ne nous pcnnette pas d'estre long-tcmps en-
[semble.
De grâce n'appréhendez rien.
11 nous accordera ce moment d'entretien
Et nous n'avons qu'à causer vite
Je vous diray donc , MoMSEiowtvt , Qpe le Roy, sçachant son nserite .
L'a nommé vosni Priciptiui.
La Nouvelle est de conséquence.
Car, s'il passoit auparavant Pour un Président fort sçavant , Nous devons l'estimer le plus propre de Franœ A former des Esprits de Roys , [saaer Depuis qu'en plein Conseil et par sa connois* Im Rot dessus luy^^nesme a fiiit tomber son
[cfcofi.
47 À Venonè aux autres à leur tour.
50 ^ fort bien.
60 BC 9t quittèrent. [Pére
65-^6 À Et de ce qu'il di«po«e à ce point du ssinct Ope ce soit pour luy seul encore la première. Laissons-les murmurer en vain , Et» sans q«e cela nous arreste ....
6S j4 et Chaumbs.
j% i7»- -^ Du 16. Septembre 1666 (Subugnt). 290
Apres qu'il a servy son Rot 70 Par des faits qui font voir qu'il estoit des plus dignes
De son noble & fameux employ, Il va quelquefois voir les vimes , Et vous sçaurez , Dauphin charmant , Que pour un Estranger & que pour un grand Homme 75 On ne sçauroit trouver aux environs de Rome
Un plus beau divertissement.
Or , celle du Phdicb Pamphile Est la vigne , à ce qu'on m'a dit , La plus rare sans contredit to Qui soit allentour de la Ville ;
Ce fut là qu'après avoir veu Toute la rareté prophane , Il eut un regale impreveu Par la Princesse de Rossanb.
85 II y trouva d'abord vingt & quatre bassins
De cent sortes de conntures Et de ces gros & beaux raisins Dont les Peintres nous font de si belles peintures ; Vingt-<matre autres encor de rafraischissemens , 90 Dont la vaisselle estoit tres-riche ,
Et vingt & quatre encor de très-fins complimens » Dont à Rome l'on n'est j>as cbiche.
J'adjoûte que , pour éclairer Le beau lieu souterrain où se fit ce regale , 95 Vingt lustres , des plus beaux qu'on eut sceu désirer ,
Estoient suspendus dans la salle.
En Vérité , j aime cela Et très-souvent je luy souhaite , Pourtant de cette façon-là , 100 Cent pieds de terre sur la testie.
Le Duc avoit mené le Cardinal de Rets ,
Sui prit sa part de ces apprests.
court un oruit qu'il pert la veue Et que , pour la mesme raison , 105 L'air de Rome à ses yeux n'estant nullement bon ,
L'on espère icy sa venue.
Son mal-heur seroit effrayant :
Qu^il haste son retour s'il y peut mettre obstacle. Ce n'est pas qu'il ne fut aveugle clair-voyant ; iiA Mais nous nous passerons fort bien de ce miracle.
Enfin le Roy de Portugal Pourra payer la bien-venue , D'un air tout à fait Conjugal , A sa Reyne tant attendue.
««5 On m'a dit, une bonne fois,
n^ Cet quatre vtnm.dmttA.
291 17^ '"" ^^ ^^* Septembre 1666 (Subugny). 292
Qu'en dépit de la Mer d'EsPAGNs
Elle avoit gagné la Campagne ,
Le deuxiesme de l'autre mois.
J'en suis bien ravie , ou je meure , 120 Car je cesse de m'allarmer,
Comme je faisois à toute heure ,
D'avoir de mon bien sur la Mer.
On dit qu'on élevé à Lisbonne
De superbes Arcs triomphaux 135 Et des apprests vrayment Royaux
Pour y bien recevoir cette Auguste Personne ; J'en ferav le récit un jour, bon ou mauvais.
Mais , parmy des Pompes pareilles ,
Lors que , criant à ses oreilles :
130 « Vive la Retne ! » en Portugais
On luy fera Quelque Haraneue ,
Entendra-t'eUe cette langue ?
En tous cas , mon Dauphin charmant ,
Comme il est assez ordinaire , I )5 Quand un Païs reçoit une Reine estrangere ,
Qu'on apprenne sa langue à son avènements
Cette Royalle Beauté blonde
Se gagnera si bien sa Cour
Que vous la verrez faire un jour 140 Parler François beaucoup de Monde.
