AU RAS DU SOL
Li's -Ooid de nouifeau, Comme par monts et -^aux.
Qui ^ont tournant en hordes, ^jyTais d'en bas t'on n'entend Que te son crépitant De leurs -Ooix de discordes.
Que disent ces méchants Oiseaux, sortis des champs.
Des bois ou de Ja ptaine.
Dont la i)itte à t'entour.
Du faubourg à ta Tour, Ce soir d'hiS)er est pleine?
Corbes et corbinets, corbineaux et corbeaux Ont fait causer tes geais, tes merles et les pies. Effra'^és autrefois d'un seul bruit de sabots Ils deifiennent osés^ nous narguent, nous épient.
Ils n 'ont plus, bas S)olanf, ni craink ni pitié. Une cornd/k jase au dos du prab-^fm.
Puis se baigne à midi dans l'ancien bénitier. Une autre crie au loin sur un ton de mégère.
Malice ou bon e.spnt, commérage ou ragot. Sans forcer .son talent, la corneille est bavarde. Son parler, di.sait-on jadis, sent Je fagot. Jl n'est bourgeois qui, .sans dommage, .y 3) hasarde.
Ây>ant que .sur les bois le .soir ne fût tombé. Les corneilles criant de façon peu civile. Ont, à bec acéré, .sans .scrupule, daubé Sur la S)ie et les gens de la Petite YiJle.
Étalant sans merci leurs rire.s, leurs dédains. Elles jugent de haut le laid et le grotesque. Et Versant l'ironie au cœur des citadins. Se moquent à t'eniii de la cité burlesque.
AU RAS DU SOL ii
Cal une babillardc d peu commune gant Qui' c'cV i'ssaim tournant d'ailes lustrées d noires. Leur tangage est de fiel, leurs yeux de S)if-argent, Et leurs becs fins ont pris le ton des S)ieux ii^oires.
En de rapides s>ols, en de brusques plongeons, Leur troupe au ^ieux clocher pour un instant s'exile. Ejfra-^ant les poussins, la poule d les pigeons. Les corneilles, sous un ciel bas, tiennent concile.
La Tour, accoutumée aux cantiques dii}ins, S'donne en frémissant sur ses -Vieilles assises De ces caquets d'oiseaux mi-sorciers, mi-dei^ins. Oui, sans peur ni respect, plaisantent et de'Oisent.
Mais le saint dans sa niche au fronton du portail. Le pauifre aux yeux rongés accroupi sous le porche. Les Rois d les Bergers dans le bleu du i^itrail N'ont cure des oiseaux dont le bec nous écorche.
Tournokmi'nt hilarant.
Cri rauquc d pénétrant Da oiseaux s'cjfarant.
Dont l'esprit •\)if est de fraude et de fronde. Voici, mis tout à nu, Ce que par te menu En concert saugrenu
Ont raconté tes corneilles en ronde.
LE ^fARCHE
Une place au matin. Des bancs, des marronniers. Foire ou jour de marché. Sacs, tréteaux et paniers Encombrent le trottoir. Jurons. Heurts de charrettes^ Appels et cris. Des gens >Jont et >Jiennent, s'arrêtent, Goûtent fromage et beurre ou marchandent les œufs. Le maire, né malin, serre des doigts g"raisseuîC. Un médecin sourit à ses clients crédules. L'horloger in-Centif eKpose ses pendules. Un forain fait des tours, ameute les badauds. La fermière est loquace et \)a courbant le dos. Un tombereau grinçant dé-Oale par la rue. Midi sonne. La foule auK cabarets se rue.