‹ Les corneilles sur la tourChapitre 28 sur 80 · LES CAQUETS · texte numérisé non relu

LES CAQUETS

Dès l'aube les caquets du bourg prennent leur Vol. Ils ont goût de terroir et sont couleur du sol. AuK coutumes et mœurs, auîc métiers et ménages, Au dire des rieurs, auK pro>Jerbes des sages, Ils prennent leur accent, leur forme, leur saVeur. Oublieux du chagrin, reposant du labeur, Ils Viennent marauder et s'asseoir à nos tables Et demeurent plaisants s'ils ne sont charitables. Contes du gai savoir, mots seigneurs ou manants. Tous dits de père en fils, ils Vont, Vifs ou traînants. Sous le regard narquois des oiseaux en perchée, Du salon du barbier au lit de l'accouchée.

A \)0L D'OISKAU

Je SUIS donc rei>enu, par un soir de septembre, Dans la pelite i>ille aux pa-Oés inégaux Dont tous les coins amis, comme ceux d'une chambre, Son! pour moi frémissants de songes et d'échos.

"Kaurice LE>? aillant.

TrC'^e aux propos baS)ards, Corneilks de la Tour! Par facalkr branlant qui fait plus d'un détour

Li' gros bedeau s'approche

Et -Oient sonner la cloche.

Âppu-^é sur la poutre, à la corde raidi, Il tinte aHec lenteur l'angelus de midi.

Et, de la nef, il semble

Que tout le clocher tremble.

Au son gra-Oe et puissant, tantôt clair, tantôt sourd. Qui console ks morts ou rê-^eille le Bourg

Les corneilles s'affolent

Criaillent et s'enS)olent.

yfux iîochdons à jour, aux rampa de granit y Elles "ornaient porkr pour ^ faire leur nid

Sable, boue et ramilles^

Paille, mousse et brindilles.

Mais la cloche au chant Hif et pur, reine des airs. Orgueil du beau dimanche et joie des matins clairs.

D'un branle a mis de suite

L^s Corneilles en fuite.

Un bonnet de jadis flotte au -Oent sec et froid. Une i>ieille, en boitant, porte sous .son bras droit

Un gros li'^re de me.s.se

Et .se rend à confesse.

La rue aux durs pa'^ês a ses bruits coutumiers. Ses hôtes d'habitude, un curé, des fermiers,

La .servante du maire,

Le badaud, la commère.

La Ykux Ba's sa^i'nf hkn qu'il n''^ a nul dangir. Et, rassamblanl la Iroupc, ils if ont fous se percher

En hâk d sans m;^sEre

Au toit du presbytère.

De là les oiseaux noirs ont scruté l'horizon

Et ifers les champs, les bois, loin de toute maison.

Par delà la -Oatlée

Ils ont pris la siolée.

Yieillard corbeau, fureteur incessant.

Que happes-tu, déplumé croassant?

— Dans la haie en guenille Que dépouille l'hiilfer.

Je mange une chenille Et Je saafoure un ^er. —

Enfant çorh'au, pîume frêk d bac jauna, Que Iroui^a-tu pour apaiser ton jeûne ?

— Dans le creux du sillon, O saison qui me na^re !

Je découvre un grillon.

Mais ce n'est qu'un cadastre. —

Laide corneille, au cri rauque et brw^^ant. Qu'engouffres-tu dans ton S)ol tournoyant ?

— Je ^ole à perdre haleine Et sans grand appétit Je prends une phalène Des bois pour mon petit. —

Cormilk gueuse aux pluma qui se froncent. Que bâfres-fu dans le fouillis des ronces?

— Une poulette a^ec

Ses poussins en maraude.

Je la défais du bec

Et la croque encor chaude, —

Corbeaux braillards qui courez les labours. Que pillez-Hous ai^ec Hos sœurs des tours?

— Derrière la charrue Qui boitille à pas lents.

Bande gourmande accrue, Nous piquons des -Oers blancs. —

5o LES CORNEILLES SUR LA TOUR

Choucas y caui}dky en folk randonnée.

