‹ Les corsairesChapitre 27 sur 35 · RÉVOLUTION ET PREMIER EMPIRE · texte numérisé non relu

RÉVOLUTION ET PREMIER EMPIRE

Altazin (Jacques-Antoine). — En l'an VII, il est maître d'équipage et capitaine de prise à bord an Sauvage, capitaine J.-B. Poliet.

En 1807, il commande le Père de Famille, portant i4 canons et 60 hommes d'équipage (Armateur Sannier-Ducrocq). Le 29 oc-

(1) A. D. et A. G., passim.

tobre, vers sept heures du soir, il se trouve sur les côtes anglaises, et rencontre un cutter ennemi de i8 canons. Au moment où l'équipage du corsaire se dispose à l'aborder, le cutter hisse ses filets pour l'éviter, Altazin ordonne une décharge de sa petite artillerie; l'Anglais riposte, et lâche une plus forte bordée qui renverse sur le pont une partie de l'état-major du Père de Famille. Altazin ne peut faire monter aucun de ses hommes à bord du cutter, et doit se retirer avec 7 tués et 4 blessés, après trois quarts d'heure de combat. Il rentre à Boulogne le 3o, avec une grande partie de ses manœuvres coupées, ses voiles criblées et son beaupré cassé (A. C. pièce non cotée).

En i8c8, il commande le Furet . Il parcourt les parages de France sans rien rencontrer. Une frégate anglaise le force à se réfugier dans la rade de la Hougue. Il en sort pour aller sur les côtes anglaises chercher une proie ; il appareille par une nuit de décembre, avec une brise fraîche et une mer légèrement houleuse. Le lendemain, au jour, vers lo heures du matin, la vigie signale une voile dans le pied du vent. On reconnaît un navire de guerre. Altazin vire sur la terre et prend chasse devant l'ennemi. Aune lieue de la pointe de Barfleur, la frégate anglaise lui coupe la côte, lui envoie sa bordée et le force d'amener. On transporte les prisonniers sur le ponton le Crown, rade de Portsmoulh. (H. Chevalier, F/e et Aventures de TomSoiiville,P&Th, iSgS, in-i8, p. 240.)

Altazin. — Commande en 1 806-1807 la course de l'Etoile, armée à Dunkerque ; il prend, à partir de février 1806, 3 bricks, dont un charge de houille, le Yonng Edward, le John, leFrieux et une galiote anglaise V Adventure [Mon., i8o6-i5o), VAddison, de 120 tonneaux, YUnité, de 126 tonneaux, le Parangon, de 200 tonneaux ; au début de 1807, le John Nicholson, brick; en mars, le brick Dlessing, de 160 tonneaux; en avril le Testimony Reward, de 25o tonneaux, chargé de terre de pipe (Gallois, les Corsaii'es français, 1,208, Paris, 1847, 2vol.in-i8, et Mon. ,i8oQ, 326, et 1807, 106 et 134.)

Aucoin(Firmin), — Né à l'île Saint-Jean, en Acadie, il s'était marié à Boulogne, le 3i mai 1786, avec G. N. L. Duchesne. En l'an VI, il commande r^sca/no/é?«r (armateurs Harelle et Moleux- Crouyj.Le 5 pluviôse, à 5 heures du soir, il s'empare dusloopla Providence, allant de Portland à Mowlsend, chargé de pierres. Le capitaine de prises est Badin : il doit échouer la Providence, qui faisait eau de toutes parts, sur la côte de Saint-Frieux. Il prend encore un brick.

En l'an VII, il commande le Poisson yo/an/, portant 6 canons, de 6, et 3o hommes d'équipage (armateurs Messe-Martin et Meurice tils de Calais), Le 19 ventôse, à 5 heures du matin et à

3 lieues au large de Douvres, il prend V Harmonie, naviguant sur son lest, armée de 5 canons de 3 et 4 livres de balles^ 5 fusils, 6 pistolets, avec lo hommes déquipage. Le capitaine, Richard Sharp, s'est défendu une heure et demie, a fait feu de sa mousqueterie et tiré trois coups de canon. Le 21 prairial, vers xo heures 1/2 du soir, à une lieue de Folkestone, et après une heure de chasse, il prend le brick le Berry, avec 6 hommes d'équipage, allant d'Yarmouth àLiverpool; à 11 heures, et à 2 lieues de Folkestone, il prend le sloop la iVelly, chargé de blé, pois, fèves, etc., allant de Londres àBarmouth. Le i3 messidor, avec le Furet, commandé par Routier, il prend le trois-mâts les Frères, chargé de sucre et café, vendu 422.873 fr. oô.

Audibert (Pierre). — En l'an VII, il commande le Rusé, de 70 tonneaux, portant i4 canons et 35 hommes d'équipage (armateur Tiesset). Le i3 ventôse, avec V Industrie, commandée par J.-A. Huret, il prend le sloop le John, chargé de blé. A 8 heures 1/2 du soir, il a connaissance d'un sloop qui refuse de le suivre en France; un feu de mousqueterie blesse à mort le capitaine anglais.Deux extraits du Moniteur, parus les 27 et 28 nivôse an VII (et relevés par M. Henri Caudevelle dans le Cicérone, ar décembre 1899) signalent un haut fait d'Audibert qui met sa bravoure en lumière, ainsi que celle de Denis Fourmentin, frère deJ.-O. Fourmentin, dit le baron Bucaille ; Denis Fourmentin trouva la mort dans l'affaire, laquelle ne fut pas toute à l'honneur de l'équipage du Rasé.

Nous avons donné l'arrêté du Directoire exécutif, en daie du 27 nivôse an VII, signé de Réveillère-Lépeaux, ministre de la Marine {Mon., an VII, 117).

Le lendemain, le Moniteur publiait cet entrefilet :

« Voici la vérité sur la conduite de l'équipage du capitaine Audibert, lors du combat où le courageux Bucaille (i) a été tué : trois corsaires français donnaient la chasse à un cutter anglais ; Audibert commande l'abordage, l'équipage refuse d'obéir et se couche sur le pont. Audibert, jaloux de soutenir l'honneur français, engage le combat, secondé de son état-major; mais après avoir tiré quelques bordées, il est obligé de renoncer à son entreprise. Audibert, de retour à Boulogne, a demandé une punition exemplaire due aux lâches qui l'avaient abandonné. Le 22 nivôse, tous ont été conduits dans le fort de Boulogne, et une commission va être créée pour leur appliquer la peine qu'ils méritent. Leur moyen de défense est que c'était tirer la poudre aux moineaux que de canonner un vaisseau armé, avec lequel il n'y avait que des coups à gagner ; mais qu'ils auraient combattu de

(i) Erreur : il y a confusion avec son frère.

AN>fEXES 337

bon cœur uq vaisseau marchand dont la prise leur eût valu du butin. Le directoire exécutif, attentif à récompenser la valeur française, a pris, le 3 de ce mois, au sujet du citoyen Audibert l'arrêté que nous avons donné hier. »

Baclia (J. François). — En l'an VI, il navigue sur V Escamoteur, commandé par Aucoin, en qualité de capitaine de prise. En l'an VII, il est lieutenant à bord du Furet, commandé par Routtier. En l'an VIII, il est premier lieutenant à bord du Bien Informé, dont la première course est commandée par Robertson; il commande la 2", du 17 fructidor an VIII au 26 vendémiaire an IX. Le Bien Informé (armateur Griset,) porte 28 hommes d'équipage. En l'an XIV, il est 2* lieutenant à bord du Voltigeur^ commandé par Nicolas-Fourmenlin. Du 7 mai au 7 octobre 1807, il commande la 5e course du Voltigeur, portant 21 hommes d'équipage. Les prises sont : la A'a/îcy, vendue 3.023 fr.07; \a.Fame, chargée de charbon, vendue 326. iSa fr. 27 (27 mai); VEléonore, vendue 28.243 fr. 52 (27 mai); le Francis, qu'il fallut échouer à la côte de Berck repris par l'ennemi en allant de Berck à Etaples ; divers objets restés à Berck furent vendus 191 fr. 52. Badin, sitôt cette course terminée, reprend la mer sur le Duc de Dantzig (armateur Fontaine), dont la croisière (20 août 1807 au ig février 1808) venait d'être interrompue par suite de maladie de Duchenne, qui le commandait. Baciin, avec VEslelle, le Mars et le Chasseur, bâtiments de TElat, prend le William et Henry, et reçoit 220.260 fr. 21 pour sa part dans cette capture.

Beale (Mathieu). — Dunkerquois. Il commande le Voltigeur, avec lequel il sort du port de Boulogne le 7 fructidor an IV, à 5 heures du soir, et fait route sur l'Angleterre. Vers 11 heures, à la pointe des Ferrées, et à une demi-lieue de la côte, il prend le Robert et Elisabeth,de 120 tonneaux,chargé de charbon, allant de Sunderland à Portsmouth. Le second du corsaire, Robert, est capitaine de prise.

Beaiivois (Pierre-François). — En l'an VII, il est lieutenant et capitaine de prise sur le Sauvage, commandé par J.-B. PoUet. Du 18 nivôse au 24 ventôse an IX, il commande la course de la Victoire, portant 35 hommes d'équipage (armateur Alexandre Adam). Les prises sont : le 2 pluviôse, les ï'rois Frères, vendus 3 . 07 1 livres 24 s., plus un canot vendu 16 1. 4 s.; le 12 ventôse, une chaloupe échouée à la côte de Gris-Nez et vendue 129 1. 1 5 s.; le 24 Ventôse, avec V Eniùlear, commainàé par Levillain, le Sturrg, vendu 23. 849 fr. 85. Du i5 germinal au 28 prairial an IX, il commande le Desaix (armateur Bouchard fils), de 3G tonneaux, portant il\ canons et 53 hommes d'équipage. Les prises sont : le 21 germinal, VUnion, vendue 21 . 8i3 fr. 74 ; le 26 floréal, avec la Raccrocheuse, commandée par Broquant, le

Vine, vendu 2. 942 fr 10. Du 23 brumaire au 24 nivôse an XII, Beauvois commande le Hasard (armateur Louis Sauvage-Lassalle), portant 4o hommes d'équipage. Le 26 nivôse, il enlève à l'abordage un brick anglais de i4 canons, mouillé dans l'anse de Pevensey, près de la pointe des Ferrées, et presque à portée de fusil de deux frégates (A. Mariette. Almanach de Boulogne, 1845, p. 108). Les prises sont : le 25 nivôse, la Jane, chargée de farine, de céruse, de jus de citron, de bière, vendue 20.644 fr. î8 ; la Jane, vendue 3.627 fr. 17; \ Elisabeth, vendue 48.689 fr., le Georges, vendu 20.064 fr. 66.

Bénard-Margollé (Jacques-Claude). — Calaisien. En l'an V, il commande le Voltigeur, et prend le brick les Deux Frères, le 28 frimaire. Le 9 Brumaire an VIII, il commande la Revanche, et prend le Jersey Packet, capitaine John Bienvenu, allant de Londres à Guernesey.

Blondin. — Né à Saint-Valery-sur-Somme. En fructidor an IX, il commande le Masséna. Du 29 nivôse au aS fructidor an XIII, il commande VEglé (armateur Louis Grimonpré> d'Etaples) de 58 pieds de quille, portant 45 à 5o hommes d'équipage. Avec le Prosper, il prend le Samuel, vendu 3.444 fr. 2S. En 1806, la première course du Grand Napoléon n" 2, sous le commandement de Huret, s'est terminée par un échouement à Ambleteuae ; le navire, réparé à Calais, est placé sous les ordres de Blondin, et accomplit sa 2« course, du 21 décembre 1806 au i3 février 1807 ; il prend VInfrie denhut, un Danois qui bénéficie d'un jugement de main levée, et le Hop Branch, vendu 4-342 fr. 18. Blondin commande la 3^ course du même navire (armateur Choisnard), du 20 février au 12 mai 1807. Les prises sont : le Bird (avec le Voltigeur, capitaine Nicolas Founnentin, et la Revanche, capitaine Huret) vendu 21. 751 fr. 3o ; le William (avec Y Etoile, capitaine J. Fourmentin) vendu 9.002 fr. 70; Ia Marie de Sunderland (avec la Revanche, capitaine J. Gabriel Huret), vendue 8.538 fr. 55 ; le Garland, vendu 71.297 fr. ; VExpériment (avec V Etoile, capitaine Fourmentin), vendu 39.818 fr. 63; le Camillus, vendu 18.167 ^^- ^9 > ^^ Science échouée sur la côte de Cucq et vendue 7.652 fr. 67. Le 18 décembre 1807, Blondin sort sur l'Entreprenant (armateurs Lunel et Castiuel), portant 16 canons et 5o à 60 hommes d'équipage ; il prend le Speculator, qui fut mis au référé de l'Empereur, et vendu 18.346 fr. 65 au profit des Invalides de la Marine ; la Mary, vendue 10.492 fr. o5, \q Norwich- Paquet, vendu 4-583 fr. 42- Il est pris lui-même par les Anglais le 1 3 janvier 1808. Rendu à la liberté, il recommence la course à bord du Rancunier (armateur Louis Fontaine), portant 16 canons de 4 ; '^^ course dura du 4 octobre 1808 au i!\ avril 1809. Avec le Génie, le Rancunier,

il prend: la Caroline, vendue 22.21 Ofr. 06; \a Lady Bruce, vendue 2 1.833 fr.88 ; le ClapLon, vendu 293.220 fr. 73 ; avec V Espoir et le Grand Duc de Bcrg, il prend encore la Flora, vendue i4.G3G fr. 54. Blondin commande la 2e course du Rancunier (armateur Louis Fontaine), du 5 août iSog au 7 janvier iSio' il prend la Phébée^ vendue 98.042 fr. 28 ; le Liebing, prussien qui fut élargi ; le William, vendu i4. i58 fr. 88 ; et (A. C. pièce non cotée) la Jeune Ernélie. La 4" course du Rancunier, en 1810-1811, fut commandée successivement par Blondin et Delpierre ; les A. G. ne portent aucun produit ; les A. G. signalent, au contraire, la prise du Falmouth, chargé d'oranges et citrons, et de VAlbany, chargé de charbon. ■

Blondin fut décoré de la Légion d'Honneur. Il devint capitaine du port de Boulogne, et mourut le i5 février 1864.

Boissel (Michel). — Commande ï Amiral Decrès (armateur S.Hesse) portant lO canons et 60 hommes d'équipage (1809).

Bouchard (Robert). — Commande les trois courses du Coureur (armateur Lafoirez-Cadet), portant 3i à 36 hommes d'équipage : la première, du 5 messidor au i3fructidor an VIII, comporte une prise, le Fox, faite avec le Bien Injormé, commandé par Robertson, et vendue 10.417 fr. 78 ; la deuxième, du 5 vendémiaire au 3o brumaire an IX, rapporte deux smoggleurs, vendus l'un 1.71O fr. 75, et l'autre 4-720 fr. 65; la troisième, du 5 frimaire au 29 nivôse an IX, rapporte la prise d'unnavire armé de 8 canons, la Calédonia, qui fut vendu 6o3. 807 fr. 53. Du 23 ventôse au 8 floréal de la même année, Bouchard repart sur V Impromptu, et prend VHelen et Marie, qui est vendue 39.818 francs 95.

Boiirgain (Achille-Gabriel). — Né en 1776, il est, au temps de la Flottille, canotier de l'Empereur. Le 17 septembre 1808, il part comme second à bord du Bucaille, capitaine J. Fourmentin ; ce dernier est victime d'un accident, et Bourgain le remplace et continue la croisière. Il prend successivement le Hesslewood, vendu 149.966 fr.23 ; \& Minerve {nvec la Princesse de Bologne, capitaine Pierre Broquant) vendue 1.009.904 fr. 62; le Phénix (avec le Père de famille, capitaine Sauvage, et la Vengeance capitaine Roultier) vendu 6.G94 fr. 45 ; et YEngelbiish, vendu 18.808 fr. 38. Malheureusement, cette course si brillamment commencée finit mal : attaqué par l'ennemi, Bourgain a les poignets coupés en montant à l'abordage, et meurt le 29 janvier 1809 ; ^'^^ navire fut perdu en mer le surlendemain 3i janvier. Bourgain (Jacques). — En pluviôse an VI, il commande le Marsouin (armateur Merlin), et prend un sloop sur lest. Du 8 décembre 1807 au 27 février 1808, il commande la 2e course de l'Intrépide (armateur Lafoirez-Cadet), de 56 tonneaux, portant 16

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canons, et 65 à 78 hommes d'équipage; il fait une prise, la iJ/«r/e, vendue 624.081 fr. 89. Le i4 novembre 1808, il part pour une nouvelle course à bord du Vengeur (armateur Louis Fontaine), armé de 17 canons, 6 espingoles, i4 paires de pistolets, 4o sabres, [\o fusils, et portant 74 hommes d'équipage.

Broqiiant (Jacques). — Voir sa biographie et ses Mémoires. Brunet (François). — Commande en 1809-1810 le Barbier de Séville (armateurs Delporte frères et Dupont). L'armement se fît à Calais,

Buttez (Marc), — Du 16 novembre 1811 au 3o juin 1812, il commande la 2^ course de V Entreprenant (armateur Griset), et prend (avec la Courageuse, capitaine Routtier), \q Granero,ytnàa 219.582 fr.27, et la Suzanne, 21,680 fr. i!\.

