‹ Les convulsions de Paris (volume 3)Chapitre 32 sur 56 · IV. — LA MORT DB DBLSSGLVBB · texte numérisé non relu

IV. — LA MORT DB DBLSSGLVBB

Paris en feu. — LesHronpes f^'ançaises. — Souvenir des injures imméritées. ^ Ni pitié, ni merci. — L'illusion des chefs de la Commune. ~ Le programme. ~ « Paris doit être brûlé ou appartenir aux prolétaires. » Les derniers ordres. — Les belles figures et drolleries de la Ligue» — Belescluze. ~ Il est résolu à mourir. — Sa dernière lettre. — Légende et fable dont l'histoire doit faire justice. — Version absurdp. -~ Où elle a pris naissance. — La porte de Vincennes. — La dernière journée de la Commune. — Tumulte à la mairie du onzième arrondissement. — On se décide à évacuer. — L'ordre d'extraction des otages. — Le projet de Deieschize. — La i»arrieade du boulevard Voltaire. — Delescluze injurié. — Blessé par un fédéré. ->il esttué. — Vermorel et Delescluze. — Le colonel Hlppolyte Parent. — Ses états de service. — L'Iled'Amour.

« Paris, qui n'es plus Paris, mais une spélonque de bestes farouches, » dit la harangue de M. Daubray dans la Sisdire Ménippée. Cette exclamation, qui de nous ne l'a répétée pendant les journées du 25 et du 26 mail Tout brûlait, tout allait brûler! Un océan de flammes roulait au-dessus de la ville; jamais bataille ne fut plus acharnée, jamais pareille destruction ne s'était vue; les greniers d'abondance du quai Bourbon flambaient, et

aussi les entrepôts de la Villette, et, au même endroit, le dépôt de la Compagnie des petites voitures, où, en prévision du siège, on avait accumulé des amas de vivres qui s y trouvaient encore *. La caserne d'Orsay, les Tuileries, le Palais-Royal, la Cour des comptes et ses archives, le palais de la Légion d'honneur, la Caisse des dépôts et consignations, le Palais de Justice, la Préfecture de police, les Gobelins, THôtel de Ville, ladministration de l'octroi, l'Assistance publique, le Théâtre-Lyrique, le théâtre de la Porte-Saint-Martin, le théâtre des Délassements-Comiques, la bibliothèque du Louvre, le ministère des finances, des rues entières s'abîmaient dans l'incendie. Plus d'un Parisien contemplant ce spectacle a pleuré et s'est demandé, sans oser se répondre, s'il appartenait à la race et à la patrie des homnws qui commettaient ce crime.

Pendant les deux premiers jours de la lutte, le 22 et le 25 mai, les troupes françaises avaient été très calmes, suivant passivement leurs officiers qui payaient d'exemple, et livrant avec abnégation ce dur combat des rues, antipathique et plus pénible que nul autre. La vue des premiers incendies les remplit de colère; la résistance

* Ce fait, qui peut paraître invraisemblable, est de la plus rigoureuse exactitude. M. Ducoux, président du conseil d'administration de la Compagnie générale des voitures de Paris, a dit, le il mai 1872, à rassemblée générale de ses actionnaires ; « Les circonstances ne nous ont pas permis de réinstaller nos nouveaux ateliers de la Villette, dont vous avez approuvé la création. Un incendie, allumé dans les derniers jours de la période insurrectionnelle, pour atteindre les grands approvisionnements de vivres que le gouvernement de la Défense nationale avait laissés dans les magasins qu'il nous avait loués ou réquisitionnés, a détruit, avec ces approvisionnements, la totalité des bâtiments existants sur notre immeuble, 732 voitures qui s'y trouvaient remisées et une partie de l'outillage que nous avions acquis. » — (Voy. Compagnie générale des voitures de Paris : rapport du conseil d*€ulministration 'sur les comptes de l'exercice 1871, p. 11. Paris, 1872.)

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