ACTE DEUXIÈME
Calculez-vous facilement? Oui ou non? Vous ne voulez pas répondre? (La quittant.) Elle doit chiffrer comme un ange, (n va prendre <?on chapeau et revient.) Vous savez maintenant, mademoiselle, qu’il n’y a pas de débat possible entre nous. On est tout de suite d’accord, le code à la main. Vous aviez peut-être vos idées sur la fabrique; elles sont inutiles; je me suis détaché peu à peu de cet établissement. Dans tous les cas, vos besoins d’argent ne nous permettraient pas de le conserver. Sa situation est très prospère. La mort de son directeur est une occasion excellente, qui ne se représentera pas, pour nous en défaire, profitons-en. Vous n’avez pas autre chose à me dire?
MARIE
Ne partez pas, monsieur, avant d’avoir revu ma mère; elle est plus calme maintenant, elle vous écoutera très volontiers.
TEISSIER
C’est inutile. J’ai dit ce qu’il fallait à madame Vigneron et vous êtes assez intelligente pour lui expliquer le reste.
MARIE, après avoir sonné.
Faites ce que je vous demande, monsieur. Ma mère n’a pas été maîtresse d’un mouvement d’impatience; en allant à elle, vous lui donnerez l’occasion de vous exprimer ses re grets.
TEISSIER
Soit! Comme vous voudrez! Vous désirez donc que nous vivions en bons rapports? Vous n’y gagnerez rien, je vous le dis d’avance. Quel âge peut bien avoir mademoiselle Marie? Vingt ans à peine! Mais c’est déjà une petite personne, modeste, sensée, s’exprimant fort convenablement, (La quittant.) et ce que son père ne m’avait pas dit : très appétissante.
Auguste entre.
MARIE
Suivez Auguste, il vous conduira près de ma mère.
TEISSIER, après avoir cherché un compliment sans le trouve*.
Je suis votre serviteur, mademoiselle.
Il entre à gauche, sur un signe que lui fait Auguste de prendre par là.