Carpentier (Jacques-François). — Il commande le Fin Matois (armateur Gasser-Tiesset), et sort d'Amsterdam le 19 octobre 1809; il prend, le 12 janvier 1810, la i^e/?îme Ger/rude, vendue 71,976 fr, 61, mais se brise sur la côte le 3 mai suivant, et est totalement perdu.

Cary (Charles), — Néen 1788,11 prend part, en i759,au combat naval livré à la hauteur de Belle-Isle par la flotte française commandée par le maréchal de Conflans, contre la flotte anglaise commandée par lord Hawke. Le 8 novembre 1792, il est nommé visiteur du port de Boulogne, par le Tribunal de Commerce, En l'an V, commande V Unité: nous avons conté la prise du Swan ; l'année suivante, il prend V Aventure.

Il reçut des félicitations du Directoire et une hache d'honneur. Il mourut en janvier 1 838, dans sa centième année.

Cary (Pierre). — En l'an VI, les Cazin, d'Hardinghen, ayant acquis une prise anglaise, la Rébecca, voulurent s'en servir pour transporter une cargaison de bouteilles provenant de leur manufacture. Ils confièrent leur navire à Pierre Cary, et le neutralisèrent : le bâtiment fut au nom de M, Alexandre Julius Escherhausen, négociant à Embden, sous pavillon prussien, et nommé Longverwaght. Le capitaine s'appela Peter Cary, domicilié à Embden. Parti le 2O mai 1798, Cary fut arrêté à hauteur de Lisbonne, et ramené à Guernesey, puis relâché . Un vaisseau de guerre, Vllyoeua, le captura à nouveau et le ramena à Plymouth. Il s'ensuivit un long procès devant l'Amirauté de Londres, qui relaxa le navire, mais retarda indéfiniment sa décision relativement à Cary. Le navire rentra à Calais le 27 septembre 1800 [Mémoire de Mme veuve Cary contre ^I. Cazin, Bib. de Boulogne, Carton C 9, no i). En brumaire, an IX, Pierre Cary est capitaine en second à bord du Boulonnais, commandé par Hardouin; du 22 nivôse au 9 floréal de la même année, il fait unecourse sur Vlnlrépide, capitaine Lantonne. Il repart aussitôt

après, chargé de conduire au Havre une canonnière. Le 24 prairial, il a la cuisse emportée dans un combat que sa division soutient en rade de cette ville contre trois freinâtes anglaises. Il meurt des suites de cette blessure le 28 thermidor.

Carry ([\obert). — En l'an V, il commande l'^^rtiVe (armateurs Moleux-Crouy et Alexis Dauchy), et, avec J.-O. Fourmentin, commandant le Èiisé, prend l'yl /i/ia, venduegy. 2851. 10 s. i d., la Résolution, 78. 176 1. 10 s. 9 d., l'^ye/j/nre, 4fl9. 3i6 1. 17 s., l'Anna 121. 179 1. i3 s. 8 d., et la Cambria, 84. 268 1. 18 s. 3 d. (A. D. Lr Boulogne, Corsaires).

Casteylen. — Commande en février 1798 le Maraudeur, de 10 tonneaux, armateur Ducarnoy [Ihid.].

Caudron (Antoine). — En mars 1798, il commande le Républicain, de 20 tonneaux (armateur Fontaine fils). Le i5 frimaire an V, sur le Diable volant, (armateur Louis Fontaine et Gallet), il sort de Dieppe, fait voile pour la côte anglaise, et le ) 7, à 3 heures du matin et à 3 lieues Ouest de la pointe des Ferrées, il a connaissance d'un brick qu'il chasse ; à 4 heures, il en est à une portée de pistolet et le hèle; le brick répond par un coup de canon; il riposte, et, après un quart d'heure de canonnade, son équipage monte à l'abordage, trouve l'équipage anglais dans la chambre, le fait passer à son bord, et emmène à Boulogne la prise, la Bonne Samaritaine, sur son lest, allant de Portsmouth à Sunderland.

Gavez (Jean-Baptiste). — Il commande en l'an VIII le Républicain (armateurs Moleux-Crouy), portant 20 hommes d'équipage, et prend le William, de Rye,vendu 12.864 fr. i?- Le le"" frimaire, il est pris par les Anglais. Du 2 avril au i5 juin i8oi, il commande la course du Furet (armateur Griset).

Clément. — Il fait une course du i^' juin au ler novembre 1818; avec le Lion, n° 8, capitaine Delpierre, il prend VOlive Brandi, vendu 44-029 fr. 21, et r.4«/7, vendue 8.858 fr. 8g. Il est fait prisonnier par les Anglais.

Coquerelle, — Du 27 novembre 1809 au 12 mai i8io,il commande la course du Templier (armateur Fréville, de Montreuil), de 56 à 67 pieds de quille, portant 89 hommes d'équipage. Après la course, le corsaire fut vendu 80.090 fr. i3.

Cornu (Charles-Robert). — Né en 177 1 il était écoreur de son métier. En l'an VI, il prend le commandement du Cygne (armateur Louis Fontaine), et fait quatre prises : le 2 pluviôse, le Lion du Nord, qui fut relaxé; le 29 pluviôse, le Balon, brick de 80 tonneaux, portant 0 hommes d'équipage, chargé de blé et d'orge allant de Blackuey à Soreham ; le 4 février, le Rodner/, sur son lest, portant 6 hommes d'équipage, parle travers de Folkestone • le même jour, VAurore, chargée de fromage, sucre, chandelle

savon, beurre, allant de Londres à Arundell. — Du 22 pluviôse au II germinal an VU, il commanda la se course du Furet (armateurs Moleux-Crouy et Alexandre Adam) ; le 1 1 ventôse, à un kilomètre des côtes anglaises, il hèle un brick, le Famé.* «Amène à un corsaire français! » Le brick, armé de 2 canons de 6, de 2 de 4, de 4 espingoles, et de pistolets, répond par trois coups de canon; le corsaire riposte de son artillerie et de sa mousqueterie,puis monte à l'abordage ; le Famé, chargé de charbon, allait de Sunderland à Plymouth ; il fut vendu 28.401 livres ; le 27 du même mois, avec le Tippo-Saïb, capitaine Toussainl-Lebeau (armateur Louis Fontaine), il s'empare de VAyr, vendu 82. 160 livres, et, le 2 Germinal, avec VÏndusirie, capitaine J. Huret (armateur Griset), il prend à hauteur de la pointe des Ferrées, le William et Ann, vendu 2.176 livres. Le produit total de la course se monta à 45.007 fr. 65, sur lesquels il resta 35.638 fr. 87 à répartir; l'équipage reçut 2.io3 fr, 72^ et les intéressés 498 fr. 82, soit 4 fr. 90 par action. — Cornu commande la 3e coursedu Fiiref {mtvae armateur) du 26 vendémiaire au 23 nivôse an VIII; il fait deux prises : la Glory, allant de la Jamaïque à Londres, chargée de sucre, café, bois de campèche, vendue 422.904 fr. 60 ; le sloop le Race-Horse, allant de Sunderland à Exeter, chargé de charbon et de pierres coupées, pris à une demi-lieue de Douvres, et vendu 9.640 fr. 58. Le produit total de la course fut de 432.545 fr. 18 ; il resta 362.355 fr. 22 à répartir 194 828 fr.97 à l'équipage,i79.453 fr. 33 aux intéressés; les Invalides delà Marine eurent 17.71 1 fr.6o et la caisse des prisonniers français en Angleterre 33. 652 fr. 4. — Du 2 brumaire au 16 frimaire an IX, Cornu commande y Impromptu (armateur Alex. Adam), portant 67 hommes d'équipage. Il prend la Marie, de Newcastle, chargée de fer, armée de 4 canons de 3, et de 2 pierriers, A'endue 11. 556 fr. 95 ; le /J ope, vendu 3g.oo6fr, 67; la Tarre, d'Yarmouth, vendue 54.587 fr.22; la Marie et Margaret, armée de 3 canons de 4, de 45 fusils et de 3 hallebardes, vendue 7.284 fr. 3o. — En l'an XIII, il commande le Glaneur (armateur Sannier-Ducrocq) ; il a Tom Souville comme premier lieutenant. — Il prend le Burion, brick de ii5 tonneaux chargé de raisins, de figues et de liège. — Du 7 octobre 1808 au 20 mai 1809, il commande la i''e course du Génie {armaienr Dujat-Wallet), de 6ptonneaux, portant 16 canons de différents calibres formant ensemble 42 livres de balles, 20 paires de pistolets, 8 espingoles, 4o fusils, 4o sabres et 69 hommes d'équipage; l'état-major comprend Pierre Hénin, second, William Wisser, i^r lieutenant, J.-M. Lebeau, 2^ lieutenant, J.-J. Huret, 3elieutenant;lesprises sont: h Friendship,vendo. 10.837 fr. 25 ; la Paix de Malte (avec le Grand Napoléon, n» 3, capitaine Wasselin) vendue 810.468 fr. 75; la Lady Bruce (avec le Ran-

Cimier), vendue 21 '833 fr. 88; la Caroline (avec le Rancunier), vendue 22.2 lOfr. oG; le Bedford (avec l'Oiseau, capitaine Fresson) vendu Go. 788 fr. 83; le Good O/Z^en/'/i^, vendu 27.533 fr.62; le iVanderer (avec le Prospère, capitaine Flouest) chargé de charbon, et vendu 6.898 fr. 28 ; l'A/irore (avec la /'oWM/îe, capitaine Lefebvre), vendue 210.278 fr.54; la cargaison de ce dernier navire, consistant en planches et goudrons, fut réquisitionnée par la Marine impériale, ce qui retarda beaucoup le règlement définitif de la liquidation de la course. — Le 20 octobre 1809, Cornu repart sur le Génie (armateurs Lunel et Castinel) jusqu'au i3 juillet 1810. Les prises sont : la Sara Helena, vendue 29.221 fr. 72; le Pocachonias {avec le Prince Eugène et la Joséphine, capitaines Fournier et Huret), chargé de sucre, café, coton, vendu 488.228 fr. 91 ; le Harmand, conduisant de St-Domingue à Londres une cargaison de sucre et café, pris à 8 lieues au large de Sl-Frieux, et vendu 434-594 fr. 76; le Loup, la Liberté des Mers, le François, la Joséphine y prétendirent, mais furent déboutés parle Conseil des prises ; enfin la Vénus (avec le Prince Eugène el la Joséphine, capitaines Fournier et Huret), sur laquelle le Génie eut 1.706 fr. 75 pour sa part. Cornu mourut le 29 février 1860, à 89 ans.

Cornu (Philippe). — Lieutenant de Toussaint-Lebeau sur le Tippo-Saïb en l'an VII ; il commande, du 12 mai au 16 octobre 1808, la Vengeance (armateur Lunel) ; l'armateur Griset la rachète 20.000 fr. et fait 25.000 fr. de nouveaux frais : la Vengeance porte i4 canons et des menues armes, et 46 hommes d'équipage. Elle prend, avec le Vigilant, capitaine Pierre-Augustm Delpierre, la Pa/a?, vendue, net de frais, 1.6 1 5 fr. 35,1a Fortune, 2.253 fr. 20, et trois smoggleurs, la Vénus, le Poissonvolant et le Fawne, vendus 2.640 fr. 49-

Crœsel (Michel). — Il commande en 1811-1812 le Pilotin (armateurs Delporte Frères et Dupont), portant [\i hommes d'équipage.

Delattre (Conil). — En juin 1798, il commande la Petite Victoire (armateur François Horeau-Varlet, de Calais), et prend la Marie, de Sunderland, voyageant sur lest. En fructidor an IV, il commande le Maraudeur et prend le Lewis, sloop chargé de poutres et planches, et la Catherine, portant une cargaison de farine, de Londres à Bristol. En l'an VIII, il commande le Petit Henry (armateur Lafoirez-Cadet) ; par suite d'une fausse manœuvre des deux parts, le 28 nivôse, il coule un pêcheur,le Don de Dieu, en rade de Boulogne.

Delpierre (Jacques). — Il commande en l'an VI une course des Huit Frères (armateurs ïiesset) (E. Dutertre, op. cit.).

En i8o4, il commande la chaloupe canonnière le Flambart;

à bord sont ses trois fils, Jacques, Pierre et Athanase. L'amiral Bruix l'ayant chargé d'une mission pour le capitaine Pévrieux, en rade de Calais, il monte le canot du pilote Fournier, afin de la remplir. Il part à la rame, mais, pour doubler le Gris-Nez, hisse une j>etile voile. Les Anglais l'aperçoivent, le visent, et un schooner lui donne chasse. Il confie à son plus jeune fils Athanase la boîte en fer blanc contenant la dépêche, et, quand le canot approche du fort Rouge, un boulet coupe son mât et le chavire. Athanase plonge; il a trois quarts de lieue à nager par une mer assez grosse ; il se dirige sur une embarcation battant pavillon français; on lui tire un coup de canon et une décharge de mousqueterie; il se laisse couler, puis se retrouve à bord du Marsouin, qui l'a recueilli. Il peut remettre la dépèche au capitaine Pévrieux, qui l'embrasse et lui fait donner par l'Empereur une pension de 3oo francs. Son père et ses frères s'étaient laissés dériver avec la marée, pour donner le change aux Anglais. Athanase Delpierre fut décoré à la prise d'Alger [Almanach de Boulogne, i856, p. 80, Ch. Bousquet).

Delpierre (Pierre -Augustin). — Du 4 avril au 19 juillet 1808, il commande la ire course du Vigilant (armateur Alex. Adam), monté par 44 hommes d'équipage. Avec la Vengeance, capitaine Philippe Cornu, il prend deux smoggleurs, la Paix et la Fortune, vendus 3. 808 fr. 55. En 1809, il commande VEtoile, n° 2 (armateurs Merlin-Dubreuil et Delporte Frères), portant 16 canons. Il est le héros d'un combat consigné en ces termes, à l'année 1807, par Lecomte et Girard dans leurs Chroniques de la Marine française (V, 34) :

« L'Etoile sort de la rade d'Ostende, le 18 septembre, et prend presque aussitôt un navire chargé de suif et chanvre, qui est expédié sur Calais. Ce bâtiment était encore en vue, lorsqu'un cutter anglais l'aperçoit et se dirige sur lui ; vainement veut-il fuir, le cutter le gagne et le force de se rendre. Le ca^àtaine de VEtoile, à la vue de sa prise retombée au pouvoir de l'ennemi, ne balance pas à lui en disputer la conquête. Il fait toutes voiles, le cap sur le cutter vainqueur,

« L'Anglais, abandonnant lui-même la prise, manœuvre sur le corsaire, voulant provoquer rengagement qu'on voulait lui offrir. Les mêmes lames battaient les deux navires ennemis lorsque s'enflammèrent leurs batteries. L'abordage se fit avec la plus grande violence ; l'équipage du corsaire s'élança sur les bastingages anglais, où son premierchoc obtint un succès momentané ; un grand nombre des assaillants avaient atteint le plat-bord, le contremaître Delpierre s'était élancé sur le tillac, lorsqu'un effort simultané de l'ennemi repousse les corsaires sur leur navire. Delpierre reste seul au milieu des Anglais ; sa position le protège,

entouré qu'il se trouve de ceux qui le combatte^it, on ne peut user contre lui que d'armes blanches. La hache d'abordage qu'il fait tournoyer autour de sa tête pare les coups el en porte sans cesse de mortels ; il va succomber pourtant, lorsque, apercevant un passage, il s'élance vers l'arrière, franchit le bord et saute à la mer. L'ennemi, étonné, ne songe pas à l'inquiéter de sa mousqueterie.

« Cependant, l'équipage français s'efforçait inutilement d'atteindre de nouveau le bord qu'il avait occupé un instant. Les Anglais le défendaient avec résolution et énergie ; la mort présumée du brave Deipierre avait d'ailleurs jeté quelque indécision dans l'attaque. Le tillac de V Etoile s'ensanglantait ; une partie des assaillants songeaient déjà à se dégager de cet abordage fatal lorsque le contre-maître, ruisselant d'eau, reparaît parmi eux; une acclamation l'accueille ; à sa voix, le courage ébranlé se ranime, on se presse sur ses pas pour livrer un nouvel assaut ; l'ennemi, cette fois, n'en peut supporter le choc ; il fléchit, il est culbuté, et le cutter tombe enfin au pouvoir des Français.

« Cet aviso de la marine britanniqueétail V Argus ; une demiheure après qu'il eut amené son pavillon, le corsaire, auquel la violence de l'abordage avait causé de très graves avaries, sombra sous les lames. »

Du 10 janvier au 22 mai 181 1, Pierre Deipierre commande la 5e course du Rancunier (armateur Louis Fontaine), armé de 4o canons, 4 espingoles et 25 pistolets. Il prend les Amis, vendu i3.486 fr. 61 ; VAlbanij, chargé de charbon, vendu 7.912 fr. 28 ; le Friends Guodwill, chargé d'ardoises, vendu 0.224fr. 5g ; le Pailh, vendu 5.748 fr. 75 ; et enfin, avec le Grand Duc de Berg, la Marie-Louise, le Furet, le Subtil, la Victoire, le Curieux, le Grand Furet, et le Bon Génie, un cutter de guerre britannique, VO/gmpia, qui fut vendu 11.399 ^^- ^^ > '^ reçut pour sa part 544 fi". 89. Après Clément, qui avait pris l'O/^^e hi'anch, vendu 4"-6i2 fr. i5, il prend le commandement du Lion, n^ 3 (armateur Mme Gasser-Tiessel), portant 60 à 65 hommes d'équipage ; il s'empare de VAnn, vendue 7.233 fr. 71. La course, commencée le i«r juin 181 3, fut arrêtée le ler novembre par la prise du corsaire par les Anglais.

