‹ Les convicts en Australie (volume 2)Chapitre 85 sur 112 · CHAPITRE TIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE TIII

[jer aux poursuites, la jok d*aYoir conquis notre liberté soutenaient nos forces*

« Nous arrivâmes sur le bord d'une rivière qu'il rallut traverser à la nage. Sur Tautre rive s'étendait une épaisse forêt d'eucalyptus. Cet abri eût été bien précieux pour nous les jours précédents; mais, ainsi qu'il arrive toujours, il nous fut inutile; ■car, au moment d'entrer sous le couvert de là forêt, le soleil se montra.

« Nous saluâmes ses rayons avec bonheur. Le bain forcé que nous venions de prendre nous avait débarrassés de la boue dont nous étions couverts; nous tîmes sécher nos vêtements au soleil , et ce fut avec un véritable plaisir qu'en les endossant nous reprîmes l'aspect d'hommes civilisés.

« Il est inutile de raconter, jour par jour, les incidents de noire vie solitaire. L'auteur de Robinson Crusoé a décrit toutes les petites industries de l'homme livré à lui-même au sein de là nature vierge. Notre marche était dirigée vers la mer: une fois arrivés sur la côte , nous espérions nous emparer de quelque bateau qui nous conduirait à Sidney; mais nous avions plusieurs centaines de miUes à faire avant d'atteindre le rivage. Un jour, au mcMnent de nous engager dans une clairière , nous vîmes tout à coup se dresser devant nous deux individus à la distance d'une portée de fusil : l'un portait une casaque de gardien de convicts ;

iOd LES COMYIGTS EN AUSTRALIE.

les boutons en métal de son unifonne reluisaient au soleil ; dans ses mains brillait le canon de la courte carabine dont les agents de police sont armés, n avait la tête entourée de bandes d'étofles tachées de sang. Son compagnon était un jeune garçon de petite taille, vêtu d'un pantalon et d'une veste de matelot , et portant une hache à la ceinture. On fit halte des deux côtés : avions-nous à faire à des amis ou à des ennemis? Notre pi'emier mouvement fut de nous coucher ventre à terre derrière un arbre :

— Qui ètes-vous ? dit l'homme aux boutons de métal.

« Nous ne flmes aucune réponse.

— Montrez-vous et dites qui vous êtes , ou je fais feu, répéta le même individu. En même temps, nous vîmes s'abaisser , dans notre direction , le canon de sa carabine. Je réfléchis que nous viendrions facilement à bout de lui lorsque son arme serait déchargée, et, dans la position que nous occupions, je ne croyais pas qu'il pût nous atteindre.

— Pas tant de paroles, dis-je, et tire si tu veux.

« Le coup partit aussitôt. Contre mon attente , la balle bien dirigée vint me frapper à la jambe et nie rendit incapable de me lever. Mon compagnon, seul contre deux , et sans autre arme que le poignanl qui était tombé de ma main , ne pouvait espérer de se défendre avec avantage. Déjà notre adversaire

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