Dq 1. Octofare 1666 (SsBueiiT
Et qu'à moitié do denier trente Il leur en fasse plustost rente.
175 II deut se sentir bien touché De voir tant de monde écaché »
De voir mille poutrea brukntea D'un quartier à l'autre volantes , Et des tisons mesme Tcder
180 Et jusqu'à son cheval aller*
Le pauvre Duc d' Yorck , son frère , Pensa bien, dans ce sort contraire, Crier < mon Dieu! » de tout son
[coeur, Car, tandis <}u*avecque vigueur
1S5 U couroit, vite comme un foudre, Vers le Magaztn à la poudre (En bon François , ^rs l'Arsenal)* Pour le conserver à Wtthal , Une poutre tres-mal-faisante ,
190 Comme je vous ay dit , brûlante , Sur ce Magasin se brisa , Et tout l'Arsenal embrasa.
D'abord , & clic & clac Avsdk.
La maudite poutre s'agrane
195 Aux fenestres du Magasin , Et , le feu s'y glissant enfin , Envoyé , avec bruit effroyable , Et Magasin & poudre au diable.
O vous , qui dans vos jeunes ans
300 Avez pu , courant par les champs , Avoir mangé vache enragée , Avoir veu muraille assie^ , Et du peuple bien âonné De se voir sourdement miné,
ao5 Un chacun de vous s'imagine Peut-estre que , comme une mine , On vit sauter cette maison ?
Sans doute la comparaison En peut aprocher, & pour cause ;
2ioC'estoit pourtant bien autre chose.
Ce Feu de Malédiction , Consumant la munition Que l'on destinoit pour la Flote, Fait aussi que la Flotte saute ,
ai5Car sans munition flotter.
C'est ce qu'on appelle sauter.
Il se brûla , dans ces traverses ,
181 A A Duc Yorck.
Tous les Registres des commerces ; On n'en doit pas attendre moins
sao Qu'un milion de fsiux-témoins , Que négatives criminelles , Que banqueroutes étemelles Et que grande confusion Parmy fangloise Nation.
225 Mais ce n'est pas là tout encore Ce que cette flamme dévore ; Allons vers l'Estran de la Mer, .
Que nous pouvons Rive nommer.
Apres que sa flamme subtile
230 Eut brûlé dix parts de la ViHe , D'onze que l'on y peut compter ; Apres avoir tout £ait peter.
Durant ces mortelles angoisses « En quatre-vingt quatre Paroisses ;
235 Apres avoir encor brûlé
Des lieux dont j'ay déjà parlé , Assommé de mille mameres Dix mille âmes faisant prières ( Car bien dévoyés sont ceux-là
240 Qui point ne prient en ce tanp»4à) ; Apres avoir enfin ùk rage , Il vint encor sur le rivage , Non content de tant de mâisoAS »
Brûler les huches à poissons,
245 Et consumer & fiure fondre Une moitié du Pont de Londre.
Que vous dira^-^ , MonsbioksM ?
Tout y pleuroit , sur mon honneur»
Tout V hurloit , s'il faut le dire ,
250 Car pleurer ne sçauroit suffire , Tout gemissoit à haute vœs , Fors un malotru poète Anglois Qui , n'y perdant aucune af&ire (Car pdSte n'a rien d'ordinaire ) ,
255 Regardoit fort tranquilleasent Les effets de l'embrasement , Et mesme en droit avec joye Une idée du feu de Tro3re.
Une chose luy sonnoit mal :
260 Que point n'estoit de grand cheval Qui rendit , dans cette déSedte , Son idée un peu plus par&ûteé Mais , de voir cela sans ennny.
En est-il de plus grand que luy?
A Paris , Chc^ Alexandre Lesselin , au coin de U rue Dauphime , devant U Pont-neuf. Avec privilège du Roy.
A A ajoute à fadresu du libraire ladate de 1666. — BC ne contiennent pas cette lettre. {A La Mute de Cour 1666 (voy. tome I , col. 909), pp. 155-156.
A A Suite II dt U Muse || de la Cour. || Du Jeudi 30. Septembre & de k XIX. Semaine. I11-4 de 4 pp., chiffinétt 153-156 et tisnéct qq. — BiMioth. de M. It Wim PkkMi.)
LETTRE EN VERS A MADAME
[PAft Gharlbs robinet.]
Du 3. Octobre 1666.
ftrnicgtSR d'un tres*4iaut mérite , En ce OKmkent aue je médite Au sujec de ma Lettre en Vers , Sv un Point je tmê en balance , fit, je le jure en conscience , J'ay le pauvre esprit à l'envers.
Je M êÇBiy ce que je do^ fidre.
Si je do7 parler ou me taure : De ce Desi^tre Flambojrant 10 Od Londre encore se consume « Où la Thamise encore fume Et d'^urante va fiijant.
Mais pourquoy &ut-il ^ue j'hésite ?
Ma Musette toute interdite ty Me prescrit assez mon devoir.
Oui , de l'air qu'elle s'éfaroucbe Desi^ ce Mat-heur qui vous touche, Elle me le £ût trop sçavoir.
Que d'autres donc fassent miracle M A peindre un si triste spectacle ; Qu'ils en ayent le soin & l'honneur; Sur un sujet qui vous afflige Et l'un & l'autre îe néglige Et les leur quite de bon cceur.
25 Mais, que dis*je, 6 charmante Al* Je vous mesure k ma féblesse [tesse ?
Et jt trahis vostre vertu : Le cœur d'une grande Héroïne Tient des Cieux sa trempe divine
90 Et ne sçauroit estre abatu.
Finissant donc mieux ma Préfiice,
Je diray que cette Disgrâce N'a pu se peindre en vos beaux Yeux, Et que , brillans à l'ordinaire, 35 Ils ont servi de preuve claire Que vous estes Fille des Dieux.
Ouy, Lecteurs à qui je m'adresse,
L'heroSque & rare Ioungbssb
Apprit aun Front ferme & serein , 40 Sans en montrer aucun chagrin ,
Ce funeste Esclandre de Filme ,
Qui touche même jiukqu'à l'ame
Des Ennemis plus uritez
Et plus justement emportez, 45 Et pennet que ma Narrative
Naïvement vous le décrive.
Ecoutez donc : voicy comment
Arriva cet Embrasement. ^s^SÎT
Un BouLAMGBR, qui pouvoit cuire *»'• 50 A moindre Feu , l'on peut le dire ,
L'ayant laissé prendre hors du Four,
Il m , pamo » cnez luv son tour.
Et, punissant sa négligence ,
Flamba sa Caze en dihgence.
55 De là , portant de toutes parts
Ses Brandons, par trop égrillars ,
De Domicile en Domicile ,
Cet Elément fort indocile
De LoifORB embrasa les deux Tiers.
60 Mais on soupçonne les Quaquebs ,
Plus malins aue ce Fils de Gouge
Qui brûla jadis le Pont*rouge,
Ou pareils autres Garnemens
Dignes d'éternels châtimens , 6^ D'avoir eu part à l'Incendie;
Car, en effet, qvLOjr que l'on die
Que toutes les Maisons d'illec
Soient étrétes & de bois sec ,
Et qu'alors grand nombre estoient
[pleines