Deipierre (François-Jean-Nicolas). — Du ler septembre au 3i décembre 1809. il commande la iro course du François (armateurs Audibert et Moleux-Crouy), portant i4 canons et obusiers, et Co hommes d'équipage. Bosson, interprète des langues, était allé recruter l'équipage parmi les prisonniers neutres des dépôts d'Arras, Rocroy el Cambrai. L'état-major ne comprenait que des Boulonnais : Jacques Delalire, second ; Jean-Pierre Deipierre, premier lieutenant ; J.-J, Flahutel,2« lieutenant; et J. B. G.

Syabas, 3« lieutenant. Il prend \tSaccess, vendu 81.275 fr.36 Delpierre (Louis). — Il commande successivement quatn courses an Don Génie (armateur Castinel), de 61 pieds 1/2 de têt en tète, portant 16 canons faisant 42 livres de balles, et 84 hommes dequipag^e : du 12 septembre au 18 décembre 1810, les prises sont : la barah, vendue 235. 4o3 fr. 4o ; le Shield, vendu 81. 070 fr. 71 ; le Thomas, vendu 48.i33 fr. 47. Du 20 décembre 1810 au 16 mai 181 1, Delpierre ne rapporte que sa part dans la prise du cutter de guerre YOlympia, soit 544 fr- 89. Du 10 septembreau 11 décembre 1811, il prend le Limogen, chargé de tan, vendu 7.925 fr. 77, et VAnna, vendue 45-791 fr. Une pièce non cotée des A, C. mentionne encore le Harriot, et le Dart, naviguant sur lest. Enfin, du 12 décembre au 10 mars 1812, il prend la Martha,vtnAMe 68.598 fr. 16, avec le Duc de Dalmatie, et le Furet, no 2, capitaine Pierre Broquant, et le William, vendu 44- 975 fr. 26. La même pièce des A. C. ajoute le Général Lincoln, sur lest.

Demay (Jean-Gabriel). — Du 11 octobre 1808 au i5juin 1809, il commande la i^e course du Figaro (armateurs Deiporte Frères), portant 57 hommes d'équipage. Il prend la Junon (avec le Grand Napoléon, capitaine Huret), armée d'artillerie, vendue 234.684 fr. 95 ; le New Gw/V/e, chargé devin d'Espagne, de soude et de roseaux, vendu 367.808 fr.42 ; la Betsy, vendue 199.714 fr. 26; le Phénix (avec le Père de Famille, capitaine Sauvage, le Bucaille. capitaine Bourgain, VEpervier, capitaine Pérard, le Vautour, capitaine Danger (de Nantes), la Fen^ea/îCi?, capitaine Routtier; Y Aventurier, capitaine Lefort; le V'en^fewr, capitaine Bourgain), et reçut pour sa part [\h\ fr. 12. — Pendant la 2e course Au Figaro (armateurs Deiporte Frères et Dupont), il prend, en février 1810, le Liitle Hawk, vendu 3.684 fr 72. — Du 28 septembre au 18 décembre de la même année, Demay commande la ire course du Subtil (armateurs Dubreuil et Berthe), armé de 6 caronades de 12, de 4 canons de 3, et i de i, avec 60 hommes d'équipage; il prend \e Falmouth, vendu 19.884 fr.Si, le Jules César, vendu 4 10. 648 fr.gS (la douane perçut 52.536 fr.33 de droits), et le Pont- Neuf vendu. 78.041 fr. 22. La 2^ course du Subtil, armé cette fois par Merlin Dubreuil, a lieu de suite après : Demay repart le 26 décembre 1810 jusqu'au 20 juin 181 1; il participe à la prise du cutter de guerre YOlympia, ce qui lui vaut 544 fr.89,et s'empare du Hibberts, vendu 148.909 fr. 18.

Desgardins (Benjamin). — Du 29 fructidor an VII au 10 brumaire an VIII, il commande la course du Vrai Décidé (armateur Lafoirez-Cadet), armé de 4 canons de 2, de 2 de 4 et de i de 3, avec 4i hommes d'équipage. Les prises sont ; la Maria, vendue 5.387 fr.25; le PoiVi^er (avec le ^Swcces, capitaine Routtier), vendu

229. 327 fr. Ô3; V Industrie (avec le Succès), vendue 191.844 fi*- 3i; la Columbia (avec le Succès), vendue 120.524 f r ; le ffope (avec la Joséphine, capitaine Marfçollé) vendu 10.228 fr. 65, et portant une troupe anglaise revenant de l'expédition de la Balavie.

Desprairies (Jean-Armand). — Il sort de Boulogne le i4 octobre 1809 avec le Maraudeur' (armateur M™« Veuve Lafoirez- Cadet), portant 70 hommes d'équipage.

Dezandt (Jean-Pierre). — 11 finit la fe course du Génie, commencée par Cornu, et commande la 2^, du 21 mai au 19 octobre 1809 (armateurs Dujat-Wallet et Lunel ). Il a Sg hommes d'équipage. Prises : le Prosper, vendu 3.197 fr 25, et le Clapton (avec le Rancunier, capitaine Blondin), vendu 293. 220 fr. 73.

Digard (Louis). — Il commande deux courses du Drôle (armateur Moieux-Crouy), du 18 germinal au i5 prairial an IV, sans faire de prise (E. Dutertre,/*a7*c/ie/«;'rts et vieux papiers du pays boullenois et pays circonvoisins. Boulogne, 1899, plaq. in-8).

Drosier (François-David) . — 1808-1809, ^^ commande le Grand Duc de Berg (armateur Mme Viel aînée) et prend le Slorck, vendu 159. 772 fr. 84, et le Liefde, vendu 3.332 fr. 02. Du 8septembre 1812 au 2 mars i8i3, il commande la ire course de

Y Honorine (armateur Merlin-Dubreuil), avec 60 à 70 hommes d'équipage; il prend (avec l'^/eo^a/i'/rme, capitaine Nicolas Fourny) la il/a/'//, vendue 1.907 fr.58, et, à lui seul, la Sophie et YAlexanrfer, vendus ensemble 901.691 fr.92. — En i8i3, il commande la 2e course de Y Honorine (armateurs Versial et Merlin Dubreuil) et prend le Palamon, vendu 7.612 fr. 5o. La même année, il commande encore une course du Subtil No 2.

Duchenne (Jean-Pierre-Anloine). — Né le 6 mai 1767. En février 1782, il expose sept fois sa vie pour sauver 29 hommes de l'équipage d'un corsaire de Granville naufragé sur les rochers de Famenville près Cherbourg ; pour ce fait, la Convention lui alloua, par décret du i5 frimaire an II, une pension annuelle et viagère de 3oo livres [Mon., II, no 47).

Il navigue en 1783 à bord de bfitiments de commerce. En 1789, il est appelé à servir sur le Canada et le Vanneau, navires de la marine royale. En 1793,11 est premier lieutenant à bord de

Y Espoir, commandé par le capitaine Hardouin. Le 3 floréal an II, on le trouve officier auxiliaire sur la canonnière la Surprise, et du 8 messidor au 3o thermidor an III, il commande le transport le Mercure. En brumaire an IV, il est capitaine de Y Espoir, (armateur Louis Fontaine), et s'empare d'un navire norvégien, la Marie-Elisabeth, dont le tribunal ordonna par la suile la mainlevée. En vendémiaire, an VI, à 9 heures du matin, étant à terre, il guette au large une voile aux manœuvres équivoques. Avec quelques camarades, il forme le projet de s'en emparer; l'arma-

teur Tiesset était là; il arme de suite une barque de 7 tonneaux, les Bons Amis, qu'il confie à Duchenne après avoir rempli les formalités légales. A 5 heures du soir, Duchenne attaque celte voile, la Marie-Madeleine, à une lieue au large du port, l'amarine, y jette Aucoin comme capitaine de prise, et onze hommes, et tous rentrent au port. La Marie-Madeleine allait de St-Domingue à Altona avec un chargement de pelleteries; Tiesset transigea avec le subrécargue danois, et donna main levée de la prise moyennant 4.000 livres. — A la fin de l'année, il commande V Espiègle (armateur Tiesset fils) ; il est le héros de l'affaire du Groioler, avec 3.-0. Fourmentin, commandant le Rusé ; elle a été diversement conté ; nous en avons donné la version officielle, d'après les Archives du Greffe du Tribunal de Commerce. (Cf. encore le récit qu'en font les Azotes de Fourmentin.) Cet exploit lui vaut deux pistolets d'honneur, envoyés par le Directoire exécutif, le i^r nivôse an VII. En l'an XI, il est écoreur. Du 9 vendémiaire an XII au 3o ventôse an XIII, il est employé aux mouvements du port, avec le grade d'enseigne, décoré de la Légion d'Honneur le 28 thermidor an XII, et créé Chevalier de l'Empire. — En 1807, Tiesset arme encore pour lui le Duc de Dantzig. La I'* course de ce navire va du 20 août 1807 au 19 février 1808 ; il portait i4 canons de i à 6 livres de balles, et 5o hommes d'équipage ; le 26 novembre 1807,1! chasse V Amante, qui vient s'échouer à Dannes, et qui est adjugée aux batteries de la côte. Le i3 février suivant, il était au Havre : des bâtiments marchands passent en vue; Duchenne veut les chasser, mais l'autorité maritime ne lui permet de sortir qu'après une infinité de démarches, et en même temps que des bâtiments de l'Etat pour lesquels le Préfet maritime voulait la prise. Il s'ensuivit un procès qui fut d'ailleurs gagné par le corsaire. La prise en valait la peine : c'était le William et Henry, vendu 624.577 fr. o5. — Le 22 août 18 14, Duchenne reçoit des Bourbons la décoration du Lys, puis le grade de lieutenant du vaisseau et la croix de la Légion d'honneur (/î/o«., \%il\, n° 619) . Le 10 octobre 1816, il est nommé visiteur de navires. Il mourut le 27 janvier 1826, marguillier de la paroisse de Saint-Nicolas.

Deux de ses fils s'illustrèrent : l'un, le docteur Duchenne, de Boulogne, fut le créateur de l'électrolhérapie ; l'autre fut Mgr Adolphe Duchenne, dont les encouragements permirent à Marianne- Toute-Seule de créer le premier établissement hospitalier pour scrofuleux à Berck-sur-Mer (i).

(i) Aux renseignements que nous ont fournis les A. G., nous avons ajouté ceux qu'a donnés M. A. Lefebvre dans la France du Nord, d'après les Fastes de la Légion d'Honneur.

Fauqueux. — Du 2 frimaire au i/\ pluviôse an VII, il commande les /[ail Frères (armateur Alex. Adam) ; il prend un pécheur de Brighton, la Fannij, avec le Tippo-Saïb, capitaine T. Lcbeau, les Trois Frères, brick chargé d'avoine; avec le Furet, sept bateaux pêcheurs. En i8t/i, Louis XVIII le fait enseigne de vaisseau et chevalier de la Légion d'honneur (t^/o/j., i8i/|, n°257).

Flouest. — En 180G-1807, il commande l'Espoir (armateur Rigoulf, de St-Valery-en-Caux),et prend le Robert-Thomas (avec le Glaneur et le Chasseur, capitaines Souville et J. Fourmentin), vendu 2.787 fr.35,et la Marie, de Londres, vendue i5i.888 francs. En 1808, il commande le Prospère (armateurs Culié et Duboutjde Calais), et s'empare du Hope, vendu 44-970 fr. 54.

Fourmentin (J.-O.), (Denis), (Nicolas), (Jean). Voir leur biographie et les notes.

Fournier(J.-B.) — Voici comment il apparaît pour la première fois dans un récit légèrement « mis en scène » par l'auteur, L. Brunet {Alinanach de Boulogne, 1857, p. iio) ;

« Le 7 novembre i8o3, le port de Boulogne présentait une animation inaccoutumée; dès 9 heures du matin, les diverses divisions de la Flottille s'ébranlaient pour aller prendre leur rang dans les lignes d'embossage, d'après les ordres transmis par le Premier Consul à l'amiral Bruix. A 10 heures, un coup de canon, parti du baleau-amiral, annonça le commencement d'une grande et belle revue navale.

(I A ce signal, Napoléon sortit de sa baraque et vint se placer sur le bord de la falaise, à côté de la Tour-d'Ordre, entouré d'un nombreux état-major. Le temps était nébuleux, et le roulis sourd de la mer semblait présager une mauvaise journée. Cependant, le Premier Consul contemplait avec orgueil tous ces navires nouvellement gréés, et suivait avec un intérêt marqué les manœuvres, les évolutions de sa jeune marine. Les Anglais paraissaient ce jour-là ne vouloir être que simples spectateurs de celte fête; les vaisseaux ennemis se reposaient sur leurs ancres, et ne donnaient aucun signe de vie.

a Vers 11 heures, le temps s'assombrit, la mer grossit visiblement, un orage menaçait d'éclater. Un mouvement s'opéra tout à coup dans la ligne, le pavillon amiral donnait le signal de la rentrée.

« Mais l'ouragan progressait rapidement ; bientôt il éclata avec violence , et mit la confusion parmi les navires qui s'efforçaient à regagner le port.

« Napoléon, du haut de son poste d'observation, pesait avec anxiélé toutes les chances de danger ou de salut qu'encourait la Flottille : sa crainte, son espoir se manifestaient par des trépignements nerveux.

35o LES CORSAIRES

« Rapide comme l'éclair, il monte sur son coursier, et vole sur le rivag'e par l'ancien chemin des Signaux. Toute la population et l'armée accourues aux premiers symptômes d'alarme, l'accueillent avec acclamation. Il se précipite dans l'eau et dirige lui-même les secours qu'il faut porter aux naufragés : 3 péniches et 2 prames sombraient; quelques hommes avaient déjà péri !... Les autres bâtiments, avec plus ou moins d'avaries, touchaient en sûreté au port, il ne restait qu'un schooner qui, les voiles déchirées, le haut du mât brisé, voguait à la dérive vers la côte. La mer était horrible, les vagues déferlaient avec fureur contre le pauvre navire, et avaient balayé du pont plusieurs matelots : on en apercevait 7 cramponnés au mât et aux basting-ages :

— Une bonne récompense pour qui les sauvera, s'écrie Napoléon.

— Sauf votre respect, lui répond un vieux marin qui se trouvait dans l'eau à ses côtés, on a devancé votre pensée. Voyezvous ce point blanc qui se confond avec l'onde ? C'est un pilote de Boulogne. Vous allez avoir de ses nouvelles.

a Ce point blanc, comme l'appelait le pêcheur boulonnais, nage à force de rames, paraît et disparaît tour à tour ; la vague le prend, le lance, le rejette, le fait tournoyer sur lui-même comme pour l'engloutir dans le gouffre ! La foule, haletante d'effroi, le cherche des yeux et l'aperçoit à quelques brasses du schooner, A quatre reprises différentes, il avance, il recule ; enfin, un coup de mer le porte sous les eaux du navire. Le pilote y attache le grappin, jette une corde sur le pont, et les 7 malheureux derniers survivants sont sauvés.

a Napoléon les attend lui-même à terre, et appelle le maître du bateau-pilole.

— Ton nom ?

— J -B. Fournier, Premier Consul !

— Je ne t'oublierai pas ; viens ce soir à ma baraque, on te remettra une somme d'argent pour toi et ton équipage.

— De l'argent ! Je ne vends pas ma vie 1 Je n'ai qu'une grâce à vous demander.

— Laquelle ?

— La liberté démon frère, conduit à Brest pour le service maritime, il est le seul soutien de ma mère infirme.

— Je te l'accorde ; et toi?

— A une autre fois, nous sommes de revue.

(.K Fournier tint parole : quelques années après, l'empereur Napoléon 1er décorait de sa propre main le pilote boulonnais pour de nouveaux actes de bravoure (i). »

(1) Le Moniteur, au contraire, enregistre la nomination de chevalier de la Légion d'honneur en 181 4.

Du 29 septembre 1809 au 25 février 1810, il commande le Prince Eugètie (armateurs Luuel etCastiael), portant i4 canons faisant 28 livres de balles, et 45 hommes d'équipag'e. Les prises sont : le Pocac/iontas (avec la Joséphine et le Génie, capitaines Huret et Cornu), vendu 433.228 fr. 91 ; le Henri/, vendu 27.521 francs 23 ; la Vénus (avec le Génie, et le Loup, capitaines Cornu et Huret), vendue 3.875 fr. 97. Le 25 février 1810, il est fait prisonnier par les Anglais. En i8i4, Louis XVIII le fait enseijçne de vaisseau et chevalier de la Légion d'honneur {Mon., 181 4, n° 5i4).

