partie qu’il donne à Lefort
C’est là sans doute ce que vous désirez. Si vous le permettez, je parcourrai votre mémoire en vous écoutant.
Ils échangent un regard hostile. • LEFORT, en martelant chacune de ses phrases.
Dès le principe, les terrains de M. Vigneron, situés à l’extrémité de Paris, dans le voisinage d’une gare, soumis de ce chef à mille servitudes, étaient au prix où il les avait achetés une détestable affaire. Disons le mot, il avait été mis dedans.
BOURDON
Je vous arrête. Personne n’avait intérêt à tromper M. Vigneron. Il avait acheté ces terrains avec l’espoir qu’ils seraient expropriés.
LEFORT
Expropriés ? Par qui ?
BOUR DON
Par le chemin de fer.
LEFORT
Quelle bonne blague i C’était le chemin de fer qui les vendait.
BOURDON
En êtes- vous sûr?
LEFORT
Parfaitement sûr.
BOURDON
Soit. Alors on supposait que la Vide qui avait entrepris de grands travaux dans les quartiers excentriques aurait besoin de ces terrains. Je me souviens maintenant ; on espérait traiter avec la Ville.
LEFORT
Avec la Ville ou avec le grand Turc. 11 ne faut pas m’en conter à moi pour tout ce qui regarde les immeubles, je con- ' nais la place de Paris depuis a jusqu’à z. Je continue. M. Vigneron, qui avait été mis dedans, je maintiens le mot, s’aperçut bien vite de sa sottise et il voulut la réparer. Comment? En faisant bâtir. Il vint me trouver. Il connaissait de longue date ma conscience et mon désintéressement, je ne le quittai plus qu’il ne m’eût confié les travaux. Malheureusement, à peine mes études étaient-elles faites et les premières fondations commencées, (avec une pantomime comiqtw.) Vigneron décampait pour l’autre monde.
BOURDON-
Nous connaissons tous ces détails, mon cher monsieur, vous nous faites perdre notre temps à nous les raconter.
LEFORT
Les héritiers se trouvent dans une passe difficile, mais dont