‹ Les continuateurs de Loret. Lettres en vers de La Gravette de Mayolas, Robinet, Boursault, Perdou de Subligny, Laurent et autresChapitre 92 sur 247 · Du 26. Septembre 1666 (Robwbt · texte numérisé non relu

Du 26. Septembre 1666 (Robwbt

Payé celui de son Amant

Et qu'elle l'aimoit ardamment ,

A son beau Métal & son Comte

250 Elle trouve si peu son Compte Que« pour rompre viste les Chiens Et conserver ses chers Liens, Elle lui dit, sans nule crainte ,

' Qu'elle est du Cavalier enceinte.

355 Â ces mots , le Comte Allemand S'emporte si furieusement Qu'il alloit occire sa Fille , Sans que quelqu'un de la Famhxb , Survenant fortuitement ,

aéoL'en divertit adrétement Par le Conseil, un peu plus sage , De lui fiûre prendre un Breuvage Qui, pour éviter le Caquet , La draiarge de son Paquet ,

3(5 Ajoutant, de plus , qu'il l'assure Que cette pente Avanture N'éfarouchera nulement L'amour d'aucun Comte Allemant , Et qu'cntr'eux , en pareille Affaire ,

n^Oti épluchoit moins ce Mystère.

Aussi-tôt dit , aussi-tôt fait ; La Pucelle aussi , de bon hait , Reçoit la Potion congrue , Laquelle , à peine est-elle bue ,

275 Qa'elle opère , & par son effort , En des Convulsions de Mort Jette l'Amante infortunée ,

Si qu'on croid sa Trame bornée Sans qu'on voye venir au Jour

aSoLe triste Fruit de son Amour.

Cependant, sous une Toilette, Ou peut-estre en une Cassette , On trouve un Billet , d'EUe écrit , Contenant que ce qu'elle a dit

285 Est, seulement, un Stratagème Et l'Effet d'une amour extrême.

Qu'elle veut jusqu'au Monument Conserver pour son cher Amant , A qui l'on venoit de remettre ,

290 Par son ordre , une même Lettre.

Le Père , ayant lu le Billet Dépositaire du Secret, Sous l'extrême Douleur succombe Et semble un vrai Sujet de Tombe.

295 L'Amant aussi , qui vient après , S'abandonne aux derniers regrès , Et l'on void . en cette Avanture De I'Amour & de la Nature , Un Spectacle des plus touchans

300 Que 1 on ait vu depuis long-temps. A l'instant on' court au Remède , Et le Secours si bien Succède Que l'on sauve enfin du Trépas Cette jeune Source d'Appas.

305 Le Père , alors , plein d'alaigresse , Pi'omet l'Amant à sa Maîtresse Et t par cet heureux changement , Se termine l'Evénement.

Par là semblablement ma Lettre je termine , Le vingt cinq de Septembre , & plus je ne rumine.

A Paris , Che^ F. Muguet , rue de la Harpe , aux trois Rois, Avec Privilège du Roy.

(Btblioth. nat., Lc«, 22. Ré<. — Biblioth. Mazarine, 296. A2.)

33i Mt

LA MUSE DE LA COUR

[Par PERDOU m SUBUGNY.]

XK. SEMAINE.

Du Jeudy trentiesme Septembre 1666.

A MONSEIGNEUR LE DAUPHIN

Vous vous plairiez , ces jours passez , A m'entendre parler des beautez de vostre Ame , Mais , dés que je changeay de game , Vous dites que c'estoit assez ; 5 Vous ne voulûtes point de nouvelles des autres ,

Et vous me donnastes le chois , De ne parler d'aucuns explois , Ou de recommencer à vous parler des vostres. Ce trait là passe le joly.

10 Recommencez-le un peu vous-mesme ,

Car mon plaisir est accomply • Lors que j'entens ainsi parler celuy que j'ayme. Mais que dit de ces actions Nostre belle & charmante Retnb , 15 Avec qui nous nous promenions

Dans le petit Parc de Vincennb ?

Elle en conjectura , je gage , comme nous , Qu'aymant déjà si fort la corde que je pince , Vous serez quelque jour un Prince ao A faire bien parler de vous.