Fourny (Mathieu). — Il commande succes.sivement les trois courses de la Liberté des Mers (armateur Félix Morand), portant i4 canons et 5o hommes d'équipage La l'e va du 23 octobre

1808 au 26 avril 1809; les prises sont : r£/îsa,vendue 5o.o95 fr.5o et ÏAssistance, vendue 27.163 fr, 3i. La 2* va du 27 août

1809 au 6 avril 1810, et rapporte le Summer, vendu io5.446 francs 35 ; la Minerve, 29.764 fr. 77, le Little Hawke (avec le Figaro et le Rancunier, capitaines Demay et Blondin), vendu 4.727 fr. 23. La 3'' course va du 7 avril au 29 novembre 1810 ; le corsaire fut perdu en mer, après avoir pris la Friendship, lettre de marque armée de 10 caronades, que Fourny ramena à Calais, et qui fut vendue 94.290 fr. 69.

Fourny (Jean-Nicolas). — Après Jacques Sauvage, il prend, le 16 décembre 181 1, le commandement du Curieux (armateurs Caslinel et Ducarnoy) ; ce hâtimeol fit naufrage le 24 février 181 2 à l'entrée du port de Boulogne. Ses débris furent vendus 6.199 francs 64.

Fourny (Marie-Jean-Baptiste). — Il commande la course de VAigle (armateur M^"' Gasser-Tiesset), du 22 août i.Si3 au 24 février i8i4 Ce navire avait 57 pieds de quille, 17 de baux, et 8 de creux ; il portait une batterie de [\2. livres de balles, et 65 à 70 hommes d'équipage. 11 prit successivement : le Brookbank, vendu 333.554 fr. 55 ; le St-John, 25.6i)4 fr. 4i ; \eDoubt, 966 fr. ; la Santa- Anna, 32.293 fr. 69 ; le London, 20 1.485 fr. 80 ; la Princesse, i46.34i fr. 73 ; \e Spanish Patriot, 126. 5io fr. 22 ; V Elisabeth, 127.752 fr. 56 ; la Dispalch, 1.528 fr. 80; le Nautiliis, 96.205 fr. 46; la Maria-Elisabeth, 2']. 026 ïc. 47 ; \eMars, 8.986 fr. 69 ; le St-Joseph de la Conception (avec le Vautour, capitaine Durand), 7.104 fr. 56. et la Polly. Le produit total de la course s'élevait à i.i35.254 fr. U Aigle avait bien le droit d'être fatigué, et voici la note qui clôt le dossier de liquidation de la course : « Le corsaire VAigle a essuyé des avaries assez fortes dans les divers abordages qu'il a eus ; ce bâtiment est dans un étal de vétusté qui ne permet pas qu'où puisse espérer le raccommoder solidement. Le capitaine Fourny a demandé qu'on fît

352 LES GORSAinES

construire un autre bâtiment dans les dimensions de l'ancien, et on l'a fait mettre sur les chantiers pour pouvoir l'employer au besoin. » Mais la paix survint au moment où la coque venait d'être terminée.

Nous n'avons pu déterminer lequel des trois Fourny avait commandé les deux courses suivantes : lo celle du Gen/e (armateur Foube), du le^ septembre 1812 au 27 avril i8i3 : Fourny prit le Claude, vendu. 7.198 fr. 34, et le Minor,[\.']o2> fr.23; le commandement d'une partie de la course fut exercé par Piquendaire,de Dunkerque, qui prit la Catherine (avec le Lion no 2), vendue 1.372 francs 20 ; la Firm, vendue 12.994 fr. 60, et ia Jane, 2.764 francs 35 (avec le Neptune et le Lion) ; 20 celle de l'Invisible (armateur Foube), qui prit, le 3o avril i8i3, le Robert et Jane, vendu 5.ioi fr. 36,

Fourny (Pierre- François-Marie). — Il commande les deux courses à^Lion (armateur ^IIIle Gasser-Tiesset), de 56 piedsde quille. Pendant la l'^e, du ler octobre au 3 décembre 181 1, il prend le Rempart, vendu 3.701 fr. 25 ; il a un homme tué et un blessé dans l'affaire, relâche à Calais, et achète 4 obusiers de 12 ; pendant la 2e, du 4 décembre 181 1 au 25 février 1812, il prend : la Samaritaine {avec le /Îena/Y/, capitaine Souville), vendue 8.o3i francs 74 ; l'Hébé (avec le même), lettre de marque vendue 1.79 1.320 fr. 57 ; VHébé, de 5oo tonneaux, portait 20 canons dont 8 furent jetés à la mer pendant un coup de vent, et 42 hommes d'équipage ; sa carg'aison se composait de café, rhum et coton. Voici comment Gallois, et après lui Henry Chevalier, d'après \e Moniteur (181 i,no 364), ont raconté cette capture : « Le 11 décembre 1812, Fourny était avec le Lionea réparation à Calais ; on signala plusieurs voiles ennemies ; aussitôt il fit cesser toutes les réparations que nécessitait son navire très maltraité dans les luttes précédentes, embarque rapidement l'équipage à bord, fait appareiller, lève l'ancre, et, malgré le mauvais état du vent, gagne le large.

« Mais pendant le temps employé à ces préparatifs, les bâtiments anglais auxquels il voulait donner la chasse avaient pris le vent et s'étaient éloignés. Fourny n'en continua pas moins la course qu'il venait de tenter d'une manière aussi imprévue. Heureusement, à quelques millesen mer, le L/o« rencontra le Renard, capitaine Souville, et les deux français renforcés l'un par l'autre manœuvrèrent de concert pour aborder l'ennemi. Une heure après, le Lioji en-o-ageait une canonnade avec un brick qui ne tarda pas à amener. Le Renard, de son côté, se portait sur un îrois-mâts anglais dont les flancs faisaient entrevoir des caronades d'un calibre respectable, et qui était peu éloigné du brick. Après une vigoureuse canonnade, le Renard aborde ce bâtiment ; mais la

mer était (ellemeai forte que, malgré toutes ses tentatives, il ne put se maintenir le lon^ du bord. Les grappins furent coupés, et il fut oblig'é de s'en éloi<^ner en essuyant tout son feu.

u Aussitôt Fourny, qui venait d'amariner,vire de bord, se dirige sur le trois-mâts, et vient l'accrocher par devant, sous son ancre de bossoir. Le Renard, qui avait débordé, ayant rehissé ses voiles, vint une seconde fois à l'abordage, toujours à tribord, par le travers des grands porte-haubans. Souville et Fourny s'élancent les premiers sur les filets, à l'aide desquels les Anglais avaient espéré empêcher la manœuvre décisive de nos marins, et, sous une grêle de balles, ils les brisent à coups de hache. Presque tout leur équipage les suit aussitôt, et, après quelques instants d'une résistance inspirée par le désespoir, les Anglais, intimidés par cette double attaque, amènent leur pavillon. »

IMais le Lion n'avait plus assez de résistance ; la force du tangage le brisa contre VHébé, il sombra sous voiles au moment où Fourny et son équipage venaient de le quitter. Le corsaire, avait eu deux marins blessés, pour lesquels on paya 6i fr. à Lambert, chirurgien, et quatre autres blessés, pour lesquels on paya 743 fr. à Souville, médecin, et 197 fr. 90 à l'apothicaire. Fourny fut condamné à payer g. 000 fr. d'amende pour avoir pris à son bord 3 déserteurs de la Marine de l'Etat.

Du 3 septembre 1812 au 18 juillet i8i3, il fait une dernière course à bord de VAlexnndrine No 2 (armateurs Audibert et Moleux-Crouy), portant 16 canons et 60 à 70 hommes d'équipage; à la première reiàche à Boulogne, il achète en plus deux caronades en fer. lia pour 2^ capitaine Jos. Nicolas Fourny, pour 2« lieutenant Pierre Fourny, pour 3* lieutenant Henri-Nicolas Altazin. Il prend V Union Racket, vendu i4.347 fr- 7^, et avec Drosier, commandant l'Honorine, la Manj ; il avait vendu 4 voiles et 2 beauprés, le 4 octobre 1812, pour gSS fr. 79, et le corsaire lui-même fut vendu 29.000 fr. après la course.

Fresson (Jean). — Né le 3o juillet 1760, il embarque comme mousse sur un bâtiment de l'Etat en 1778, puis sur un cutter de l'Etat, le Serpent (3o mai 1779) ; il quitte la marine royale le 18 avril 1783, et prend du service dans la marine marchande. Le 22 germinal an II, il commande la canonnière la Brûlante, et accompagne des convois entre Dunkerque et Cherbourg, sans jamais perdre aucun des bâtiments qui lui étaient confiés (A. Lefebvre, la France du Nord, d'après les Fastes de la Légion d'Honneur). En l'an V Fresson commande le Lançon, et, avec Lantonne, commandant le Poisson Volant, prend un trois-mâts anglais, ['Espérance. Du i3 frimaire au 12 ventôse an VI, il commande VAnacréon (armateur Dubreuil), brick de 67 tonneaux (Foucart et Finot, la Défense nationale dans le Nord,

354 LES CORSAIRhS

de iyQ2 à 1802. Lille, i8()3, 2 vol. gr. in-8, II, 767), et fait sept prises expédiées en Norvège ; « ayant dû affaiblir son équipage pour conduire ses prises et n'ayant plus que 3o hommes, dont la moitié était étrangère à la marine, les 76 prisonniers qu'il avait à son bord tentèrent par deux fois de se révolter, et ce n'est qu'à force de sang-froid et de vigilacce qu'il réussit à les contenir, en ayant blessé plusieurs » (A. Lefebvre, ibid., citation sans indication de source). — Du 17 frimaire au 21 germinal an VIII, Fresson commande V Escamoteur, de 53 pieds de tête en tête, i3 pieds 6 pouces de baux, et 6 pieds de creux sur serrage et sous pont, portant 10 canons de 3, 4 de 9, et 5o hommes d'équipage. Il a pour second François Carpentier.il ne fait qu'une prise, le 7b/72, vendu 16.740 fr. 54. — Du 17 décembre 1807 au 21 juin 1808, il commande l'Oiseau (armateur Dujat-Wallet), de 58 pieds de quiIle,portant 16 canons ou caronades,et 5o à 60 hommes d'équipage ; il prend le Voorigtigheit, chargé de vins, vendu 35.84i fr. 4o ; il revint 7.927 fr. i5 à l'équipage, qui, ayant touché 10.263 fr. 75 d'avances, ne reçut rien. Les intéressés eurent 73.8/9 fr. 67 à verser à l'armateur (A. G. et A. C). Il repart sur l'Oiseau n» 2 (armateur Dujat-Wallet), du 7 septembre 1808 au 27 mars 1809 ; il prend le Pegasus, qui produit net 58.776 fr, 02 ; le John et Joseph, net i4.i52 fr. 90; Vlndastrie, net 12.042 fr. 5o ; le Henry, net 23.885 fr.iS ; le Bedford (avec le Ge/2i'e, capitaine Cornu), net a5.45ifr.95. Le produit net de la course donnait ii4.3o8fr.5o; l'équipage eut 18.267 fr.i8, les Invalides de la marine, 1.187 ^^- ^' '■> '^^ intéressés durent reverser 42.804 fr. à l'armateur. Mais Fresson avait fait en outre deux prises, l'A /eœa/2f/er et le Gustave, sur les carg-aisons desquelles la Marine impériale exerça son droit de préemption ; les pièces concernant la seconde étaient restées à Flessingue, qui retomba au pouvoir des Anglais; ce ne fut que plus tard que l'on put liquider ainsi ces deux prises : l'Alexander fut vendu 108.901 fr. 3i ; 32.670 fr. 88 allèrent à l'équipage ; 19.688 fr. 35 aux intéressés (soit i.3oi fr. 92 par action) et S. 200 fr. 94 aux Invalides de la marine ; le Gustave fut vendu 20.712 fr. 55 (dont 6.i52 fr. 27 à l'équipage), 11.777 fr. i3 aux intéressés (236 fr. 19 par action), et i.oi3 fr. 67 aux Invalides de la marine. L'Oiseau no 2 fut réarmé par Dujat-Wallet pour Fresson ; la course (1809-1810) ne rapporta pas de prise, et les intéressés eurent 26.537 ^^- 07 à reverser à l'armateur (A. C). Du 17 avril 1810 au 3o janvier 181 1, Fresson commande VAurélia (armateurs Fontaine et Merlin-Dubreuil), de 4o pieds de quille, portant i obusier de 8, et 25 hommes d'équipage ; il prend : le Vriendshapt vendu 7. 120 fr, 85, plus 4- 100 fr. de caisses de quina ; mais une bonne part des marchandises étaient prohibées,

. t furent brûlées à Amsterdam yjar ordre du gouvernement ; le laoduit net ue fut que de S.Sgo Fr. ii \VOnupj'vagt elle Jonge Gérard, vendus 6.727 fr. loel 4" io3 fr. 38 (le quartier-maltrej Louis Coffyn, de Dunkerque, fui blessé dans le combat livré à celte occasion, et mourut peu après à Dclfzyl) ; le Yrow lienrica, vendu 80. 170 fr.y7.

Fresson avait été nommé inspecteur aux Signaux le 21 messidor an XI, et élevé au grade d'enseigne entretenu le 12 nivôse an XII. Il fut décoré de la Légion d'honneur le i5 pluviôse an XIL Le procès- verbal du Jury d'enquête portait à son sujet :

« Eiant second d'un navire commandé par le capitaine Friscourt de ce port, le capitaine de vaisseau Moras, alors mousse de bâtiment, tomba à la mer aux environs du détroit de Gibraltar ; il fut sauvé par Fresson, qui se précipita à la nage et le conserva à la République.

« Au mois d'octobre 1785, le nommé Leunuyer, de Boulogne, tomba de son bâtiment mouillé dans la rivière de Rotterdam; malgré l'obscurité de la nuit, Fresson réussit à l'arracher à la mort. — Une délibération de la ville confirme ce fait.

« En 178g, il se précipita à la mer dans le port de Dieppe, au milieu de la nuit, et ramena à terre l'un après l'auti'e les deux fils du capitaine Sabat entraînés par la marée.

« En l'an IV, un hussard, provenant d'un bâtiment naufragé sur les côtes de Calais, luttait contre une mort certaine et se tenait accroché à la quille d'un canot. Aucun des spectateurs n'ose entreprendre d'aller à son secours : Fresson seul y vole et l'infortuné est rendu à la vie, après avoir fait courir les plus grands dangers à son libérateur. » (Cité par A. Lefebvre, ibid.)

Fresson mourut le 3o mars 1828.

Gauvin. — Il commande la Mouche (armateur Louis Fontaine), en messidor an V (E. Duterire, o/>. cit.).

Goguez (Josse). — Du 27 août i8ioau22 février iSu, il commande la course du Sauvage, qui fut scindée en deux parties, la première armée par Sauvage-Lassalle, jusqu'au le"' décembre 18 10, la seconde année par Audibert aîné et Moleux-Crouy. Le Saavage portait 16 canons et 60 hommes d'équipage. Il prit, pour le premier armement, VAsphalon, vendu 77.187 fr. 86, et pour le second, \e Phéniœ, vendu 5i6.348 fr. 58, et le Hnwk, chargé de laines, raisins et huile, vendu 100. goS fr. 62. Goguez repart sur le Sauvage, du 5 mars au 11 mai 181 1. Du 19 août au 36 septembre i8ii. il commande la Mouche (armateur Louis Fontaine), portant 63 hommes d'équipage ; il prend la Minerve, armée de 2 canons, chargée de bois, acajou, gomme, et vendue i5o.44i fi"- 63. La Mouche fut prise, puis perdue en mer. C'était l'ancien Rancunier.

Hardouin (Pierre-Louis-Nicolas). — Il a4oans en 1798, lorsque, le i^^ mai de cette année, il prend le commandement de VEspoir (armateur Jean Menneville), de 4o tonneaux, portant 8 pierriers, 6 espingoles, et 87 hommes d'équipage. Il prend le Dispatch, le 7 juillet, dont Duchenne fut capitaine de prise ; la vente produisit 184. 865 1. 8 s. i d. Le 22 août suivant, Hardouin est réquisitionné pour le service de la République par le citoyen Dale, qui l'envoie aux Dunes-Libres commander la corvette de la République le Pandoiire, avec laquelle il prit Tannée suivante V Amsterdam, nnnay'iTe, hollandais qui fut vendu 2.i86.ii9fr. o3. Il commande encore le Boulonnais. Il était mort en brumaire an IX.

