ÉPILOGUE
nifestation autour de son cercueil ; son fils s'y opposa et Tit bien-
ZVI» — éPILOOUB.
Les derniers actes du délégué aux finances. — Expulsé de son refuge. — • Il erre dans Paris. — N'y trouve pas d'asile. — Arrêté. — Faux papiers d'identité. — Reconnu et dénoncé. ~ Jugé. — Son attitude au procès. — Condamnation très sévère. — A Nouméa. — Évasion. — Jourde attaqué par Yermersch. — Calomnies dirigées contre lui. — Plus que nul autre Jourde a protégé la Banque. — La Banque et l'État. —Refus de remboursement. — Prétention de la Ville de Paris. — Correspondance avec le ministre des finances. — Le Conseil d'État. — Arrêt défavorable à la Banque. — Adresse de la finance et de l'industrie parisiennes. — On aurait dû décorer le drapeau de la Banque. — Ingratitude de l'État envers la Banque, envers M. Rouland et M. de Plœuc.
François Jourde n'eut point le sort de Charles Beslay. Pendant que les grands criminels de la Commune se cachaient et parvenaient à passer les frontières, le délégué aux finances ne trouvait personne qui s'intéressât à lui et n'échappait que par miracle à une exécution sommaire. Il avait suivi le Comité de salut public de l'Hôtel de Ville à la mairie du XI« arrondissement, s'était avec lui transporté à Belleville et avait sans doute présidé à la dernière distribution d'argent (40 000 francs), qui fut faite le samedi 27 mai, au matin, dans une petite maison portant le n<» 145 de la rue Haxo, entre quelques chefs de la révolte encore présents, mais prêts à fuir.
La Commune n'est plus, le Comité central s'agite encore ; nul ensemble dans les dernières convulsions de la défense; chacun se bat à sa guise. A ce moment, Jourde disparaît. Épuisé de fatigue, sur pied depuis six jours, ayant à peine pris quelques heures de repos pendant cette lutte pleine de crimes, à laquelle, quoi qu'il ait pu dire depuis, il ne s'est jamais associé, il entra dans une auberge de la rue du Chemin-Vert,
monta dans une chambre au cinquième étage, se jeta sur un lit et 8*endormit de ce sommeil frère de la mort que connaissent bien les fugitifs, lorsqu'une fois ils se croient en sûreté. Quand il se rèycilla, le dimanche, au petit jour, la rue du Chemin-Vert était occupée par un bataillon de ligne. La fuite était impossible; il attendit. Des perquisitions furent faites, auxquelles il fut soustrait par Tinadvertance des soldats. Il fut imprudent ; pour se rendre méconnaissable, il avait coupé ses cheveux et sa barbe. A cet instant de suspicion universelle , c'était se dénoncer. Le logeur remarqua la métamorphose et, dès le lundi 29, pria lourde, — dont il ne savait même pas le nom, — d'aller chercher asile ailleurs.
Jourde avait sur lui 9770 francs, reliquat de son dernier compte, et des papiers d'identité très nombreux, — trop nombreux peut-être, — au nom de Roux : passeport, carte d'électeur, lettres, quittances de contribution, laissez-passer franco-allemand; il y avait là une profusion de renseignements qui devaient exciter les soupçons au lieu de les assoupir. Tout le jour il vagua dans Paris, espérant peut-être que quelque porte s'ouvrirait devant lui. Dans cette longue promenade, il put comprendre à la joie de la population l'horreur que l'insurrection avait inspirée. Paris avait subi la Commune ; mais, délivré enfin, il se redressait contre elle, demandait la mort des coupables et les eM étranglés, s'il eût pu les saisir. Le Siècle Cimstatait un fait vrai lorsque, dans son numéro du 27 mai 1871, il écrivait : a La vie des citoyens ^e pèse pas plus qu'un cheveu dans la balance >de la justice populaire; pour un oui, pour un non, on est fusillé. »
Pendant quinze heures, Jourde marcha, et la nuit était venue depuis longtemps déjà lorsqu'il arriva rue de la Glacière, où demeurait un vieux chiffonnier, an-