‹ Les correspondants de la marquise de Balleroy (volume 2)Chapitre 24 sur 90 · Ce mariage n'eut pas lieu · texte numérisé non relu

Ce mariage n'eut pas lieu

3. Neuchâtel appartenait au duc de Longueville par son mariage <'n \lyOi avec Jeanne de Ilochberg. En 1551, le comté passa à Léonor d'Orléans-Rothelin, auquel le marquis de Savoie-Nemours le contesta; tous deux se mirent d'accord pour un partage égal; mais les Etats iragréèrent qu'un seul seigneur et se prononcèrent en 1557 pour le duc de Longueville, en allouant à son cousin une indemnité pécuniaire. Neuchâtel échut ensuite à Marie d'Orléans, <luchesse douairière de Nemours, (|ui le légua à Henri de Bourlx>n-Soissons. Mais les Etats s'opposèrent encore et finirent par se donner à l'électeur de Brandebourg; le traité d'Utreclit reconnut «cet arrangement.

DE LA MARQUISE DE BALLEROY Ib

2 décembre 1707.

Vous voulezqu'on vous fasse des contes, madame, sauf correction. L'envie n'est pas catégorique. Ce sontdes marquis qui doivent être l'objet de vos désirs. On voudroit fort ici qu'ils se tournassent de ce côtélà, et les oracles de la Faculté disent comme cela que ce remède est spécifique pour votre mal et que ce seroit un signe de. santé non équivoque. En attendant que vous en veniez là, madame, il est juste de répondre à vos souhaits sur l'article des contes. Mais de quelle espèce, de quelle couleur les demandez-vous? Il y a des contes à la cigogne qui font bâiller; il y a des contes d'apothicaires qui ne sont bon qu'à chagriner; il y a des contes jaunes : il ne vous faut pas de ceux-là. Ce ne peuvent donc estre que des contes verts qui font rire ou des contes bleus qui font dormir. Il seroit bon de savoir à quoi s'en tenir. Nous en avons ici de toutes les façons. Quand on saura votre fait, vous serez servie abondamment, magnifiquement, délicieusement. Ce qu'il y a de fâcheux, c'est que ce sont des manuscrits qui ne se transcrivent point; on les lit, on les laisse lire aux personnes curieuses et discrètes : point de copies, la règle est générale et sans exception. Ainsi, madame, il faut, s'il vous plaît, venir ici pour en choisir vousmême à votre goût. Au lieu de contes, si vous voulez des histoires et des aventures, en voici quelquesunes de la saison :

M. de Listenoy * est retrouvé. Son valet de chambre étoit venu dire il y a quelque temps qu'il avoit été enlevé en revenant de Strasbourg par un parti bleu et qu'il falloit 12 000 livres pour le tirer d'entre leurs mains incessamment. On a découvert que c'étoit une petite ruse de jeune homme pour tirer cette somme de son père. Ce tour d'écolier ne lui fait pas grand honneur dans le monde.

La grande affaire de l'Académie française doit finir demain, et, si les intentions du roy sont suivies, elle se terminera au contentement de deux partis en élisant les abbés Fraguier *et Mongin.

Paris, li décembre 1707.

M. l'archevêque de Rouen est mort ^. Il avoit 156 000 livres de rente, dont 18 000 de patrimoine et pour 400 000 au moins de meubles ; il y a des dettes.

On écrit de Gênes et d'Antibes que M. le prince Eugène va passer en Catalogne avec 8000 hommes.

Les cantons catholiques tiennent présentement une diète à Lucerne et les protestants une autre à

1. Louis de Beaufîremont, marquis de Listenois, flls du marquis de Beaufîremont et de Mlle des Barres, brigadier des armées, après de brillants services ; marié en 1712 à Hélène de Courtcnay.

2. Claude Fraguier (1666-1728), jésuite, connu par des travaux considérables de morale et d'érudition. l\ appartenait déjà à TAcndémie des inscriptions.

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