Henin (Louis-Thomas). — Du 28 ventôse au 1 1 floréal an XII, il commande la 2e course du Prospère (armateurs Moleux-Crouy et Menneville). Les prises sont : la May, vendue II, 609 fr. 72; la Nymphe (avec V Impromptu et le Voltigeur), vendue 27.004 fr. 17; le Hound, 4-357 tr. 5o ; le Waldrige, 22.222 fr. 88; VAatamn, 28.749 fr. 54; le Theseus, i6.3oo fr., le Walpole, et le Day, ensemble 44-365 fr. 83. La 3e course du Prospère va du 17 floréal au 11 thermidor an XII ; Hénin a pour second Jean-Gabriel Huret, et 28 hommes d'équipage. 11 prend : le Gratitude, de 200 tonneaux, vendu 109.082 fr. 56 ; le Rover et )a Résolution, ensemble 80.486 fr. 85 ; le Largo, 1 5.838 fr.4o, la Thétis, 21.428 fr. 20 et la Providence de 86 tonneaux. Ces prises, chargées de carreaux à paver, de fer en lames, de charbon et de vivres. A. Mariette a conté en ces termes la prise, de la Résolution {Almanach de Boulogne, i845, p. 107) :

«Le 27 messidor an XII, il voguait à l'entrée de la Manche, lorsqu'il découvrit un convoi assez nombreux, escorté par plusieurs frégates qui en couvraient la marche. Aussi le Prosper se contenta-t-il d'observer de loin et avec précaution le sillage et les manœuvres de l'ennemi. Le 28, le temps étant devenu assez brumeux, il se rapprocha dans l'espoir qu'il s'offrirait une occasion de tenter l'enlèvement de quelques-uns des bâtiments. Mais toutà-coup, il tomba dans les eaux d'un sloop armé de 4 canons. Le capitaine Hénin gouverne sans hésiter sur l'Anglais, qui répond à son feu avec énergie. « A l'abordage 1 » s'écrieHénin. L'équipage accueille cette proposition avec le plus grand enthousiasme. En vain le sloop essaie-t-il de se soustraire à cette attaque, il est saisi par les grappins, et nos corsaires s'élancent sur le bâtiment, sabrent tous ceux qui se présentent devant eux, et les Anglais, culbutés de tous côtés, jettent bas les armes. Ce navire se nommait la Résolution et venait de Londres. »

En l'an XIV, Hénin commande VEglé (armateur de Lannoy,

d'Etaples) , portant 1 1 hommes d'équipage. Le 22 vendémiaire, il mouille en rade de Boulogne, et prend un brick de 90 tonneaux, allant de Douvres à Londres ; en revenant, il rencontre une frégate anglaise qui lui tire trois coups de canon, lui tuant un homme et en blessant grièvement deux autres (A. C). Le 9 frimaire suivant, il prend les Trois Frères, avec les deux Fourmentin.

Henin (Pierre-Antoine). — Du i4 avrilau 12 décembre 1809, '" commande la 3" course de VOiseaii n° 2 (armateur Dujat-Wallet) . Celte course ne produisit rien, et coûta aux intéressés 76. 809 fr. 60, soit iGoo fr. par action. Le journal de bord de cette croisière existe aux Archives de la Ville de Boulogne : on y voit que les corsaires étaient constamment pourchassés par les navires de guerre anglais, et on y constate en même temps qu'ils ne se laissaient prendre que très rarement. A plusieurs reprises, le gros temps cause des avaries à VOiseuii. Une seule fois, avec le Subtil, le Génie, le Figaro, le François, il s'empare du navire de tête d'un convoi, un brick naviguant sur lest. Pour sa part, VOiseau yjetle un capitaine de prise et un homme. L'équipage est fait prisonnier. Mais peu après, le brick est repris par un brick de guerre. En i8io,Hénin recommence une croisière, la 4*' course de VOiseau no 2, et revient encore une fois les mains vides. Les intéressés perdent 28. g48 fr. 76 (A. G.). A la fin de l'année, Hénin se rattrape; il commande en effet, du 12 septembre au 18 décembre, la lie course du Bon Génie (armateur J. B. Gastinel), qui fut commandée pour une part par P. Delpierre, et il prend le Thomas et Be(si/,venàv 40.983 fr. 25; le S/iield, vendu 62.059 ^^' ^^i ^^ '^ Sara/i. vendue 206. 6o3 fr. 58. Il reprend la mer le 25 avril 181 2 sur la Courageuse (armateur Félix Morand ), armée de 25 fusils, 12 pistolets, 5 espingoles, 12 sabres, un cent de pierres à fusil et à pistolet, 4 tire-balles, i.5oo cartouches à fusil et à pistolet, et 9 kilogrammes de poudre fine. Jusqu'au 25 juin, il parcourt les mers du Nord, et rentre au port définitivement le i3 janvier 181 3. Le compte d'armement s'élevait à i2.669fr 22 ; la Courageuse ial revendue, net 1.353 fr. 80.

Hornay (Pierre- Antoine). — Commande, en février 1793, V Eli alité, de 20 tonneaux; armateur F's Trudin (A. D. Boulogne II, Lr).

Huret (Jean- Augustin) dit Paquette. — En février 1793, il commande la Surveillante, de 5 tonneaux, armateurs Fontaine et Lamoury (A. D.,ibid.)Du 7 fructidor an IV au 25 vendémiaire an V, il commande le Requin (armateur Merlin-Dubreuil) et, avec le Sauvage, prend le Wrede, vendu 2.4o3 fr. 38. Eu brumaire suivant, il part sur le Diable Volant, avec J,-Gab. Huret comme capitaine de prise, qu'il jette sur le Brighton, dont il s'est emparé. En floréal et prairial an V, il commande deux courses du

Furet n» i (armateur Tiesset fils) fE. Duterfre, op. cit.). Du 6 fructidor an V à brumaire an VI, il commande le Requin (armateur Merlin-Dubreuil), et prend (avec le Sauvage) un brick chargé de charbon ; le Neptune, chargé de dentelles ; k bâtiments chargés de beurre, fromage, blé; un brick sur lest, et un trois-màts chargé de denrées coloniales. En ventôse an VI, il commande le Tonnerre., et prend le Bruder Liebe (avec le Furet., capitaine Guillaume Hureî). L'année suivante, il fait a ire course AtV Industrie (armateur Jean Griset), portant 8 canons de 3, 4 pierriers,2o paires de pistolets, 25 sabres, 6 haches d'armes et 6o hommes d'équipage, du 6 pluviôse au 5 germinal an VII. Il prend le John (avec le Rusé, capitaine Audiberl) vendu 14.891 fr.52 ; le Lion, vendu 69.011 fr. 6/( ; le William et Ann (avec le Furet, capitaine Cornu), vendu 2.176 fr, 02. Huret repart pour la 2e course de l'Industrie, du i3 germinal au 3o floréal an VII; il prend le Jacques et Marie, vendu 21 1 fr.Sg; le Retch Hope (avec le Vrai Décidé, capitaine Lantonne), vendu ii.o55 1. 2 s. 6 d., et le sloop le Severn. Du 2 fructidor an VII au i3 vendémiaire an VIII, il croise sur le Furet no 3 (armateur Tiesset), de 12 tonneaux, avec 3i hommes d'équipage; avec le Furet, capitaine Robinson, il prend le Jason, vendu 20. 685 fr., et la Bonne Intention, vendue 5.071 fr. 5o. Deux jours après son retour, Huret repart sur \'E>piègle (armateurs Delporte frères), portant 34 hommes d'équipage, avec Guillaume Huret pour second ; le 1er brumaire, vers 11 heures du soir, à la pointe des Ferrées, il rencontre un convoi de 200 voiles, faisant route au Sud-Est, et se met en devoir de donner dedans ; ayant toutes voiles dehors, il aborde un brick et le prend. Il y jette Joseph Galand, capitaine de prise, avec 10 hommes. A la hauteur du fort St-Frieux. une caïque anglaise donne la chasse à Galand, de si près qu'elle le met dans l'impossibilité de continuer sa route sur Boulogne, et l'oblige à se diriger sur Etaples. Serré de plus en plus près, Galand est forcé de faire côte sous le fort de Lornay ( ? ), en face de Camiers, pour conserver sa capture, qui fut vendue 92.242 fr. 57.

Un mois après être rentré, Huret repart pour la 2® course de l'Espiègle, du i6nivôse au 11 floréal an VIII. Il prenr^le Molhj, d'Exeter, le 17 pluviôse. Dans la nuit du 28 au 29 ventôse, il chasse un brick, le Robert et Ann, qui lui envoie deux coups de canon chargés à mitraille et un coup à boulet, si bien ajustés que Huret n'a que le temps de s'emparer du brick et d'y jeter son équipage pour ne pas couler; peu de jours après, le 3 germinal, un bateau-pêcheur de Boulogne, le Jean-Baptiste, ayant pour maître Jean-Marie Fourny, rencontra l'^s/j/ègr/e en détresse, faisant eau, et n'ayant à bord qu'un homme mort et un autre

danjiçereusemcnt blessé ; il le prit à la remorque et le ramena au port de Boulo^'Qe. Le Robert et Ann fut vendu 23.3/io fr, 90. En fructidor an VIII, Huret fait une course sur la Sophie (armateur Ticsset), avec Guillaume Huret comme second, Robert Hénin et François Palette comme lieutenants, et 36 hommes d'équipage. En l'an XII, il commande les deux courses du Vengeur (armateur Choisnard), avec 32 hommes d'équipage ; son audace devient extrême : il attaque un entier armé de 10 canons, et ce n'est que devant l'impossibilité de montera l'abordag-e qu'il se détourne, et prend chasse pour éviter le feu du cutter; il enlève un sloop dans la rade de Douvres, si près de terre qu'il entend distinctement le boucan à bord des navires mouillés dans le port ; il profite d'une violente tempête pour enlever 2 bâtiments à l'entrée même de la Tamise (A. Mariette, yl/ma«acAf/e^o«/of7««, i8/j5, p. 109). Pendant la i^e course du Vengeur, du 19 brumaire au 1 1 nivôse an XII, il prend le Myrtil et le Thomas et Anna, vendus 3. 480 fr., et la Rose, vendue Sg.gSG fr. Pendant la 26 course, du 7 ventôse au 4 floréal, il prend le Robert, vendu 63.499 ^^' 22, VAshtoJi Smith, vendu 23.894 fr. 33, la Catherine, vendue 229.026 fr. 68, et la Cérès, vendue 9.765 fr. 76.

Il commande ensuite deux courses du Vengeur n° 2 (armateur Choisnard); ce lougre est de 44 tonneaux; son armement coûte 57.229 fr. 18, et les intéressés sont: le maréchal Soult, Jean Huret, Tessiliac, Louis Sauvage, Lasalle, Jean Duchenne, J.-O. Fourmenlin, Guillot, Martin du Blaisel, Martin Brasseur, François Cailliette, le colonel Franceschi. La ire course va du i5 germinal an XIII au 25 vendémiaire an XIV ; les prises sont: la Marie (avec le Prosper, capitaine Gabriel Huret), vendue 28.254 fr. 07 ; V Union (avec le même), vendue i4 580 fr. o3 ; YEdinburgh and Berwick Packet (avec le même et V Adolphe, capitaine Fourmenlin), vendu i4.i34 f»*- 70; la Maria (avec l'Adolphe et les Deux Frères, capitaine Lefebvre), vendue 102. 603 fr. 44 ; une autre prise avec l'Adolphe, le Kingston, vendu 4-092 fr.37. Huret fait la 2° course du Vengeur,dvi 20 vendémiaire au 21 brumaire an XIV; en relâche en rade de Boulogne, il appareille le 19 brumaire vers midi, se dirige vers la rade de Gris-Nez, et, le 20, coupe à la côte d'Angleterre ; le 21, il rencontre le Prosper, capitaine Jean-Gabriel Huret ; vers 5 heures du soir, à 6 lieues environ du Balancier, il aperçoit plusieurs bâtiments, dont un suédois, qu'il chasse et expédie eo France, vers 6 heures du soir; c'est le Friheten, qui fut vendu 12.244 fr. 35. Il avait perdu de vue le Prosper, mais le retrouve bientôt, et prend un autre suédois, le Unverhoft, vendu 20.749 fr. 20. Le Vengeur x\.^ IL et le Prosper continuent à voguer de conserve ; presque aussitôt, un brick de guerre se

360 LES CORSAIUES

trouve bord à bord avec le premier, le chasse, et lui lâche plusieurs bordées dont la dernière coupe toutes ses manoeuvres et lui fait tomber les voiles. Huret est obligé d'amener ; il est conduit aux Dunes, puis à Chatam, et de là en cautionnement à Times. Le 22 frimaire, il s'évade en compagnie de Pollet ; quatre jours après tous deux sont à Douvres, où ils enlèvent un bateau, et le 27, à 3 heures du matin, ils arrivent sains et saufs à Ambleteuse.

Huret prend, durant la belle saison, un repos bien mérité, et commande en octobre de la même année, 1806, la première course du Grand Napoléon n° 2 (armateur Choisnard); il prend le Ptangei\ vendu 170.941 fr. 24, et le Hopranch, vendu 3. 162 fr. 23. Le ler novembre, il part pour la 2e course du même corsaire, mais s'échoue le surlendemain sur lefascinage Est du port d'Ambleuse. Le navire est remis à la mer à Calais, le 21 décembre 1806 jusqu'au 16 février 1807, mais sous les ordres de Blondin. Le i3 septembre 1807, Huret commande la 3e course du Grand Napoléon no 2 (armateur Choisnard), armé de 6 canons de 3 sur affûts. Il alterne avec Wasselin,qui commande à diverses reprises la croisière. Les bâtiments capturés sont : VEbenezer, vendu 34.241 fr. 78, et VEdimboiirg, vendu 483-496 fr. 84. En 1809- 1810, il commande la Joséphine (armateur Choisnard), portant 16 canons faisant 42 livres de balles, et 60 hommes d'équipage. Avec Fournier et Cornu, il prend le Pocachontas, qui fut vendu 433.228 fr. 91. Enfin, du 24 décembre 1812 au 10 avril i8i4, il commande le Vigilant (armateur Foube), petite péniche de 3o pieds de long, 7 de baux et 4 de creux. Les A. G. ne signalent qu'une prise, la Polly, faite avec le bateau des douanes la Veilleuse, et vendue 21.729 fr. 76.

Depuis 1794 jusqu'à i8i4) Jean-Antoine Huret n'a pour ainsi dire pas cessé de faire la course, et sa carrière de corsaire est une des mieux et des plus remplies.

Huret (Guillaume). — Il est à plusieurs reprises second de Jean-Augustin Huret, avant de commander un corsaire. L'armateur Grimonpré lui confie le Furet (i" pluviôse au 16 ventôse an VI), de 60 tonneaux, portant 6 canons, 5 pierriers, et 69 hommes d'équipage. Avec Jean-Augustin Huret, il prend le Druderliehe, qui est relâché, puis la Princesse Auguste, de Douvres, paquebot vendu 7.300 fr. La course se solda par une perte de 85. 608 fr. 33.

Huret (Jean-Gabriel). — En février 1798, il commande la Tempête républicaine (armateur Jean Griset) (A. D.). Il est second de Hénin sur le Prosper en l'an XIII, et fait une course (armateur Moleux-Crouy), où il prend, avec Jean-Augustin Huret, \diMarie^ V Union et VEdimbourg.il repart sur le Prosper

ANNEXES 36r

(armateurs Moleux-Crouy et Menneville), et prend VArrow-Slokton, de 5o tonneaux, ['Espérance, de 120 tonneaux, le Jean, vendu 48.909 fr. 10, et, avec Nicolas-Denis Fourmentin, commandant les "frais Amis, le IhiU packet,ç\ VHellen. — En 1807-1808, il prend le commandement du Rôdeur (armateurs Moleux-Crouy et Audibert aîné) ; il s'empare de la Navigation (avec le Grand iVn/>o/eo«, capitaine Wasselin), vendue laS.SgS fr. 79; le Barbaras, vendu 18.812 fr. 38, et, avecle Bucaitle, capitaine J.-J. Fourmentin, le Wolff", vendu 14. 523 fr. 81. A la fin de la même année, toujours avec le Rôdeur, il prend VEole, échouée à la côte d'Elaples et brûlée par 1 ennemi, dont on lira cependant 3.5io fr. o3 ; le Ilope (avec Flouest), vendu 9. 717 fr. 70. Le icr novembre 1809, il commande \e Grand Rôdeur (armateurs Moleux-Crouy et Audibert), portant 16 canons et obusiers, et 89 hommes d'équipage. Il prend successivement la Henriette (avec le Rôdeur, capitaine Joseph Huret), vendue 28.364 fr. 77; le Phénix{avec le même), vendu i']i.[\l\'] fr. 87; V Alliance (avec le Grand Duc de Berg, capitaine Drosier, et V Aimable Nelly, capitaine Routtier), vendue 776.447 fi*. o4 ; le Bee (avec les trois précédents), vendu 96.697 fr. 92; le Santo Lorenzo, vendu 7.996 fr. 01. Le 9 décembre, le corsaire est pris par l'ennemi.

Huret (Joseph). — En l'an VI, il commande le Tonnerre (armateur Merlin-Dubreuii), et prend un brick (E. Dutertre, o/), c//.). En 1809, avec le Rôdeur (armateurs Moleux-Crouy et Audibert), il coopère aux prises delà Henriette, du Phénix, et du Bee, que nous venons de voir, et prend pour son compte la Marie, vendue 4.223 fr. 10, le Mansjield, vendu 13.273 fr. 67, et le Durham, vendu 7.960 fr. 58.

Huret (Antoine). — En mars 1793, il commande la Liberté, de 9 tonneaux, armateur Jean Griset (A. D.). Du 28 août au 17 novembre 1809, il commande la 8e et dernière course du Grand Napoléon no 3 (armateur Ghoisnard), portant 55 hommes d'équipag'e. Il prend le Renard, vendu 9.107 fr. 09, et VAgénoria, 6.444 fr. 63. La course finit par la capture du corsaire parles Anglais.