C'est une admirable Princesse Que la Rbynb vostrb Maman , Et je ne croy pas qu'à confesse Elle puisse aller dire un péché dans un an. 25 Et comment le pourrois-je croire ,

Puis qu'elle nous abandonna Pour courir à son Oratoire Dés que certaine heure sonna? «

Tous les jours elle en fût de même , 30 A ce que j'appris ce jour-là ,

Et l'on dit qu'il n'est point de zèle plus extrême Que Je divin zèle qu'elle a.

Vrayment nostre France n'a garde

B C porUnt sm^Umnit XVIII. Semaine. 1 2} A Et pour moy, je croy.

18^ Qpe Ton pinoe. | 24 A Elle ne içMfMt dire

m 177. — Du 3o. Sejpcembre 1666 (Subuoict). 334

Qu'elle ne vainque les dangers 35 Où la gloire & l'honneur font qu'elle se bazarde

Pour le secours des Estrangers ; Elle n'a garde encor de n'estre pas féconde En triomphes frequens , en fortunes ezplois , Ayant arec un Roy, le plus puissant des Roys • 40 La plus sainte Reyne du monde ,

Et ce n'est pas hors de propos Que même vous voulez pour vous seul la louange ,

Ayant pour vostre Mère un Ange

Et pour Père un si grand Hbros.

45 Mais trêve à tout cecy : je meurs de jalousie ,

Et Maman Mareschallb auroit peu , Dieu mercy , M'épargner le chagrin dont j'ay Tame saisie En laissant au Couvent la divine Tonssi. Le bel honneur à sa fomiUe , $0 Pensez-vous , qu'elle adjoustera .

D'avoir bit revenir sa FÛle Par qui tout se consumera , Et d'avoir amené , dans le temps où nous sommes , Un si rare Objet dans la Cour, 55 Qui • quand le Princb a besoin d'hommes , •

Les fera tous mourir d'amour !

Au moins ne l'aymez pas vous-mesme ; Si je vous fais quelque pitié , Gardez-moy vostre amour extrême , 60 Et ne l'aymez que d'amitié.

Mais je me souviens, quand j'y pense, Qu'il vous faut aymer par avance Pour avoir pour vous des apas , Et Toussi ne le fera pas.

6$ Quand elle le voudroit, mesme, je m'en console :

Elle a petite bouche autant qu'on peut penser, Et , n'en pouvant sortir une grosse parolle , Un € j'aimb » n'y pourroit passer.

Divertissons pourtant avec d'autres Nouvelles 70 Ces pensers dont mon cœur est si fort prévenu.

MoNsiBUR DB Laon est revenu é'^SSL]

Qui nous en apporte de belles.

Je vous disois oien , l'autre jour.

Que LB Roy Portugais recevroit bien sa Rbtnb : 75 Chacun adora dans sa Cour

Cette nouvelle Souvbraine , Et je ne dois pas oublier • Un mot de ce jeune Monarque Qui mérite qu'on le remarque.

>o C'estoit un trait familier

5S >< Si met Mopçoot jnloiii ToiM f«at quelque ^tié.

335 177* — Du 3o. Septembre 1666 (Subugmt). iH

A ce jeune Roy que de dire Que le Monde de vice estoit si revestu Que l'on n'y voyoit plus de fidelle vertu

Et qu'il alloit de mal en pire ; 85 Or on m'a dit , charmant DAUpmN ,

Qu'après avoir tenu , la nuit , sa Bien-venue ,

Il jura tout haut qu'à la fin Il avoit rencontré la vertu toute nue.

On dit que ce ne sont au'ébas , 90 Depuis quelque temps, à Lisbonke

Et (}u'au reste ce Roy luy trouve tant d'appas Qu'il ne peut un moment vivre sans sa personne. Que riMPÉRATRiCB , bou Dicu, Feroit une mine bien fiere 95 Si quelqu'un luy disoit ce qu'on fait dans ce lien,

Tandis qu'elle est contrainte à demeurer derrière I Le Procureur Valuer la doit complimenter Lors qu'elle passera par l'Estat de Vehise , Ce qui ne peut servir encor qu'à l'arrester 100 Lors que <uins le chemin elle se sera mise.

