‹ Les corbeaux; pièce en quatre actesChapitre 46 sur 110 · SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

SCÈNE VIII

Les Mêmes, plus TEISSIER, BLANCHE.

TEISSIER

Bonjour, Bourdon.

BOURDON

Bonjour, Teissier. J’étais en train d’expliquer à madame Vigneron et à sa fille l’impossibilité où elles se trouvent de conserver leurs terrains.

TEISSIER

Je n’ai rien à voir là-dedans. Ces dames ne peuvent pas trouver un meilleur conseiller que Vous. Elles sont en bonnes mains.

BOURDON'

Remarquez bien, je vous prie, madame, Je point de vue auquel je me place pour qu’il n’y ait pas de malentendu entre nous. Je ne voudrais pas me trouver plus tard exposé à des reproches que je ne mériterais pas. Je me borne à établir ceci : Le statu quo est funeste à vos intérêts, sortez du statu quo. Je ne vous dis pas, bien loin de là, que la situation de vos immeubles me paraisse excellente et que le moment soit bien choisi pour les mettre en adjudication. Non. Cependant, en présentant cette affaire sous son jour le plus favorable et je n’y manquerai pas, en la dégageant de bien des broussailles, avec un peu de charlatanisme et de grosse caisse, nous arriverons peut-être à un résultat satisfaisant.

TEISSIER, à part.

Qu’ est-ce qu’il dit? Qu’est-ce qu’il dit? (Bas, à Bourdon.) Nous ne sommes donc plus d’accord?

BOURDON, bas, à Teissier.

Laissez-moi faire. (Allant à madame vigneron.) Voyez, madame, réfléchissez, mais réfléchissez vite, je vous y engage. Quand vous aurez pris une décision, vous me la ferez connaître.

Il fait mine de se retirer.

TEISSIER

Ne partez pas, Bourdon, sans que nous ayons dit un mot de la fabrique.

BOURDON

La fabrique, mon cher Teissier, peut attendre. Je voudrais avant tout débarrasser madame Vigneron de ses terrains. Nous sommes en présence d’une veuve et de quatre enfants qui se trouvent appauvris du jour au lendemain, il y a là une situation très intéressante, ne l’oublions pas.

Teissier sourit.

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