Faute d'indications suffisantes aux A. C. et aux A. G., il ne nous a pas été possible de déterminer lesquels, parmi les Huret, avaient commandé les courses suivantes : lo du Requin, en l'an VII, qui prend le Wreede avec Pollet ; 20 du Loup, qui, le lê"" novembre 1809, prend un sloop chargé de charbon, la Vénus, avec Fournier et Cornu, et le 4 novembre 1810, unbrickanglais ; 30 de la Joséphine (armateur Choisnard), portant 16 canons faisant 42 livres de balles, et 60 hommes d'équipage, qui, le 6 novembre 1809, prend le Pocachontas avec Fournier et Cornu; 4° du Petit Rôdeur (armateur Moleux) qui, le 26 septembre

1811, amène au port de Boulogne cinq prisonniers faits à bord d'une prise qu'il n'a pu conserver.

Laide (Jean -Pierre). — Commande en février 1798 le Saint- Benoist, de 4 tonneaux armé à Wissant par Dessurnes (A. D.).

Lantonne (Louis-Pierre-François- Hercule). — Né le 24 octobre 1765; il commande le Poisson-Volant dès le début de la guerre de course; nous avons conté l'exploit qui lui valut une lettre de félicitations du Ministre de la Marine.

« Dans le courant de brumaire an V, le Poisson-Volant amarinait un sloop anglais de 1 10 tonneaux, chargé de bois de construction et de bière. Ce malheureux sloop était bien décidément destiné à devenir français, car, une heure avant, il avait déjà été pris par le corsaire \e,Fnrel (de Boulogne), mais un cutter de i4 canons était venu le reprendre, et les Français, qui composaient déjà l'équipage de ce sloop, avaient dû débarquer d'un côté tandis que les Anglais se précipitaient de l'autre sur le pont.

a Peu après, le Poisson-Volant se trouvait, au point du jour, beaucoup plus près des côtes anglaises qu'il ne l'avait estimé et menacé d'être coulé par les batteries de terre. La situation était des plus périlleuses ; mais deux navires étaient à quelques encablures, et, loinde fuir, Lantonne ordonne de cingler sur l'ennemi. Celui-ci ne trouve rien de mieux à faire, pour éviter d'être pris, que de s'échouer, Lantonne et quelques hommes de son équipage sa jettent dans la chaloupe, abordent un des bâtiments, y mettent le ieu, puis ils reviennent à bord du corsaire, qui reprend tranquillement le large aux lueurs de l'incendie qu'il vient d'allumer.

« Le Poisson-Volant prenait, le lendemain, le sloop britannique le Tower, chargé de grains et de farines, (Cité par A. Lefebvre dans la France du Nord, sans indication de source.)

Cette même année, avec le Lançon, capitaine Fresson, il prend l'Espérance, trois-mâts anglais, le Heurteeth (?) Castle, \ Eleonore et Beltij, le Hoop estimé Soo.ooo fr. [Cf. ibid.). Le 29 pluviôse an VI. il sort sur la Rancune (armateur Lafoirez-Gadet) . (E. Dutertre, op. cit.) Le 28 brumaire an VII, Lantonne sort sur le Vrai Décidé (armateur Lafoirez-Cadet), et prend la Henriette- Louise, vendue 88.878 fr. 62. Du 22 nivôse au 9 floréal an IX, il commande Vlntrépide (armateur Sannier-Ducrocq), de 60 pieds de tête en tête, portant 3 canons et 4o hommes d'équipage; les prises de la course sont : le John Casther (avec le Cygne, capitaine Pollet), vendu 78.698 fr.gS, et le Gaernesey, vendu 25.3 16 fr. 56. Enseigne auxiliaire sur la Flottille (7 nivôse an VII), capitaine au long cours le le^mars 1819, ilest admis, le i*' janvier 1826, aux Invalides de la Marine, à raison de 25 fr. par mois, demi-solde d'enseigne auxiliaire. Les Bourbons lui avaient conféré l'ordre du Lys, le i4 novembre 1814. Il mourut le 3 mai

i83o (ces derniers renseignements d'après A. Lefebvre, ibid.). Lasalle (Denis-Guillaume). — « On a raconté de lui que, commandant le navire le Roi de Rome, il fit de nombreuses et riches captures dans le détroit ; qu'il avait fini par être \>tïs par les Anglais et retenu prisonnier sur un ponton dans le port de Deal. La nouvelle de la naissance de sa fille Adrienne lui étant parvenue, il ne tarda pas à s'échapper en tuant une sentinelle dont il revêtit les habits, trouva le moyen de traverser seul, en canot, les lignes ennemies, et parvint, après de cruelles fatigues, à atteindre le port de Boulogne, où il reprit presque aussitôt du service. » (A. Lefebvre, France du Nord.)

Ce qui est certain, c'est qu'en 1809 il commande le Bon Marcel (armateur Vcrsial), portant 16 canons faisant 4^ livres de balles, et 60 hommes d'équipage, et, en 1810, le Roi de Naples, qui prend la Bengta Catherina, le iG juillet, avec le Curieux, capitaine Pérard.

Leb3a.li (Toussaint-Denis). — Il commande le Furet n" i (armateur Tiesset fils) en fructidor an V(E. Dutertre, op. c«^). Lieutenant à bord de V Enjôleur avec J.-O. Fourmenlin, en l'an VI, il en obtient le commandement le 18 frimaire. Du 2 pluviôse au i«rcrerminal an VII, il commande ie Tippo-Saïb (armateur Louis- Fontaine), de 4o tonneaux, portant 6 canons, 4 pierriers et 5o hommes d'équipage; avec les Huit Frères, capitaine Fauqueux, il prend les Trois Frères, vendu 12,489 fr. 87; avec le Furet, capitaine Cornu, et à la barbe d'un cutter anglais auquel il envoya ses bordées, r^^r, vendu 26.860 fr. 77. Du 22 vendémiaire au 4 nivôse an VIII, il commande le Capricieux (armateurs J.- B. Beaudelocque, Sannier-Ducrocq, et Jean Trudin), de 62 pieds de tête en tête, portant 8 canons de 3, 6 de 2, 4 pierriers, et 60 hommes d'équipage. Il prend le Zéphyr, vendu 86.099 fr. 18.

Làebeau (Jean-Marie). — Du 26 vendémiaire au i4 brumaire an VI, il commande la Levrette (armateurs Tiesset et Moleux- Crouy), et, du 3 au 22 messidor, le Drôle (même armateur), sans faire de prise.

Lefebvre (Jean-Michel). — En prairial an VI, il a 27 ans, et navigue en qualité de sjcond à bord de l'^^yd/eH/', capitaine J.-O. Fourmentin. L'année suivante, du 5 fructidor an VII au 8 vendémiaire an VIII c'est lui-même qui commande VEnJôleur (armateurs Delporte frères), portant 33 à 4? hommes d'équipage ; il prend le Neptune, vendu 12.722 fr. 87 ; le Hawkesbury , 6.821 francs 10; la Flèche d'Or, 5.2^9 fr. 60; le Prince de Galles, 2.241 fr. 23 ; et le John et Elizabeth, armé de 3 canons et de 3 pierriers, vendu i4-9o5 fr. 85.

Il repart sur le même corsaire du 9 vendémiaire au 8 brumaire an VIII, et prend la Jeanne, vendue 10.795 fr. 89, et les Six-

Amis, vendu 8.989 fr. 48, brick armé qui lui lira (rois coups de canon à mitraille, plusieurs coups de pierriers et d'espingoles, et lui tua un homme. Du 19 vendémiaire au 3 frimaire an IX, Lefebvre commande encore VEnjà/eur (armateurs Delporte frères), et prend la Nancij, vendue 11. 661 fr. 49> et le Yoiing James, armé de deux canons, chargé de café et de denrées coloniales, et vendu 474-o66 fr. 21. Du 28 pluviôse au ter floréal de la même année, il croise sur le Furet (armateurs Delporte frères),de 43 tonneaux,porlant i4 canons, 4 pierriers, et .55 hommes d'équipage ; il prend le James, armé de 2 canons, vendu i55.874fr. II, un cutter inconnu, chargé de genièvre et vendu i5.53i fr. 6o,et le Lion, chargé de cuivre et vendu 2i5.856 fr.9g.

Trois ans plus tard, il est le héros d'une aventure que A. Mariette a contée {Almanach de Boa/o(/ne,iSli5.p. io5)et que voici :

« Le 9 germinal an XII, le capitaine Lefebvre chassait sur les côtes d'Hastings un bâtiment marchand qui se réfugia sous plusieurs forts. A quelque distance de là se trouvaient aussi mouillés deux cutters anglais, et il était difficile de forcer cette position sans courir le risque de s'exposer à de grands dangers. Mais le corsaire ne paraissait nullement disposé à laisser ainsi s'échapper sa proie, sans tenter un de ces coups de main audacieux, si particuliers aux croisières de Lefebvre. Il fait aussitôt mettre toutes les voiles dehors, et court sur le navire anglais, malgré le feu bien nourri des batteries de la côte et celui des deux cutters, dont les boulets balaient la mer autour de lui. Rien ne l'arrête, il vole, arrive sur le bâtiment sans même lâcher une bordée, saute à l'abordage, s'en empare, et ramène sa capture avec une hardiesse inouïe. Bien que plus décent coups de canon lui fussent tirés, il n'eut à regretter que la [)erte d'un seul homme. Quelques heures après, le corsaire entrait dans le port de Boulogne avec sa prise, bâtiment de i4o tonneaux, richement chargé. »

En 1807, Lefebvre commande le Hasard (armateurs Isaac frères, de Calais), et prend la Dame Gertriide, vendue 64.291 fr.06). En 1809-1810, il commande la Fo^^^^/^e (armateur Versiaï), et prend VAurora (avec le Génie, capitaine Cornu), vendue 210.273 fr. 54> puis le Jean, vendu 1 18.719 fr. 28. En 1810, il commande le Poisson-Volant (armateur Choisnard), portant 20 à 3o hommes d'équipage.

Le Fort (François). — En l'an VIII, il commande la Vengeance, portant i4 canons, et prend en thermidor leV/oy, lougre sur son lest, et en messidor la Nancy, chargée de cercles, balais, pipes. En 1807, il commande le Rôdeur (armateur Moleux-Crouy), portant i4 canons de 4, 10 de 3, et 54 hommes d'équipage; avec le Renard, capitaine Thueux, il prend le Thomas, vendu 16.008 fr. 3o.

Le Jeune. — Il commande une course du Hardi (armateur Grinionpré) en llierniidor au V (E. Dutertre, op. cit.).

Lelong (Joseph-Bertrand). — Du 12 au 27 floréal an V, il commande M Hirondelle (armateur Louis Fontaine) sans l^ire de prise (E. Dutertre, op. cit.). Il commande une course du Diable- Volant (armateur Louis Fontaine) en thermidor an V, prend un sloop chargé de bière, sucre, etc., et sombre le 20 fructidor. Sur le Diable Volant (armateur Lafoirez-Cadet), il prend le Pcggy et Jenny, le 10 brumaire an VI. Le i6du même mois, il commande le Poarvoijenr (mè.nne armateur), et prend le Younj William, vendu oG. 624 fr, 08, puis fait naufrage le 26 nivôse, à l'entrée du port.

Levasseur. — Il sort de Boulogne le 8 messidor an V, sur le Prosper (armateur Chamuteau, de Dunkerque), et se fait prendre (E. Dutertre, op. cit.).

Levillain (Jean-Bapliste-Benjamin). — Du ly nivôse au 28 ventôse an IX, il commande V Enjôleur (armateurs Delporte frères), de 3o tonneaux, avec Sg hommes d'équipage, et prend le Sturrij (avec la Victoire, capitaine Beauvois), vendu 23.849 ^^- ^^j ^^ l'Active, vendue g.3G5fr. 16.

Margollé. — Il commande la /ose/)/a'/îe,en l'an VII-VIII,et avec Dégardio, commandant le Vrai Décidé, prend « chemin fesant » un navire anglais portant i colonel, 35 dragons de la garde du roi d'Angleterre, et 19 chevaux (Mon., YIII, 169).

Mai'tin. — En brumaire an VI, il commande le Hardi (armateur Grimoopré). En l'an VIII, il commande le Requin, armé à Fécamp et prend \q Keeling, de i5o tonneaux, chargé de sucre bois decampêche, etc. {Mon., 1800,797).

Masset. — Du 28 décembre 181 0 au 12 mars 181 1, il commande la course du Curieux, (armateur Ducarnoy), et prend la Mary- Ann, vendue 421 .49» fr. 92 ; la Mary, vendue O.657 fr,, et VOlimpia, cutter de guerre anglais, vendu ii.Sgg fr, 16, avec le Rancunier, le Grand Duc de Berg, la Marie-Louise, le Furet, le Subtil, la Victoire, le Grand Furet, et le Bon Génie. A la fin de l'année, il commande le Hazard, armateur Berthe, portant 20 hommes d'équipage.

Nicolaï (Philippe-Antoine). — Du 9 nivôse au 9 ventôse an IX, il commande la Sophie (armateur Tiesset), de 28 tonneaux, portant 4 canons et 36 hommes d'équipage ; il fait une prise, la Maria, vendue 35.578 fr. i5. Du 28 brumaire au 2 pluviôse an XII, il commande V Adolphe (armateur Merlin-Dubreuil), de 5o pieds de quille, portant i4 canons de 3, 2 de i, et 4o hommes d'équipage ; il prend VAniitié, vendue 10. 572 fr. 55.

Pérard (Philippe). — Il commande deux courses du Curieux, (armateur Ducarnoy), dont voici l'armement complet : 2 canons

de 6, 6 de 4,2 de 3, 2 de 2,2 de i, valant ensemble 4- 896 fr. ; 76 boulets de 4, 10 boîtes à mitraille,4o fusils, 10 paires de pistolets, 7 espingoles, 3o sabres, 3G kilog. de poudre fine, 45 kgr. 5 de poudre de guerre. La i^<i course va du 12 septembre 1809 au 28 mai i8io, et la 2" du 28 mai au 27 décembre 1810; les prises de cette dernière sont : le Hope, vendu l'ô.Gig fr, 5o ; le Steve Reventlow, 58. 788 fr. 97 ; La Denga Caiheriiia (avec le Roi de Naples, capitaine Lasaïle), vendue i5. 996 fr. 33. Pérard fait ensuite une 3" course sur laquelle les documents manquent.

Picquendaire. — C'est un Dunkerqaois. Il vient à Boulogne commander, le i4 septembre i8i3, la 3« course da Bon Génie (armateur Foube) ; il prend la Vénus, vendue loS.SSg fr. 3i, et le Sioallow, 10. 44^ fr. 53.

Pollet (Jean-Baptiste). — Le récit de Vidocq a déjà renseigné le lecteur sur sa personnalité Nous ne reviendrons pas sur ce qui a déjà été dit. En 1793, Pollet a trente-six ans, et navigue comme maître d'équipage sur l'Espoir, capitaine Hardouin, puis sur le Diable-Votant, capitaine Sauvage-Çlarté. Il commande les deux premières courses du Sauvage (armateur Merlin-Dubreuil); il a Jacques Broquant pour 2* lieutenant et capitaine de prises, J.-A. Altazin comme maître d'équipage, et P.-F.Beauvois comme capitainede prises. Pendant la i"course,enmessiJoret ihermidoran V, il prend la Fortune, armée de 2 canons de 1 et de 2 fusils, après une heure et demie de chasse, et le Cygne, qui reçoit ; ! j sieurs décharges de mousqueterie avant de se décider à se rendre. La 26 courae va du 27 thermidor an Vau25 vendémiaire an VI, et est faite de concert avec le /îei/^m, capitaine Huret; les prises sont : ItWreede, vendu 7. 626 fr. 05 ; la Nelly (sans doute élargie), la Belsy, 12.419 fr. 61 ; le Neptune, 00.741 fr. ; le Philippus Jallius, 13.642 fr- 23 ; la Ville d'Altona et la Dame Calherina, ensemble 68.632 fr. i5. La prisa du Neptune est consignée aux Registres aux causes du tribunal de commerce de Boulogne (1796-1797 f» 184) et montre comment manœuvraient deux corsaires chassant de compagnie: \e Sauvage sort le i*' vendémiaire de Calais, et fait voile vers le nord avec le corsaire le Requin. Ils ont connaissance au nord-est d'une voile courant vent arrière au sud-ouesl ; les deux corsaires serrent le vent le plus qu'ils peuvent ; la voile parvient au sud-est d'eux ; Pollet vire de bord et cingle dessus à force de voiles ; à 4 heures après-midi, à 3/4 lieue dudit bâtiment, il tire un coup de fusil et hisse le pavillon national ; ie bâtiment vire de bord, et, comme le corsaire, il fait route au sud-est. Le corsaire tire des coups de fusil au fur et à mesure qu'il approche ; au moment où il en est à une portée et demie, le navire hisse le pavillon hollandais, et amène après plusieurs autres coups de fusil. Ses papiers ne sont pas trouvés en

règle. Broquanl est nommé capitaine de prises ; il y monte avec cinq hommes et le conduit à Boulogne, où il entre à minuit un quart. En germinal an VI, Pollel commande le Jupiter (armateur Merlio-Dubreuil), portant i4 canons, un pierrier el 55 hommes d'équipage. Voici un épisode de la course du Jupiter.

