‹ Les corbeaux; pièce en quatre actesChapitre 52 sur 110 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

Je ne veux pas y voir quelque combinaison ténébreuse qui ferait de vous un propriétaire à bon marché.

LEFORT

Qu’est-ce que vous dites, monsieur?. Regardez-moi donc en face. Est-ce que j’ai l’air d’un homme à combinaison ténébreuse? Ma parole d’honneur, je n’ai jamais vu un polichinelle pareil.

BOURDON, se contenant, à mi-voix.

Gomment m’appelez-vous... saltimbanque.

Madame Vigneron se lève pour intervenir. TEISSIER.

Laissez, madame, ne dites rien. On n’interrompt jamais une conversation d’affaires.

LEFORT, à madame Vigneron.

Je cède la place, madame. Si vous désirez connaître mon projet et les ressources dont je dispose, vous me rappellerez. Dans le cas contraire, vous auriez l’obligeance de me régler mon mémoire le plus tôt possible. Il faut que je fasse des avances à tous mes clients, moi, tandis qu’un notaire tripote avec l’argent des siens.

Il se retire.

TEISSIER

Attendez-moi, Lefort, nous ferons un bout de chemin ensemble. (a madame Vigneron.) Je vous laisse avec Bourdon, madame, profitez de ce que vous le tenez.

LEFORT, revenant.

J’oubliais de vous dire, madame. Est-ce avec votre autorisation qu’une madame de Saint-Genis s’est présentée chez

moi...

MADAME VIGNERON

Elle a été chez tout le monde. Je n’ai autorisé personne, monsieur Lefort, personne, à aller vous voir et si cette dame revenait...

LEFORT

Cette dame ne reviendra pas. Je lui ai fait descendre mon escalier plus vite qu’elle ne l’avait monté.

T EISSIER, à Marie.

Adieu, mademoiselle Marie, portez-vous bien, (il la quitte et revient.) Restez ce que vous êtes. Les amoureux ne vous manqueront pas. Si je n’étais pas si vieux, je me mettrais sur les rangs.

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