L'Impératrice est à Milan , Où , sans doute un peu dépitée D'estre en voyage plus d'un an , Elle ne voulut pas estre complimentée.
145 On dit qu'aux riarangueurs elle est un vray démon ,
Qu'elle veut en deux mots sçavoir ce qu'on luy chante , Et qu'elle est d'humeur tres-méchante Quand on y met trop de façon.
L'Heriote qui m a dit que luy-mesme, en personne , 150 Avoit veu ce qu'icy je vous conte aujourd'huy,
Quand elle entra dans Barcelone , Ne dit peut-estre pas que ce n'est que pour luy. Mais (qu'importe ? une humeur pareille Sied bien au Trône où l'on l'attend , 155 Et son jeune Empereur en doit estre content ,
Quand le bruit en iroit jusques à son oreille : Estant sans complimens & ne les aymant pas , Soudain qu'elle pourra luy faire compagme , S'il faut qu'elle entre dans ses bras , 160 Ce sera sans cérémonie.
On dit que , par les Ottomans , L'autre mois , dans la Dalmatie ,
1 39 A Lors qu'on criera dans tes 'oretllet. 1 5 1 yf A son Entrée à BARCiLomn.
\y\ A Ou qu'on y fera sa Harangue. I
19' 17^- — ^^ 16. Septembre 1666 (Subugny). 294
Zbbbniqub fut investie , Et qu'ils ont déjà fait tous leurs retrancbemens. 165 Les Turcs avec cette entreprise
Donnent de l'ouvrage à Venise, Mais ils sont braves gens , ma foy I Ayant sceu le départ du Duc de Longuevuxe Ils luy préparent de l'employ, 170 De peur qu'il ne soit inutile.
La Flotte des Venttœns , Sur Mer leur rend assez le change , Et fit une escarmouche estrange Sur neuf de leurs vaisseaux qui regorgeoient de biens. '75 Ils faisoient voile à la Cannée ,
Mais cinq furent coulez à fonds Et servirent cette journée Pour y ravitailler seulement les poissons.
Mais , au lieu de parler de la Flotte d'un autre , '*• Parlons de ce oue fidt la nostre.
Nostre AnnuL Duc de Beaufort, Ayant encor soupe chez le Duc de Navauxes , Qui, pour le rafraîchir durant qu'il fut^au Port, N'épargna poissons ny volailles , ^^ Et fit sortir de son trésor
Plus d'un quart d'une tonne d'or.
Est party pour Brest en Bretagne Avec le vent qui l'accompagne ; Et , s'il plaist au vent de tourner , '^ Pour après cela le mener
Joindre la Flotte de Hollande , Si TAnglois qui s'en est allé A pris goust à boire salé , Il pourra revenir trouver ce qu'il demande.
Mais on ne verra plus d'ANGLOis , Car, cette semaine dernière , Il ont eu de Rutter encore sur les dois. D'une assez galante manière.
Leur Avant-garde allant plus loin *^ Qu'il n'estoit alors de besoin,
Rutter la fit charger avec bien du courage , Prit un fort grand Vaisseau sur eux , Fit trois cens Prisonniers des gens de l'Equipage , Brisa le Mast d'un autre & les brûla tous deux. ^ Les autres fuirent vers les Cingles ,
Voyant briller un si beau f€;u , Et , Rutter gagnant trop au jeu , En retirèrent leurs épingles.
^9^ 172* — Du 16. Septembre 1666 (Subuony). 296
Quand Monsieur du Tiixet fut mis dans le Cercueil a 10 On dit que le Roy mit Ârtagnan en sa place
Pour la Meute des Chiens qui courent le Chevreuil. Ah I que nous irons à la Chasse !
Vous me dites que c'est assez , Mais je n'ay plus qu un mot à dire , 315 Qui n'est pas mesme un mot pour rire.
Le Ljbutenant Cnru. mourut ces jours passez. (M-ffAniin
Le Rot sera touché , sans doute , de sa perte , Car il a bien servv, lors que l'occasion Pour son Frince s en est offerte , aao Et mérite c^u'on ayt beaucoup d'afHiction.
Mais ce soin est pour nous, & le vostre d'apprendre
A choisir de tels Ma^trats , Lors que vous régirez les différents Estats Qu'un heureux ascendant vous permet de prétendre. 835 Allez donc , Prince sans égal ,
Commencer cet essay de science Koyalle , Et dites en passant à vostre Mareschalle Que )e luy veux beaucoup de mal.
