TEISSIER, MADAME VIGNERON, MARIE, BLANCHE
JUDITH
T ISSIEIU
Vous voulez bien que je m’appuie un peu sur vous, Je n’ai pas l’habitude de déjeuner si copieusement et avec de si jolies personnes, (s’arrêtant.) Qn’est-ce que j’ai dit à table?
MARIE
Différentes choses.
TEISSIER
Qui portaient?
Sur la vie en général.
TEISSIER
A-t-on parlé de vos affaires?
MARIE
Il n’en a pas été question.
Ils reprennent leur marche en inclinant vers la droite; Marie se
dégage et s’éloigne.
TEISSIER, revenant à elle.
Elles sont bien, vos soeurs, l’aînée surtout qui a des avantages. C'est vous pourtant que je préfère. Je n’ai pas toujours été vieux. Je sais distinguer encore la brune d’avec la blonde. Vous me plaisez beaucoup, vous entendez. .
MARIE
Tournez-vous un peu du côté de ma mère.
TEISSIER
Dites-moi, madame, pourquoi M. Gaston, qui fait si bien les lettres de change, n’a-t-il pas déjeuné avec nous?
MADAME VIGN ERON, avec émotion.
Mon fils s’est engagé.
TEISSIER
Il est soldat. C’est bien le meilleur parti qu’il pouvait prendre. Un soldat est logé, nourri, chauffé aux frais du gouvernement. Qu’est-ce qu’il risque? De se faire tuer. Alors il n’a plus besoin de rien.
MADAME VIGNERON
Mon fils a fait ce qu’il a voulu, il regrettera plus tard la décision qu’il a prise. Je me serais entendue avec vous, monsieur Teissier, pour le placer dans la fabrique, et si cette fabrique, comme je le crois, ne sort pas de vos mains et des nôtres, Gaston dans quelques années aurait succédé à son père.
ïJn temps.