« Le -ïà avril 1798,1e capitaine PoUef, commandant le corsaire le Jupiter^ de i/\ canons de 4» ayant fait plusieurs prises qui avaient réduit son équipage à 45 combattants, revenait au Texei pour reprendre ses hommes envoyés sur les difFéreotes prises qu'il y avait dirigées. Vers le point du jour, il se trouva tout à coup presque à portée de canon de la flotte anglaise mouillée à une lieue de la côte. Il était déjà si avancé que toute possibilité de s'éloigner lui parut enlevée. Fuir ! c'est ce qu'il n'avaitjamais fait devant l'ennemi. Cependant l'amiral anglais, apercevant le corsaire, et croyant toute résistance impossible de sa part, signale à un cutter d'aller l'amariuer à l'instant. Le capitaine PoUet, le voyant se diriger sur lui, assemble ses hommes, et leur propose, plutôt que de se rendre, de tenter d'enlever le cutter à l'abordage; celte proposition est acceptée avec enthousiasme et ils s'apprêtent aussitôt à bien recevoir les Anglais. Le cutter, pensant s'emparer facilement du corsaire, arrivait assez tranquillement sur lui, lorsqu'il fut tout à coup assailli par une vive fusil!ade,et presque en même temps accosté. Surpris d'une attaque aussi imprévue, les Anglais toutefois résistent avec courage ; les Français, montant intrépidement à l'abordage, parviennent sur le pont du cutter, où s'engage corps à corps un combat des plus acharnés. Après un carnage affreux, le navire resta au pouvoir de nos braves. Le Jupiter le prit à la remorque et réussit à l'amener au Texel,malgré les efforts que firent plusieurs navires anglais détachés par l'amiral pour lui couper la retraite. Le entier s'appelait le Phénix et était armé de dix caronades. » (A. Mariette, Almanach de Boulogne, i84i, p. io3.)

En l'an VII, Pollet commande la 2e et dernière course du Bonaparte (armateur Dujat-Wailet^, du ler prauial au 24 messidor, avec 4^ hommes d'équipage . Il prend le Dolphin , vendu i3.i34 fr. 65, sur quoi g. 012 fr. 80 restèrent à répartir; il revint 3.004 fr. 26 à l'équipage, qui avait touché 5. 120 fr. d'avances, et par suite ne toucha rien ; les intéressés eurent 16 881 fr. 3i à reverser à l'armateur. Eu l'an IX, Pollei commande le Cf/gne, et prend le Tor Abbei/, de 120 tonneaux, le 3i) frimaire (Mon., IX, 394), puis, avec V Intrépide, capitaine Lanloune, il prend le John Casther, vendu 78.693 fr. gS. L'année suivante, il se repose, et le Registre aux causes le qualifie : ancien capitonne de navire et négociant. En l'an XI, il commande les Sept Frères (armateur J.-B. Mabille) armé de 2 canons, et en l'an Xil, le Winiereux,

(armateur Sannier-Ducrocq). C'est à bord de ce navire qu'il est Fait prisonnier. Le 22 frimaire an XIII, il s'évade de Times où il était cautionné en compagnie de J.-A.Huret ; quatre jours après, ils sont à Douvres, enlèvent un bateau, et débarquent à Ambleteuse le 27 à 3 heures du matin.

Le 3o floréal suivant, il repart sur le Wimereux (armateur Sannier-Ducrocq)^ de 72 pieds de tète en tête, portant i4 canons de 3, I de 4, des pierriers, des espinj^oles, etc. .. et 80 hommes d'équipag'e. La course dura jusqu'au 25 nivôse an XIII. En voici les prises : le Messager et VEqui latéral (avec la Raccrocheuse, capitaine Broquant), vendus net 1 8,366 fr. 27 et 27.956 fr. 27 ; la Lydia, vendue 6.877 ^^- ^o; le Friendship, 3. 307 fr. 5o ; la Diligente, 6.5 10 fr. ; le Swan, 74.244 fr. 27 ; le Neptune, 4.826 fr. 49; le Fox, 22.9/11 fr. 49 ; VAnna-Maria (avec la Raccrocheuse , capitaine Broquant), 99.092 fr. 76; la Bonne Intention, 8.707 fr. 07 ; le Wardell, 8.249 ^^' °7' Voici un épisode de cette course : « Pollet était mouillé sur la côte de Saint- Va!ery-en-Caux ; une forte corvette, le Rattler, et un lougre anglais rasèrent vers les 3 heures de l'après-midi la côte à une si courte distance qu'ils prirent connaissance du bâtiment français. A bord de la corvette, se trouvait un déserteur, P.-L. Dulong, natif de Honfleur ; il offrit ses services au capitaine pour l'aider à s'emparer du corsaire. Afin de n'inspirer aucune crainte, les deux Anglais continuèrent leur sillage le reste de la journée, et, vers le soir, capturèrent un bateau pêcheur de Dieppe, sur lequel ils embarquèrent une trentaine d'hommes. Le second lieutenant de la corvette et le capitaine du lougre se mirent à la tête de deux autres embarcations.

« La nuit était fort obscure ; les Anglais arrivaient déjà sans être aperçus presque dans les eaux du corsaire, lorsque les hommes de quart distinguèrent une voile se dirigeant rapidement sur eux. Le capitaioe Pollet, commandant du Wimereux, se trouvait encore sur le tillac; il hèle aussitôt le navire.

— Pêcheiir dieppois, lui fut-il répondu en bon français.

— Arrivez pour éviter un abordage !

« Le bateau, sans donner d'autre réponse, continuait à marcher sur le corsaire, quand on découvrit deux chaloupes qui faisaient la même manœuvre.

— Aux armes ! aux armes! s'écrie à l'instant le capitaine.

'< Les matelots, éveillés en sursaut, s'élancent de leurs hamacs et jaillissent sur le pont. Les ennemis sont déjà à bord ; le corsaire se trouve accroché par le bateau pêcheur, tandis que les deux chaloupes l'abordent par l'avant et par l'arrière. Alors s'engage un combat des plus opiniâtres et des plus sanglants : à la clarté des pistolets, on lutte corps à corps, on se perce, on se

hache. On distinjçue au milieu de la mêlée quelques soldais de la Compagnie de la Lune, dont l'audacieuse intrépidité était bien connue sur le champ de bataille et la rencontre toujours si redoutée, même dans le voisinafçe du camp. Enfin, après une heure de combat, les Ang-lais sont balayes du pont et culbutés dans leurs embarcations ; Tune d'elles, atteinte par la mitraille, coule non loin du corsaire, l'autre parvient à s'échapper avec quelques hommes. Le bateau pécheur reste entre les mains des Français. Sur son bord se trouvait le misérable qui avait conduit les Anglais; il fut envoyé immédiatement au Havre, passa en conseil de guerre, et quelques jours après fui fusillé.

« Au nombre des prisonniers était le second lieutenant de la corvette, W. G. G. Dalyell, commandant l'expédition. Pendant tout le combat, on l'avait toujours vu au plus fort du danger ; il avait reçu 28 blessures. Il devint, après l'action, l'objet de l'attention particulière des marins français. L'Amirauté anglaise, informée de sa belle conduite, le confirma dans son grade provisoire de lieutenant de vaisseau, le ler janvier i8o5.

« L'empereur Napoléon ne tarda pas à faire parvenir des récompenses aux braves qui s'étaient distingués dans ce combat ; le capitaine Poliet fut décoré de la croix de la Légion d'honneur. (A. Mariette, Almanach de Boulogne, 1889, p. 66 ; voir aussi le Mon., XIII, no 1 10.)

En i8o5, Follet commande VEglé. Voici, raconté par Mariette, l'épisode relaté par le manuscrit de Dunand, et que nous avons transcrit. Il est intéressant de les comparer, et de constater que Mariette était sérieusement documenté pour la plupart de ses récits.

« Le 9 septembre i8o5, le capitaine PoUet, mouillé sur la rade de Dieppe, faisait, dans le courant de l'après-midi, ses dispositions de partance, lorsqu'il aperçut une frégate anglaise qui venait de jeter l'ancre à une demi-lieue de la côte. Se défiant un peu de son voisinage, il observa d'abord avec assez d'attention toutes ses manoeuvres, sans toutefois distinguer aucune marque apparente d'hostilité. Vers les cinq heures deux grandes embarcations chargées d'hommes débordèrent lout-à-coup du bâtiment ennemi. Poliet, les voyant se diriger sur lui à force de rames, et ne doutant pas qu'elles ne voulussent l'enlever, hésite un moment s'il poussera vers elles pour leur passer sur le corps, ou s'il les attendra à l'ancre : le premier parti, balancé par quelques officiers, l'emporte. Il ordonne aussitôt de mettre à la voile ; mais on n'en a pas le temps, car les Anglais, redoublant de vitesse, ne sont déjà plus loin du corsaire. Le capitaine fait à l'instant placer deux caronades aux sabords, et appelle l'équipage aux armes. Arrivées à une demi-portée de fusil, les deux péniches sont

accueillies par une vive mousquelerie et par la mitraille des deux caronades. Les Anglais s'élancent néanmoins avec encore plus de promptitude, et abordent hardiment le corsaire,

« Par suite des dispositions faites antérieurement pour l'appareillage, la grande voile, prête à être hissée à la hâte, divisait le pont en deux parties inégales. A l'avant se trouve Thiébault, officier d'une intrépidité rare, avec i5 hommes seulement, et à l'arrière, le capitaine, le chirurgien-major, M. Dunand, et Lescot, voltigeur au loe léger. Le reste de l'équipage, on ne peut le cacher, était descendu dans la cale.

« La plus grande péniche accoste VEglé, sous son bossoir de tribord, et essaie vainement de franchir le bastingage : tous ceux qui se présentent sont assommés et culbutés dans la chaloupe. Le lieutenant Thiébault fait preuve du courage le plus audacieux; de la main droite, il saisit le canon d'un fusil dirigé sur sa poitrine ; mais eu moment qu'il détourne l'arme de son adversaire, le coup part et la balle lui perce la main. Apercevant alors le même individu qui cherche à s'introduire par l'un des sabords, il s'élance à lui, du pied lui tord la tête, et de la main gauche lui enfonce la lame de son sabre dans la poitrine.

« La seconde péniche avait abordé le corsaire sur l'arrière, qui devint le théâtre de la lutte la plus héroïque. Le capitaine, le chirurgien-major et Lescot défendaient seuls ce point contre une vingtaine d'assaillants. Le petit espace où ils se trouvaient pour ainsi dire, renfermés, leur permettait plus facilement de faire face aux ennemis. Après avoir déchargé leurs fusils, ils se précipitent sur eux, les frappent à coups de crosse, et renversent tous ceux qui tentent de monter à 1 abordage. Dana ce combat disproportionné, on voit nos trois braves se multiplier sur tous les points ; Lescot fait feu avec un sang-froid, une célérité étonnante ; le chirurgien-major, ayant brisé la crosse de son fusil, ne se sert plus que du canon, dont il frappe encore tous ceux qui paraissent. Alors Pollet court lui-même au coffre d'armes, prend dans ses bras autant de pistolets qu'il peut en embrasser, et revient au secours de ses deux compagnons, vivementpressés par les Anglais, prêts à envahir le pont. Placé à cheval sur le bastingage, il décharge successivement sur eux toutes ses armes, puis les leur jette à la tête. Les ennemis, effrayés d'une si vive résistance, se précipitent en désordre dans la chaloupe et prennent la fuite. Le capitaine passe immédiatement sur l'avant avec M. Dunand et Lescot qui contribuent aussi à chasser les Anglais de ce côté.

(c Une demi-heure après, le corsaire entrait dans le port de Dieppe, salué par les hourras d'une foule immense, accourue pendant l'action sur la jetée. Les Anglais perdirent i3 hommes ; VEglé n'en eut qu'un de tué et quatre de blessés. » (A. Mariette,

Almanach de Boulogne, i84o, pp. 96-98), — Pendant cette croisière, VEglé prend deux suédois de iGo tonneaux chacun {Mon., 1806, n0 3o4).

Du 7 décembre 1807 au 9 avril 1808, Pollet commande la i'^ course du Sauvage (armateurs Alex. Adam et Sauvage-Lasalle), portant 12 canons de 4 et 2 de 6, 5o fusils, 7 paires 1/2 de pistolets, 24 sabres, 358 livres de balles pour faire des grappes de raisins, et 3. 000 cartouches. L'équipage comptait 5o hommes. Les prises sont : les Ht/ades, vendu j35.228 fr. 69; la Flora (avec l'Espoir), 254.091 fr. 68; la Providence (avec V Espoir), 172.483 fr. 46; le James Adams, 1.2 11. 386 fr. 20.

Cette course produisit : 1.778.489 fr 93.

Net pour le Sauvage : i.3i5.256 fr. 85.

Frais à déduire : 06.918 fr. 19.

A répartir : 1.248.343 fr. 66.

A l'équipage : 4i6.!i4 fr. 55, net: 889.795 fr. 97.

Aux intéressés : 83:>. 229 fr. 10, net : 7 12.700 fr. 10.

Aux Invalides de la Marine: 60.439 fr. 99.

Du i3 septembre 1809 au 12 mars i8io> Pollet commande la seule course des Cinq Amis (armateur M">9 Gasser-Tiesset), portant 2 caronadea de 12, 2 canons en fer de 3, 4 obusiers de 8, 01 fusils, i5 pistolets, 25 sabres, 2 canons en fer pour servir de lest, et 78 hommes d'équipage. Il prend VElizabeth, vendue 81.634 fr. 98, et la course finit, Pollet ayant été fait prisooaier par les Anglais.

Il eut un fils, Jean-Jacques Pollet, qui navigua sur de» corsaires, puis passa dans la marine de l'Etat en 1809, jusqu'en i8i4. (V, pour les détails de ses services E. Dutertre,o/). cit.).

Rivet. — En février 1798, il commande le Fortuné, de 5 tonneaux, armateurs Delporie frères (A. D.).

Robert. — Il sort de Boulogne le 18 floréal an Vsur VUnité (armateur Moleux-Crouy),et se fait prendre (E. Dutertre, o/).c//.).

Robertson (Jean). — Du 3o prairial au 4 fructidor an VIII, il commande le Bien-Informé (armateur Grisel), portant 36 hommes d'équipage. Il prend le Crofton, vendu 352 fr. 33, un canot vendu 4o4 fr- 35, et le Fox (avec le Coureur, capitaine Bouchard), vendu 10.417 fr. 78. La course produit 8.527 fr. 96, dont il reste 7.428 fr. i5 à répartir. L'an d'après, Robertson commande encore le Bien-Informé, arme cette fois par Lafoirez- Cadet, et, toujours avec Bouchard, prend un iougre smoggleur, chargé d'eau-de-vie et de tabac.

Robinson (John) — C'est un Américain. En l'an VII, il sert d'interprète à Lebeau sur le Tippo-Saïb, puis passe sur l'Industrie, capitaine J.-A. Huret, en qualité de 2c lieutenant. La même année, il commande la fin de la course du Furet (armateur

Jean Brissel), commencée par Roultier. Il preod, à 2 milles de Folkestone, et en vue du Poisson Volant, capitaine Aucoin, le Danger, sloop armé de deux obusiers, 2 pierriers et de menues armes, qui lui rapporta goi fr. o3 ; puis le Cygne (avec le Poisson Volant ei l'Adolphe), qui lui rapporta 288 fr. 35, et enfin, J.-A. Huret, commandant le Furet n° 3, le Jason, vendu 9.660, fr. 4? et la Bonne Intention, 5.071 fr. 5o.

Routtier (Nicolas-Joseph). — Du 4 frimaire au 5 nivôse an VII, il commande la Revanche (armateurs Merlin-Dubreuil et Moleux-Crouy), et prend le Peter, à 4 kilomètres au large de Douvres. Du i4 germinal au 9 fructidor de la même année, il dirige la course du Furet (armateur Jean Griset ', armé de 3o fusils, 6 espingoles et 26 sabres, portant 35 hommes d'équipage et avantageusement connu pour sa marche ; le second est Jacques Broquant, le le"" lieutenant Pierre-François Beauvois, le 2e lieutenant Jacques-Antoine Altazin, le 3« lieutenant Jean Robinson. Ce dernier, en l'absence de Roultier, commande quelque temps la course, et prend le Danger, le Cygne et le Jason (v. plus haut). Routtier s'empare de la Vénus, \tnàu& 53. 609 fr. 34, prise à la rame, au centre d'un convoi, à une lieue au large de Folkestone, avec Antoine Trudin comme capitaine de prises ; des Frères, vendu net 214.41 4 fr. 84; du Copper ,Ya//5, vendu 488 fr.75; d'une lougre smoggleur inconnu, chargé d'eou-de-vie, armé de 7 fusils, et où l'on avait caché le pavillon anglais sous des matelas ; il fut vendu 5.077 ^^- ^7 j de la Lydia, vendue 491.085 fr. 98, des Deux Associés, vendu 1.764 fr. 89; du Heart of Oak, 21.798 fr. 19; du Forester, 68.064 fr- 47-

Du II vendémiaire au 2 frimaire an VIII, il commande la ire course du Succès (armateur Grimonpré), de 35 tonneaux, portant i4 canons de i 1/2, 4 pierriers, et 35 hommes d'équipage, lia Robinson pour second, Antoine Trudin pour lieutenant ; les deux seconds lieutenants, Charles-Jes Vrai, de Cherbourg, et Antoine-Jean Force, de Boulogne, furent faits prisonniers avec 9 hommes, en conduisant une prise, le 19 vendémiaire. Routtier, cependant, s'empare du Pointer, vendu 212.666 fr. 44^ de !'/«dustrie, 178.881 fr. 84., de la Columbia, 120.524 fr. 78, tous trois avec le Vrai Décidé, capitaine Desgardins. En pluviôse an X,il commande la Maria,un sloop armé par Merlin-Dubreuil. L'année suivante, il est sur le ponton le Samwhinge, à Chatam, en compagnie de J.-B. Poure et de Baclin [Lettre de J.-B. Poure à sa femme, communiquée par M. John Poure). Du 18 au 28 messidor, an XII. il commande le Furet (armateur Dujat- Wallet), armé de 36 fusils, 24 pistolets, 20 sabres, i espingole en cuivre ; un poignard pour Routtier a coûté 48 fr., et une paire de pistolets pour son second, 3o fr. En ces cinq jours, le Furet

ANNEXr.S 878

prend la Kitty, vendue 9.146 fr. 07, et le Prince de Galles, 1 1.229 *^* o3 ; il est à son tour fait prisonnier par les Anglais.