Quant à moy, mon opinion Est que , si l'on ne fait qu'elle parte au plus viste , L'Empereur aura beau luy préparer un giste Et beau se préparer à la tentation , 105 L'avantage d'estre avec Elle ,

A moins qu'elle ne soit déjà loin de Milin . Est un bon-heur que cette Belle Luy garde pour le jour de l'An.

Mais revenons , je vous en prie , I to . A nostre Evesque sans égal. '

Monsieur de Laon , sans flatterie , [Cénr d*B*-

Charma , dit-on , si fort le Roy de Portugal. ^'^^l >

Que , jugeant tout à fait sa personne importante , Il fit un offre à ce Prélat 115 De posséder dans son Estât

Deux cent mille livres de rente.

Un pareil Bénéfice estoit accommodant; Mais cet Evesque incomparable , Qui songea qu'en le possédant t2o II seroit éloigné de son Prince admirable,

Ayma mieux laisser-là ces presens éclatans ,

Dont les of&es estoient honnêtes , Et revenir icy, pour encore à cent ans , ('^"^'^

Comme son «re fait , voir le Roy sans lunettes. ^eSSi^^

1J5 ' Du QuBSNE, le Vice-Amiral,

90 itf DediM k VUI« de LiSMiim. | ii4^uneofrre

96 A Ttndit qu'elle rette derrière.

U; 177. — Du 3o. Sq>canbre 1666 (SvauGinr). 338

' L'a ramené de Portoqal.

Mais que di(-an , cette semaine , De rÉscADRE de ce Du QuBsms?

Depuis qu'dle s'est jointe à Monsieur de Beâu-Fort, 1)0 DuovE avec ce gbahd Duc l'a veue ancrer au Port.

Qu'on dise après cela que Beau Fort n'est pas brave. Il a , parbleu , passé tout le long du canal ,

Avec une marche si srave Qu'il ea a Sût trembler les forces du Withal.

13) Que si RuYTER eut pu l'attendre , Où I'Anglois , Prince , en estoit-U ?

Il aurok esté bien subtil

Si de sa perte entière il eut pu se deffendre. Mais RuTfBR eut compassion , 140 Comme je croj, de rÂNGLETERRE ,

Et luy voulut sur l'eau donner remission , Cependant que le féu la bruslmt sur la terre.

Du depuis , à ce qu'on m'a dit , Il a pourtant chargé les Anglois d'importance ;

14) Il se bat encor par dépit ,

Et suit , dit-on , mon ordonnance.

Vous sçavez , Prince , qu'elle elle est ,

Et que , comme il estoit malade ' D'un mal dont le guérit un bénit vent Sui>-West , 150 Qui l'emporta de nostre rade

(Car c'estoit le guérir que l'emporter ainsi

Et RuTTBR est un passe Maistre ^

Qui n'est malade , Dieu-mercy,

Que quand il a loisir de l'estre) , 155 Mon ordonnance fut ^u'il se mit en estât

De donner bataille Nouvelle Pour y pouvoir jetter par les yeux l'estincelle Qu'il avoit avalée en son dernier combat. •' ; Il est donc encore au Carnage :

160 II s'est joint vers la Hogue a l'Amiral François ,

Qui , dés le vingt-cinq de ce mois ,

Contre I'Anolois fait , dit-on , rage.

Mais parlons de Londres enfin Et de ce <ju'on m'en vient d'apprendre. 1^ Il estoit SI bon , Cher Dauphin ,

Que l'on l'a fait brusler pour avoir de sa cendre. Vous a-t'on dit par le menu Comment ce mal-heur est venu ?

Cet Embrasement pitoyable «/^"T* . Commença chez un Boulanger.

D'où , les vents nirieux l'aydant à ravager Les voisines maisons comme un foudre effroyable • Tout d'un coup & de toutes parts

130 À Y» nue dans ton Port. 1 i6)A Mais discovrons de Lomdrb enfia.

134 ^ 4e WiTMAL. I 169^ efroyable.

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