Où pas.saz-'Oom î'aimabh' apn\s-dinC\' ?

— jSous isolons, soldons, Au docha; dans l'espace y El nous donnons le ton Quand la femme jacasse . —

Corneille chaui}e, au creuX de l'arbre morl. Es-tu guetteuse ou jeteuse de sorts ?

— Je i}ois, je scrute et •Veille De la lande au sillon.

Ce que dit la corneille Le dit le cornillon. —

A \)0L D'OISEAU 5i

Jd — Lcdcur ami — j"ouS)n' une parenthèse.

Si le sujet t'ennuie ou te paraît oiseux.

Mets de côté Je tii)re et fais te paresseux.

Les pantoufles aux pieds et tes pieds sur ta eJoaise.

Seut done je continue et me sens ptus à t'aise I^our suiiire tes corbeaux et fréquenter chez eux. Sans barguigner j'^ Sfais de suite, étant de ceux" Oui ne content jamais mensonge ni fadaise.

Ce sont oiseaux di.serts, subtits et beaux esprits. J'accepte teur incite et me rends à teurs cris. Sachant tes écouter et tes comprendre en .somme.

Extraire un peu du suc de teurs di.scours baHards, Goûter te .sel piquant de teurs propos .sans fard. C'est ptai.sante façon de bien connaître t'homme.

Bixs aiguisés, •\)enlres repus.

Jacassant à bâtons rompus.

Par chemins, carrims d landes.

Montant, descendant, s appelant.

En tirage brusque ou i}ot lent, S'en ')>ont les corneilles en bandes.

Loin des guérets et loin du sol.

Elles n'ai)en turent leur \>ol Sans bien scruter champs et futaies.

Aussi, nez et plumes au '■Oent, En éclaireur, file dei^ant Le bataillon des plus futées.

L'homme, ennemi, sait se cacher.

On le trouve sans le chercher.

Son lâche fusil sent la poudre. \

Si, par malheur, on ne i)oit clair,

Yite on choit, les pattes en l'air.

Occis en plein ciel par sa foudre.

Dus arbres, comme sur leur Tour Dans l'abri des trônes, à l'en four.

Elles obserS)enl et repèrent Les bois, les routes, les troupeaux.

Les chasseurs, les chiens, les appeaux.

Les pa'^^sans et leurs repaires.

Dans les clairières sans dangers, Â ces gais étourdis les geais, yfu merle noir qui les incite, Â la pie au Hol sautillant.

Au ramier preste et frétillant Elles -tiennent faire -Oisite.

En leurs parlers nets et subtils.

Ces oiseaux y que se disent- ils?

Je crois qu'avant nos coni}oitises j^os traifers et nos appétits.

Quoique plus noirs et plus petits.

Ils disent autant de sottises.

Manh'iir.s,' i}okur.s, jaloux, fripons.

Ils sont la plupart, j'en réponds.

Tout pareils d'esprit à nous-mêmes.

Puisqu'ils nous connaissent si bien.

Sachant que nous ne Datons rien.

Comment Houlez-ilous quils nous aiment?.

Dans la retraite du 'Wallon Les corneilles tiennent .salon.

Picorent, jeûnent ou banquètent. Selon le temp.s, au chaud, au frais.

Et c'est nous qui faisons les frais De ces ba-Oardes qui caquètent.

 tire-d'aile, ^ers la Tour S'en reliaient le clan des corneilles.

Par les jardin.s, les champ.s, les treilles. Elles ont fait plus d'un détour.

Bien û'^anf k k^cr du Jour, Pour nous mkux cassa' les ordiks.

S'en re-Oknl k dan des eorneilks, Â lire-d'aik, Ders la Tour.

Que notre esprit, a^>ec amour.

Monte i)ers leur -Ooix sans pareille Gaspiller une heure de Veille, Indulgent et gai tour à tour, Â tire-d'aile, -Oers la Tour

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