Elle entendra fort bien la fin de ce Mistere : 330 C'est qu'elle me dit , l'autre jour.
Que bien qu'elle ait icv sa fille de retour Je Tobligerois de m'en taire.
bB SUBLIGNY.
A Paris , Ch4^ Alexandre Lesulm, au coin de la me Daupkme , devant le Ponê-^teuf, Avec PHvile^ dm Roy.
309-313 A Changeons s'il vous plaist àt pn>pos. Depuis le Jour qu'un bonneste boroiae A bien des rooroens de repos. . . .
C'est MoMSiBUR DU TiLLBT, l'il fiiut qute je le
rnoninie , Et mesme , Bbau Dauphim , pour m^expliquer
[plus fort , Avoir repos c'est estre mort ;
Depuis donc qu'i loisir tu Ciel il se deltsse , Le Roy qui sçait choisir les siens A mis t>ARtAONAN en sa place, Pour Ih MbuTTB dbs prrrrs Cribms.
Ah I que nous irons i la chasse I La signainre et l'adresse dé Vimpriminr manquent dans B C , qui placent ici la date.
{A La Muse de Cour 1666 (vdj. tome !, cOl. 909), pp. 139-136. B La Mu«e DaupUne ieéf — 148-156.
C La Muse Danphiae 1668 — 148-156.)
LETTRE EN VERS A SON ALTESSE MADAME LA DUCHESSE DE NEMOURS
[Pak la GRAVETTB di MAYOUS.J Du -19. Septembre 1666.
Quoyquema chaîne soit bien forte.
Sans nule peine ie la porte , Et préfère à ma uberté L'honorable captivité 5 De ne pouvoir prendre cariére Dorant une semaine entière.
Lors que tout le monde a campos , Pour son plaizir, pour son repos , Et court aux champs & dans les vi-
[gnes,
10 Je me rétranche dans mes lignes ; Quand tout Paris dézerteroit , Décamperoit, s'absenteroit.
Pendant ces vacances plaizantes , Et que les Muxes complaisantes
15 Seroient contraintes d'imprimer Le discours que je vais rimer.
Je puis assurer votre Altesse Que je ferois rouler la ft-esse.
Laissant les lieux plus beaux & doux,
jo PunccESSE , je reviens à Vous Pour vous donner, à l'ordinaire , Une Missive hebdomadaire.
J'aprens que Monsieur Périomt, Dont le mérite est infiny.
} Qui sçait toutes les belles chozes , Conott les èfets & les cauzes , Sçait bien tout ce qu'on doit sçavoir Et vaut tout ce qu'on peut valoir ; Ce Président scientifi(]ue ,
» Très vertueux & politique , Du Roy le fidellè Lecteur, Est nommé pour le Précepteur De nôtre DxrjFm admirable ,
Qu'on peut nommer incomparable R)ur le courage & pour l'esprit Qui brille en ce qu il fait & dit.
'Etant FUs d'un Rot magnifique , D'une Reinb toute Angélique , Ce Prince si beau , si bien né ,
40 Etant au surplus souvemé Par une illustre Maréchale Qui trouve à peine son égale , Instruit par l'esprit transcendant Du susdit docte Prèzidant ,
45 Je vous laisse à penser, de grâce , S'il est dans une belle passe , Et s'il peut être mieux conduit , Plus grand , plus beau , ny mieux
[instruit
Monsieur D'Artaignan , dont l'a- 50 Et la prudence & la prouesse [dresse Egalent le zèle & la foy Qu'il témoigne pour nôtre Roy, Témoins ces braves Mousquetaires , Est fait par son Prince , n'aguéres , 55 Capitaine des petits Chiens Qui chassent bien mieux que les Cette Charge, sans flaterie, [miens.
Importante en la Vennerie , Ne pouvoit trouver de Chasseur éoPlus adroit, soigneux, ny meilleur; Mais son service & son courage En aquerront bien davantage , Dequoy je seray fort content Comme je Je suis à prézent.
65 II me semble que l'Angleterre Ne gagne pi^s trop à la guerre , Car de nouveau lcis Holandois L'ont emporté sur les Anglois Daqs. cette dernière bataille ,
70 Où voloit la grosse grénaillei