‹ Les convicts en Australie (volume 2)Chapitre 50 sur 112 · CHAPITRE VI. iâS · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI. iâS

tiuit , les voyageurs eurent une seconde édition de Forage de la première; une pluie diluvienne commença au coucher du soleil et ne cessa que le lendemain à midi. « Nous étions mouillés jusqu'aux os , disait une des victimes de ces orag^es venus d'une manière bien inopportune dans un pays où la pluie est habiluellement si rare; en outre, nous étions couverts de boue. Notre barbe longue, nos cheveux mêlés, notre linge sordide, car il était impossible de s'arrêter pour en ♦changer, nous donnaient l'air de vrais sauvages. » On parvint, après de longues journées et des nuits plus longues encore , à un village situé dans la direction des établissements du sud. Là les domestiques, qui étaient tous des convicts, se débandèrent et se répandirent dans le village à la recherche du wîsky. Ils s'enivrèrent jusqu'à perdre la raison; pendant leur absence, les troupeaux se mêlèrent de nouveau. Quelques animaux furent encore perdus. Le colon porta plainte ; mais cette démarche ne diminuait ni ses embarras ni ses pertes. Il réussit enfin à se procurer d'autres hommes, et, après une série de vicissitudes que je liasse sous silence, la caravane tout entière arriva sur les bords de la Morrumbidgy, l'une des principales rivières de celte partie de l'Australie. Les bêtes à cornes la traversèrent. On fit également passer les chevaux en les traînant derrière

iM LES CONYICTS £N AUSTRALIE.

im bateau, au moyen d*une corde jetée autour 4e leur cou; mais, quand Tint le tour des moutons, ils montrèi^nt une répugnance décidée à confier leurs membres au courant, et la jaumée tout 0Qti^e s'écoula en efforts inutiles pour les âûre entrer dans reau;

Le lendeniam, les mêmes efforts furent renouvelés en yain. Le jour suivant s'écoula tout entier exi tentatives pareilles. Le quatriènaie et le cinquième jours passèrent, et le troupeau était encore du même côté de la rivière. On essaya de pousser les moutons dans l'eau à la lueur de la famé , mais sans succès. On y jeta de force ub certain nombre de béliers, tirés par les cornes, «fec l'espœr que le reste du troupeau, amesé sm* le bord, suivrait ses conducteurs habituels. Faux caloil. Le troupeau ne bougea pas, malgré les cris et les aboiements des dûens. Qn eut recoars à un autre stratagème. Des agneaux furent conduits à bord d'un bateau sm: la rive opposée, puis on amena les mères tout près du courant , avec fespoir que les bêlements de leurs petits les décideraient à aller les rejcmidre. Cette invention échoua comme les précédentes. On imagina encore de laisser toute une journée le troupeau «ans le faire b^re, dans la pansée qu'ils r^ugneraient moins à se jeter à l'eau, lorsqu'ils seraient très-aUérés. Ce fut une nouvelle déception.

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