PRÉFECTDRE DE POLICE. RÉPUBLIQUE FRANÇAISE
Cabinet du secrétariat général. Paris, 23 avril 1871.
Nous, membre de la Commune, délégué civil à la Préfecture de police, autorisons le citoyen Washburne, ministre des États-Unis, et son secrétaire, à communiquer avec le citoyen Darboij, archevêque de Paris.
Raoul Rigault.
(Timbre officiel.)
Pour profiter sans délai de ce permis, nous nous fîmes conduire immédiatement de la Préfecture à la prison de Mazas. Quoiqu'elle
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lui entre les mains de la Coiniiiinie, j y lus reçu (•ourloiseinont ot j'obtins sans (iilficullé l'accès de l'archevêque. J'ai lait le r(''cil complet de mon entrevue avec lui dans une; dépêche ol'licielle écrite le jour même à mon jrouverncment. Je prenilrai la liliei-té de vous envoyer avec la présente une copie de ma correspondance sur ce sujet, qui a été publiée par le département d'État à Washington. L'aijant trouvé trèn faible et souffrant beaucoup de la dyspepsie, i'oblius l'autorisation de lui procurer du vieux vin d'Espagne et aussi de \vû ciwo'j&T quelques journaux. Je lui olTris de lui envoyer toutes autres choses (pi'il pourrait souhaiter et de lui remettre l'argent dont il pourrait avoir l'emploi, mais il n'avait actuellement aucun besoin de cette sorte.
Après ma première entrevue avec l'archevêque, je me sentis pour |ui un si profond intérêt, et il parut si content de me voir, que je lui leudis visite aussi l'réquemment que me le permettaient mes pressants devoirs. On me laissa pendant un certain temps entrer librement, et j'étais reçu par les gardiens avec un certain degré de politesse. L'avant-dernière lois que j'allai à la prison, je vis affiché un ordre portant que toutes les permissions de visite aux prisonniers étaient révoqués ; mais l'archevêque était tellement débile, que je résolus de faire tout ce qui serait possible pour obtenir un nouveau permis. J'envoyai donc M. Mac Kean à Raoul Rigault, qui était alors, comme toujours, l'âme de la Commune, pour lui demander une passe permanente.
M. Mac Kean, qui avait été obligé de voir souvent cet homme pour affaires concernant ma légation, et qui s'était maintenu en bons termes avec lui, tira de lui, non sans discussion, le papier que voici :