ACTE TROISIÈME
JUDITH
Elle est plus que jolie, elle est charmante.
TEISS1ER.
Précisément, (ir regarde Marie une seconde fois.) Ce nrest pas un fuseau comme la plupart des jeunes filles et ce n’est pas non plus une commère. A-t-elle le caractère bien t'ait?
JUDITH
Très bien fait.
TEISS1ER.
Des goûts simples?
JUDITH
Très simples.
TEISSIER
Est-ce une femme à rester chez elle et à soigner une personne âgée avec plaisir?
JUDITH
Peut-être.
T E I S S IJE R .
On pourrait lui confier les clefs d’tme mâison sans inquiétude? (Judith le regarde avec ètonneïnent.) Qllf est-Ce que fait donc mademoiselle Marie? 'Pourquoi ne vient-elle pas causer avec moi? (Se levant; à Judith.) Je 'ne vous rétiens plus. mademoiselle. Allez là-bas, (il lui montre Blanche. 'près de votre sœur qui a l’ail* d’être en pénitence (Marie s’est approchée, il la joint sur le devant de la scène.) Ce petit' oiivra&e, que vous tenez là, s’appelle?
MARIE
Une bourse tout1 simplement.
'TE i-S-y I ER.
EHleiest destinée?
MARIE
A une vente de pauvres.
TEISSIER
De pauvres? J’ai bien entendu. Vous travaillez pour eus r endant qu’ils ne font rien.
MARIE
Ma mère, monsieur Teissier, m’a chargée d’une demande qu’elle n’a pas osé vous faire elle-même.
TEISSIER
Qu’est-ce qu’il y a?
MARIE
Il semble, je vous le disais tout à l’heure, que nos fournisseurs se soient donné le mot. Autrefois nous ne pouvions pas obtenir leurs notes , c’est à qui maintenant sera payé le premier.
TEISSIER
Ces gens sont dans leur droit, si ce qu’ils réclament leur est dû.
MARIE
Nous n’avons pas maiheureusement la somme nécessaire pour en finir avec eux. Une somme assez importante. Douze mille francs. Consentez, monsieur Teissier, à nous les prêter encore; vous nous délivrerez de petites inquiétudes qui sont quelquefois plus terribles que les grandes.
Un temps»
TEISSIER
Avez-vous vu Bourdon?
MARIE
Non, est-ce que nous devions voir M. Bourdon?
TEISSIER
Vous pensez bien que cet état de choses ne peut pas du*