Nous ne retrouvons Rouiller que quatre ans plus tard, à la tète d'un corsaire,au nom signiticalif, la Vengeance (armateur Griset), de 62 pieds de longueur, portant i4 canons et 'Al\ hommes d'équipage; la course va du i6 octobre 1808 au 12 avril 1809; les prises sont : le Phénix (avec le Père de Famille, capitaine Sauvage, et le Bucaille, capitaine Bourgain), vendu O.694 fr. l\ô, et la Symétrie, vendue 354.071 fr. 47. Du 12 octobre 1809 au 1 1 janvier 18 io,Routtier commande r.4/ma6/e A'elli/ (armateur Griset), portant 70 hommes d'équipage; avec le Grand duc de Derg, le Grand Rôdeur et le Rôdeur, capitaines Drosier, Jean Huret, et Joseph Huret, il prend l'Alliance et l'Abeille, vendues 776.447 fr. o4, et 88,oi5 fr. 81 ; seul, il prend la Justice, vendue 42.496 fr. 90, et, encore une fois, il se laisse prendre par l'ennemi.

Du 22 octobre 1811 au 11 mars 1812, il commande la ne course de la Courageuse (armateur Félix Morand), et prend, avec l'Entreprenant, cspha'me Buttez, la Suzanne el le Granero, vendus 21.680 fr. i4 et 2ig..582fr. 27. Le 25 avril 1812, il repart pour la 2e course de la Courageuse, qui se termina le i3 février i8i3,mais il l'abandonna entre temps, et céda le commandement à Hénin.

Saîllard (Nicolas). — Il sort de Boulogne le 29 fructidor an VII sur le Vrai Décidé (armateur Lafoirez), de 35 tonneaux, portant i4 canons, 4 pierriers et 38 hommes d'équipage. Il prend la /^/o/'ct et la Sélina, vendues 170.981 fr. 26 et 146.398 fr.57. 11 débarque de gré à gré le 5 vendémiaire an VIII, et est remplacé par son second, Desgardins. A la fin de l'année, il repart sur V Intrépide (armateur Lafoirez)^ et prend le Welcome.

Sauvage-Clarté (Jean-Pierre). — Le 18 pluviôse an II, il est nommé capitaine de port et enseigne non entretenu, par le représentant Dumont, en mission (A.D. II. L'). En l'an IV, il commande un corsaire de 9 tonneaux, le Diable Volant (armateur Guillaume Podevin), armé de 3o fusils, 22 paires de pistolets, et 3o sabres, et portant 34 hommes d'équipage. J.-B.Poliet est son maître d'équipage. H prend la Deisij, chargée de liqueurs et de tabac ; dans la nuit du 18 au 19 thermidor, il était en croisière sur les côtes d'Angleterre, non loin du Furet, capitaine J.-O. Fourmentin. Une péniche anglaise s'approche, la ;T/oHc/ie, appartenant à la douane anglaise et montée par 7 hommes ; Sauvage lui crie de ne pas aller plus loin ; 3 hommes lui tirent dessus, et la péniche approche toujours, le prenant pour un smoggleur anglais. Quand les deux bâtiments sont bord à bord, un corsaire saute sur la péniche, saisit le capitaine au collet, et le fait pri-

.sonnier : la Mouche est ramenée à Boulogne par le capitaine d» prises Leloup.

Sauvage-Clarté fait, en messidor an V, une course sur le Diable Volant (armateur Louis Fontaine), et revient sans prise (E.Dutertre, op. cit.)SSo\iS n'avons plus trouvé trace de Sauvage qu'au 10 octobre 18 16, date à laquelle il fut nommé visiteur de navires. Pierre-Louis Frédéric Sauvage, inventeur de l'hélice appliquée à la navigation à vapeur, est son fils.

Sauvage(Jacques). — Le Ve^^ewr, portant 36 hommes d'équipage, avait d'abord été armé par Cboisnard avec J.-A. Huret comme capitaine, Piobert Hénin comme second, et Jacques Sauvage comme premier lieutenant. Ce dernier en prend le commandement, avec J.-P.-F. Palette et J.-Ant.-H. Roultier comme lieutenants ; il croise du 16 nivôse au 29 pluviôse an XII, et prend le Penri/n, vendu 60.357 fr. 10, le Freedom, 55. 861 fr.gS, ['Actif, ii.i88fr. 97. A. Mariette en cite encore une autre : o Le 28 nivôse an XIII, il faisait chasse près de Newhaven à un sloop anglais qui alla s'abriter sous une forle batterie. Sauvage, n'en continue pas moins sa poursuite au milieu d'une grêle de boulets. Il s'avance hardiment jusque dans les récifs de la côte, enlève le sloop, et opère son retour toujours salué par le feu roulant de la batterie ennemie. Cette prise se nommait la Margaret, et était chargée d'huiles, de tapis, d'eau-de-vie, etc. ; elle avait aussi une cargaison de serge rouge et de papier d'une valeur de 8.000 guinées. » (A.Mariette, Almanach de Boulogne, 1845, p. 109.)

Du 16 brumaire au 3o frimaire an XIV, il commande V Impromptu (armateur Lafoirez-Cadet), de 60 pieds de tête en tête, portant 4 canons de 2, 4 pierriers, et 4o à 45 hommes d'équipage. Il prend le Bee, vendu 12,819 ^''- ^^- ^^ ^^^ décembre 1808 au 5 novembre 1809, il commande la 2' course de V Alexandrins (armateurs Audibert et Moleux-Crouy), portant 108 hommes d'équipage, recrutés pour la plupart dans le dépôt des prisonniers neutres de Cambrai. En avril 180g, le corsaire se trouva en si mauvais état qu'il était incapable de continuer la course; il fut vendu et remplacé par un neuf qui prit son nom et sa lettre de marque. Les prises furent : la Àelly et Ann, vendue 79.781 fr. 26; le Tonnanto, i32. 081 fr. 85 ; la Marguerite (avec le ilrand Duc de 5er^,capitaine Drosier), vendue 2 19.992 fr. 02, et la Concordia, reprisa par l'ennemi, mais dont l'équipage de prise parvint à se sauver sur la chaloupe. Les frais de la course excédèrent le bénéfice de i43 fr. 99. Du 12 octobre 1809 au 80 juin 18 10, Sauvage commande la 3e course de V Alexandrine (mêmes armateurs) ; il prend la Jane, vendue 569.157 fr. i5, et le Maitland, 1.624.900 fr, 08. A la fin de 1810, il commande la

4* course du même corsaire. Ea i8ir, il commande le Curieux (armateurs Caslinel et Ducarnoy), de i4 canons, faisant [\2 livres de balles, avec 60 à 66 hommes d'équipage, du 2/1 septembre au i5 décembre, date à laquelle le commandement passe à T.-U. Fourny. En i8ia, il commande la Veilleuse (armateurs Audibert aîné et Moleux-Crouy), portant 20 hommes d'équipage.

Sauvage (Pierre-Antoine- Joseph). — En l'an IV, il commande V Espoir (armateur Louis Fontaine), et prend un sloop, le Duc d'York, chargé de pierres de taille. Du i4 germinal au 25 messidor an V, il commande la Revanche (armateur Clarté), et fait deux prises chargées de bois de construction (E. Dutertre, op. cit.). Du 25 décembre 180O au 3o juin 1807, '' commande la ire course du Père de Famille (armateur Sannier-Ducrocq), portant i4 canons et 60 hommes d'équipage ; il ne fait qu'une prise, \e Joseph et Mary, vendu 3i.5o9 fr. 3o. Il commande, du 26 décembre 1807 au 20 avril 1808, la 3« course du Père de Famille (armateur Sannier-Ducrocq), et prend, le 2 février, la Tarentula,, vendue i54.452 fr. 61 ; le 19 décembre 1808, avec le même corsaire, armé par Blanquet-Lanchon et Quenouille, il prend le Phénix, vendu 8.694 fr. 4^ (avec le Bucaille et le Vengeur, capitaines Bourgain et Routtier).

Sénécal (Pierre-Clément). — Sur le Figaro (armateurs Delporte et Dupont), il sort de Boulogne, le i5 mai 1 810, et prend la Lydia, vendue 137.476 fr.87; V Industria, 30.074 fr. 81; le Zenon, 30J.433 fr. o3 ; le Mercurius, VAlonzo, le Reulhier, le Fire- Sodskende, le St-Jorgen, le Karin-Margaretta ; il croise surtout dans les mers du Nord. Le 6 juillet 181 1, il est pris par la corvette anglaise le Plover.

Sér on (Jean-Nicolas). — Du 8 septembre 18 10 au 3 janvier 181 1, il commande V Alexandre (armateurs Moleux-Crouy et Audibert) portant 16 canons et obusiers, et 60 hommes d'équipage. Il prend \t Robinson Oya, vendu 211.775 fr. l\o, VAlardo de Ménèges (avec le Roi de Naples, capitaine Lasalle, et après combat où un marin portugais fut tué),4^^'5.782 fr. 64, et la Salacia, 7. i4o fr,

Séron (Baptiste). — En i8i i, il prend Y Union, vendue 17.355 fr. 70, étant sur V Audacieux (armateur Audibert-Leveux de Calais).

Siabas. — Il commande, en février [793,1a Liberté, àt 10 tonneaux, armateurs Moleux-Crouy (A.D.).

Soubitez (Jacques-Antoine). — En février 1798,11 commande VAmi des Loix,de 8 tonneaux, armateur Jean Griset (A.D.). Il commande la 2c course de la Joséphine (armateur Choisnard), et prend : l'Isabelle, vendue 67.898 fr. 71, le Drake, le Traveller, et la Marie, pris ensemble et vendus 50.706 fr. 96, la Fountain, 89.554 fr. 36, le Rodney, 682.147 fr. 90. Il repart sur le Génie,

876 LES CORSAmES

(armateur Foube), portant 16 canons et 60 hommes d'équipag-e, du 29 août 181 1 au 27 avril 1812, et prend : le Basy, vendu 6.477 fi". 45; la City of Cork^iZ.li?)!^^. o5 ;leyo/in,35.o26fr. 83, le Dart et le Harriot, ensemble 6.835 fr. 5o,

Souville (Tom). — C'est le plus célèbre corsaire calaisien. Du 18 octobre 1810 au 8 février 181 1, il commande le Furet (armateur Griset), et prend la Chance^ vendue 1.496 fr. 06 ; il repart le 11 février jusqu'au 21 mars, et prend VOlympia, vendue 744 fr. 89. En novembre, il commande le Renard (armateur Choisnard), et prend la Jane, vendue 4-o8i fr. 80.

Tucker (peut-être le même que Truquet). — Du 2 novembre i8i3 au 3 février i8i4, il commande le Dauphin (armé à Boulogne par Reisenthel, de Calais) et prend, en compagnie du Renard, le Shannon, vendu 6.238 fr. 58, et le Limer ick-Packet, 4o. 238 fr. 62.

Thueux (Denis). — En décembre 1791, il sauve avec son équipage celui d'un bâtiment de Niewport : cette ville leur décerne des médailles {Mon., II, n'^ 170). En 1792, il commande la corvette la Guillotine, de 25 tonneaux (armateurs Allard aîné et Combret). Le 25 brumaire an II, se trouvant au Cran-aux-Œufs, il demande i5 à 20 hommes et un bateau pour l'aider avec ses

3 matelots, à sauver un bâtiment hollandais qu'ils venaient de prendre. Un bateau est mis à la mer par Antoine Malfoy, aidé de citoyens et de citoyennes de bonne volonté ; on prend 2 hommes dans chacune des six batteries les plus proches, et à la rame on s'empare du hollandais qui est conduit à Boulogne (A.D. L''),

II eut un peu plus tard l'honneur d'une citation à la Convention (voir plus haut). Le 18 pluviôse an III, il prend la Jeune Yeltie, En 1807, il commande le Renard (armateur Delaunay), portant

4 obusiers de 8, 2 canons de 8, 4 de i, et 4 de 1/2, avec 3i hommes d'équipage. Il prend le Thomas (avec le Rôdeur, capitaine Lefort), vendu 16.008 fr. 3o, et le Dash, 36. 419 fr. 06.

Trucquet. — Calaisien. II finit en 181 1 la course du Génie ti prend le Dart et le Harriot, vendus 6.835 fr. 5o. En î8i4, il commande le Lynx (armateur Foube) et prend \ Infatigable, vendu 17. 85o fr.

Trudin (François-Noël.) — En mars 1793, il commande le Patriote, de 5o tonneaux, commissionnaire Le Riche (A. D.). Du 2! fructidor an V au 4 brumaire an VI, il commande la course du Furet de Calais (armateur Michaud et Grimonpré),de 16 tonneaux portant 2 pierriers, 6espingoles, 24 fusils, 12 paires de pistolets, 20 sabres et 36 hommes d'équipage. Le 12 vendémiaire, à la pointe des Ferrées, il prend la Rebecca. Le capitaine de prise oublie de renverser le pavillon anglais, et il est chassé par deux voiles, dont l'une battant pavillon français ; il reçoit un coup de

canon du fort d'ElapIes. Une corvette ang-Iaise le canonne au mouillage, et 3 péniches s'en détachent pour s'emparer de la prise ; le corsaire, qui était à terre, se rend à bord de la prise, et les péniches n'osent plus approcher; la prise est alors échouée. L'équipage retourne sur le corsaire, qui prend le large, et reçoit plusieurs boulets de la corvette.

Le Furet de Calais étant prêt à sombrer, son équipage retourne une seconde fois à bord de la prise, et porte une ancre au large pour la renflouer. La corvette anglaise lui tire encore deux coups de canon. A minuit, la prise mouille sous la pointe d'Alpreck, et, le i5, à midi, en vue de Boulogne, tire un coup de pierrier pour appeler des bateaux à son secours. La Rébecca, qui portait 2 pierriers, fut vendue 171. 4i5 I. 19 s. 3 d. Le produit net de la course fut de 163.711 fr. 23, dont net à l'équipage 44.ii5 fr. 16, aux intéressés 80.985 fr. 67, et aux Invalides de la marine 7.154 fr- 35.

Trupin. — Il commande en 1793 le Patriote (armateur Dallarde). Il a pour second Auguste Becquet.

"Wasselin (Pierre-Marie). — Il commande, du 9 septembre 1807 au 5 janvier 1808, la 4^ course du Grand Napoléon no 2 (armateur Choisnard) ; il prend la Navigation (avec le Rôdeur, capitaine Huret), vendue 123.393 fr. 79; le Testimony, 13.296 fr.90 ; le Peggies (avec \t Rfkleur),'ô .o\Cf fr.; V Harmonie, 11. 353 fr. 91 ; la Providence, armée de 2 canons de 3, vendue 6.871 fr. i5; VEbeneker, 30.072 fr. 08; VEdimbourg, 44o.44o fr. 49? et le William, g. 890 fr. 21.

Du 12 janvier au 28 avril 1808, il commande la 5e course du Grand Napoléon no 2 (armateur Choisnard) ; on a acheté 6 canons de 4 su réarmement ; l'équipage comprend 54 hommes. Les prises sont : le Sénéca, vendu 20.828 fr. 34; la Jane, io4.3i8 fr. 5o : le Keturah, 32 809 fr. 66 ; VEllerker, 11 1.626 fr. o4; le Hope, 106. o35 fr. i4; VOctavia, 286.685 fr. 96. — Du 19 septembre 1808 au i5 février 1809, il commande le Grand Napoléon n° 3 (armateur Choisnard, qui l'a acheté 26.000 fr. à Foube de Calais), portant 68 hommes d'équipage. Il prend la Paix de Malthe (avec le Génie, capitaine Cornu), vendue 3io. 468 fr. 76; les Quatre Sœurs, 3i.o4o fr. 28; leSnpplg, 8.473 fr. i3; l'Endeavour, 90. i3i fr. 74; la Belsg, 23.092 fr. 28 ; la Providence, 4-356 fr. 96. Les recettes de la course se montent à 377.660 fr. 22; les dépenses à 136.892 fr. 74; le bénéfice à 241 .767 fr. 48.

Du 6 septembre 1809 au 17 février 1810, Wasselin commande la course de la Joséphine ; \[ prend VAnne et Marie, vendue 6i .607 fr. 93 ; le Young Hendrick, 1 35.865 fr. 01 ; la Bonne Intention (avec le Général Caffarelli), le Dangbarheidt (avec le

SjS LES CORSAIRES

même), 10.758 fr. 44- H participe encore à la prise du Pocachontas, et reçoit 79.334 fr. 27 pour sa part.

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